Archives du mot-clé Québec

Rôles d’une municipalité ET du citoyen*

*Un texte de Claude Saint-Jarre

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En cette période électorale, réfléchissons au rôle d’une municipalité.

Que devrait-il être?

C’est de prendre soin de son monde, d’abord, à moindre coûts mais avec qualité. L’Union des municipalités du Québec a d’ailleurs un programme : On prend soin de notre monde. Lire la suite

Accoucher d’une Constitution québécoise, enjeu électoral wow!

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Nous ne sommes pas en démocratie véritable et effective. Nous avons une démocratie à construire au Québec.

C’est une question non partisane, au-delà des partis politiques, qui appartient à la souveraineté du peuple, qui est le véritable fondement de toute autorité et de toute juridiction sur son territoire. Tous les citoyens sont égaux et ont un droit égal à participer aux décisions collectives. Lire la suite

Nous avons le choix…

Nous voilà rendus au début officiel de la campagne électorale municipale, édition 2017. Le scrutin est le 5 novembre prochain. Alors que des équipes se mettent en action un peu partout dans les municipalités du Québec, ici à Boucherville, les choses risquent d’être plutôt tranquilles par comparaison.

Dans les districts, à moins de surprises de dernière minute, les conseillers en poste depuis quatre ou huit ans seront réélus par acclamation dès le 6 octobre. Une seule exception au tableau : le district 1 (Vieux-Village). Bien que l’issue demeurera la même, ce sera intéressant de suivre la campagne que livreront le prétendu candidat indépendant Yan Savaria-Laquerre – qui a claqué la porte de l’Équipe Martel il y a environ 18 mois sans jamais s’expliquer à la population et qui n’a jamais voté contre une seule résolution mise de l’avant par Martel et son équipe depuis – et Isabelle Bleau, la nouvelle candidate recrutée par Jean Martel.

Dans le district 5, libéré par Dominic Lévesque, le candidat François Desmarais (alias Pierre Boucher) l’aura eu facile pour une première expérience électorale – à moins, encore une fois, d’une surprise de dernière minute.

Cependant, il en sera heureusement différent au niveau de la mairie, car Monique Reeves a pris la décision louable de se présenter contre Jean Martel à la mairie, comme indépendante. Selon moi, il aurait été catastrophique pour notre démocratie municipale si Jean Martel avait été réélu par acclamation le 6 octobre. Déjà qu’il sollicite un troisième mandat, alors qu’il s’était engagé – en 2009 – à n’en solliciter qu’un maximum de deux… Ce que le pouvoir peut faire à une personne.

Comme on pouvait s’y attendre, Jean Martel propose aux citoyens « sa ligne d’action sous le signe de la continuité ». Il table notamment sur une autre infrastructure sportive et de nouvelles pistes cyclables. Il évalue le coût de ses engagements électoraux à entre 20 M$ et 25 M$ pour les quatre prochaines années, mais il a déjà démontré dans le passé que les chiffres qu’il avance ne veulent rien dire (dépassements de coûts dans les projets du café-centre d’art, de l’affreuse piste cyclable qui longe le fleuve, etc.). Bref, avec lui, c’est le statu quo : taxation excessive pour dégager des surplus excessifs afin de financer « ses » projets au comptant pour museler toute opposition, mépris des citoyens qui osent le contester ou le contredire, etc.

Du côté de Mme Reeves, elle n’a pas encore annoncé ses engagements électoraux, mais je serai heureux de les publier ici si elle le souhaite. Pour avoir échangé avec elle, qui est sur le terrain depuis plusieurs semaines pour prendre le pouls des citoyens, l’écœurantite de l’administration actuelle au sein de la population est plus élevée que Jean Martel pourrait le penser…

Maintenant, cette écœurantite doit se traduire par des votes si on [la partie de la population de Boucherville qui en a assez des façons de faire de Jean Martel] veut que les choses changent. Collectivement, nous avons le choix : reconduire Jean Martel au pouvoir pour un troisième mandat ou essayer de rétablir notre démocratie municipale, qui se porte de plus en plus mal (il suffit de consulter les médias sociaux où quiconque ose dire quelque chose de « négatif » sur Jean Martel et ses sbires se fait ramasser par une bande de trolls en un rien de temps pour s’en convaincre), en tentant notre chance avec ce que Mme Reeves nous proposera. Le fait d’avoir un choix est toujours précieux en démocratie et il l’est d’autant en cette année électorale 2017… Pour que ce choix se traduise par du changement, Jean Martel doit quitter l’hôtel de ville et retourner à son travail d’avocat. Il est tout de même curieux que son profil figure toujours sur le site de Séguin Racine et qu’on puisse communiquer avec lui comme avocat près de huit ans après sa première élection à la mairie de notre ville.

Sébastien St-François

Le PLQ a-t-il fini par avoir raison de Benoit Dutrizac?

8bfac099-61c4-4265-81f5-7d4cf72a2096_ORIGINALPhoto prise du Journal de Montréal

J’écoute le 98,5 FM depuis les débuts de la station, en 2004, et Benoit Dutrizac faisait partie de mon quotidien les jours de semaine à partir du moment où il a remplacé Gilles Proulx au micro en août 2008. Lorsqu’on travaille en solo toute la journée devant un ordinateur comme je le fais en ma qualité de traducteur agréé en pratique privée, les animateurs de la radio parlée deviennent en quelque sorte des « collègues de travail ». En effet, Arcand, Maréchal, Dutrizac et Houde ainsi que leurs collaborateurs et leurs invités m’accompagnent pendant mes nombreuses heures passées au clavier jour après jour depuis des années. Lire la suite

Une partie de la Rive-Sud exclue d’un important débat sur son avenir

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D’après un sondage CROP mené auprès des citoyens des trois villes liées que sont Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno-de-Montarville, « près de 84 % des répondants sont en faveur de la tenue d’une consultation populaire afin de donner un mandat clair aux élus municipaux pour demander au gouvernement du Québec de sortir leur ville de l’agglomération. » Lire la suite

Vrai changement, vraiment?

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Depuis sa fracassante élection à la tête d’un gouvernement majoritaire – grâce notamment à l’élection de 40 députés au Québec – en octobre 2015, Justin Trudeau ne cesse de voir son étoile pâlir, de sa propre faute d’ailleurs. Il ne répond simplement pas aux hautes attentes qu’il a lui-même fixées et multiplie les manifestations de mépris à l’égard de la province dont il est originaire et où se trouve la circonscription qu’il représente aux Communes (Papineau). Force est de constater que celui qui s’autoproclamait un politicien nouveau genre, de l’ère 2.0, n’est rien de plus qu’un autre politicien 1.0 ayant fait des promesses qu’il savait intenables et démontrant une désinvolture inquiétante par rapport à nos deniers publics. Lire la suite

Loco Locass avait raison

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La chanson Libérez-nous des libéraux du groupe de rap québécois Loco Locass, composée au lendemain des élections québécoises du 14 avril 2003 (s’étant soldées par l’élection majoritaire du PLQ dirigé par Jean Charest) demeure tout aussi pertinente 13 ans plus tard, en 2016, et ce, autant à Québec qu’à Ottawa. Lire la suite

Invitation à signer une pétition visant à améliorer la gouvernance de l’agglomération de Longueuil

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Trois citoyens, dont Louis Mercier (à l’origine du blogue Agglomération Longueuil), vous encouragent à signer une pétition, parrainée par la députée de Montarville, Nathalie Roy, sur le site Web de l’Assemblée nationale. Lire la suite

La justice administrative, ce système obscur en état de stase*

CCI20160130Au Québec, les délais de traitement des dossiers en justice criminelle ne cessent de s’allonger et ce sont maintenant les acteurs du système judiciaire – juges et avocats – qui sonnent l’alarme. Le nombre de requêtes en arrêt des procédures pour cause de délais déraisonnables augmente lui aussi d’année en année.  On peut se demander si Gilles Vaillancourt, ex-maire de Laval aujourd’hui âgé de 75 ans, rendra l’âme avant de subir son procès pour gangstérisme entre autres. D’ailleurs, les procédures intentées contre d’autres accusés de corruption municipale – comme Frank Zampino et Michael Applebaum – semblent aussi s’étirer indûment.

La situation est certes inquiétante. Cependant, le problème ne se limite pas au système de justice pénale. Il en est de même pour les structures mises en place par l’État pour permettre aux citoyens de dénoncer les entorses à l’éthique qu’ils observent notamment chez leurs élus municipaux.

Je suis bien placé pour le constater. En mars 2015, dans la municipalité que j’habite, on apprenait que le maire avait procédé à l’embauche d’un nouveau directeur général sans aucun processus de sélection en bonne et due forme (un processus qu’il jugeait trop fastidieux). Le maire a publiquement avoué que c’était cette personne qu’il voulait comme dg parce que le type en question comprenait sa « démarche politique ». En effet, le nouveau directeur général ainsi nommé sans concours avait été, jusqu’alors tout récemment, le représentant officiel de la formation politique du maire, et ce, depuis sa création. Or quiconque connaît un tant soit peu les rouages de la politique municipale sait que le directeur général d’une ville doit être apolitique et que son rôle est administratif – pas politique. Les membres du conseil (tous membres du parti du maire, n’y ayant aucune opposition au sein de notre conseil municipal) ont entériné la nomination sans qu’aucun déclare son intérêt personnel dans l’affaire lors de la séance publique tenue ce même mois.

Cette nomination en apparence très partisane a soulevé l’ire de plusieurs citoyens et a été rapportée par plusieurs médias, dont TVA (Yves Poirier) et Radio-Canada (Thomas Gerbet). Plusieurs experts en matière de déontologie et d’éthique municipales avaient été interviewées et d’aucuns voyaient cette pratique d’un bon œil. De plus, le code d’éthique et de déontologie des élus municipaux interdit très clairement toute forme de favoritisme. C’est écrit noir sur blanc.

Citoyen informé qui suit la scène municipale depuis des années, je suis vite arrivé à la conclusion que cette situation devait être dénoncée en bonne et due forme. J’ai donc décidé de prendre les choses en main, de me faire en quelque sorte le « porte-parole » de mes concitoyens aussi déçus de ce manquement que moi et d’entreprendre le fastidieux processus de déposer une plainte officielle pour dénoncer ce que plusieurs considéraient comme une manifestation flagrante de favoritisme.

C’est en effet un processus fastidieux, car on ne peut pas écrire d’importe quoi dans une plainte si l’objectif qu’on poursuit est qu’elle soit accueillie. Ça demande beaucoup de recherche et de réflexion et ça prend des arguments factuels. Dans un premier temps, il faut s’adresser au Commissaire aux plaintes du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire. Un examen préalable de la plainte est effectué et, si elle n’est pas jugée frivole, vexatoire ou manifestement mal fondée, le plaignant peut alors s’adresser à la Commission municipale du Québec, l’instance responsable de mener les enquêtes en matière de déontologie et d’éthique municipales.

La CMQ a été saisie de ma plainte le 20 avril 2015. Quatre mois plus tard, le 20 août 2015, je recevais une lettre de la Commission m’informant que « la décision devrait pouvoir être transmise le 26 février 2016 ». Pendant tout ce temps, le citoyen qui a agi de bonne foi pour dénoncer une situation ayant toutes les allures de favoritisme reste dans le noir des mois durant, n’ayant aucune idée du cheminement de sa plainte, de la teneur de l’enquête en cours ou de la date à laquelle cette affaire connaîtra son aboutissement.

Le monde municipal a été passablement entaché au cours des dernières années. La magouille dont les contribuables ont fait les frais au cours des dernières décennies a été étalée pendant des mois devant la commission Charbonneau. Des maires et des bras droits ont été arrêtés et mis en accusation. Le Québec a mis en place une structure pour permettre aux citoyens de jouer leur rôle dans l’assainissement de ce niveau de gouvernement. C’est la raison d’être de la Commission municipale du Québec, un tribunal administratif chargé de décider si la conduite d’un élu municipal contrevient à son code d’éthique et de déontologie. Encore faudrait-il que les enquêtes soient menées de façon plus transparente et avec une plus grande célérité si le but est réellement de donner une voix aux citoyens et de leur donner l’heure juste, dans des délais raisonnables, quant à de possibles dérapages en matière d’éthique et de déontologie dont ils ont pu être témoins. Chose certaine, les plaignants doivent s’armer de patience devant cet état de stase qui semble être devenu la norme au sein de l’État québécois.

Sébastien St-François

*Stase : Forme d’arrêt ou de ralentissement de la circulation de l’organisme physiologique (terme employé au sens figuré ici)

Et si Angélil avait été premier ministre?

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Le Québec a perdu un de ses grands bâtisseurs la semaine dernière en la personne de René Angélil, dont la contribution au monde culturel a aidé à propulser le Québec sur la scène mondiale. Cet homme avait une vision, il avait un plan et il a su les mettre en œuvre de main de maître pour faire de Céline Dion la première vedette au rayonnement véritablement planétaire de l’histoire du Québec. Que l’on apprécie ou non l’œuvre musical de la diva québécoise, on ne peut nier son succès et l’efficacité redoutable de l’architecte derrière ce succès.

On peut se demander en quoi le Québec d’aujourd’hui serait différent – et très fort probablement pour le mieux – si quelqu’un de la trempe d’Angélil en avait pris les commandes au moment où la province aurait justement eu besoin d’un politicien visionnaire plutôt que carriériste. Or, depuis le début du millénaire, force est de constater que les personnes ayant accédé à la plus haute fonction au sein de l’État québécois n’avaient pas cette qualité, car ils étaient justement des politiciens de carrière : Bernard Landry (premier ministre désigné ayant pris la relève de Lucien Bouchard à la tête du dernier gouvernement péquiste majoritaire qui, depuis, joue très bien son rôle de belle-mère), Jean Charest (premier ministre responsable de l’explosion de notre dette provinciale qui est loin d’avoir laissé la province en meilleur état à son départ), Pauline Marois (première femme à diriger le Québec, oui, mais rapidement chassée du pouvoir par l’électorat québécois tellement son gouvernement était incohérent et manquait de vision) et maintenant Philippe Couillard – monsieur « Austérité à deux vitesses » qui sabre dans les services aux citoyens et fait des victimes sur le terrain (pensons au cas tout récent du centre Mélaric pour toxicomanes), sans pour autant mettre fin au gaspillage éhonté de fonds publics ailleurs et à plus grande échelle, par exemple dans le dossier du Fonds vert, financé par les taxes environnementales les plus élevées en Amérique du Nord depuis des années sous le prétexte fallacieux de lutter contre les changements climatiques. (Et dire que Québec envisage maintenant la possibilité d’imposer de nouvelles taxes « vertes » aux citoyens déjà les plus taxés sur le continent. Depuis trop longtemps, la vision québécoise semble se résumer à taxer et taxer encore sans pour autant que les problèmes se règlent…)

Comme l’affirmait Alain Dubuc dans La Presse samedi dernier (« Le gouvernement qui n’apprenait pas »), un gouvernement qui se lance dans une vaste opération de redressement budgétaire, comme l’a fait celui de M. Couillard, devrait se doter de mécanismes pour réagir rapidement quand le plan de match connaît des ratés, qu’il fait des victimes innocentes ou qu’il a des effets contraires aux objectifs. Mais, pour cela, ça prend un plan, une vision et une réelle volonté d’agir pour sortir le Québec de sa situation peu envieuse. Pour cela, il faut aussi cesser de gouverner en fonction de son objectif personnel de se faire réélire.

Ce n’est pas le fruit du hasard si aujourd’hui le Québec se classe au neuvième rang des provinces en termes de richesse et recevra, en 2016, plus de 50 % de la péréquation fédérale. Non, c’est le résultat d’une gouvernance au gré des circonstances, axé sur le court terme et des objectifs politiques plutôt que sociétaux, l’œuvre de politiciens davantage préoccupés par leur maintien en poste que par l’assainissement réel et durable de l’État québécois. Et c’est une tendance lourde depuis des décennies. Pendant ce temps, les Québécois font les frais de réformes de toutes sortes, souvent mal réfléchies et pilotées par des ministres aux compétences nébuleuses (au sein de l’actuel conseil des ministres de Philippe Couillard, je pense notamment à François Blais à l’Éducation, à David Heurtel à l’Environnement et à Francine Charbonneau à la Famille – tous trois des ministres médiocres dans la gestion des portefeuilles dont ils sont respectivement responsables), mais la situation globale ne s’améliore pas pour autant et le Québec continue à tourner en rond, voire à s’enfoncer.

Transposez les talents de René Angélil dans un acteur de l’arène politique et imaginez un instant ce à quoi pourrait ressembler le Québec d’aujourd’hui si une vision comparable à celle qu’avait Angélil pour sa protégée avait été mise au service de l’État québécois : des objectifs bien précis à atteindre et un plan réfléchi et bien ficelé pour y arriver. Est-ce rêver en couleur? Probablement, mais il demeure que le Québec a cruellement besoin d’un visionnaire pour en prendre les rênes et le sortir de son marasme. Et Philippe Couillard n’est pas ce visionnaire.

Sébastien St-François