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Les libéraux n’ont rien perdu de leur arrogance

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Plus ça change, plus c’est pareil. S’il y a un trait qui semble coller au Parti libéral du Québec, c’est celui de l’arrogance. C’était un trait manifeste de Jean Charest (mis à part en 2007-2008 après qu’il a été « puni » par l’électorat à diriger un gouvernement minoritaire) que son successeur à la tête du PLQ, Philippe Couillard, semble avoir très bien assimilé.

Plus le temps avance, force est de constater que les libéraux n’ont pas appris grand-chose de leur (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition, après neuf ans de pouvoir. En 2012, pour se faire élire, Philippe Couillard et ses troupes ont multiplié les promesses et les engagements de toutes sortes et capitalisé sur le poing brandi en l’air de PKP pour susciter une fois de plus la crainte d’un troisième référendum au sein de l’électorat québécois. La recette a fonctionné… Les libéraux ont remporté leur pari et ont même réussi à décrocher une majorité malgré toutes les questions qui persistaient sur les relations douteuses entre Philippe Couillard et Arthur Porter et malgré un règne libéral éclaboussé par moult scandales, manigances et magouilles entre 2003 et 2012. Philippe Couillard pouvait bien ne pas aimer son ancien patron politique, il semble néanmoins avoir très bien maîtrisé la recette de ce dernier pour remporter des élections…

Après l’annonce par Philippe Couillard en décembre dernier que les Québécois avaient fait leur part et qu’ils ne subiraient plus de hausses de tarifs suivant la flopée de hausses imposées depuis l’automne dernier, voilà que nous apprenions la semaine dernière que son gouvernement envisage maintenant de majorer de 4 % les tarifs réclamés des personnes hébergées en CHSLD (parmi les membres les plus vulnérables de notre société) et redouble de créativité fiscale en planant sur un projet de taxer l’hébergement en camping.

Pendant ce temps, toujours rien de nouveau ou de concret pour la réforme du système de primes auxquelles ont « droit » les députés démissionnaires, annoncée par Jean-Marc Fournier dans la foulée de l’affaire Bolduc, ou la remise à flot du régime de retraite lourdement déficitaire des membres de l’Assemblée nationale. Thierry Vandal a empoché sa très généreuse indemnité de départ après avoir démissionné de ses fonctions à la tête d’Hydro-Québec et les députés se sont même voté une légère augmentation de salaire tout récemment. La hausse est minime, symbolique, mais ils auraient pu se garder une petite gêne alors que l’assaut contre le portefeuille du contribuable moyen semble loin d’être terminé…

Enfin, la cerise sur le sundae…. Le vire-capot Sébastien Proulx, ancien « pitbull » adéquiste, fait maintenant savoir qu’il pourrait renoncer à son indemnité de départ comme directeur à la planification stratégique au cabinet du premier ministre s’il est élu dans Jean-Talon. Oui, et? CE SERAIT LA MOINDRE DES CHOSES!

Personnellement, je pense que les libéraux ont besoin d’une petite leçon d’humilité pour remettre leurs pendules à l’heure. Malheureusement, dans l’immédiat, ce ne sont que les électeurs des circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon, convoqués aux urnes le 8 juin prochain, qui pourront leur servir cette leçon en n’arrêtant pas leur choix sur Véronyque Tremblay dans Chauveau ou sur Sébastien Proulx dans Jean-Talon pour les représenter à l’Assemblée nationale. La question qui tue : le feront-ils?

Sébastien St-François

Nous avons le gouvernement que nous méritons

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Dans mon dernier billet, j’affirmais « […] dans le cas des députés qui prennent leur emploi à cœur et qui s’y consacrent souvent sept jours par semaine, ce n’est pas chèrement payé. » C’était en référence à la rémunération de base que reçoivent les députés d’arrière-ban à l’Assemblée nationale. Je maintiens cette affirmation – en ce qui concerne ceux qui ont du respect pour la fonction à laquelle ils ont été élus et qui prennent leur travail au sérieux.

Cependant, ce n’est évidemment pas le lot de tout un chacun au parlement à Québec. La semaine dernière, nous avons encore une fois eu droit à un exemple de membres de l’Assemblée nationale – dûment élus pour veiller aux intérêts du peuple québécois et pour prendre des décisions parfois lourdes de conséquences pour la population – qui se voient attribuer de serviables tâches par l’exécutif (le gouvernement) et, ce faisant, alimentent le cynisme des électeurs à l’égard de la classe politique. De vulgaires pions, quoi… Rien pour redorer le blason des parlementaires.

En effet, le député caquiste François Bonnardel nous apprenait, preuves à l’appui, que les libéraux se servent de leurs députés moins illustres pour planter des questions lors des études de crédits budgétaires. Remarquez que c’est une pratique qui ne se limite pas aux libéraux ou encore au Québec. Ça se fait un peu partout où il existe un système parlementaire, peu importe qui est au pouvoir. Il n’en demeure pas moins que c’est une pratique parlementaire franchement honteuse. Nos élus se demandent sans cesse pourquoi nous sommes si cyniques à leur endroit. Ils devraient passer moins de temps à se poser cette question et plus de temps à se regarder dans le miroir.

L’annonce d’un budget annuel établissant les grandes lignes du plan gouvernemental est une chose, mais c’est lors de l’étude des crédits budgétaires en commission parlementaire que les dépenses de chacun des ministères et organismes de l’État sont scrutées à la loupe et confirmées. C’est donc un exercice parlementaire qui doit être mené dans le plus grand sérieux. C’est d’autant plus vrai dans le cas d’un gouvernement dont l’agenda d’austérité devient de plus en plus illégitime selon certains étant donné que Philippe Couillard ne s’est pas fait élire sur la base du programme qu’il déploie actuellement. (Avoir annoncé ses vraies couleurs en campagne électorale, il n’aurait probablement pas été élu à la tête du gouvernement majoritaire qu’il dirige aujourd’hui.)

Sur les ondes de Dutrizac vendredi dernier, l’éditorialiste du Devoir, Antoine Robitaille, a même invoqué un possible outrage au Parlement. Ces députés d’arrière-ban posent des questions complaisantes visant carrément à gaspiller du temps en commission parlementaire. Ainsi, le législatif et l’exécutif ne font qu’un dans ce jeu malsain alors qu’il doit s’agir d’un « sérieux exercice de reddition de comptes où le législatif doit questionner l’exécutif, où l’indépendance d’esprit devrait guider la conduite des députés », selon François Bonnardel. La réaction du grand leader parlementaire des libéraux, Jean-Marc Fournier? Il a plaidé la nécessité de se préparer avant de se présenter en commission parlementaire.

Les électeurs de deux circonscriptions – Chauveau et Jean-Talon – auront prochainement l’occasion d’élire une nouvelle députée ou un nouveau député pour remplacer deux démissionnaires : le caquiste Gérard Deltell, qui a décidé de laisser son siège pour se présenter au fédéral sous la bannière conservatrice, et le libéral Yves Bolduc, qui s’est en quelque sorte chassé lui-même de la politique à force de commettre des bourdes pendant son triste séjour à la tête du ministère de l’Éducation.

Dans Chauveau, les libéraux présentent Véronyque Tremblay, une journaliste s’étant fait connaître entre autres par ses prises de position contre le gouvernement qu’elle souhaite maintenant représenter et ayant voté pour Gérard Deltell aux dernières élections. La Coalition Avenir Québec a, quant à elle, arrêté son choix sur Jocelyne Cazin. Le chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot, tentera aussi de se faire élire dans Chauveau. À mon avis, son élection donnerait une bouffée d’air frais à une Assemblée nationale qui en a grandement besoin.

Dans Jean-Talon, un « comté rouge » depuis des lunes ayant eu le « privilège » d’être représenté dans le passé par Philippe Couillard et plus récemment par Yves Bolduc, le gouvernement mise sur Sébastien Proulx, ancien adéquiste viré libéral que la ministre des Finances de l’époque, Monique Jérôme-Forget, avait qualifié de « pitbull ». Un genre de Gaétan Barrette, quoi…

Bien entendu, peu importe l’issue de ces deux élections partielles, le gouvernement libéral de Philippe Couillard demeurera majoritaire, mais les électeurs concernés – en arrêtant leur choix sur un candidat autre que libéral – auraient ainsi la satisfaction de savoir qu’ils n’ont pas envoyé deux autres pions siéger à l’Assemblée nationale, une enceinte démocratique où le travail doit être fait au sérieux parce qu’il est sérieux. Sinon, bien, ce sera une confirmation de plus que nous avons le gouvernement que nous méritons…

Sébastien St-François