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Une partie de la Rive-Sud exclue d’un important débat sur son avenir

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D’après un sondage CROP mené auprès des citoyens des trois villes liées que sont Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno-de-Montarville, « près de 84 % des répondants sont en faveur de la tenue d’une consultation populaire afin de donner un mandat clair aux élus municipaux pour demander au gouvernement du Québec de sortir leur ville de l’agglomération. » Lire la suite

C’est vrai qu’on paie trop…

logo-3Agissant au nom de leurs concitoyens et des villes qu’ils dirigent, Paul Leduc, Martin Murray et Alain Dépatie, respectivement maires de Brossard, de Saint-Bruno-de-Montarville et de Saint-Lambert sur la Rive-Sud de Montréal, poursuivent leur offensive pour faire modifier le fonctionnement de l’agglomération de Longueuil, en place depuis le 1er janvier 2006. Le grand absent dans cette offensive est Jean Martel, le maire de Boucherville. Lire la suite

Un récit d’eau, de neige et de glace

150104_cg2ln_rue_ottawa_verglas_sn1250La « crise de l’eau » qui a sévi à Longueuil, à Boucherville et à Saint-Bruno-de-Montarville la semaine dernière a soulevé moult questions dans les médias et au sein de la population sur l’efficacité des interventions visant à rétablir l’approvisionnement en eau potable sur une bonne partie de la Rive-Sud de Montréal. Pour ma part, le plus inquiétant dans toute cette saga est que, par exemple, l’animateur Paul Arcand du 98,5 FM avait été informé de l’existence d’un problème majeur par une source anonyme en autorité à la Ville de Longueuil plusieurs heures avant l’imposition officielle de l’avis de non-consommation de l’eau ayant eu pour effet de priver plus de 300 000 Québécois d’eau potable pendant quelque 36 heures.

Nonobstant les affirmations de la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, les autorités municipales n’avaient visiblement aucun protocole ou plan en place pour gérer efficacement une telle éventualité. De citer François Cardinal de La Presse : « Longueuil a adopté il y a trois mois une résolution sur le transport de pétrole sur le Saint-Laurent […] Une prise de position qui ne lui a manifestement pas donné l’idée de se préparer elle-même en cas de déversement sur son propre territoire. »

J’habite une des villes « sinistrées » de la semaine dernière. Personnellement, je n’ai pas été incommodé par des odeurs de diesel dans l’eau qui coulait de mes robinets et j’ai même consommé de l’eau avant que l’avis de non-consommation ne soit annoncé. Par contre, j’ai la nette impression que la gestion des événements au cours des quelque 36 heures qu’aura duré cette « crise » a été marquée par un certain amateurisme. Je m’attends donc à ce que les autorités nous présentent un compte rendu complet de ce qui s’est passé et des défaillances dans la gestion de cet incident de santé publique une fois que le post-mortem aura été fait en bonne et due forme. La mairesse de Longueuil s’est d’ailleurs engagée en ce sens vendredi soir lors d’un point de presse convoqué pour annoncer la levée de l’avis de non-consommation de l’eau.

La potabilité de l’eau est certes un service essentiel auquel doivent veiller nos municipalités, mais qu’en est-il lorsque l’eau tombe du ciel sous la forme de neige et de glace et recouvre nos voies publiques d’un véritable cocktail météorologique? Aurions-nous oublié, au Québec, que notre climat est nordique et que le déneigement et le déglaçage sont aussi des services essentiels pour assurer la sécurité des citoyens dans leurs déplacements?

Malgré les hausses de taxes qui se succèdent d’année en année, je constate – à l’instar de nombre de mes concitoyens – que la qualité des services de base que nous rendent nos municipalités se détériore. Nous voilà plongés dans le mois le plus froid et le plus désagréable (du moins pour celles et ceux qui, comme moi, détestent l’hiver) de l’année et force est de constater que l’art du déneigement et du déglaçage se perd au Québec. J’habite Boucherville, mon bureau est situé dans le Vieux-Longueuil et j’ai à me rendre parfois à Montréal comme bon nombre de Québécois. Depuis le début de l’hiver en cours, j’observe de nombreuses défaillances lors des opérations de déneigement et de déglaçage qui suivent chaque chute de précipitations. Et le problème ne se limite pas uniquement à la métropole. Même un grand axe routier comme la 132 en bordure du fleuve Saint-Laurent pose problème chaque fois qu’il tombe de la neige tellement le déneigement est mal fait.

À Boucherville, les rues sont recouvertes de grandes plaques de glace très dure et très glissante et les principaux boulevards de la municipalité sont souvent déneigés à moitié – à un point tel qu’une voie sur deux est plus souvent qu’autrement impraticable ou difficilement empruntable. C’est comme si le sel de déglaçage était devenu une denrée si rare ou si coûteuse que la municipalité n’avait plus les moyens de s’en procurer ou s’en payer.

Pourtant, toujours ici à Boucherville, le conseil municipal est allé de l’avant avec un projet de centre d’art qui est en train de virer en véritable fiasco judiciaire et aura fini par coûter des millions de dollars de plus qu’initialement annoncé une fois que le premier citoyen y mettra pied. Ce même conseil veut maintenant aller de l’avant avec un projet controversé de complexe aquatique dont le coût pourrait facilement dépasser les 30 M$ pour une population de 42 000 habitants.

Alors que l’argent semble tomber du ciel lorsqu’il est question de financer des projets électoralistes, l’administration municipale semble lésiner lorsqu’il est question des opérations de déneigement et de déglaçage nécessaires d’un point de vue de sécurité publique. L’autre jour, il a fallu que je dirige mon véhicule vers la congère en bordure de la voie municipale pour ne pas heurter le véhicule devant moi qui attendait à un feu rouge, car la chaussée était recouverte d’une glace vive. Non, je ne roulais pas vite et ledit véhicule était immobilisé à une trentaine de mètres devant moi. Je me trouvais en pleine ville, pas sur un rang de campagne. En fait, le rang de campagne qui me mène à mon chalet est mieux entretenu que la rue où se trouve ma résidence principale. Ce n’est pas normal…

Comme le disait feu Jean Drapeau, les citoyens s’attendent de leur municipalité que l’eau qui coule dans leurs tuyaux soit potable, que les eaux usées qu’ils produisent soient évacuées de leur demeure, que leurs vidanges soient ramassées et que leurs rues soient carrossables et sécuritaires. En 2015, que nous ayons à composer avec des voies publiques aussi mal entretenues et souvent carrément dangereuses lorsque le mercure chute sous zéro dépasse l’entendement. Il est grand temps que nos administrations municipales recommencent à prendre leurs missions fondamentales au sérieux – surtout compte tenu des sempiternelles hausses de taxes qu’elles nous refilent depuis des années. En matière de services de déneigement et de déglaçage, nous en avons de moins en moins pour notre argent.

Sébastien St-François

La méthode Bolduc

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Lorsqu’il était ministre de la Santé dans le gouvernement Charest, Yves Bolduc s’était inspiré de la « méthode Toyota » et avait promis rien de moins qu’une révolution dans le réseau de la santé. Force est de constater son échec, car il n’a pas révolutionné grand-chose le temps qu’il a dirigé un des plus gros et importants ministères de la province (pas plus que son prédécesseur, Philippe Couillard, d’ailleurs). Maintenant à l’Éducation, M. Bolduc s’improvise pédagogue et prône une réduction des achats de livres par les commissions scolaires dans le cadre d’un effort de réduction des dépenses. Avons-nous droit maintenant à la méthode Bolduc en éducation?

J’ai failli m’étouffer sur ma gorgée de café vendredi matin dernier en prenant connaissance de l’actualité du jour. Selon l’actuel ministre de l’Éducation, les écoles ont assez de livres et il ne voit aucun problème à ce que les commissions scolaires coupent dans les achats de nouveaux livres pour leurs bibliothèques afin de réduire leurs dépenses. Pardon?

Ce même Yves Bolduc affirmait, en juin dernier, qu’il s’attendait à des hausses « limitées et raisonnables » des comptes de taxes scolaires, les commissions scolaires étant privées de péréquation et les valeurs foncières étant à nouveau à la hausse. C’est bien parti… Sur la Rive-Sud de Montréal, la Commission scolaire Marie-Victorin vient d’annoncer une hausse de 9 % (soit quatre fois supérieure à l’inflation) et, malgré cette hausse, elle projette un déficit de 5 M$ au terme du prochain exercice. Rappelons-nous que les hausses qui nous seront imposées cette année s’ajoutent à celles – souvent salées – que les contribuables scolaires ont dû encaisser l’an dernier, après que le gouvernement Marois avait imposé d’importantes compressions au réseau des commissions scolaires et abrogé le régime de péréquation mis en place par les libéraux de Jean Charest. S’en était suivi un genre de vaudeville où les péquistes à l’Assemblée nationale se disaient outrés que les commissions scolaires refilent la facture aux contribuables au lieu de faire le ménage au sein de leur réseau. Là aussi, j’avais failli m’étouffer sur ma gorgée de café. De véritables comédiens, nos politiciens!

Revenons à notre cher ministre de l’Éducation… Il faut lui donner ceci : il a le don de faire parler de lui. Après la saga des primes qu’il avait touchées comme médecin alors qu’il siégeait dans l’opposition – saga ayant défrayé la chronique pendant la majeure partie de l’été tellement l’attitude désinvolte du ministre devant l’inacceptable avait choqué l’opposition et une bonne tranche de la population –, le voilà maintenant à faire une autre démonstration éloquente de son incompétence à s’occuper du portefeuille auquel son chef l’a nommé en mai dernier.

L’éducation figure parmi les quelques missions prioritaires dans lesquelles doit investir notre État, un État qui a la fâcheuse habitude de s’ingérer dans tout ce qui bouge. Un peuple peu ou mal scolarisé ne peut être concurrentiel dans l’économie mondiale moderne axée en bonne mesure sur le savoir. Étonnant que Bolduc, un médecin, ne semble pas le reconnaître. Dans la vie, la lecture est une compétence fondamentale et il est essentiel de développer le goût de la lecture chez les enfants dès le plus jeune âge possible. N’importe quel expert en pédagogie vous le dira. Allant à contresens, M. Bolduc affirme qu’il y a suffisamment de livres dans les écoles…

« Quelque part, lorsqu’il y a une restriction budgétaire, il y a des gens qui vont faire moins d’argent. » Cette déclaration d’Yves Bolduc, tirée de l’article du Devoir de vendredi dernier, résume bien le personnage. Venant d’un type qui s’est placé au centre d’une controverse majeure après que les médias eurent découvert qu’il avait encaissé une prime de 215 000 $ pendant qu’il était député dans l’opposition pour prendre en charge une liste de 1 500 patients, c’est franchement honteux…

Le problème du réseau scolaire est le même qui afflige le réseau de la santé depuis de trop nombreuses années : trop de bureaucratie, trop de cadres, trop de paperasse, trop de structures, trop de niveaux d’intervention, trop de politique. Le problème ne réside aucunement en le nombre de livres sur les tablettes des bibliothèques de la province. La mission première du réseau de l’éducation est d’éduquer et de développer chez les jeunes les compétences essentielles dont ils auront besoin pour contribuer activement à la société une fois rendus à l’âge adulte. La lecture s’inscrit dans ces compétences essentielles.

Comme contribuable franchement écœuré de voir son fardeau fiscal s’alourdir continuellement et père d’un enfant de 6 ans qui commence sa première année, je suis indigné de cette dernière déclaration du ministre censé veiller à la qualité de l’éducation offerte aux jeunes Québécois et elle me donne une raison de plus de réitérer qu’il doit quitter le conseil des ministres sans plus tarder. Yves Bolduc n’a pas la vision nécessaire pour diriger ce ministère névralgique de l’État québécois.

Bien franchement, je ne sais pas quel genre de deal peut bien exister entre Philippe Couillard et Yves Bolduc, mais la nomination et le maintien en poste de ce dernier témoignent d’un grave manque de jugement de la part du premier ministre du Québec. Entre la complaisance démontrée par des policiers n’ont pas fait leur job lors de la manifestation des gros bras à l’hôtel de ville de Montréal lundi soir dernier, Yves Francoeur (président de la Fraternité des policiers de Montréal) qui menace à son tour les Québécois de « perturbations sociales » et cette plus récente frasque d’Yves Bolduc, les Québécois n’ont pas manqué de quoi s’indigner au cours de la dernière semaine. Mais une chose demeure certaine : un ministre de l’Éducation doit faire la promotion du développement du savoir. Yves Bolduc aurait pu suggérer aux cadres des commissions scolaires de plutôt couper dans leurs nombreux congrès, colloques et voyages de toutes sortes, car les services directs aux élèves font déjà cruellement défaut dans plus d’une école.

Au cours des dernières semaines, plusieurs personnes se sont portées à la défense d’Yves Bolduc vantant ses qualités comme médecin. Ce n’est pas ce dont il est question ici : dans l’arène politique, M. Bolduc manque de compétences comme ministre et de jugement comme élu. Le Québec et les jeunes Québécois méritent mieux. Qu’il retourne à la médecine, où sa contribution sera plus utile à notre société.

Sébastien St-François

Contrat avec Services animaliers de la Rive-Sud

Lundi 30 janvier, nouvelle séance extraordinaire (où était l’urgence?) : nos élus ont autorisé la signature du contrat de services animaliers présenté par l’organisme Services animaliers de la Rive-Sud inc. et ce, « conditionnellement à l’adhésion des villes de Longueuil et de Saint-Bruno-de-Montarville aux services offerts par cet organisme et selon des conditions comparables à celles établies pour la ville de Boucherville » (extrait du livre des délibérations).

Il s’agit ici d’une entente d’une durée de dix ans avec renouvellement pour une période additionnelle de cinq ans. L’entente a donc une durée potentielle de quinze ans, soit du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2027.

On se rappellera que la ville était sans services animaliers depuis les témoignages de cruauté animale ayant éclaboussé le Berger Blanc au printemps 2011. Il fallait donc trouver une solution.

À la lecture du contrat, trois points en particulier me chicotent. D’abord, je m’interroge sur la pertinence de l’offre de certains services – boutique, clinique vétérinaire, vaccination et micropuçage (pour les animaux errants, mais aussi pour ceux des citoyens) – qui risquent de créer une concurrence avec les cliniques et hôpitaux vétérinaires locaux existants. Est-ce le but visé? Difficile de ne pas se poser la question quand le contrat stipule que les services vétérinaires seront facturés par l’organisme « au prix coûtant, moins les escomptes, plus les frais d’administration d’un maximum de dix pour cent (10 %) et les taxes applicables ».

Ensuite, il y a la question du coût réel que devra débourser la Ville chaque année. L’entente précise en effet que les frais de service représenteront les frais de service bruts moins les revenus communs (ces revenus étant répartis selon une quote-part) de l’année précédente. On apprend également que les frais de service bruts ne devront jamais excéder 8 $ par habitant par année et que le nombre d’habitants sera réputé être le nombre fixé par le Décret de population du gouvernement du Québec. Pour 2012, la population de Boucherville s’établit à 41 502 habitants. Les frais de service bruts totaliseront donc 332 016 $ pour 2012 (41 502 X 8 $), soit 909,63 $ par jour. Excessif, il me semble! Je dirais même plus : très cher! Et dire que, jusqu’en 2011, ces services ne coûtaient rien à la ville! En outre, nous n’avons aucune idée des revenus qui seront dégagés (en 2012 et pour les années suivantes) pour réduire les frais de service réels facturés.

Enfin, et surtout : les villes de Longueuil, Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville se portent garantes « d’acheter, sans garantie légale autre que la garantie de propriété (…), l’immeuble (…) à un prix correspondant au montant de la dette due » dans le cas où l’organisme est en défaut d’effectuer un ou des versements exigibles aux termes du prêt hypothécaire contracté auprès de la Caisse populaire Desjardins Pierre-Boucher.

Voici ma question : Est-ce le rôle d’une municipalité de se porter au secours d’un partenaire privé en cas de difficultés financières? Je ne le crois pas! À mon avis, nos taxes devraient servir à bien d’autres choses que cela!

Bien que le contrat prévoie que chaque ville nommera « un administrateur (…), autre qu’un membre du conseil municipal, (…) au sein du conseil d’administration », l’objectif étant de garantir une saine gestion financière de l’organisme, cette surveillance ne représentera peut-être qu’une mince consolation pour nos dollars qui risquent de continuer à voguer à la dérive, car, à première vue, ce contrat semble ouvrir toute grande la porte à des abus de toutes sortes.

Sébastien St-François