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Et si Angélil avait été premier ministre?

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Le Québec a perdu un de ses grands bâtisseurs la semaine dernière en la personne de René Angélil, dont la contribution au monde culturel a aidé à propulser le Québec sur la scène mondiale. Cet homme avait une vision, il avait un plan et il a su les mettre en œuvre de main de maître pour faire de Céline Dion la première vedette au rayonnement véritablement planétaire de l’histoire du Québec. Que l’on apprécie ou non l’œuvre musical de la diva québécoise, on ne peut nier son succès et l’efficacité redoutable de l’architecte derrière ce succès.

On peut se demander en quoi le Québec d’aujourd’hui serait différent – et très fort probablement pour le mieux – si quelqu’un de la trempe d’Angélil en avait pris les commandes au moment où la province aurait justement eu besoin d’un politicien visionnaire plutôt que carriériste. Or, depuis le début du millénaire, force est de constater que les personnes ayant accédé à la plus haute fonction au sein de l’État québécois n’avaient pas cette qualité, car ils étaient justement des politiciens de carrière : Bernard Landry (premier ministre désigné ayant pris la relève de Lucien Bouchard à la tête du dernier gouvernement péquiste majoritaire qui, depuis, joue très bien son rôle de belle-mère), Jean Charest (premier ministre responsable de l’explosion de notre dette provinciale qui est loin d’avoir laissé la province en meilleur état à son départ), Pauline Marois (première femme à diriger le Québec, oui, mais rapidement chassée du pouvoir par l’électorat québécois tellement son gouvernement était incohérent et manquait de vision) et maintenant Philippe Couillard – monsieur « Austérité à deux vitesses » qui sabre dans les services aux citoyens et fait des victimes sur le terrain (pensons au cas tout récent du centre Mélaric pour toxicomanes), sans pour autant mettre fin au gaspillage éhonté de fonds publics ailleurs et à plus grande échelle, par exemple dans le dossier du Fonds vert, financé par les taxes environnementales les plus élevées en Amérique du Nord depuis des années sous le prétexte fallacieux de lutter contre les changements climatiques. (Et dire que Québec envisage maintenant la possibilité d’imposer de nouvelles taxes « vertes » aux citoyens déjà les plus taxés sur le continent. Depuis trop longtemps, la vision québécoise semble se résumer à taxer et taxer encore sans pour autant que les problèmes se règlent…)

Comme l’affirmait Alain Dubuc dans La Presse samedi dernier (« Le gouvernement qui n’apprenait pas »), un gouvernement qui se lance dans une vaste opération de redressement budgétaire, comme l’a fait celui de M. Couillard, devrait se doter de mécanismes pour réagir rapidement quand le plan de match connaît des ratés, qu’il fait des victimes innocentes ou qu’il a des effets contraires aux objectifs. Mais, pour cela, ça prend un plan, une vision et une réelle volonté d’agir pour sortir le Québec de sa situation peu envieuse. Pour cela, il faut aussi cesser de gouverner en fonction de son objectif personnel de se faire réélire.

Ce n’est pas le fruit du hasard si aujourd’hui le Québec se classe au neuvième rang des provinces en termes de richesse et recevra, en 2016, plus de 50 % de la péréquation fédérale. Non, c’est le résultat d’une gouvernance au gré des circonstances, axé sur le court terme et des objectifs politiques plutôt que sociétaux, l’œuvre de politiciens davantage préoccupés par leur maintien en poste que par l’assainissement réel et durable de l’État québécois. Et c’est une tendance lourde depuis des décennies. Pendant ce temps, les Québécois font les frais de réformes de toutes sortes, souvent mal réfléchies et pilotées par des ministres aux compétences nébuleuses (au sein de l’actuel conseil des ministres de Philippe Couillard, je pense notamment à François Blais à l’Éducation, à David Heurtel à l’Environnement et à Francine Charbonneau à la Famille – tous trois des ministres médiocres dans la gestion des portefeuilles dont ils sont respectivement responsables), mais la situation globale ne s’améliore pas pour autant et le Québec continue à tourner en rond, voire à s’enfoncer.

Transposez les talents de René Angélil dans un acteur de l’arène politique et imaginez un instant ce à quoi pourrait ressembler le Québec d’aujourd’hui si une vision comparable à celle qu’avait Angélil pour sa protégée avait été mise au service de l’État québécois : des objectifs bien précis à atteindre et un plan réfléchi et bien ficelé pour y arriver. Est-ce rêver en couleur? Probablement, mais il demeure que le Québec a cruellement besoin d’un visionnaire pour en prendre les rênes et le sortir de son marasme. Et Philippe Couillard n’est pas ce visionnaire.

Sébastien St-François

Pas de taxation sans représentation

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À l’image de ce qu’est devenue Montréal, l’agglomération de Longueuil est un monstre bureaucratique qui coûte de plus en plus cher à faire rouler (334,5 M$ en 2015), mais qui ne fournit pas à ses citoyens des services à la hauteur de ce à quoi ils sont en droit de s’attendre.

Là où j’habite (Boucherville, une des quatre villes dites liées à Longueuil), notre appartenance forcée à l’agglomération nous coûte cette année la rondelette somme de 47,5 M$, en hausse de 2,7 % par rapport à 2014. Juste au chapitre de la sécurité publique (police et pompiers), ça nous coûte tout près de 20 M$ par année – et nous n’en avons nettement pas pour notre argent à cet égard. Par exemple, cela fait plus d’une décennie que les Bouchervillois attendent la construction d’une deuxième caserne de pompiers sur le territoire afin que le schéma de couverture de risques en sécurité incendie soit respecté (dix pompiers sur les lieux d’un incendie – où qu’il soit – en dix minutes). Bref, nous payons et payons, mais les services pour lesquels nous payons ne sont pas nécessairement au rendez-vous.

C’est une situation que trois des quatre maires des villes liées de l’agglomération de Longueuil ont dénoncé en décembre dernier. Ils estiment que les villes liées auraient versé, sur une période de sept ans, 40 M$ en trop à l’agglomération. Le dossier se trouve maintenant devant les tribunaux. Faisant cavalier seul, le maire de Boucherville, Jean Martel, a plutôt affirmé que tout fonctionnait très bien à l’agglomération. D’ailleurs, depuis qu’il est en poste (novembre 2009), il vote systématiquement en faveur de tout ce que dépose la mairesse Caroline St-Hilaire. C’est à se demander si cette dernière ne prend pas le vote de Boucherville pour acquis aujourd’hui.

Il s’avère que le torchon brûle au sein de l’agglomération. Non seulement Caroline St-Hilaire doit-elle composer avec trois maires mécontents (ceux de Brossard, de Saint-Bruno-de-Montarville et de Saint-Lambert), mais ses relations avec le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, sont très tendues depuis le dépôt du budget 2015 de la Ville de Longueuil (taxes résidentielles en hausse de 3,9 %, soit près de deux fois l’inflation) et l’engagement pris par le ministre de rembourser les contribuables longueuillois via les impôts de 2015.

Également, au cours des derniers jours, grâce à la connivence entre la mairesse de Longueuil et le maire de Boucherville, Paul Leduc, maire de Brossard, a été évincé de son poste au conseil d’administration de la Communauté métropolitaine de Montréal. Surprise! C’est Jean Martel, maire de Boucherville, qui le remplacera à ce poste…

Il existe un principe en démocratie qui remonte à la Révolution américaine des années 1750 : « no taxation without representation » (pas de taxation sans représentation). En échange de leur contribution forcée à l’agglomération de Longueuil, les contribuables bouchervillois sont en droit de s’attendre à ce leur maire – leur représentant auprès de l’agglomération – défende leurs intérêts et non ceux de la mairesse St-Hilaire. À l’heure actuelle, comme Bouchervillois, j’ai l’impression que ce sont les maires des trois autres villes liées qui prennent mes intérêts comme contribuable de l’agglomération plus au sérieux que le maire de la ville que j’habite. Ce n’est pas normal… Au nom du principe susnommé, il serait grand temps que Jean Martel cesse d’être le pantin de Caroline St-Hilaire et reconnaisse qu’il existe un véritable problème de gouvernance au sein de l’agglomération de Longueuil. Un problème qui coûte très cher chaque année à ses concitoyens, au même titre que les citoyens des trois autres villes liées…

Sébastien St-François

Monde municipal : une refonte en profondeur s’impose

B4rUnj3IQAA-UYN.jpg largeSource : tvrs.ca

Le diable est aux vaches dans le monde municipal. Après avoir soulevé l’ire des syndiqués municipaux en faisant adopter son projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est attiré les foudres des élus municipaux la semaine dernière en fustigeant publiquement la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, et le maire de Laval, Marc Demers. Le ministre juge les hausses de taxes décrétées par ces derniers exagérées et menace les fautifs de sanctions. Qui a raison, qui a tort? Il est difficile d’imputer l’entièreté du blâme à l’une ou l’autre des parties, mais une chose est certaine : c’est toujours le contribuable qui finit par payer… Dans ce texte, je vais me concentrer sur la situation de l’agglomération de Longueuil étant donné que j’y habite. Cependant, mes commentaires s’appliquent à la grandeur du Québec.

Dans ce débat, il faut garder à l’esprit une prémisse de base : les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec. En fait, ils gagnent près de 40 % de plus que leurs homologues provinciaux. Ce sont les contribuables qui font les frais de ces conditions de travail extrêmement généreuses. Par exemple, à Boucherville – municipalité de 42 000 âmes que j’habite depuis 1977 –, le directeur général de la Ville reçoit des émoluments et avantages sociaux qui frôlent, voire dépassent, les 200 000 $ – sans parler du régime de retraite doré qui l’attend quand il tirera sa révérence. Raisonnable pour ce que certains qualifieront de « ville dortoir »? La masse salariale des municipalités est très élevé. Viennent ensuite les projets de toutes sortes qui sont chers à nos élus. Toujours à Boucherville, c’est par millions que l’argent des contribuables se dépense sur des projets très accessoires dans le contexte actuel. Et, dans le cas de ma ville, ces projets sont souvent payés au comptant afin de museler les citoyens contestataires. Il faut savoir qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, les élus peuvent dépenser les surplus comme bon leur semble sans que les citoyens puissent s’y opposer. Est-ce normal dans un système qui se veut et se dit démocratique?

Pendant ce temps, le déficit d’entretien de nos infrastructures publiques se creuse d’année en année. Chez nous, le service du génie prône la réfection complète (conduites d’aqueduc et d’égout, fondation et chaussée) d’un minimum de cinq kilomètres de rues annuellement. Or, d’après les chiffres que j’ai obtenus de la direction du greffe de la Ville de Boucherville, sur une période de six ans (de 2009 à 2014 inclusivement), très exactement 14,678 kilomètres ont été refaits. Ce déficit de 15,322 kilomètres s’ajoute à celui d’environ 40 kilomètres qui existait au début de 2009. Quand on sait combien coûte la réfection complète d’un mètre linéaire de rue, c’est une facture totalisant des dizaines de millions de dollars qui se monte sous nos pieds. Et le cas de Boucherville est loin d’être un cas d’espèce; l’ensemble des municipalités du Québec accusent un déficit à ce chapitre.

Vient ensuite la situation de l’agglomération de Longueuil. En 2016, ce monstre bureaucratique « fêtera » ses dix années d’existence. Cette structure qu’est l’agglomération coûte de plus en plus cher aux contribuables qui la financent. Pour 2015, son budget s’établit à 334,5 M$, en hausse de 1,9 % par rapport à 2014. Cette nouvelle hausse s’ajoute à des hausses annuelles souvent supérieures à l’inflation depuis 2006. Pour Boucherville, cela se traduit par une quote-part de 47,5 M$, en hausse de 2,9 % par rapport à 2014.

Jeudi dernier, trois des quatre maires des villes liées à Longueuil (Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert) ont fait une sortie publique pour dénoncer le manque de transparence dont ils se jugent victimes. Ces trois maires, dont Martin Murray de Saint-Bruno qui est comptable de formation, avancent que le partage des dépenses mixtes entre la ville centre (Longueuil) et les villes liées serait illégal et aurait coûté aux contribuables de ces dernières 40 M$ en sept ans. Si je reviens à l’exemple de Boucherville, alors que nous ne représentons qu’environ 10 % de la population de l’agglomération, la quote-part que nous devons verser annuellement aux coffres de l’agglo a souvent dépassé les 15 %. C’est ça, l’équité en matière de fiscalité municipale?

Étonnamment, le maire de Boucherville, Jean Martel, a décidé d’aller à l’encontre de ses trois homologues et a plutôt permis l’adoption du budget 2015 de l’agglomération. Pour justifier sa décision de se ranger une fois de plus derrière Longueuil, il invoque que l’agglomération fonctionne et permet de belles réalisations, comme les Jeux du Québec. Oui, elle fonctionne, mais à quel prix? En prenant le parti de la mairesse St-Hilaire, j’en conclus donc que Jean Martel ne reconnaît pas l’iniquité dont ses concitoyens sont victimes et juge parfaitement normal que les contribuables de Boucherville essuient des hausses de leur fardeau fiscal imputables au fonctionnement de l’agglomération de Longueuil qui sont plus souvent qu’autrement supérieures à l’inflation. Je trouve cela bien désolant venant d’un maire qui dit prôner une « taxation limitée et responsable » depuis qu’il est en poste. Quant on sait que la quote-part représente annuellement environ 45 % du montant (après impôt) que les contribuables doivent payer en taxes municipales à la Ville, on est en droit de s’attendre à ce que le maire prenne le parti des citoyens dont il est censé défendre les intérêts plutôt que celui d’une mairesse somme toute assez dépensière.

Alors, entre le ministre Pierre Moreau et la mairesse St-Hilaire, qui croire? Certes, Mme St-Hilaire a parfaitement raison lorsqu’elle déclare que les élus municipaux ont la légitimité démocratique de gérer leur ville et que c’est aux citoyens qu’ils représentent de juger de leur rendement. Par contre, M. Moreau a tout autant raison d’affirmer que les municipalités disposent d’une évaluation foncière qui augmente, qu’elles dégagent des surplus (parfois énormes) et que la croissance de leurs dépenses augmente – tout comme leur assiette fiscale. Pour le contribuable, ce débat aboutit plus souvent qu’autrement au même résultat : un compte de taxes qui ne cesse d’augmenter et qui représente un fardeau de plus en plus lourd.

Une chose demeure certaine. Comme ce fut le cas avec les commissions scolaires en 2013 sous le gouvernement Marois, peu importe qui remporte ce bras de fer politique entre Québec et les municipalités, c’est au contribuable municipal qu’on refilera une fois de plus la note. Et c’est pour cette raison qu’une refonte en profondeur du fonctionnement et des priorités de nos municipalités s’impose. Il est temps de faire le ménage et d’arrêter de pelleter dans la cour des contribuables.

Sébastien St-François

Rendez-vous référendaire à Boucherville

NCAB_RAPPORT_140708_Images_35__vue_sur_els_2_bassins_Web__2014117152024Source : boucherville.ca

Le lundi 10 novembre, un total de 902 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville pour signer un registre afin de manifester à l’administration municipale leur opposition à un règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer un futur complexe aquatique. En vertu de la loi, il fallait 804 signatures pour bloquer ledit règlement d’emprunt.

C’est la deuxième fois depuis l’entrée en fonctions du maire Jean Martel en 2009 que des citoyens se mobilisent pour bloquer un règlement d’emprunt. En effet, en mars 2012, 1047 citoyens s’étaient mobilisés pour bloquer un règlement d’emprunt beaucoup moins élevé concernant l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno. Dans ce dossier, on connaît la suite. Plus tôt cette année, le maire est revenu à la charge avec le même projet de piste cyclable – cette fois décidant de faire fi de la démocratie en puisant dans les surplus de la Ville pour financer le projet au comptant et ainsi museler toute opposition possible de la part des citoyens. Ainsi est faite la Loi sur les cités et villes, censée protéger les citoyens des municipalités du Québec… J’avais écrit au ministre de l’époque, Sylvain Gaudreault, mais je n’avais eu droit qu’à un accusé de réception laconique en guise de réponse aux doléances exprimées dans ma lettre.

Dans le cas du complexe aquatique, la Ville ne dispose évidemment pas des liquidités nécessaires pour financer le projet au comptant. Donc, le soir même que le résultat de la signature de registre a été connu, le maire a annoncé que son projet fera l’objet d’un référendum en janvier ou février 2015.

Les citoyens ayant signé le registre ont voulu envoyer un message au conseil municipal, mais il y a lieu d’interpréter ce message correctement. Rares sont les Bouchervillois qui ne reconnaissent pas la vétusté de nos installations aquatiques et personne (à ma connaissance) ayant signé le registre ne s’oppose à la mise à niveau de ces installations qui ont vieilli au fil des ans. Là où ça accroche pour les signataires du registre, c’est au niveau du coût du projet proposé par l’administration municipale : 34 M$, c’est sans précédent, et ça ne tient pas compte des inévitables dépassements de coûts qu’on observe dans la vaste majorité des projets publics entrepris ici comme ailleurs. À Boucherville, pensons à des exemples récents comme le Cercle social Pierre-Boucher et le Centre d’arts. Dans un cas comme dans l’autre, le budget initialement annoncé n’a pas été respecté.

Le maire nous explique que nous devons agir rapidement pour ne pas perdre les quelque 10 M$ en subventions octroyées au projet. Il avance que le projet ne coûtera pas 34 M$, mais 24 M$. Il affirme également ceci, rapporté la semaine dernière par le journal La Seigneurie : « On a réussi à baisser la dette afin de se dégager une marge de manœuvre et être capable de réaliser le projet en limitant l’impact sur les comptes de taxes. »

À mon avis, un tel raisonnement ne tient pas la route pour deux raisons. Premièrement, qu’en est-il des autres priorités actuelles et futures de la municipalité? Pensons notamment aux travaux de réfection (voirie et réseau d’égouts). En 2009, notre déficit à cet égard atteignait quelque 40 kilomètres. Depuis 2009, selon le Palmarès des municipalités des HEC Montréal, la croissance annuelle moyenne des dépenses à ces chapitres a baissé de quelque 30 % dans le cas de Boucherville. Cela m’indique que le déficit se creuse depuis cinq ans. Quand on sait combien coûte la réfection complète (surface + souterrain) d’un kilomètre de voirie, nous en avons pour des dizaines de millions de dollars en dépenses prévisibles au cours des prochaines années – juste pour rattraper le retard accusé depuis le début du millénaire. Sachant cela, avons-nous vraiment les moyens de nous payer le complexe aquatique mis de l’avant par Jean Martel?

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous bénéficierions de subventions totalisant environ 10 M$ que nous avons les moyens de ce projet et que le coût définitif du projet se limitera à 34 M$ (24 M$ après subventions). C’est comme si vous aviez des travaux majeurs à faire effectuer sur votre maison. Votre budget est serré et vous devez également remplacer votre voiture. Vous n’en avez pas les moyens, mais vous vous laissez tenter par l’offre d’un vendeur de voitures de luxe, qui vous propose une réduction du prix de quelques milliers de dollars pour vous convaincre à signer… Est-il pour autant responsable de succomber à la tentation si la décision est mise en contexte?

Sur le plan démocratique, la signature du registre aura l’avantage de permettre la tenue d’un débat éclairé sur la question, et le fardeau de la preuve revient maintenant au conseil municipal. En effet, les membres du conseil municipal doivent nous donner toute l’information nécessaire afin que nous puissions nous prononcer sur leur projet en toute connaissance de cause. Les citoyens ont besoin d’obtenir les réponses à toutes leurs questions afin d’être en mesure de prendre une décision éclairée sur le bien-fondé d’investir autant d’argent dans un seul projet.

Quelques questions me viennent spontanément à l’esprit :

  1. En quoi ce projet (comprenons-nous bien, pas une mise à niveau de la piscine, mais le projet de 34 M$+ actuellement proposé par l’administration) est-il absolument nécessaire pour la population de Boucherville? Pourquoi un projet plus modeste et moins coûteux n’a-t-il pas été envisagé?
  2. En quoi ce projet est-il prioritaire et s’il allait de l’avant, quelle serait l’incidence sur la capacité de la Ville à financer adéquatement d’autres travaux prioritaires sans alourdir indûment le fardeau fiscal des contribuables?
  3. En quoi ce projet serait-il rentable pour Boucherville et sa population? Autrement dit, en avons-nous vraiment les moyens et quelle serait l’incidence (chiffrée) sur nos comptes de taxes futurs? L’information vague fournie par le maire à ce propos ne me satisfait pas.

Ce sera donc un dossier à suivre de près au cours des semaines et des mois à venir, et tout un chacun doit s’assurer d’avoir en main toute l’information pertinente et nécessaire pour prendre la décision la plus judicieuse qui soit en tenant compte de notre capacité de payer collective et des autres priorités de notre municipalité. Deux choix sont possibles : on accepte le grandiose projet qui nous est proposé ou on demande au conseil municipal de refaire ses devoirs et de nous revenir avec un nouveau projet plus modeste et donc d’une facture plus raisonnable.

Sébastien St-François

Vos comptes de taxes des trois dernières années sont maintenant accessibles à tous en ligne!

Quelle ne fut pas ma surprise, en consultant Facebook aujourd’hui en fin d’après-midi, d’apprendre que la Ville de Boucherville offre dorénavant un « service » permettant à quiconque de connaître le montant que son voisin paie en taxes à la Ville simplement en entrant son adresse sur le site suivant :

http://tfp.ville.boucherville.qc.ca/asp/tfp.aspx

Communiqué de la Ville :

« Boucherville, 9 avril 2013 – La Direction des finances de la Ville de Boucherville a mis en place un service d’accès en ligne (TFP) pour les citoyens de Boucherville qui désirent consulter les données concernant la taxation. Pour consulter les relevés de taxes des trois dernières années, il suffit de cliquer sur le lien « Données de taxation » sous la rubrique Services en ligne à partir de la page d’accueil du boucherville.ca. Vous devez naviguer sur le site Web de TFP en tant que Visiteurs. »

Faites-en l’essai! Premièrement, je me demande quelle est l’utilité de ce service. Chaque contribuable sait fort bien combien il paie en taxes à la Ville, il n’a pas besoin d’un site Web pour le lui rappeler. Cependant, à quoi bon rendre cette information accessible à l’ensemble de la population, voire à l’ensemble des internautes? Quant à moi, un compte de taxes est un document qui ne concerne que le contribuable en question et la Ville à laquelle il verse ses taxes. Deuxièmement, est-ce légal et « constitutionnel »? Bien que je ne sois pas juriste, disons que j’ai des doutes… Troisièmement, bien que je suive assidument les séances publiques du conseil municipal, jamais une résolution autorisant un tel service n’a été votée à l’unanimité ou à la majorité.

J’ai d’ailleurs fait parvenir ce message à la greffière, avec copies conformes au directeur général, au maire, Jean Martel, et au conseiller délégué aux finances, Dominic Lévesque :

« Bonjour,

Comme citoyen de Boucherville, qui a droit à la protection de ses renseignements personnels, j’exige que toute information me concernant soit rendue inaccessible via ce service. Il est trop facile pour quiconque d’identifier le propriétaire à partir d’une adresse et le montant que je verse en taxes annuellement à la Ville de Boucherville ne concerne que moi et la Ville de Boucherville. Il y a des limites à tout.

Aussi, j’aimerais bien savoir quand cette mesure a été votée par le conseil municipal, car j’écoute assidument chaque séance du conseil municipal et il n’y a jamais été question d’une résolution concernant ce nouveau service, dont je m’interroge bien honnêtement sur l’utilité. Le contribuable qui paie des taxes à la Ville n’a aucunement besoin de ce service TFP pour connaître le montant qu’il verse en taxes à la Ville.

http://www.ville.boucherville.qc.ca/cgi-bin/index.cgi?page=residants0_3_2_0_454_59&langue=fra

Cette nouvelle a été annoncée sur le compte Facebook de la Ville de Boucherville. Je vous demande un suivi de ma demande dans les plus brefs délais. Merci. »

Je vous invite d’ailleurs à faire de même. De plus, la prochaine séance publique du conseil municipal a lieu lundi soir prochain, le 15 avril, à compter de 20 heures. Vous avez l’occasion d’y faire valoir votre opinion sur ce nouveau « service » à la période de questions.

Il y a des limites à tout!

Sébastien St-François

Budget 2013 : manque de transparence et de respect envers les citoyens et les contribuables

Le budget 2013 de la Ville de Boucherville a été présenté lundi soir. L’administration Martel a annoncé en grande pompe un gel de taxes pour 2013. Elle va même jusqu’à affirmer qu’il s’agit du premier gel décrété depuis 2006. Je me permettrai un commentaire à cet égard. En 2006, année où Boucherville est redevenue une ville après quatre années de fusion forcée, il restait environ 700 000 $ dans les coffres et les travaux de réfection des infrastructures avaient été paralysés pendant autant d’années. Il aurait été irresponsable, voire impossible, de décréter un gel des taxes pendant les années 2006-2009, où tout était à refaire après une fusion s’étant avérée désastreuse pour les finances de Boucherville. Aujourd’hui, après plusieurs années de plantureux surplus, annoncer un gel de taxes relève davantage de l’électoralisme que d’un exploit quelconque. Il me semble évident que nous sommes surtaxés depuis quelques années en préparation de ce budget à saveur électoraliste.

Taxation : un gel qui dissimule une hausse

Depuis l’arrivée de Jean Martel à l’hôtel de ville, nous avons subi des hausses de près de 4 % (2010), de près de 2 % (2011) et de 1 % (2012). En parallèle, la Ville dégage des surplus budgétaires qui montent en flèche depuis quelques années : 2,9 M$ (2009), 4,9 M$ (2010) et 6,8 M$ (2011). Pour 2012, on nous annonce déjà un surplus de plus de 4,1 M$; à titre comparatif, le surplus « annoncé » pour 2011 avait été de l’ordre de 3,6 M$ et la Ville a fini par dégager près du double. Une simple règle de trois laisserait donc présager un surplus réel de plus de 7,5 M$ pour 2012. En clair, en combinant les hausses annuelles que nous subissons et les montants que la Ville perçoit en trop d’année en année, le fardeau fiscal des contribuables bouchervillois a subi une augmentation réelle qui se situe entre 7 % et 8 % annuellement, et ce, depuis quelques années (à lire : La « taxation limitée et responsable » de l’administration Martel alourdit excessivement le fardeau fiscal des contribuables bouchervillois).

Donc, en apparence, les Bouchervillois auront droit à un certain répit l’an prochain. Cette manœuvre était prévisible : Jean Martel est un politicien des plus traditionnels à bien des égards et cherche à se faire réélire en novembre prochain. Cependant, ce « gel » dissimule en fait une légère hausse de 0,8 %, attribuable à la réduction de 1,9 % de la quote-part que nous verserons à l’agglomération de Longueuil en 2013 (45,972 M$) par rapport à 2012 (46,845 M$). Où iront les 873 000 $ que nous payerons en moins l’an prochain à l’agglomération? Certainement pas dans les poches des contribuables bouchervillois… J’ai posé la question hier soir, mais je n’ai pas eu droit à une réponse claire et transparente de la part de Dominic Lévesque, conseiller responsable du budget.

Comme on pouvait s’y attendre, le taux de taxation résidentielle par 100 $ d’évaluation baisse en 2013, étant donné que le nouveau rôle d’évaluation (2013-2014-2015) fait bondir la valeur du parc immobilier résidentiel de 18,5 %, soit de 4,4 G$ à 5,2 G$. D’un taux de 0,7762 $ en 2012, nous passerons à un taux de 0,6475 $ en 2013. Cependant, si l’administration Martel avait fait le choix de refiler aux Bouchervillois la baisse de quote-part pour 2013 (au lieu de s’en servir à une fin qui demeure inconnue), elle aurait plutôt fixé le taux de taxation à 0,6425 $ par 100 $ d’évaluation. Vous allez me dire que ce n’est pas énorme, mais lorsqu’on se targue d’être transparents et d’appliquer une « taxation limitée et responsable », annoncer un gel qui dissimule une hausse – si minime soit-elle –, ça nuit à la crédibilité de ceux qui se vantent d’appliquer la plus grande transparence à leur gestion des fonds publics…

Le calcul est fort simple. Si on soustrait du compte moyen de 2874 $ qui figure dans la présentation budgétaire la taxe d’eau (158 $) et la taxe de déchets (298 $), on arrive à 2418 $. Au taux de 0,7762 $ (2012), on arrive à une évaluation foncière de 311 517 $. En 2013, la valeur d’évaluation foncière utilisée est 373 400 $ (+20 %). Au taux de 0,6475 $, on arrive bien à 2418 $. Cependant, si le -0,8 % attribuable à la baisse de la quote-part avait été appliqué à ce compte, le montant perçu en impôt foncier se serait chiffré à 2399 $ : 2399 $ / 3734 = 0,6425 $ par 100 $ d’évaluation…

Maintenant, les 873 000 $ épargnés par la Ville en quote-part, où seront-ils affectés? Aucune idée, bien que j’aie posé la question. Ce qu’on sait, c’est que nos dépenses d’agglomération baissent, que l’indice des prix à consommation pour la période d’octobre 2011 à octobre 2012 s’est établi à 1,8 %, mais que les dépenses locales passeront de 57,398 M$ (2012) à 60,150 M$, ce qui représente une hausse – bien supérieure à l’inflation – de 4,8 %. Et ce n’est pas une accélération marquée des travaux de réfection de nos infrastructures routières et souterraines qui explique cette hausse marquée des dépenses locales… Au contraire, à ce chapitre, le déficit d’entretien continuera de se creuser.

Remboursement de la dette : une « erreur » répétée à plusieurs reprises

Encore le 30 octobre dernier, le conseiller Dominic Lévesque affirmait sur les ondes du FM 103,3 que près de 8 M$ avaient été remboursés par anticipation sur la dette en 2012. Pendant sa présentation du budget hier soir, il a encore affirmé que 8 M$ avaient été affectés au remboursement de la dette par anticipation en 2012. En réalité, comme en fait foi un courriel que j’ai reçu du directeur des finances et trésorier, M. Gaston Perron, ce ne sont que 2,62 M$ – dont 0,551 M$ provenant de soldes disponibles sur des règlements d’emprunt (donc, de l’argent emprunté pour rembourser de l’argent emprunté) – qui ont été remboursés par anticipation en 2012. Cette donnée de 2,62 M$ figure d’ailleurs dans le PowerPoint de la présentation budgétaire.

Nous sommes donc encore loin de la réalisation de l’engagement pris par l’administration Martel d’« appliquer le surplus enregistré en 2011 sur la dette » (La Relève, 1er mai 2012). Difficile pour le citoyen de voir juste dans cette mer de chiffres… Encore une fois, j’ai posé la question à savoir si ce sont 8 M$ ou 2,62 M$ qui ont été remboursés par anticipation en 2012. Après plusieurs tergiversations de la part du responsable des finances, j’ai enfin eu la confirmation que ce sont 8 M$ au total, dont 2,62 M$ par anticipation.

Maintenant, on nous annonce un remboursement par anticipation de la dette de l’ordre de 6,822 M$ en 2013. Cependant, ce qu’il faut comprendre est que ce ne sera pas entièrement « de l’argent neuf », puisque l’engagement pris en 2012 n’a été que partiellement respecté en 2012. Encore faut-il qu’un nombre suffisant de fenêtres s’ouvrent en 2013 pour appliquer 6,822 M$ en remboursements par anticipation. Les citoyens doivent redoubler de vigilance à cet égard, car il est très facile pour les élus de lancer toutes sortes de chiffres en espérant ne pas se faire poser de questions par la suite.

En conclusion, je m’attendais à un budget électoraliste pour 2013, mais je ne m’attendais pas à une autre hausse de taxes dissimulée derrière un gel qui n’en est pas un. Par ailleurs, je me serais attendu à une présentation plus transparente des données concernant le remboursement de la dette et – surtout – à des réponses plus claires et plus directes à mes questions visant à obtenir l’heure juste sur cet important volet des finances publiques. Ne serait-ce que sur les plans de la transparence et du respect du citoyen, ce budget en est un autre que je qualifie de décevant et qui démontre éloquemment que nous sommes surtaxés depuis quelques années à des fins électorales. Pendant ce temps, nos rues et notre souterrain ne sont pas réparés au rythme où ils devraient l’être pour éviter que tout se mette à craquer et à couler un jour.

Sébastien St-François

Dans un prochain billet, je commenterai d’autres aspects du budget 2013 ainsi que le plan triennal d’immobilisations (PTI) pour 2013-2014-2015.

Où s’en va le journalisme à Boucherville?

Source : La Seigneurie

Quand on sait que la minorité de citoyens qui se donne la peine de consulter les hebdos locaux pour s’informer sur ce qui se passe dans la ville, il y a lieu de se préoccuper de la lecture de tels titres, surtout lorsque bien des lecteurs se limitent à la lecture des grands titres pour se faire une idée sur ce qui se passe autour d’eux.

« Les citoyens de Boucherville prêts à accepter une légère hausse de taxes »

Malheureusement, ce titre – d’un article non signé par un journaliste en page 7 de La Seigneurie du 9 novembre dernier – ne reflète pas le contenu de l’article. En se fiant uniquement au titre, on pourrait croire qu’une majorité de citoyens soient favorables à une telle mesure. Or en lisant le texte sous le titre, on apprend qu’il s’agit de 46 % d’environ 550 personnes ayant répondu au sondage budgétaire de la Ville – donc, quelque 253 personnes sur une population de plus de 40 000 habitants. On est donc loin d’une majorité…

Ça donne l’impression que le journal a simplement reproduit un communiqué reçu de la Ville. Bref, ça ne témoigne pas d’une grande rigueur sur le plan journalistique.

Quel est le rôle d’un journal local? Contribuer à répandre la propagande d’une équipe d’élus qui gèrent sans opposition et tentent d’endormir la population avec de belles parole sur la participation citoyenne, les projets structurants et ainsi de suite ou fouiller les dossiers, présenter l’information sous un angle autre que celui utilisé par le personnel de la Ville payé pour dire et écrire ce que leur dictent les élus?

La couverture journalistique à Boucherville me déçoit et me préoccupe de plus en plus. Il y a lieu de se demander où s’en va le journalisme à Boucherville.

Sébastien St-François

Une question qui interpelle l’ensemble des contribuables

Le 28 mai dernier, nous pouvions lire dans ces pages une lettre ouverte de M. Pierre Drapeau titrée Un rappel au maire de Boucherville. Dans son texte, M. Drapeau faisait état de la lenteur à obtenir une réponse appropriée à une question concernant le taux de taxation général.

Alors que le rôle d’évaluation a augmenté de 30,8 %, le taux de taxation général n’a baissé que de 20,8 %. Si je réduis de 30,8 % un taux de taxation de 0,9524 $, j’arrive à 0,6591 $ – un écart de 9,5 cents du 100 $ d’évaluation par rapport au taux de taxation général de 0,7541 $ fixé pour 2010. Je pense que cette question interpelle l’ensemble des contribuables de Boucherville et qu’elle mérite une réponse publique.

Monsieur le Maire, j’ajoute ma voix à celle de M. Drapeau et je vous saurais gré de partager avec les contribuables de Boucherville votre réponse à cette question fort pertinente, surtout en cette année où votre administration a choisi d’imposer une hausse moyenne du compte de taxes supérieure à l’inflation.

Sébastien St-François

Quel triste mépris de la démocratie…

Quelle ne fut pas ma surprise de lire, dans La Relève du 2 juin dernier, une « lettre ouverte » signée par le maire de Boucherville, Jean Martel, et titrée Un simple appel plutôt qu’un rappel aurait suffi!

Premièrement, il est de mon avis qu’un tel titre exclamatif démontre un manque flagrant de respect à l’endroit d’un citoyen/contribuable/« payeur de taxes » qui a le droit de s’exprimer et dont la question est légitime. Il en irait de même d’une phrase exclamative dans la décision écrite rendue par un membre de la magistrature. Le point d’exclamation n’est pas à sa place dans un cas comme dans l’autre.

Deuxièmement, je ne pense pas que ce soit aux élus de dicter aux citoyens comment communiquer leurs doléances. Oui, il y a les assemblées publiques, les déjeuners du maire, etc. Il n’en demeure que, lorsqu’il est question d’un dossier qui touche tout le monde (comme le taux de taxation), certains jugent préférable de passer par les hebdos locaux pour sensibiliser un plus grand nombre de personnes à ce qu’ils considèrent comme une question d’intérêt général. Et c’est l’un de leurs droits les plus fondamentaux de procéder ainsi.

Toujours est-il que nous n’avons pas encore la réponse à la question soulevée par M. Pierre Drapeau : alors que le rôle d’évaluation a augmenté de 30,8 %, le taux de taxation général n’a baissé que de 20,8 %. Si je réduis de 30,8 % un taux de taxation de 0,9524 $, j’arrive à 0,6591 $ – un écart de 9,5 cents du 100 $ d’évaluation par rapport au taux de taxation général de 0,7541 $ fixé pour 2010. Je pense que cette question interpelle l’ensemble des contribuables de Boucherville et qu’elle mérite une réponse publique.

Pour terminer, une phase dans la lettre ouverte du maire me laisse vraiment bouche bée : « En terminant, je comprends mal pourquoi quelqu’un qui se dit un partisan de notre équipe décide de procéder par un rappel dans les journaux… » Qu’en est-il de ceux qui ne sont pas partisans de votre équipe, M. Martel? Cette déclaration publique n’est pas digne de votre fonction. Vous avez été élu pour représenter les intérêts de tous les Bouchervillois, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour vous et votre équipe.

Sébastien St-François

Boucherville : un « bar ouvert »?

Je suis resté un peu bouche bée lorsque j’ai appris la décision concernant les rues Pierre-Boucher et Saint-Pierre. Pour ce qui est de la rue Pierre-Boucher, cette décision était écrite dans le Ciel suivant l’élection du 1er novembre dernier, mais j’ai été d’autant plus stupéfait d’apprendre que cette règle s’appliquera dorénavant à l’ensemble des « rues anciennes » à refaire.

Sachant qu’une trentaine de kilomètres de rues sont à refaire dans la ville, combien cette décision « unanime » nous coûtera-t-elle en pourcentage d’augmentation du compte d’impôt foncier « moyen » l’année prochaine, puis l’année suivante, puis l’année après cela? Il serait de mise que le conseil municipal informe la population de l’incidence financière de sa décision, car elle sera sûrement importante et touchera l’ensemble des contribuables sur le territoire. Ajoutons à cela d’autres projets grandioses déjà annoncés, et le fonds général – qui n’est pas un gouffre sans fond – sera étiré au maximum sans l’injection de nouvel argent. Et d’où proviendra ce nouvel argent? Nous connaissons tous la réponse à cette question.

Nul besoin d’être comptable pour comprendre que plus on puise dans le fonds général, plus on devra contribuer à ce fonds général, sans quoi les déficits seront au rendez-vous. Or les municipalités sont contraintes par la loi de déposer des budgets équilibrés.

Alors qu’Ottawa et Québec doivent amorcer un régime minceur, le nouveau conseil municipal ici ne cesse de multiplier les annonces, les projets et les dépenses. Or je vis selon mes moyens et je m’attends à la même rigueur de la part de mes élus qui gèrent nos deniers publics auxquels je contribue. À l’instar de nombre de mes concitoyens (j’en suis sûr sans devoir mener de sondage), je n’ai pas envie de financer toutes ces décisions « unanimes » (le contraire serait surprenant, il n’y a aucune opposition à l’hôtel de ville) à coups de hausses d’impôts fonciers supérieures à l’inflation année après année. Il y a des limites à prendre les contribuables pour des citrons. Si nous nagions dans l’argent, tous ces projets seraient formidables. Mais nous ne nageons pas dans l’argent, aux dires même de M. Martel et des membres de son équipe, qui se sont dits très préoccupés par l’endettement et l’explosion des coûts des services municipaux au moment du dépôt du budget 2010.

M. Martel et membres du conseil, vous avez été élus par vos partisans, mais votre travail consiste à représenter les intérêts collectifs de Boucherville. Voilà l’essence même de l’éthique, et on n’a pas besoin d’un commissaire pour comprendre cela. Le favoritisme – ou la moindre perception de – n’a plus ça place en politique, vu l’état lamentable de nos finances publiques. Et le message s’adresse autant à Jean Martel qu’à Jean Charest qu’à Stephen Harper. L’heure est au réalisme : les taux d’intérêt augmenteront, le service de la dette ne sera plus l’« aubaine » qu’elle a été ces dernières années et nous n’avons plus les moyens collectifs d’ajouter à une infrastructure que nous peinons déjà à soutenir. Il me semble que ce n’est pas compliqué à comprendre, même pour l’humble citoyen que je suis.

Sébastien St-François