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Non à la réforme Trudeau-Morneau!

Je n’ai pas voté libéral en 2015. En fait, j’ai voté vert pour la première fois de ma vie d’électeur, dégoûté par le pathétique spectacle électoraliste livré par les trois principaux partis qui espéraient soit conserver le pouvoir soit y accéder.

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Goinfré à bloc

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Je feuilletais le cahier Affaires de La Presse du jeudi 16 juillet lorsque je suis tombé sur un visage familier, celui de Thierry Vandal, dans un avis de nomination de la Banque royale du Canada. On y apprend que M. Vandal, PDG d’Hydro-Québec de 2005 au 1er mai 2015 (date de son « départ à la retraite ») vient d’être nommé au conseil d’administration de la RBC. On y apprend aussi qu’il est président du CA de BioFuelNet Canada et qu’il siège à ceux de Veresen inc. (depuis mai dernier), de HEC Montréal et de l’Université McGill.

Que M. Vandal siège à des conseils d’administration, je n’ai aucun problème avec cela. Nous vivons dans un pays en apparence libre et quiconque a le droit fondamental de monnayer ses services. (Il va sans dire que les membres de conseil d’administration des grandes entreprises et institutions financières sont rémunérés en échange de leurs services.) Là où j’ai un problème, c’est qu’un candidat « prestigieux » comme Thierry Vandal risque fort bien de cumuler des nominations à des CA contre rémunération alors qu’il bénéficie – grâce à la société québécoise – d’un parachute doré, et ce, jusqu’à la vie de ses jours.

« Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l’an prochain s’il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu’à mort s’ensuive! À un taux d’indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s’il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. »

Pis encore, rien n’indique que notre bon ex-PDG d’Hydro-Québec – qui s’est contenté grosso modo à livrer les commandes gouvernementales pendant ses dix années en poste – ne renoncera à un traître sou du généreux contrat que lui avait concédé le bon gouvernement libéral de Jean Charest. On dira qu’un contrat est un contrat. Mais en ce contexte d’austérité – où on gratte les fonds de tiroirs –, il y a quelque chose de profondément indécent dans cette situation pour le commun des mortels au Québec.

Le jour même, j’apprenais que le gouvernement Couillard suspend les activités du Centre de développement pédagogique (pour la formation générale en science et technologie) pour un an. Une autre coupure dans le réseau de l’éducation – déjà mal en point… Mais pas question de toucher à Thierry Vandal. Après tout, un contrat, c’t un contrat…

M. Vandal, bon été. Profitez bien de que ce vous avez « mérité » du gouvernement Charest pour services rendus. J’espère, au minimum, que vous aurez la décence d’être très généreux envers les organismes de bienfaisance du Québec qui ont cruellement besoin d’aide. Vous devez au moins cela à la société qui vous accordé, contre son gré et grâce aux dirigeants qui veillent à son bien, le parachute doré qui vous gardera bien ouaté contre l’austérité jusqu’à votre dernier souffle…

Sébastien St-François

Abri perpétuel contre l’austérité pour Thierry Vandal

Thierry Vandal
Rappelons que l’actuel président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal – un bon militant libéral nommé à ses fonctions en 2005 par le gouvernement de Jean Charest –, a annoncé il y a quelque temps qu’il quittait volontairement son poste à la fin du mois d’avril après dix ans à la tête de la société d’État qui est devenue une véritable vache à lait pour le gouvernement du Québec au cours des dernières années.

En partant, M. Vandal aura droit, après le 1er mai prochain, à une très généreuse indemnité de départ de plus de 560 000 $ alors qu’il quitte – rappelons-le – volontairement : on ne le met pas à la porte. Pis encore, la semaine dernière, les médias nous révélaient un régime de retraite qui dépasse tellement l’entendement que c’en est scandaleux – surtout en cette ère d’austérité que nous impose le successeur libéral de Jean Charest, Philippe Couillard.

Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l’an prochain s’il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu’à mort s’ensuive! À un taux d’indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s’il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. Et ce pactole lui est « dû » après seulement dix ans de service! Mais encore, en vertu de son contrat de travail, chaque année travaillée par M. Vandal au cours des dix dernières années en a compté pour deux. Rien de trop bon pour un chum!

Être membre de l’actuel gouvernement libéral, qui vient tout juste de déposer son deuxième budget d’austérité après une vague de coupures, de compressions et de hausses de tarifs de toutes sortes, je serais extrêmement gêné de me présenter devant mes commettants en ce moment. Mais, bon, il faut croire que la gêne n’est pas une valeur fortement ancrée au sein de cette formation politique entachée plus d’une fois par des scandales et des soupçons de toutes sortes au fil des ans.

Pierre Arcand, le ministre des Ressources naturelles et ministre responsable d’Hydro-Québec, a tenté de consoler le bon peuple en affirmant que les conditions d’embauche du nouveau président d’Hydro-Québec seraient réévaluées « dans la rigueur nécessaire qu’il faut ». (Est-ce juste moi ou plusieurs ministres dans ce gouvernement maîtrisent péniblement le français?)

Ce disant, pas question de toucher au parachute doré consenti à Thierry Vandal. Au contraire, le ministre Arcand l’a défendu en invoquant qu’Hydro-Québec compte 20 000 employés et des actifs de plus de 74 milliards de dollars. Pour lui, « il est normal que ses dirigeants aient des conditions qui soient quand même attrayantes ». Il a également défendu l’extrêmement généreux régime de retraite dont bénéficiera M. Vandal jusqu’à la fin de ses jours. Voilà ce qu’en pensent celles et ceux qui s’attaquent à la classe moyenne depuis qu’ils ont repris le pouvoir en septembre 2012 après un (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition. De toute évidence, M. Arcand et moi-même ne vivons pas sur la même planète, peut-être même pas dans la même galaxie.

En effet, je m’inscris totalement en faux contre cet argument. Si les Québécois doivent offrir de telles conditions pour trouver quelqu’un qui accepte de diriger une société d’État (pas les États-Unis d’Amérique), on a un méchant problème…

De toute évidence, les Québécois ne peuvent compter sur leur gouvernement pour remettre les pendules à l’heure. Il reste à voir si Thierry Vandal a une conscience sociale et morale… Mais je ne parierais pas trop là-dessus pour qu’il renonce partiellement à ses avantages nettement exagérés. Un contrat est un contrat, n’est-ce pas?

Il en demeure que M. Thierry Vandal sera bien protégé contre une quelconque austérité – et ce, à nos frais – jusqu’à ce qu’il rende son dernier souffle. Comme dirait l’autre des Têtes à claques, « c’est-tu pas wonderful ça! »

Par ailleurs, le budget 2015-2016 déposé jeudi dernier par le ministre des Finances, Carlos Leitao, prévoit une hausse éventuelle du taux d’imposition de ma PME de l’ordre de près de 50 %. Bravo! Continuons d’en soutirer toujours plus des mêmes contribuables, mais il ne faut surtout pas toucher aux amis du bon Parti libéral ou à leurs parachutes dorés payés par ces mêmes contribuables qui sont écrasés par le fardeau fiscal le plus lourd en Amérique du Nord. Force est de constater que le gouvernement de Philippe Couillard n’a pas plus de crédibilité en cette matière que celui qu’a dirigé Jean Charest pendant neuf ans.

M. Vandal, profitez bien de votre retraite dorée à nos frais pendant que nous continuons de passer à la caisse de l’État pour vous la payer!

Sébastien St-François

Dossier fiscalité et équité : régimes de retraite publics

Source : Cyberpresse

Budget de Montréal 2012 : le fossé de la retraite

(Montréal, 1er décembre 2011) Pour les propriétaires de Montréal, le choc ne sera pas trop difficile à encaisser. En 2012, la hausse de leur facture d’impôt et de taxes se limitera à 3 % en moyenne – exception faite des arrondissements qui ajoutent leur petite touche personnelle.

À peu de choses près, cela équivaut à l’inflation. Rien à voir avec les augmentations salées annoncées par le maire Gérald Tremblay depuis sa réélection en 2009. Après huit années de gel des impôts fonciers, les Montréalais ont goûté au rattrapage fiscal à la vitesse grand V.

Mais tout cela s’additionne. Montréal récolte la palme de la charge fiscale la plus élevée chez les grandes villes du Québec. Ce qui suscite bien de la grogne et des contestations d’évaluation municipale.

Pour canaliser la colère, le maire Tremblay s’est trouvé un bouc émissaire. Il cible les régimes de retraite des 22 000 employés de la Ville, dont les coûts ont quintuplé en 10 ans. C’est ce qui expliquerait la hausse de la charge fiscale des Montréalais, selon lui.

Ce n’est évidemment pas la seule raison pour les hausses d’impôt, vu la gestion douteuse des contrats publics au cours des dernières années. Mais le maire Tremblay a raison de pointer ces régimes de retraite.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Près de 610 millions de dollars; voilà la somme que la Ville consacrera à ces régimes en 2012 (c’est nous qui soulignons).

C’est plus que le budget pour les transports en commun et les pistes cyclables. Plus que la somme allouée aux activités culturelles et sportives. Et pas loin derrière le budget du service de police et de sécurité incendie, le plus gros poste budgétaire de Montréal.

En fait, les régimes de retraite grugent 13 % du budget total de 4,7 milliards de dollars. Et la progression des coûts est si rapide qu’elle explique la moitié de la hausse des dépenses de 5,2 % attendue en 2012 (c’est nous qui soulignons).

Dénoncez les marchés financiers en dents de scie. Décriez les taux d’intérêt au plancher. Mais la situation se résume en un mot : intenable.

« Les taxes foncières ont atteint leur limite », dit le maire Tremblay.

Son administration espère réduire de 50 millions par année les coûts de ces régimes au cours de ses négociations avec les syndicats de la Ville. La plupart des contrats de travail expirent le 31 décembre 2012.

Chaude sera l’année. Car il n’y a aucun moyen plaisant d’atteindre cette cible. L’administration Tremblay-Applebaum envisage trois recours.

Le premier : relever l’âge auquel les employés de la Ville peuvent partir à la retraite sans subir de conséquences financières, des pénalités actuarielles dans le jargon. Le maire refuse de préciser cet âge, de négocier en public. Mais dans les coulisses, on parle de reporter de cinq ans l’âge de la retraite avec tous les bénéfices.

L’âge de la retraite varie d’un groupe de travailleurs à un autre, les policiers pouvant rendre leur arme de service vers 45 ans. Cependant, l’âge moyen de la retraite des cols blancs de la Ville de Montréal se situe actuellement à 60 ans. C’est tôt.

Le deuxième : augmenter les cotisations des employés. Actuellement, leurs contributions ne couvrent que 30 % des coûts des régimes, le solde étant assumé par la Ville. L’administration Tremblay-Applebaum souhaite qu’employeurs et employé contribuent aux régimes en parts égales.

Le troisième : répartir plus équitablement les risques. Employeur et employés partagent les surplus des caisses de retraite. En revanche, c’est la Ville de Montréal qui ramasse la note lorsque les rendements ne sont plus au rendez-vous.

Le maire Tremblay a illustré son propos par cet exemple d’une précision révélatrice. Normalement, les salariés de la Ville reçoivent un crédit de rente qui équivaut à 2 % de leur salaire pour chaque année de service. Quoi qu’il arrive en Bourse.

Dorénavant – car il n’est pas question de toucher au passé –, ce crédit de rente serait réduit à 1,5 %. Le solde de 0,5 % serait seulement versé lorsque les régimes connaissent de bons rendements. Autrement, cette partie variable serait moindre, voire nulle.

En cas de débâcle boursière, la Ville de Montréal aurait donc une porte de sortie. Techniquement, cela reste ce que l’on appelle des régimes à prestations déterminées, même si seulement les trois quarts de la rente de retraite sont garantis.

« Ce sont des demandes légitimes », plaide le maire Tremblay.

Pour les travailleurs syndiqués de la Ville, les changements envisagés sont majeurs et pénibles. Mais, en même temps, ils sont plus timides que ceux que subissent les employés du secteur privé. Cela, c’est quand ils ont un régime de retraite complémentaire!

Seulement le tiers des travailleurs du Québec (35 %) ont ce privilège, selon des données de 2005. Et depuis la crise financière, la pression est forte pour convertir les régimes de retraite avec revenus garantis en régimes à cotisations déterminées, où seule la ponction sur le chèque de paie est connue.

Dans le contexte, il y a quelque chose d’indécent à refiler la facture de la retraite des employés de la Ville à des propriétaires qui se demandent comment ils vont assurer leurs vieux jours (c’est nous qui soulignons). Surtout que les employés municipaux sont significativement mieux traités que les fonctionnaires du gouvernement du Québec et les employés du secteur privé, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Pas besoin de verser dans la démagogie pour constater cette iniquité, ce fossé.

Les négociations actuelles avec certains groupes d’employés (cadres, cols bleus) vont « raisonnablement bien », a noté le maire Tremblay. Chez les policiers et les pompiers, par contre, il n’y a qu’une « ouverture ». Traduction : cela accroche.

Reste à voir si l’administration Tremblay-Applebaum tiendra son bout. Car si le passé nous a enseigné quelque chose, c’est que le fusil sur la cuisse et la hache à la ceinture sont des armes de négociation redoutables.

 

Nota : Pour écouter Sophie Cousineau en entrevue avec Benoit Dutrizac à propos de son article, cliquez ici. Très intéressant!