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Les enjeux de l’élection municipale 2017 à Boucherville ne valent-ils par un débat public?*

*Un texte de Monique Reeves, candidate indépendante à la mairie de Boucherville

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J’ai demandé à Jean Martel un débat public, il a refusé. Pourtant les enjeux de cette élection sont primordiaux, il s’agit de l’avenir de Boucherville.

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Un « gambler » qui joue avec l’argent des autres

Jean Martel OCC

L’hebdomadaire La Relève nous apprenait la semaine dernière que la Ville de Boucherville a été à nouveau mise en demeure par deux promoteurs immobiliers, dont Argo construction (Marc Bibeau), directement visé par les plus récentes modifications apportées au règlement 1414 de la Ville (urbanisme). C’est le maire Jean Martel lui-même qui en a fait l’annonce lors de son dernier déjeuner mensuel.

Il y a quelque chose de clownesque dans ce jeu malsain entre le maire et les promoteurs immobiliers dont les projets sont bloqués depuis maintenant plus de trois ans. Je n’ai jamais aimé les avocats en politique. En règle générale, par définition, un avocat gagne sa vie sur le dos des conflits des autres. Si les parties à un dossier s’entendent, l’intervention d’un avocat n’est pas requise. Or le maire d’une ville ne devrait pas chercher le conflit, mais plutôt viser à créer le consensus. Ce n’est pas ce qui se passe dans le dossier des promoteurs immobiliers. Et ça risque de coûter très cher si tout cela aboutit devant les tribunaux, comme on le laisse entendre.

Contrairement à un jeu de société, ce n’est pas avec de l’argent Monopoly que se jouera cette lutte à en finir entre un maire borné et un promoteur immobilier ayant en main une entente conclue en bonne et due forme avec l’administration municipale précédente. C’est l’argent des contribuables – nos taxes – qui serviront à financer cette bataille juridique. « Les règles du jeu ont changé lorsque l’administration actuelle est arrivée en poste à l’automne 2009 », lit-on dans l’article de Daniel Hart publié la semaine dernière. Bien que je ne sois pas juriste de formation, j’en sais assez sur le droit pour comprendre que cet argument ne tient pas la route à la lumière des faits dont il est question ici. Et, en cas de poursuite, les seuls qui s’enrichiront seront les avocats des parties au conflit…

Comme je l’écrivais il y a un peu plus d’un an, nos maires sont tout puissants lorsqu’il est question de notre argent. En l’absence d’opposition, ils peuvent dépenser les deniers publics comme bon leur semble. Mais cet entêtement contre le développement dépasse le ridicule. Comme ville de banlieue située dans la couronne immédiate, nous avons une responsabilité environnementale de faire notre part pour freiner l’étalement urbain. De plus, qu’on le veuille ou non, nous aurons besoin de revenus de taxation supplémentaires pour nous attaquer sérieusement à notre déficit d’entretien des infrastructures. Tôt ou tard, des sommes colossales devront être investies à ce chapitre : en l’absence de nouveaux développements, la facture sera refilée en totalité à ceux qui paient déjà des taxes chaque année.

Boucherville figure parmi les rares municipalités sur la Rive-Sud qui disposent encore de terrains développables. Nous pouvons développer ces terrains intelligemment, afin d’en tirer le maximum possible tout en veillant à créer un ensemble harmonieux, ou nous pouvons continuer de nous mettre la tête dans le sable. Sur les plans de la fiscalité municipale et du freinage de l’étalement urbain, rien ne justifie le choix de limiter le développement de ces terrains à une densité maximale de 55 logements par hectare (le Plan métropolitain d’aménagement et de développement [PMAD] ne fixe aucune densification maximale). Mais le maire s’entête et continue de creuser son trou, à nos frais…

Au cours des prochains mois, Jean Martel intensifiera ses manœuvres électoralistes pour créer l’impression auprès de la population qu’il a livré la marchandise pendant son mandat et qu’il mérite un deuxième mandat. Or il n’a pas livré la marchandise, il a livré sa marchandise, celle des groupes d’intérêt qui ont concocté son programme électoral en 2009. Pour ce qui est de plusieurs enjeux majeurs, il n’a rien fait. Par exemple, pour ce qui est du déficit d’entretien des infrastructures routières et souterraines qui se creuse d’année en année, il n’a même pas atteint le minimum fixé par le service du génie (environ 5 km/année) juste pour « rester à flot ». Il n’a rien fait pour minimiser le fardeau fiscal des contribuables bouchervillois. (Les surplus monstres que dégage la Ville depuis qu’il est là sont la démonstration concrète que la Ville perçoit beaucoup plus que ce dont elle a besoin pour fonctionner chaque année. Et plusieurs millions de ces surplus ont été dilapidés pour respecter des promesses électorales n’ayant pas été jugées prioritaires par une majorité d’électeurs en 2009.) Il n’a adopté aucune mesure pour rendre l’accession à la propriété sur notre territoire plus facile pour les jeunes familles (au contraire, Boucherville devient hors de portée financière pour de plus en plus de personnes).

Mais pour Jean Martel, tout va très bien à Boucherville et c’est le message qu’il martèlera à qui veut bien l’entendre aux cours des mois menant au jour J. J’habite Boucherville depuis longtemps, et je considère que les dernières années ont été une fumisterie dans notre histoire. Les électeurs avaient soif de changement en 2009, et un nombre suffisant ont mis à la tête de la municipalité un candidat qui sortait de nulle part et qui leur promettait mer et monde.

Il est à espérer qu’en 2013, les électeurs auront un choix entre l’équipe sortante et une nouvelle équipe ayant une vision plus terre-à-terre de ce qu’est administrer une ville et capable de s’attaquer aux problèmes existants au lieu d’en créer des nouveaux. Bien entendu, il est encore trop tôt pour savoir si nous aurons droit à un tel choix cette année. Mais je n’ose pas m’imaginer dans quel état se trouvera Boucherville en 2017 si Jean Martel est réélu le 3 novembre prochain.

Sébastien St-François

Y aurait-il déjà lieu de s’inquiéter?

Le 1er novembre dernier, une majorité de la minorité des électeurs inscrits ayant exercé leur droit de vote ont choisi d’accorder leur confiance à une toute nouvelle équipe « verte » – lui confiant même une majorité absolue pour diriger la Ville sans opposition jusqu’en 2013. En démocratie, il faut donner la chance au coureur, mais il y a néanmoins certaines décisions de la nouvelle administration qui soulèvent déjà des questions.

D’abord, pour la première fois en plus de trois décennies, l’adoption du budget est reportée. Bien qu’il soit louable de vouloir prendre son temps pour bien faire les choses, il serait regrettable d’apprendre que la Ville a dû fonctionner à crédit pendant quelque temps en conséquence de cette décision. Bien que la loi permette un tel report, nous n’avons pas les moyens collectifs de nous endetter davantage et d’ainsi pelleter les problèmes dans la cour de nos enfants. Il est à espérer que le fonds de réserve constitué au fil des quatre dernières années permette de faire fonctionner l’appareil municipal sans devoir contracter des emprunts d’ici l’entrée des premiers versements d’impôts fonciers dans les coffres de la Ville, entrée qui se fera nécessairement plus tard en 2010 vu la décision de reporter l’adoption du prochain budget.

Ensuite, le dossier de la rue Pierre-Boucher est encore plus préoccupant à mon avis. La nouvelle commission des finances publiques aura pour mandat de revoir le dossier afin d’évaluer s’il est possible de puiser à même le fonds général pour absorber le coût de certains de ces travaux plutôt que d’imposer une taxe d’amélioration locale. Il faut se rappeler que Mme Francine Crevier-Bélair, aujourd’hui conseillère municipale, en avait fait son cheval de bataille et avait vivement attaqué l’ancienne administration dans ce dossier.

Comme contribuable de Boucherville, je suis très inquiet de lire cela. Une telle décision pourrait avoir une incidence sur de futurs travaux de réfection similaires ailleurs dans la ville, car plus d’une trentaine de kilomètres de rues qui sont dans l’état de la rue Pierre-Boucher (avant les travaux) sont à refaire. Dans le cas présent de la rue Pierre-Boucher, ce serait carrément inéquitable de refiler la facture d’une partie de ces travaux à l’ensemble des contribuables, dont plusieurs ont déjà eu à payer une facture de la Ville pour des travaux similaires effectués dans leur rue dans le passé. Sur Pierre-Boucher, les travaux comprennent notamment l’installation d’une troisième conduite – qui n’y était pas jadis et qui n’a donc été payée par les résidents de cette rue dans le passé – rendue obligatoire pour respecter les normes de protection de l’environnement. Les personnes qui se font construire dans les quartiers neufs de la ville doivent éponger des coûts d’infrastructure atteignant des dizaines de milliers de dollars. Le fonds général devrait-il absorber ces coûts également? En 2001, j’ai moi-même reçu une facture de la Ville pour des travaux de réfection des conduites menant à ma résidence. Aurai-je droit à un remboursement rétroactif? L’équité est primordiale à ce chapitre, et modifier les règles pour la rue Pierre-Boucher – la rue qu’habite Mme Crevier-Bélair – ouvrirait une boîte de Pandore et serait lourde de conséquences financières et budgétaires pour nous tous en créant un précédent qui pourrait nous hanter longtemps. N’oublions surtout pas que le fonds général de la Ville est constitué de nos taxes et que la capacité de payer de chacun d’entre nous a ses limites…

Enfin, certaines nominations aux commissions et aux comités de la Ville sont préoccupantes, notamment celle d’Anne Barabé comme présidente du Comité consultatif d’urbanisme de Boucherville et celle de Francine Crevier-Bélair comme présidente du Groupe de travail sur les travaux publics. L’urbanisme et les travaux publics sont deux dossiers très importants. En consultant le curriculum vitae de chacune, rien n’indique que ces personnes ont l’expérience ou les compétences nécessaires pour occuper ces fonctions importantes. Il est donc à espérer qu’elles soient très bien épaulées pour éviter que Boucherville ne devienne un immense parc ou que les règles d’équité qui régissent la réfection des infrastructures ne soient bafouées. Par ailleurs, Mme Crevier-Bélair ne se trouve-t-elle pas ainsi en conflit d’intérêt, vu son intérêt personnel dans le dossier de la rue Pierre-Boucher?

Pour terminer, une rumeur court selon laquelle M. Martel compterait poursuivre sa pratique du droit tout en occupant son fauteuil de maire. Si la rumeur est fondée, il est à espérer que Me Martel accorde la majeure partie de son temps professionnel à gérer la Ville, car je vois difficilement comment on peut diriger à temps partiel la Ville de Boucherville – qui gère un budget annuel frôlant les 100 millions de dollars et qui doit négocier avec l’agglomération de Longueuil. Diriger une ville de 40 000 habitants s’inscrit difficilement dans la définition d’un emploi secondaire. Il suffirait de poser la question aux prédécesseurs de M. Martel pour dissiper tout doute à ce sujet.

Sébastien St-François