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La Formule E du PLQ?

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Retour à l’automne 2017 et à la campagne électorale municipale à Montréal. À mesure que la campagne avançait, le maire sortant, Denis Coderre, s’embourbait de plus en plus, principalement dans le controversé dossier de la Formule E. Ayant choisi de cacher les vrais chiffres aux Montréalais et de défendre coûte que coûte sa décision d’accueillir cet événement dans les rues de Montréal, il a fini par mordre la poussière au profit de Valérie Plante. Mme Plante incarnait [alors] la franchise et la fraîcheur, tandis que Coderre était dépeint comme un personnage hautain et arrogant ainsi qu’un « vieux politicien ». On a fini par apprendre plus tôt ce mois-ci que l’édition 2017 de la Formule E laisse la Ville de Montréal avec un déficit de 13,6 millions de dollars. De toute évidence, la Formule E n’a pas été le grand succès qu’a prétendu Denis Coderre jusqu’à la toute fin. Lire la suite

Hydro-Québec doit être remis au service des Québécois

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« La nationalisation de l’électricité est nécessaire, pour l’épanouissement des Canadiens français comme nation, pour le développement économique de la province; elle est une entreprise rentable à brève échéance… »
Ces paroles, ce sont ceux de feu René Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles dans le gouvernement de Jean Lesage. La nationalisation de l’électricité était son cheval de bataille. Il avait raison de vouloir nationaliser l’électricité; Hydro-Québec est devenue une fierté des Québécois et une société très, très rentable pour l’État québécois. Mais force est de constater que son étoile pâlit depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, c’en est une véritable vache à lait qui verse à son actionnaire (le gouvernement du Québec) des milliards de dollars annuellement. Hydro-Québec est sans l’ombre d’un doute la société d’État la plus rentable pour le gouvernement. Bien plus que Loto-Québec ou la SAQ. Cependant, il y a une différence fondamentale entre Hydro-Québec, d’une part, et Loto-Québec et la SAQ, d’autre part. Les billets de loterie et l’alcool ne sont pas des biens essentiels (nonobstant les problèmes de jeu compulsif et d’alcoolisme avec lesquels certains membres de la société sont aux prises). À ma connaissance, l’électricité est un bien essentiel. Il suffit d’une panne de courant pour s’en rendre rapidement compte… Sans électricité, notre société dite moderne cesse de fonctionner.

Mais Hydro-Québec répond à des commandes politiques. Pendant la campagne électorale de 2012, Jean Charest avait défendu Gentilly-2 bec et ongle, alors que les libéraux n’avaient aucune intention de garder la centrale nucléaire ouverte. Il voulait simplement ne pas se mettre à dos les électeurs de la région pendant la campagne électorale. Peu après son arrivée au pouvoir, le gouvernement Marois a sonné le glas de Gentilly-2. Par conséquent, une turbine payée 79 M$ par notre argent a été vendue à la ferraille pour un montant dérisoire de 75 000 $. Une perte nette de tout près de 79 M$ pour les Québécois… Au total, la décision des libéraux de maintenir la centrale nucléaire en vie à des fins politiques nous a coûté près de 1 milliard.

Il y a ensuite les investissements qu’Hydro-Québec fait dans l’énergie éolienne, qu’elle revend à perte. Encore une fois, c’est une commande politique, le premier ministre voulant faire belle figure en matière de création d’emplois dans les régions – sur le dos de tous ceux qui reçoivent une facture d’Hydro-Québec chaque mois… Les chefs de parti et de gouvernement instrumentalisent donc Hydro-Québec à des fins politiques et c’est nous – la clientèle prise en otage par ce monopole – qui en faisons les frais.

C’est un fait connu que les employés d’Hydro-Québec sont parmi les mieux traités au Québec sur les plans de la rémunération et des avantages sociaux. De plus, ils ont droit à un régime de retraite à prestations déterminées et leur rente de retraite sera pleinement indexée jusqu’à la fin de leurs jours. Dans le cas du PDG démissionnaire Thierry Vandal, son parachute doré est carrément scandaleux en cette supposée ère d’austérité. Qui paie pour tout cela? Encore une fois, les clients d’Hydro-Québec qui subissent depuis plusieurs années des hausses de tarifs supérieures à l’inflation.

Pour ajouter aux abus, le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, avançait récemment qu’Hydro-Québec continue de facturer des frais de relève de 23 $ par année à ses clients même si leur résidence est munie d’un compteur intelligent, ce qui représenterait un montant de 67 M$ par année pour les 2,9 millions de clients qui ont déjà un compteur intelligent. J’en suis de ce nombre.

Vient ensuite le taux d’intérêt que charge Hydro-Québec à ses clients en défaut de paiement : 14,4 %, soit 2,4 fois plus que le taux d’intérêt de 6 % chargé par Revenu Québec sur les créances d’impôts impayés. Un taux nettement exagéré alors que le taux directeur de la Banque du Canada s’établit à 0,75 % et qu’il est actuellement possible de souscrire une hypothèque sur cinq ans à un taux fixe de moins de 3 %… Pis encore, le ministre responsable d’Hydro-Québec, Pierre Arcand, a avoué ne pas être au courant de ce « problème ». Il a promis de « […] faire part à Hydro-Québec de ce dont me parle le député de Marie-Victorin et nous allons certainement corriger, s’il y a lieu, la situation. » C’est rassurant…

Dans ce même dossier, ce « grand » ministre a formulé un commentaire tellement insignifiant qu’il faut se demander s’il ne nous prend pas pour des valises ou encore s’il n’est tout simplement pas incompétent « à la Bolduc ». En bon libéral, il a sorti la carte PKP et affirmé que Vidéotron chargeait un taux d’intérêt plus élevé à ses clients défaillants qu’Hydro-Québec en plus de facturer l’utilisation du service à l’avance, ce que la société d’État ne fait pas. Euh… Monsieur le Ministre, c’est parce que : primo, Vidéotron est une entreprise privée; secundo, Vidéotron ne vend pas un service essentiel et ne tient pas sa clientèle en otage, contrairement à Hydro-Québec… Vraiment, comme commentaire insignifiant et méprisant à l’égard de la clientèle prisonnière de cette société d’État, c’est dur à battre…

Hydro-Québec ressemble de plus en plus à un monstre à dompter, un monstre d’une opacité déconcertante qui est en train d’appauvrir le Québécois moyen. Il est plus que temps que la société d’État soit tenue de rendre des comptes à l’ensemble de la population du Québec et non seulement à son actionnaire, le gouvernement du Québec. Quelqu’un quelque part semble avoir oublié que le gouvernement du Québec n’est pas le patron de la population québécoise. Cette dernière représente plutôt sa raison d’être…

Sébastien St-François

Abri perpétuel contre l’austérité pour Thierry Vandal

Thierry Vandal
Rappelons que l’actuel président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal – un bon militant libéral nommé à ses fonctions en 2005 par le gouvernement de Jean Charest –, a annoncé il y a quelque temps qu’il quittait volontairement son poste à la fin du mois d’avril après dix ans à la tête de la société d’État qui est devenue une véritable vache à lait pour le gouvernement du Québec au cours des dernières années.

En partant, M. Vandal aura droit, après le 1er mai prochain, à une très généreuse indemnité de départ de plus de 560 000 $ alors qu’il quitte – rappelons-le – volontairement : on ne le met pas à la porte. Pis encore, la semaine dernière, les médias nous révélaient un régime de retraite qui dépasse tellement l’entendement que c’en est scandaleux – surtout en cette ère d’austérité que nous impose le successeur libéral de Jean Charest, Philippe Couillard.

Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l’an prochain s’il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu’à mort s’ensuive! À un taux d’indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s’il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. Et ce pactole lui est « dû » après seulement dix ans de service! Mais encore, en vertu de son contrat de travail, chaque année travaillée par M. Vandal au cours des dix dernières années en a compté pour deux. Rien de trop bon pour un chum!

Être membre de l’actuel gouvernement libéral, qui vient tout juste de déposer son deuxième budget d’austérité après une vague de coupures, de compressions et de hausses de tarifs de toutes sortes, je serais extrêmement gêné de me présenter devant mes commettants en ce moment. Mais, bon, il faut croire que la gêne n’est pas une valeur fortement ancrée au sein de cette formation politique entachée plus d’une fois par des scandales et des soupçons de toutes sortes au fil des ans.

Pierre Arcand, le ministre des Ressources naturelles et ministre responsable d’Hydro-Québec, a tenté de consoler le bon peuple en affirmant que les conditions d’embauche du nouveau président d’Hydro-Québec seraient réévaluées « dans la rigueur nécessaire qu’il faut ». (Est-ce juste moi ou plusieurs ministres dans ce gouvernement maîtrisent péniblement le français?)

Ce disant, pas question de toucher au parachute doré consenti à Thierry Vandal. Au contraire, le ministre Arcand l’a défendu en invoquant qu’Hydro-Québec compte 20 000 employés et des actifs de plus de 74 milliards de dollars. Pour lui, « il est normal que ses dirigeants aient des conditions qui soient quand même attrayantes ». Il a également défendu l’extrêmement généreux régime de retraite dont bénéficiera M. Vandal jusqu’à la fin de ses jours. Voilà ce qu’en pensent celles et ceux qui s’attaquent à la classe moyenne depuis qu’ils ont repris le pouvoir en septembre 2012 après un (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition. De toute évidence, M. Arcand et moi-même ne vivons pas sur la même planète, peut-être même pas dans la même galaxie.

En effet, je m’inscris totalement en faux contre cet argument. Si les Québécois doivent offrir de telles conditions pour trouver quelqu’un qui accepte de diriger une société d’État (pas les États-Unis d’Amérique), on a un méchant problème…

De toute évidence, les Québécois ne peuvent compter sur leur gouvernement pour remettre les pendules à l’heure. Il reste à voir si Thierry Vandal a une conscience sociale et morale… Mais je ne parierais pas trop là-dessus pour qu’il renonce partiellement à ses avantages nettement exagérés. Un contrat est un contrat, n’est-ce pas?

Il en demeure que M. Thierry Vandal sera bien protégé contre une quelconque austérité – et ce, à nos frais – jusqu’à ce qu’il rende son dernier souffle. Comme dirait l’autre des Têtes à claques, « c’est-tu pas wonderful ça! »

Par ailleurs, le budget 2015-2016 déposé jeudi dernier par le ministre des Finances, Carlos Leitao, prévoit une hausse éventuelle du taux d’imposition de ma PME de l’ordre de près de 50 %. Bravo! Continuons d’en soutirer toujours plus des mêmes contribuables, mais il ne faut surtout pas toucher aux amis du bon Parti libéral ou à leurs parachutes dorés payés par ces mêmes contribuables qui sont écrasés par le fardeau fiscal le plus lourd en Amérique du Nord. Force est de constater que le gouvernement de Philippe Couillard n’a pas plus de crédibilité en cette matière que celui qu’a dirigé Jean Charest pendant neuf ans.

M. Vandal, profitez bien de votre retraite dorée à nos frais pendant que nous continuons de passer à la caisse de l’État pour vous la payer!

Sébastien St-François