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Non à la réforme Trudeau-Morneau!

Je n’ai pas voté libéral en 2015. En fait, j’ai voté vert pour la première fois de ma vie d’électeur, dégoûté par le pathétique spectacle électoraliste livré par les trois principaux partis qui espéraient soit conserver le pouvoir soit y accéder.

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Le modèle craque de partout…

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Le déficit actuariel des régimes de retraite cumulé par l’ensemble des municipalités du Québec atteint un montant astronomique de 5 milliards de dollars. Selon Éric Forest, président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Rimouski, la situation est intenable et nous ne disposons pas d’encore 5 ou 10 ans pour nous attaquer au problème. Il devient urgent de l’aborder dès 2013.

Régime de retraite à prestations déterminées, ça vous dit quelque chose? C’est une denrée de plus en plus rare dans le secteur privé; pourtant, ces régimes sont encore légion dans le secteur public – et ce sont les contribuables qui en font les frais. En vertu d’un régime à prestations déterminées, le futur retraité est garanti une rente de retraite fixe, et ce, à vie – nonobstant le rendement réel des marchés. Et c’est au cœur d’un problème qui ne disparaîtra pas, qui ne fera que s’intensifier et qui risque de nous mener à la faillite collective à moins que les décideurs politiques n’aient le courage de prendre les décisions difficiles qui s’imposent sans plus tarder.

Le problème fondamental est que ces régimes reposent sur une hypothèse économique qui n’est plus réaliste et qui ne le sera probablement plus jamais : une croissance soutenue des marchés économiques et boursiers. Or, selon une étude menée par le groupe Schroder Investment de Londres, « d’ici une quarantaine d’années, l’économie mondiale sera limitée à une croissance plus lente, et ce de façon probablement permanente ». Autrement dit, les capacités naturelles de la planète n’étant pas infinies, au rythme où nous exploitons les ressources depuis les deux derniers siècles et au rythme où croît la population mondiale, un moment donné, on n’arrivera plus. Et ce moment approche. Le rythme de croissance sur lequel ont été bâtis tous nos systèmes dits « modernes » n’est plus soutenable. En fait, il ne l’a jamais été – c’est le grand « mirage » de l’ère post-industrialisation. Nous courons vers notre propre perte si nous continuons de vivre selon le modèle d’une ère (très éphémère dans l’histoire de l’humanité) révolue. Peu importe comment on aborde la situation, on est dans le trouble.

Malgré ce constat, au Québec, nous nous complaisons dans l’immobilisme. Bien que quelques maires conscients du problème sonnent l’alarme, on ne fait rien à Québec. Au cours de la dernière campagne électorale provinciale, seule la CAQ a soulevé le problème des déficits actuariels des régimes de retraite municipaux. Pas un traitre mot de la part des « grands » partis dits traditionnels : le PQ et le PLQ. Et pourtant, tout passe par l’Assemblée nationale, car les municipalités qui veulent changer les choses ont actuellement les mains liées par les lois provinciales s’ils veulent exiger des concessions de leurs fonctionnaires – notamment eu égard aux modalités de leur régime de retraite excessivement généraux par rapport à la moyenne.

Et il est faux de prétendre que les fonctionnaires municipaux jouissent de conditions de travail inférieures aux travailleurs du secteur privé. Ils sont blindés mur à mur. Selon l’enquête de l’Institut de la statistique du Québec sur l’état de la rémunération des salariés en 2010, les employés municipaux sont « les plus gâtés ». Bien entendu, ces gens ont le droit d’être rémunérés correctement, mais doivent-ils être à ce point protégés contre les aléas économiques auxquels le reste d’entre nous est exposé? Même lorsqu’on les « remercie », ils sont souvent grassement récompensés aux frais des contribuables. Par exemple, l’ex-directeur général de la Ville de Boucherville, Daniel McCraw, a reçu une pleine année de salaire plus cinq semaines de vacances payées à nos frais (un montant total qui devait friser, voire dépasser, les 200 000 $) pour avoir supposément décidé de prendre une retraite anticipée. Quelques semaines plus tard, il passait à l’emploi de la Ville de Saint-Hilaire…

Même ici à Boucherville, où on nage supposément dans l’argent, le problème du déficit actuariel se présente. Il y a quelque temps, le conseiller Dominic Lévesque affirmait que le régime de retraite des employés de la Ville est passé d’un surplus de 2 M$ à un déficit de 3 M$ en l’espace de trois ans : 5 M$ de perte en trois ans! Mais, c’est correct, tout va bien à Boucherville, nous nageons dans les surplus…

À mon avis, les déficits actuariels des régimes de retraite municipaux doivent devenir un enjeu électoral l’an prochain. À moins que Québec ne fasse quelque chose (et je ne compte vraiment pas sur le gouvernement Marois à cet égard), les candidats qui brigueront la mairie en 2013 doivent s’engager à exercer les pressions nécessaires pour que les choses changent, s’ils sont élus. Les contribuables n’ont plus les moyens de payer des rentes de retraite calculées à partir de rendements hypothétiques qui ne se concrétiseront probablement jamais. Et, encore une fois, il est faux de prétendre que les fonctionnaires sont sous-payés; ils jouissent de conditions de travail souvent bien supérieures à celles de ceux qui paient leur salaire et leurs avantages sociaux.

Puis, quant à faire, il y a lieu de réformer la loi indécente qui accorde des primes de départ aux élus qui quittent leurs fonctions en plein mandat – et souvent en plein scandale. Le « petit » travailleur qui démissionne n’a même pas droit à l’assurance-emploi. Richard Marcotte, qui vient de démissionner de son poste de maire de Mascouche et sur qui pèsent de graves accusations criminelles, reçoit 158 000 $. Gérald Tremblay a touché quelque 216 000 $ et Gilles Vaillancourt, près de 250 000 $. Aux frais de qui? Des contribuables que nous sommes.

Le moment est venu pour que nous exigions que ça cesse : dans nos villes et à l’Assemblée nationale.

Sébastien St-François

Vous, qu’en pensez-vous?