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Nous avons le choix…

Nous voilà rendus au début officiel de la campagne électorale municipale, édition 2017. Le scrutin est le 5 novembre prochain. Alors que des équipes se mettent en action un peu partout dans les municipalités du Québec, ici à Boucherville, les choses risquent d’être plutôt tranquilles par comparaison.

Dans les districts, à moins de surprises de dernière minute, les conseillers en poste depuis quatre ou huit ans seront réélus par acclamation dès le 6 octobre. Une seule exception au tableau : le district 1 (Vieux-Village). Bien que l’issue demeurera la même, ce sera intéressant de suivre la campagne que livreront le prétendu candidat indépendant Yan Savaria-Laquerre – qui a claqué la porte de l’Équipe Martel il y a environ 18 mois sans jamais s’expliquer à la population et qui n’a jamais voté contre une seule résolution mise de l’avant par Martel et son équipe depuis – et Isabelle Bleau, la nouvelle candidate recrutée par Jean Martel.

Dans le district 5, libéré par Dominic Lévesque, le candidat François Desmarais (alias Pierre Boucher) l’aura eu facile pour une première expérience électorale – à moins, encore une fois, d’une surprise de dernière minute.

Cependant, il en sera heureusement différent au niveau de la mairie, car Monique Reeves a pris la décision louable de se présenter contre Jean Martel à la mairie, comme indépendante. Selon moi, il aurait été catastrophique pour notre démocratie municipale si Jean Martel avait été réélu par acclamation le 6 octobre. Déjà qu’il sollicite un troisième mandat, alors qu’il s’était engagé – en 2009 – à n’en solliciter qu’un maximum de deux… Ce que le pouvoir peut faire à une personne.

Comme on pouvait s’y attendre, Jean Martel propose aux citoyens « sa ligne d’action sous le signe de la continuité ». Il table notamment sur une autre infrastructure sportive et de nouvelles pistes cyclables. Il évalue le coût de ses engagements électoraux à entre 20 M$ et 25 M$ pour les quatre prochaines années, mais il a déjà démontré dans le passé que les chiffres qu’il avance ne veulent rien dire (dépassements de coûts dans les projets du café-centre d’art, de l’affreuse piste cyclable qui longe le fleuve, etc.). Bref, avec lui, c’est le statu quo : taxation excessive pour dégager des surplus excessifs afin de financer « ses » projets au comptant pour museler toute opposition, mépris des citoyens qui osent le contester ou le contredire, etc.

Du côté de Mme Reeves, elle n’a pas encore annoncé ses engagements électoraux, mais je serai heureux de les publier ici si elle le souhaite. Pour avoir échangé avec elle, qui est sur le terrain depuis plusieurs semaines pour prendre le pouls des citoyens, l’écœurantite de l’administration actuelle au sein de la population est plus élevée que Jean Martel pourrait le penser…

Maintenant, cette écœurantite doit se traduire par des votes si on [la partie de la population de Boucherville qui en a assez des façons de faire de Jean Martel] veut que les choses changent. Collectivement, nous avons le choix : reconduire Jean Martel au pouvoir pour un troisième mandat ou essayer de rétablir notre démocratie municipale, qui se porte de plus en plus mal (il suffit de consulter les médias sociaux où quiconque ose dire quelque chose de « négatif » sur Jean Martel et ses sbires se fait ramasser par une bande de trolls en un rien de temps pour s’en convaincre), en tentant notre chance avec ce que Mme Reeves nous proposera. Le fait d’avoir un choix est toujours précieux en démocratie et il l’est d’autant en cette année électorale 2017… Pour que ce choix se traduise par du changement, Jean Martel doit quitter l’hôtel de ville et retourner à son travail d’avocat. Il est tout de même curieux que son profil figure toujours sur le site de Séguin Racine et qu’on puisse communiquer avec lui comme avocat près de huit ans après sa première élection à la mairie de notre ville.

Sébastien St-François

Un gouffre sans fond à Boucherville…

Décidément, le projet de centre d’art est un véritable gouffre sans fond pour les contribuables bouchervillois. Pis encore, ces derniers n’ont pas un mot à dire sur ce projet dont le coût est nettement exagéré pour une municipalité de 42 000 habitants. En effet, grâce au concours de la Loi sur les cités et villes, il est en voie d’être en majeure partie financé par les surplus – nos surplus – et les citoyens ne peuvent pas contester une dépense payée comptant par leurs élus en vertu de la loi actuellement en vigueur.

Le plus récent exemple : en séance extraordinaire, le 24 février dernier, nos élus ont résolu de puiser un autre montant de 1,3 M$ dans nos surplus accumulés pour financer un dépassement de coûts dans le controversé projetPV 2014-02-24 page 2

Le prix à payer pour avoir jugé bon, aux dernières élections, de confier les clés et les coffres de la Ville de Boucherville à une équipe sans aucune opposition? Je me pose la question comme citoyen de longue date et contribuable de cette ville.

Je cherche aussi à comprendre pourquoi le maire Jean Martel a dû quitter la salle lorsqu’il a été question de travaux de Vidéotron, alors qu’il a affirmé à la journaliste Martine Veillette de La Seigneurie, pas plus tard que le 21 février, qu’il ne pratiquait plus le droit pour justifier sa décision de se voter une généreuse allocation de transition quelques mois seulement après avoir été élu pour un deuxième mandat.

PV 2014-02-24 page 3

Il serait de mise qu’il explique à la population pourquoi il est encore en conflit d’intérêts chaque fois qu’il est question de télécommunications sur notre territoire s’il ne pratique plus le droit. Pourtant, en date d’aujourd’hui (14 mars), son profil professionnel figure toujours sur le site Web du cabinet Séguin Racine.

Les Bouchervillois qui ne suivent pas ce qui se passe dans leur ville et les gens de l’extérieur croient que la Ville de Boucherville est très bien gérée. Permettez-moi de soulever des doutes de temps à autre…

Sébastien St-François

Une ville à contrecourant…

Assermentation novembre 2013Source : boucherville.ca

Décidément, les élus de Boucherville rament à contrecourant. Après avoir remis sur la table un projet de piste cyclable ayant été contesté par signature de registre en mars 2012 – faisant ainsi fi d’une contestation démocratique de plus de mille de leurs concitoyens –, voilà maintenant que les élus formant le conseil municipal de Boucherville se votent des allocations de transition.

Selon ce que nous apprend La Seigneurie, le maire ou un conseiller qui quitte ses fonctions aura droit à l’équivalent d’un an de salaire, soit plus de 79 000 $ pour le maire et entre 23 000 et 36 000 $ pour les conseillers. Cette allocation sera-t-elle versée en cas de départ forcé, dans la disgrâce, comme ce fut le cas récemment de Gérald Tremblay (à Montréal), de Richard Marcotte (à Mascouche) ou de Gilles Vaillancourt et d’Alexandre Duplessis (à Laval)? L’article ne nous le dit pas.

Cependant, un fait demeure. Ces allocations de transition ont de moins en moins la cote auprès des électeurs, et la pression publique se fait de plus en plus grande en faveur de l’abolition pure et simple de ces primes de départ, surtout lorsqu’elles ne sont pas méritées. Mais, à Boucherville, il n’y a pas d’opposition à l’hôtel de ville et très peu de pression publique, alors les élus font bien ce qu’ils veulent.

« En tant qu’élus, si on perd notre emploi, on n’a pas le droit à l’assurance-emploi », explique le maire Jean Martel. Bien, moi non plus, en tant que travailleur autonome, si mes clients me remercient du jour au lendemain, je n’aurai pas droit à l’assurance-emploi. Mais le maire insiste : il veut que les élus de Boucherville aient ce qui est prévu à la loi. La Loi sur le traitement des élus municipaux, une autre loi provinciale criblée de failles, au même titre que la Loi sur les cités et villes, et témoin d’une époque révolue.

On apprend également dans l’article de La Seigneurie que Jean Martel avait essayé de pratiquer le droit en parallèle durant son premier mandat, mais sans succès, faute de temps. C’est étrange, car je ne compte plus les fois qu’il s’est retiré en séance publique lorsqu’il était question de tours de télécommunications, se disant en conflit d’intérêts parce qu’il représentait un client dans ce domaine (ce faisant, choisissant de défendre son client plutôt que les citoyens de Boucherville). D’ailleurs, son profil professionnel figure toujours sur le site Web du cabinet d’avocats Séguin Racine, où on peut y lire qu’il agit à titre d’avocat-conseil du cabinet depuis son élection à la mairie en 2009.

En 2014, après tous les départs scandaleux ayant secoué le milieu municipal au Québec, ces allocations de transition ne se justifient tout simplement plus et c’est honteux que des élus peuvent encore s’en voter (autrement dit, que la loi provinciale leur permettant de le faire n’ait pas encore été modifiée). Un travailleur contractuel ne touche pas une prime à la fin de son contrat. Un salarié qui est mis à la porte en raison d’une malversation ne reçoit habituellement rien et se compte chanceux s’il n’est pas poursuivi par son employeur. Si le salarié quitte de son propre gré, il n’a pas droit lui non plus à l’assurance-emploi. Mais, en politique, tout passe. On vote des règlements et des lois et on pige dans la cagnotte des deniers publics. Et on ne se gêne surtout pas, y compris lorsqu’on quitte pour des raisons purement opportunistes comme Emmanuel Dubourg ou dans la disgrâce la plus totale comme Gilles Vaillancourt, accusé notamment de gangstérisme.

Il ne reste qu’à espérer que les allocations de transition que s’est voté le conseil municipal de Boucherville soient rigoureusement balisées et ne soient pas versées sous tous les prétextes. Mais il est permis d’en douter si nos élus se contentent d’appliquer ce que dit la loi…

Sébastien St-François