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Assurance contre la diffamation : où serait tirée la ligne?

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L’Union des municipalités du Québec veut répondre à un besoin exprimé par ses membres – les élus municipaux – afin qu’ils puissent poursuivre des citoyens qui tiennent des propos qu’ils jugent haineux et diffamatoires contre eux sur les réseaux sociaux. L’UMQ jure que cet outil ne serait pas utilisé pour bâillonner les citoyens. Mais pouvons-nous avoir confiance en la parole d’un organisme dont la mission consiste notamment à « valoriser le rôle fondamental des élues et élus municipaux »?

Il faut savoir que les municipalités québécoises (autrement dit, les contribuables québécois) assument la défense d’un élu poursuivi, mais un maire ou un conseiller qui décide de poursuivre pour atteinte à sa réputation ne peut actuellement avoir recours aux fonds publics pour payer ses frais d’avocat. L’UMQ, cherchant à « offrir un éventail croissant de services et privilèges commerciaux » à ses membres, veut donc répondre à la demande de ces derniers.

Je consulte les réseaux sociaux depuis assez longtemps pour savoir très bien que des âneries, il s’en écrit sur Facebook, Twitter et d’autres plateformes d’échange virtuel. Des internautes qui peinent à formuler un message compréhensible ou à accoler correctement deux mots y sont légion et parfois vite sur la gâchette pour jeter leur fiel à l’endroit d’élus de tous les niveaux et même de concitoyens qui ne partagent pas leur point de vue. Les discussions peuvent rapidement déraper et se déroulent souvent en l’absence du respect le plus fondamental entre les parties à la discussion, sans parler des élus faisant l’objet de la discussion.

C’est un vrai problème. Cependant, à l’autre bout du spectre se trouvent des citoyens véritablement préoccupés par les décisions, les priorités et les engagements mis de l’avant par celles et ceux élus pour les représenter et vaquer à l’intérêt collectif. Ces citoyens se donnent pour mission de partager leurs préoccupations et inquiétudes légitimes dans l’espoir de susciter des réflexions et des remises en question chez leurs semblables. Dans toute démocratie, c’est un exercice légitime qui doit être protégé d’autant plus que la définition donnée à l’expression « propos haineux et diffamatoires » semble très élastique. La marge est parfois mince entre ce qui constitue la liberté d’expression protégée par les chartes et la diffamation, un acte condamnable.

Quiconque connaît un tant soit peu les rouages de la politique municipale sait combien il peut être difficile de se faire valoir s’il est en désaccord avec ses élus municipaux. Par exemple, contester officiellement un règlement d’emprunt exige la signature d’un registre par des centaines, voire des milliers, de citoyens qu’il faut mobiliser, selon la taille de la municipalité et la nature du règlement d’emprunt. Si des élus municipaux décident de puiser dans les surplus non affectés de la ville pour payer un projet, cette décision – parfaitement légale en vertu de la Loi sur les cités et villes – a pour effet concret de museler les opposants audit projet. Autrement dit, il suffit de « payer cash » et le citoyen n’a pas un traître mot à dire sur la dépense qu’il conteste. Ça arrive plus souvent qu’on pense; c’est arrivé à plus d’une reprise au cours des dernières années à Boucherville, où je vis depuis près de quatre décennies. Déposer une plainte contre un élu auprès du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) ou de la Commission municipale du Québec (CMQ) est loin d’être simple pour un citoyen agissant pourtant de bonne foi.

Par ailleurs, le premier magistrat d’une municipalité dispose de pouvoirs énormes pendant son mandat, d’autant plus s’il est majoritaire et règne sans partage (sans opposition) comme c’est le cas dans trop de nos municipalités. Pensons notamment à Laval sous le long règne de Gilles Vaillancourt – aujourd’hui en attente de procès pour gangstérisme entre autres crimes graves. Le citoyen ne fait souvent pas le poids devant l’appareil institutionnalisé de sa municipalité.

En 2009, le Québec s’est doté d’une loi contre les poursuites-bâillon. Cette loi a déjà été mise à l’épreuve notamment dans le cadre de litiges impliquant Eddy Savoie, propriétaire des Résidences Soleil. Cette loi vise à empêcher de grandes entreprises de museler des citoyens ou groupes impliqués dans le débat public. Par rapport à un citoyen ordinaire, une municipalité représente en quelque sorte une grande entreprise dont les moyens sont souvent disproportionnellement plus élevés que les siens.

L’UMQ assure que la démarche qu’elle poursuit n’a pas pour but de museler les citoyens ou les médias. Malgré son assurance, ne perdons jamais de vue que l’organisation existe pour défendre les intérêts de ses membres – les élus municipaux – et non ceux des citoyens ou des médias. D’ailleurs, plus d’un journal local se contente d’une couverture complaisante de l’actualité municipale pour ne pas se mettre à dos le conseil municipal; les villes dépensent beaucoup en publicité dans les hebdos locaux et régionaux.

Critiquer – sur la base de faits avérés, vérifiés et vérifiables – une dépense impliquant des fonds publics ou une décision ayant des répercussions néfastes pour une population constitue-t-il une atteinte à la réputation d’un élu? Quelles seront les balises qui seront mises en place et appliquées pour protéger les citoyens contre des élus zélés ayant tendance à conclure rapidement à des « propos haineux et diffamatoires » à leur endroit? Parlez-en à Sylvain Labelle, qui a été poursuivi par Boisbriand pour des bagatelles. La ville a perdu, mais l’aventure lui a néanmoins coûté plus de 3 000 $ en frais d’avocat. Le simple citoyen n’a personne à qui refiler les honoraires qu’il doit engager…

La ligne entre la liberté d’expression et la diffamation peut parfois s’avérer très mince. Tout citoyen a le droit légitime de critiquer son administration municipale sur la base de faits avérés, vérifiés et vérifiables. La présidente de l’UMQ, Suzanne Roy, peut bien affirmer que le programme d’assurance envisagé ne sera pas un bar ouvert, il faudra néanmoins que des balises soient très clairement établies pour protéger les citoyens qui exercent légitimement leur droit de s’exprimer. Les élus municipaux jugent – avec raison – que l’intimidation est inacceptable; il ne faudrait pas pour autant qu’ils se mettent à avoir recours à ce futur programme pour intimider des citoyens qui « osent » exprimer ouvertement leur mécontentement ou leur désaccord avec leurs décisions ou façons de faire. Quiconque investi d’une charge publique doit accepter que la critique fait partie du job et est essentielle à une saine démocratie.

Sébastien St-François

Nota : On apprend dans un article publié sur tvrs.ca que la Ville de Boucherville est tout à fait favorable à cette idée de l’UMQ.

Heure locale sur TVRS

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Depuis le début de février, je participe à la nouvelle émission d’actualités animée par Jean Lajoie sur les ondes de Télévision Rive-Sud, Heure locale.

L’émission est diffusée en direct les jeudis soirs de 19 à 20 h. Il est également possible de l’écouter en rediffusion via le Web : http://www.tvrs.ca/sur-demande/heure-locale

Sébastien St-François

Soirée électorale sur TVRS

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À l’invitation de TVRS, je participerai à un panel le soir des élections municipales (3 novembre) à compter de 20 heures. Cette émission spéciale sera animée par Gilles Petel, animateur de l’émission hebdomadaire « À vous de juger ».

Je me joindrai ainsi à Mme Alexandra Mendes, présidente de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada et ancienne députée de Brossard-La Prairie (2008-2011), et à M. François Laramée, vice-président principal de l’agence de presse DEHORS.com et ancien directeur des communications de la Ville de Longueuil (2002-2010). Ensemble, nous discuterons des grands enjeux de la Rive-Sud et de la Montérégie.

Ce panel électoral vous sera présenté jeudi prochain, le 31 octobre, vers 19 h 40 dans le cadre de l’émission « À vous de juger » diffusée les ondes de TVRS (Vidéotron canal 9).

Sébastien St-François

Concernant les ratés de la webdiffusion assurée par TVRS…

Les Bouchervillois qui ont l’habitude de suivre les séances publiques du conseil municipal en direct via le Web ont constaté une hausse du nombre de ratés dans la transmission (son et image) au cours des derniers mois. J’en ai informé le maire Martel à deux reprises (en décembre 2012, puis en février 2013). Du côté de TVRS, on travaille à régler le problème, comme en fait foi l’explication fournie par le directeur général de TVRS, M. Sylvain Casavant. Merci à MM. Martel et Casavant d’y veiller avec sérieux et diligence.

« Bonjour M. St-François,

Le personnel de la ville de Boucherville s’est permis de transférer votre courriel, à ma demande, afin que je puisse vous répondre sur les problèmes techniques de retransmission survenue lundi dernier et les mois précédents lors de la retransmission sur le WEB des séances publiques de Boucherville. Tout d’abord nous comprenons tout à fait votre frustration et sachez que nous le sommes tout autant. Si la ville de Boucherville offre ce service via sa télé locale est évidemment pour que le plus de citoyens possible puissent connaître les enjeux de leur propre ville, mais je crois que vous le savez déjà qui êtes, vous-mêmes, déjà très impliqué.

TVRS trouve également que le problème persiste depuis trop longtemps à Boucherville et comme vous le savez sans doute, TVRS fait également la retransmission des séances publiques de Longueuil sans aucun problème, problème que nous retrouvons à Boucherville. C’est pourquoi nous travaillons, quotidiennement depuis mardi, en étroite collaboration avec le service informatique de la Ville de Boucherville et des villes liées de l’agglomération de Longueuil afin d’identifier les problèmes de réseau internet provenant de BELL, qui était à l’origine différent de celui de la ville de Longueuil avec Vidéotron. Plusieurs tests seront effectués, à répétition s’il le faut, pour que vous ayez et nous aussi, la garantie d’avoir une retransmission web des séances sans interruption de la part des fournisseurs internet que ce soit Bell ou Vidéotron ou même de notre fournisseur « stream ».

Originaire de Boucherville, TVRS a toujours travaillé avec professionnalisme et dévouement pour sa communauté que ce soit sur ses ondes ou via le WEB.

Merci de votre compréhension.

 

Sylvain Casavant, directeur général
7445, chemin de Chambly, Longueuil (Arrondissement de Saint-Hubert), QC, J3Y 3S3
450 678-1070 poste 7097  |  Cellulaire : 514 238-7330 »