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Le PLQ a-t-il fini par avoir raison de Benoit Dutrizac?

8bfac099-61c4-4265-81f5-7d4cf72a2096_ORIGINALPhoto prise du Journal de Montréal

J’écoute le 98,5 FM depuis les débuts de la station, en 2004, et Benoit Dutrizac faisait partie de mon quotidien les jours de semaine à partir du moment où il a remplacé Gilles Proulx au micro en août 2008. Lorsqu’on travaille en solo toute la journée devant un ordinateur comme je le fais en ma qualité de traducteur agréé en pratique privée, les animateurs de la radio parlée deviennent en quelque sorte des « collègues de travail ». En effet, Arcand, Maréchal, Dutrizac et Houde ainsi que leurs collaborateurs et leurs invités m’accompagnent pendant mes nombreuses heures passées au clavier jour après jour depuis des années. Lire la suite

Sessionem horribilis!

parti-liberal-du-quebecSource : Le Devoir

Bernard Landry, qui aimait s’adresser parfois au peuple en latin à l’époque où il occupait le poste de premier ministre du Québec, utiliserait peut-être ces mots pour qualifier les derniers mois sur la scène politique québécoise, marqués notamment par le départ soudain de Pierre Karl Péladeau, l’homme que M. Landry voyait comme celui qui donnerait enfin aux Québécois leur pays… Lire la suite

Renoncera-t-il au reçu d’impôt?

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Ça ne doit pas aller très bien au sein du caucus du Parti libéral du Québec depuis quelque temps. Voilà qu’un quatrième député libéral démissionne en l’espace de 17 mois. En effet, mardi, le député de Beauce-Sud, Robert Dutil, élu pour la première fois en 1985 et député pendant 16 ans, a annoncé qu’il quittait la vie politique pour aller travailler dans le privé (pour Canam-ponts, entreprise dirigée par son fils). Ce faisant, il provoque la tenue d’une autre élection partielle à un coût de 500 000 $ à 600 000 $ pour les contribuables québécois – en pleine période dite d’austérité où nul autre que le premier ministre, Philippe Couillard, avoue enfin que ses compressions affectent les services à la population. Il était temps qu’il reconnaisse les impacts des mesures que son gouvernement impose partout depuis maintenant des mois.

Depuis la dernière élection générale, quatre députés libéraux ont quitté leurs fonctions et décidé, souvent odieusement, de toucher leur « prime de départ » : Yves Bolduc (à force de se mettre le pied dans la bouche et de démontrer son incompétence), Gilles Ouimet et Marguerite Blais (frustrés de ne pas être ministres) et maintenant Robert Dutil. Dans le cas de M. Dutil, il s’est engagé à faire don de sa prime de départ de 150 000 $ [!!!] à l’organisme sans but lucratif la Maison Catherine de Longpré, qui dispense des soins palliatifs dans la région Beauce-Etchemins. Un geste noble par rapport aux autres démissionnaires libéraux, mais renoncera-t-il au reçu d’impôt auquel ce don lui donnera droit pour autant?

La situation actuelle devient de plus en plus intenable pour Philippe Couillard, qui déchire sa chemise sur la place publique après chaque démission, mais semble tout faire pour maintenir le statu quo. Rappelons-nous que, dans la foulée de la démission d’Yves Bolduc, il a imploré son ministre démissionnaire [incompétent] de renoncer à sa prime. Ensuite, silence radio jusqu’aux prochaines démissions. Idem suivant la démission de M. Ouimet et de Mme Blais. Toujours rien… Pourtant, le Parti Québécois (dont la démissionnaire Élaine Zakaïb a renoncé à sa prime et le démissionnaire Marjolain Dufour a choisi de consulter le commissaire à l’éthique avant d’accepter la sienne), la Coalition Avenir Québec (dont les deux démissionnaires – Christian Dubé et Gérard Deltell – ont renoncé à leur prime) et Québec Solidaire sont prêts à adopter une loi interdisant le versement d’indemnités de transition aux députés qui démissionnent en cours de mandat autrement que pour des raisons de santé ou de famille jugés valables par le commissaire à l’éthique. Un projet de loi est pourtant prêt : Bernard Drainville s’en était chargé lorsqu’il était ministre des Institutions québécoises. Qui en a alors bloqué l’adoption sous le gouvernement Marois minoritaire? Le PLQ de Philippe Couillard…

M. Couillard, le bon peuple en a marre de vos tergiversations dans ce dossier. Par ailleurs, vous êtes bien mal placé ici, ayant vous-même touché votre prime au moment de quitter la vie politique en 2008 après vous être négocié un job lucratif dans le secteur privé alors que vous étiez ministre de la Santé. Vous prenez vraiment les Québécois pour des valises à ce point? Il est grand-temps d’agir. Vous avez perdu assez de temps à cet égard depuis votre élection!

« Le premier ministre Philippe Couillard se dit prêt à déposer un projet de loi pour éliminer les allocations de transition pour les élus démissionnaires. Toutefois, ce texte devra également traiter des autres dispositions contenues dans le rapport indépendant de l’ex-juge Claire L’Heureux-Dubé, qui propose également des hausses de salaires pour les députés. » Monsieur Couillard, vous manquez de dignité pour être premier ministre et vous riez de ceux que vous appauvrissez depuis votre entrée en fonctions. Vous sabrez partout – sauf dans le sacro-saint rang de la classe politique, qui appauvrit le Québec. Bien difficile de respecter un premier ministre et le gouvernement qui dirige en pareilles circonstances. Je me demande même si Amir Khadir a raison de considérer que l’élection du gouvernement que vous dirigez doit être annulée. Bref, j’ai de plus en plus honte d’être Québécois. Le Québec sombre de plus en plus au fil des gouvernements libéraux et péquistes qui se succèdent depuis un demi-siècle et votre gouvernement suit pitoyablement dans la même veine!

Et si on faisait payer au parti du démissionnaire le coût de la tenue de l’élection partielle qu’il provoque? Après tout, quelqu’un qui démissionne en cours de mandat – qu’il a sollicité et que le peuple lui a accordé – pour des raisons opportunistes ou carriéristes ne devrait-il pas être tenu responsable des coûts que sa décision engendre? Le « simple travailleur » qui démissionne n’a même pas droit à l’assurance-emploi, à laquelle il cotise pourtant… Mais encore, jamais Philippe Couillard ne prendra une telle mesure. L’austérité, c’est pour les autres, c’est pour le bon peuple.

De toute évidence, il est là pour ses propres intérêts et non pour les intérêts des Québécois, qui ont été suffisamment nombreux à se laisser duper par ses promesses électorales pour lui permettre de régner en roi et maître sur la neuvième province la plus pauvre au pays jusqu’en 2018. Va-t-il falloir que les Québécois se révoltent comme les carrés rouges l’ont fait en 2012 pour que, enfin, leur gouvernement cesse d’abuser d’eux et se mettent à leur service? Dans l’immédiat, il faudrait minimalement que les électeurs qui seront appelés à voter dans une partielle prochainement envoient un message clair à nos bons libéraux et élisent un candidat autre que libéral pour les représenter jusqu’à la fin du mandat en cours!

Sébastien St-François

Pour une austérité équitable

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Que les péquistes ou les libéraux forment le gouvernement, les Québécois peuvent miser sans crainte sur une constante : la flopée de nominations partisanes qui suivent l’élection d’un nouveau gouvernement à l’Assemblée nationale. Ces nominations partisanes à la tête de sociétés d’État ou d’agences gouvernementales de toutes sortes servent à remercier pour « services rendus » des candidats battus, d’ex-élus et d’autres amis du pouvoir.

Peu après son élection comme première ministre en 2012, Pauline Marois avait nommé entre autres Nicolas Girard (battu aux élections) à la tête de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) et l’ex-député/ministre Sylvain Simard à la présidence du conseil d’administration de la Société des alcools du Québec (SAQ) – délogeant du coup respectivement Joël Gauthier et Norman Hébert Jr., tous deux d’allégeance libérale. À l’époque, le PLQ avait décrié ces nominations bien que les libéraux n’aient aucune leçon à donner en la matière. Rappelons que les années Charest ont été marquées par plus de 500 nominations partisanes.

C’est maintenant au tour des libéraux de se prêter au jeu. En effet, nous avons appris au cours des derniers jours que Nicolas Girard a été remercié et sera remplacé par Paul Côté, ancien dirigeant de VIA Rail. M. Girard passera à la caisse et aura droit à quelque 100 000 $ pour sa transition. Quant à Sylvain Simard, il sera remplacé par Johanne Brunet, professeure aux HEC, deux ans et demi avant la fin de son mandat de cinq ans. Lui aussi recevra sûrement une indemnité aux frais des contribuables.

M. Couillard, je m’adresse à vous. Loin de moi de vous demander de mettre fin aux nominations partisanes. Je sais très bien que cette pratique est profondément ancrée dans les gènes du Parti libéral du Québec, comme elle l’est autant dans ceux du Parti Québécois. Vos deux partis s’échangent le pouvoir depuis des décennies et, lors de chaque changement de gouvernement, les contribuables québécois assistent – impuissants – à la distribution de ces cadeaux politiques.

Cependant, il y a un problème. Vous coupez partout et dans tout depuis votre arrivée au pouvoir. Le fardeau du contribuable moyen augmente sous votre règne, tandis que l’État réduit son panier de services essentiels (notamment en éducation). Je n’ai rien contre le dégraissage de l’État québécois, mais les principes d’équité les plus fondamentaux doivent être appliqués dans une société qui se targue d’être parmi les plus justes et progressistes sur la planète.

Or, depuis avril 2014, vous n’avez fait aucun ménage dans vos propres rangs – celui des élus, des ex-élus et des amis de la classe politique. Permettez-moi de vous rappeler que nous – peuple québécois – sommes toujours en attente de la proposition de votre collègue et bon ami Jean-Marc Fournier pour régler le problème des fonds de pension des députés de l’Assemblée nationale – déficitaires de près de 200 M$…

En cette ère dite d’austérité entamée sous votre gouverne, le moment est plus que venu de sabrer dans le buffet des allocations de transition pour que la classe politique commence à montrer l’exemple et gagne peut-être un peu en crédibilité auprès de l’électorat (s’il n’est pas déjà trop tard). Qu’elles soient d’allégeance péquiste ou libérale, les personnes qui sont nommées à la tête de sociétés d’État ou d’organismes gouvernementaux savent fort bien qu’elles doivent leur nomination au fait qu’elles sont « du bon bord du pouvoir ». Elles savent aussi qu’elles sont assises sur un siège éjectable et peuvent perdre leur emploi à tout moment pour des raisons de pure partisanerie politique.

M. Couillard, vous demandez à la population de se prendre en main et de vivre collectivement selon ses moyens. Très bien. Mais qu’en est-il des amis que vous nommez à ces postes déjà très bien rémunérés? Ne devraient-ils pas aussi se responsabiliser et ne plus avoir droit de se goinfrer au buffet des fonds publics? Quelqu’un dont le poste dépend du parti au pouvoir devrait être considéré comme un contractuel et rémunéré en conséquence. Il n’y a pas lieu de lui verser une allocation dans les six chiffres lorsqu’on le congédie parce qu’il n’est pas de la bonne couleur politique. Vous deviez y voir après le tollé provoqué par le départ de votre ministre Yves Bolduc, ce profiteur qui ne s’est pas gêné pour passer à la caisse au moment de quitter votre gouvernement de son propre gré et moins d’un an après avoir été réélu député de Jean-Talon.

Vous avez laissé passer la tempête… Rien n’a changé depuis, mais le temps vous est venu d’agir et vous avez le pouvoir d’agir – si le courage politique est au rendez-vous. Allez-vous modifier les règles afin de mettre fin – une fois pour toutes – à cette pratique partisane que financent contre leur gré les contribuables du Québec qui se font siphonner des milliards de dollars de leur argent durement gagné chaque année par le fisc? Suis-je le seul à juger cette pratique inacceptable de la part d’un gouvernement ayant pris des décisions (non annoncées pendant la dernière campagne électorale en passant) qui ont pour résultat que ce sont toujours les mêmes membres de la société qui sont mis à contribution dans ce grand ménage que vous avez imposé au sein de l’État québécois? De grâce, assumez vos responsabilités de premier ministre!

Sébastien St-François

Les libéraux n’ont rien perdu de leur arrogance

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Plus ça change, plus c’est pareil. S’il y a un trait qui semble coller au Parti libéral du Québec, c’est celui de l’arrogance. C’était un trait manifeste de Jean Charest (mis à part en 2007-2008 après qu’il a été « puni » par l’électorat à diriger un gouvernement minoritaire) que son successeur à la tête du PLQ, Philippe Couillard, semble avoir très bien assimilé.

Plus le temps avance, force est de constater que les libéraux n’ont pas appris grand-chose de leur (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition, après neuf ans de pouvoir. En 2012, pour se faire élire, Philippe Couillard et ses troupes ont multiplié les promesses et les engagements de toutes sortes et capitalisé sur le poing brandi en l’air de PKP pour susciter une fois de plus la crainte d’un troisième référendum au sein de l’électorat québécois. La recette a fonctionné… Les libéraux ont remporté leur pari et ont même réussi à décrocher une majorité malgré toutes les questions qui persistaient sur les relations douteuses entre Philippe Couillard et Arthur Porter et malgré un règne libéral éclaboussé par moult scandales, manigances et magouilles entre 2003 et 2012. Philippe Couillard pouvait bien ne pas aimer son ancien patron politique, il semble néanmoins avoir très bien maîtrisé la recette de ce dernier pour remporter des élections…

Après l’annonce par Philippe Couillard en décembre dernier que les Québécois avaient fait leur part et qu’ils ne subiraient plus de hausses de tarifs suivant la flopée de hausses imposées depuis l’automne dernier, voilà que nous apprenions la semaine dernière que son gouvernement envisage maintenant de majorer de 4 % les tarifs réclamés des personnes hébergées en CHSLD (parmi les membres les plus vulnérables de notre société) et redouble de créativité fiscale en planant sur un projet de taxer l’hébergement en camping.

Pendant ce temps, toujours rien de nouveau ou de concret pour la réforme du système de primes auxquelles ont « droit » les députés démissionnaires, annoncée par Jean-Marc Fournier dans la foulée de l’affaire Bolduc, ou la remise à flot du régime de retraite lourdement déficitaire des membres de l’Assemblée nationale. Thierry Vandal a empoché sa très généreuse indemnité de départ après avoir démissionné de ses fonctions à la tête d’Hydro-Québec et les députés se sont même voté une légère augmentation de salaire tout récemment. La hausse est minime, symbolique, mais ils auraient pu se garder une petite gêne alors que l’assaut contre le portefeuille du contribuable moyen semble loin d’être terminé…

Enfin, la cerise sur le sundae…. Le vire-capot Sébastien Proulx, ancien « pitbull » adéquiste, fait maintenant savoir qu’il pourrait renoncer à son indemnité de départ comme directeur à la planification stratégique au cabinet du premier ministre s’il est élu dans Jean-Talon. Oui, et? CE SERAIT LA MOINDRE DES CHOSES!

Personnellement, je pense que les libéraux ont besoin d’une petite leçon d’humilité pour remettre leurs pendules à l’heure. Malheureusement, dans l’immédiat, ce ne sont que les électeurs des circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon, convoqués aux urnes le 8 juin prochain, qui pourront leur servir cette leçon en n’arrêtant pas leur choix sur Véronyque Tremblay dans Chauveau ou sur Sébastien Proulx dans Jean-Talon pour les représenter à l’Assemblée nationale. La question qui tue : le feront-ils?

Sébastien St-François

Couillard passé en mode Charest 2.0

Premier Jean Charest during presser at Hopital Cité de la Santé.
Lorsqu’il était candidat à la direction du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard avait des idées plein la tête. D’ailleurs, dans sa tentative de séduction des membres du PLQ, il a publié un ensemble de propositions dans un recueil intitulé Pour un Parti libéral renouvelé. L’heure était au renouveau d’un branding entaché par neuf ans de pouvoir sous Jean Charest marqués par de multiples allégations de corruption et de collusion. (D’ailleurs, les médias dévoilaient vendredi dernier que l’UPAC s’intéresse maintenant à nul autre que M. Charest. Que ce même parti forme aujourd’hui un gouvernement majoritaire jusqu’en 2018 a quelque chose de surréaliste.)

On peut y lire ceci, dès la première page dudit recueil : « Je vous soumets donc ma vision, […] dans le but de bâtir un Parti au Programme politique renouvelé et au fonctionnement démocratique et participatif plus éthique, compétent et novateur. Un Parti à la fois fidèle à ses valeurs historiques et inscrit dans la modernité, […] et rallie toutes les générations et les régions. » Les intentions sont louables, mais encore faut-il qu’elles se traduisent en actions concrètes. Philippe Couillard s’éloigne de ses engagements avec chaque semaine qui passe et la confiance de la population à son égard s’amenuise déjà beaucoup.

En effet, à regarder aller le PLQ depuis qu’il a été porté au pouvoir en avril dernier, force est de constater que nous sommes très loin des grands énoncés prometteurs de M. Couillard alors qu’il était en mode séduction. J’ai la nette impression que ce que les Québécois ont élu plus tôt cette année n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Pour citer Gilles Proulx, à l’époque où il faisait encore de la radio, c’est un autre ouarnement que les Québécois ont élu en décidant de reconduire les libéraux au pouvoir après seulement 18 mois de purgatoire…

La vision du Parti libéral du Québec pour la société québécoise semble se limiter à se prendre pour le natural governing party auquel devrait revenir d’office le mandat de diriger le Québec. Les libéraux ont soif de pouvoir, tout simplement. Au cours de la dernière campagne électorale, Philippe Couillard a promis mer et monde : 250 000 jobs sur cinq ans, une nouvelle façon de gouverner, une rupture avec le passé, un gouvernement éthique et transparent, l’allègement du fardeau de la classe moyenne et j’en passe… En réalité, Philippe Couillard et ses stratèges ont eu recours à la bonne vieille recette libérale fondée sur la duperie pour reprendre les clés du pouvoir.

Je suis toujours en attente de mesures qui permettront d’alléger le fardeau fiscal des Québécois et de réduire la taille de l’État. Moduler les tarifs de garderie? Cela alourdit le fardeau de certaines familles qui paient déjà beaucoup d’impôts et de taxes de toutes sortes et ouvre tout grand la porte à la modulation d’autres tarifs. Imposer des compressions de 300 M$ aux municipalités pour 2015? Où pensez-vous que les municipalités iront chercher le manque à gagner? Dans nos poches! La vague simili-réforme du réseau des commissions scolaires annoncée la semaine dernière par le flegmatique Yves Bolduc? Le ministre n’a même pas été en mesure de chiffrer les économies qui découleraient de sa prétendue réforme. Et les péquistes peuvent bien s’insurger, ils font pareil lorsqu’ils sont au pouvoir. Rappelez-vous les fusions municipales forcées et les « économies d’échelle » que Louise Harel défendait bec et ongle. On les attend toujours…

Maintenant, la commission présidée par Lucienne Robillard s’apprête à recommander un grand ménage dans les milieux municipal et agricole. Dans sa quête d’atteindre le déficit zéro en 2015-2016, Québec pellette une fois de plus dans la cour des autres. Comment pensez-vous que les municipalités et les agriculteurs combleront leur manque à gagner? En haussant les taxes municipales et le prix des denrées! Rien n’est fait pour réduire la taille de l’État québécois pendant ce temps, et ayez l’assurance que votre facture d’impôt provincial ne baissera pas pour autant. On ne fait que déplacer les problèmes budgétaires ailleurs, mais ce sont toujours les Québécois qui finissent par en payer plus et plus encore.

Il y a un manque criant de leadership politique au Québec, de femmes et d’hommes inspirés d’une réelle vision d’avenir et ayant le courage de lui donner forme pour améliorer le Québec, lui redonner sa fierté et le sortir de son marasme économique et financier. Qu’on soit en accord ou non avec ce qu’ils nous ont légué, les Jean Lesage, Robert Bourassa et René Lévesque de ce monde avaient un projet de société bien concret pour le Québec et leurs projets respectifs ont marqué l’Histoire. On ne peut en dire autant des politiciens ayant gouverné le Québec au cours de l’histoire récente…

En termes de revenu disponible, les Québécois arrivent aujourd’hui au neuvième rang canadien, derrière toutes les provinces sauf l’Île-du-Prince-Édouard et derrière les trois territoires. Voilà le véritable legs des ouarnements des dernières années, qui appliquent tous le même faux remède à nos maux collectifs. Plutôt que réduire la taille de l’État à la mesure de notre capacité de payer collective, vu leur manque de courage politique et de vision, ils se contentent d’en puiser toujours plus dans les poches des contribuables par des mesures détournées (hausses de tarifs et de droits de toutes sortes, pelletage dans la cour d’autres instances ayant un droit de taxation). Personne n’ose s’attaquer au réel problème : un État tentaculaire qu’on n’a plus les moyens collectifs de se payer.

Le Québec a besoin d’un gouvernement. Les Québécois ont besoin d’un leader politique qui aura le courage de donner l’heure juste avant d’être élu plutôt que de promettre n’importe quoi pour se faire élire, qui présentera un plan clair et réaliste à l’électorat et qui est inspiré d’une véritable vision pour remettre le Québec sur les rails. De toute évidence, Philippe Couillard n’est pas ce leader. Le Québec ne peut plus se contenter de demi-mesures, de simulacres de réformes… L’État québécois est trop gros, trop interventionniste et trop gourmand. De nouvelles solutions doivent être envisagées, car le Québécois moyen étouffe, l’économie québécoise souffre et le Québec sombre. L’État providence agonise et une nouvelle génération d’acteurs politiques prêts à mettre fin à ses souffrances se fait cruellement attendre.

Mais pour qu’une nouvelle vision politique puisse naître, prospérer et prendre sa place au Québec, les Québécois ont aussi un rôle à jouer. Tant qu’ils ne seront pas prêts à faire face à la réalité – à reconnaître que le modèle québécois est cassé et que les acteurs traditionnels que sont le PLQ et le PQ font partie du problème plutôt que de la solution –, les ouarnements qui gouvernent sans vision se succéderont et les Québécois continueront à s’appauvrir – individuellement et collectivement.

Sébastien St-François

PLQ, non merci!

Le PLQ n’est pas digne de former le gouvernement tant que la lumière n’aura pas été faite et que le ménage n’aura pas été fait au sein du Parti libéral du Québec. Les électeurs ont le droit de savoir AVANT de voter, à moins que le Québec ne soit rendu une république de bananes!

Les secrets et les complots (Isabelle Richer)

Documents de l’UPAC sur le PLQ : Pas de publication avant l’élection

Entrevue d’Alain Gravel et de Kathleen Lévesque avec Benoit Dutrizac

Un parti qui a tout fait pour vous cacher la vérité aux électeurs jusqu’à après les élections et sur lequel pèse de lourds soupçons de corruption et de collusion ainsi que de multiples perquisitions de l’UPAC mérite-t-il votre confiance et mérite-t-il de gouverner le Québec?

Sébastien St-François

 

 

Mon vote en 30 points

Francois David, Francois Legault, Pauline Marois, Philippe Couillard
Bon, le jour J approche et il faut bien finir par se décider. Depuis le 5 mars dernier, je suis assidûment (peut-être trop assidûment) cette campagne électorale que Pauline Marois pourrait bien regretter d’avoir déclenchée.

En cours de campagne, j’ai écrit à plusieurs reprises sur le débat stérile dont nous tiennent captifs le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, débat qui sclérose notre société et fait faire du surplace au Québec depuis des décennies. Le PLQ joue sur la peur (d’un référendum) pour gagner des voix, tandis que le PQ semble vouloir exploiter l’ignorance de certaines gens moins bien informés sur les enjeux sociaux pour réaliser des gains. Dans un cas comme dans l’autre, c’est prendre le monde pour des valises… Les Québécois méritent mieux que ça, et voici donc en 30 points les raisons pour lesquelles j’accorderai mon vote à ce que je considère comme représenter l’option « la moins pire ».

Je ne voterai pas pour le PQ de Pauline Marois pour les raisons suivantes :

  1. Je m’oppose à l’article 1 sur la souveraineté du PQ et je ne veux absolument rien savoir d’un troisième référendum.
  2. Pauline Marois a fait fi de sa propre loi sur les élections à date fixe uniquement dans l’optique partisane de décrocher une majorité de sièges à l’Assemblée nationale. Ce faisant, elle a agi en fonction de ses intérêts politiques personnels plutôt que des intérêts supérieurs du peuple québécois. Je n’ai pas envie de récompenser son geste électoraliste.
  3. Pauline Marois a manqué de respect envers les Québécois en les convoquant aux urnes pour ainsi s’esquiver de son obligation de s’expliquer en commission parlementaire sur l’histoire du « deal » avec la FTQ.
  4. Pauline Marois aurait déclenché des élections entre autres pour éviter que le PQ ne soit éclaboussé par la CEIC, selon Jacques Duchesneau. J’ai tendance à croire M. Duchesneau, et ce, même si le PQ l’a mis en demeure à la suite de sa déclaration.
  5. Pauline Marois dirige un « vieux parti » ayant contribué, au cours des quatre dernières décennies, à faire en sorte que le Québec se classe aujourd’hui à l’avant-dernier rang des provinces en termes de richesse, tout juste devant l’Île-du-Prince-Édouard.
  6. Pauline Marois dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC.
  7. Pauline Marois et son gouvernement ont créé un climat de grande instabilité économique au cours des 18 dernier mois.
  8. Pauline Marois s’est servie de son projet de charte sur la laïcité pour semer la division au sein de la population québécoise.
  9. Pauline Marois aurait considérablement alourdi le fardeau des Québécois qui contribuent déjà beaucoup à l’assiette fiscale si elle avait décroché une majorité en septembre 2012. Elle voulait notamment imposer une hausse d’impôt rétroactive.
  10. Pauline Marois n’a pas respecté une de ses promesses phares de la campagne électorale de 2012, soit celle d’abolir la taxe santé des libéraux, qu’elle qualifiait d’ignoble.

Je ne voterai pas pour le PLQ de Philippe Couillard pour les raisons suivantes :

  1. Philippe Couillard, comme Pauline Marois, dirige un « vieux parti » ayant contribué à l’appauvrissement collectif du Québec au fil des dernières décennies.
  2. Philippe Couillard laisse planer un flou sur ses liens avec le Dr Arthur Porter en refusant de répondre aux questions qui perdurent à cet égard. Son passé soulève beaucoup de questions sur son sens éthique.
  3. Philippe Couillard dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC au point d’avoir perquisitionné ses bureaux à plus d’une reprise.
  4. Philippe Couillard dirige le parti ayant voté à 11 reprises contre la création d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, soit la Commission Charbonneau. Et, maintenant, l’UPAC scrute à la loupe l’agenda de l’ancien premier ministre Charest.
  5. La Commission Charbonneau n’a pas encore fait toute la lumière sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest, et Philippe Couillard nous demande de confier le destin du Québec à son parti pour les quatre prochaines années.
  6. Philippe Couillard s’est négocié un job dans le privé alors qu’il était encore ministre de la Santé dans le gouvernement Charest – une pratique très questionnable ayant d’ailleurs mené à la « Clause Couillard » dans l’actuel Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale.
  7. Philippe Couillard présente dans son équipe de candidats 18 anciens ministres du gouvernement Charest et tente de nous faire croire que le ménage a été fait et que le PLQ s’est renouvelé.
  8. Philippe Couillard s’est dit à l’aise avec tout l’héritage du PLQ, incluant les années Charest sur lesquelles planent encore beaucoup de soupçons et de questions sans réponse.
  9. Avant le déclenchement des élections, Philippe Couillard a agi de manière bassement partisane en faisant de l’obstruction pour faire mourir au feuilleton le projet de loi sur l’aide médicale à mourir – un projet de loi qui faisait pourtant consensus à l’Assemblée nationale.
  10. Philippe Couillard préfère faire peur aux Québécois (référendum) que leur démontrer qu’il est capable de faire de la politique autrement : s’il est élu, il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’un traditionnel gouvernement libéral – ce dont je ne veux pas.

Je compte voter pour la CAQ de François Legault pour les raisons suivantes :

  1. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui ose rompre un peu soit-il avec le statu quo responsable du présent marasme au Québec.
  2. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît la présence du mur qui se dresse devant nous ainsi que l’urgence de donner préséance aux services plutôt qu’aux structures.
  3. François Legault est le seul des trois principaux chefs à compter une expérience concrète de gestion acquise dans le secteur privé, expérience qui s’avérerait fort utile au Québec en ce moment.
  4. François Legault est comptable agréé et reconnaît qu’on ne peut plus laisser aller le saccage qui consiste à continuer à utiliser « la carte de crédit de nos enfants » pour payer nos services actuels.
  5. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît que le fardeau fiscal est trop élevé au Québec et veut s’y attaquer.
  6. François Legault est seul des trois principaux chefs qui reconnaît que la bureaucratie est trop lourde au Québec et s’engage à l’alléger.
  7. François Legault compte plusieurs candidats issus du milieu des affaires dans son équipe, contrairement au PQ et au PLQ qui ont choisi de faire le plein d’économistes (même Pierre Karl Péladeau reconnaît que les économistes ne créent pas d’emplois).
  8. François Legault incarne une voix nécessaire au Québec et les Québécois seraient perdants si cette voix n’était plus représentée à l’Assemblée nationale. En septembre 2012, près de 1,2 M d’électeurs ont voté pour la Coalition Avenir Québec.
  9. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui propose une charte des municipalités pour s’attaquer aux déficits actuariels des régimes de retraite municipaux.
  10. François Legault est le seul à diriger un parti n’ayant jamais été au pouvoir, et il ne pourrait qu’apporter un brin de fraîcheur à la gouvernance de notre province.

Cette année, je m’inscris en faux contre le « vote stratégique » et je voterai selon ma conscience et en fonction des enjeux que je considère prioritaires. Je vous invite à faire de même. Et, en pleine Commission Charbonneau, aucun parti ne mérite un mandat majoritaire. Il reste encore trop de ménage à faire. Bon vote!

Sébastien St-François

Cassé comme un clou…

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Ayoye! Comme plusieurs, je m’attendais de la part du ministre des Finances péquiste, Nicolas Marceau, un budget à saveur électoraliste, rempli de « candies et de nananes ». Il faut croire que ce n’était pas possible pour le ministre. Comme l’écrivait le chroniqueur Alain Dubuc de La Presse vendredi dernier, le ministre Marceau a tenté de ne pas déplaire à l’électorat, quitte à ne pas être en mesure de lui plaire.

Mais encore, ce budget déposé le 20 février dernier est plutôt un non-budget : il n’est pas assorti de crédits budgétaires et ne constitue rien de plus qu’un prétexte permettant à Pauline Marois de déclencher des élections en mars. C’était presque tordant (mais tout aussi pathétique) d’entendre Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, affirmer à Benoit Dutrizac vendredi dernier que la priorité au retour de la relâche parlementaire serait le débat sur ce budget en vue de son adoption. Or ce budget ne sera jamais vraiment débattu et certainement pas adopté…

Pour le Parti Québécois, c’est un budget austère qui démontre sans l’ombre d’un doute que Québec est cassé comme un clou. Même le PQ n’a pas eu le choix que d’annoncer une hausse des frais de garderie, qui seraient majorés à 8 $ par jour, puis à 9 $ par jour. Pis encore, peu importe qui entre le PQ ou le PLQ formait le gouvernement actuellement, le constat serait le même : le Québec est pauvre et n’a plus les moyens de ses généreux programmes sociaux.

Dans son budget, Nicolas Marceau table sur une réduction annuelle des dépenses de l’ordre de 2 % juste pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (on ne parle pas de notre dette astronomique). Le problème est que les dépenses en santé augmenteront de 3 % annuellement d’ici là. Il faudra donc réduire le budget de la plupart des autres ministères (exception faite, par exemple, de l’éducation) de 1 % par année au cours des prochaines années. Et tout cela dans un contexte de croissance économique anémique (1,9 % versus 2,3 % pour le reste du Canada).

La semaine dernière, le vérificateur général du Québec, Michel Samson, a qualifié de trop optimiste la prévision du retour au déficit zéro en 2015-2016. Bref, le gouvernement ne dispose d’aucune marge de manœuvre et continue à nous endetter collectivement. Selon les prévisions, notre dette brute au 31 mars 2016 atteindra 209,9 G$, soit 53,4 % du PIB. Et, pour mettre la cerise sur le sundae, nous avons l’agence de notation Fitch qui nous souffle dans le cou. On ne peut pas dire que ça va bien…

Malgré tout, Pauline Marois plongera le Québec en élections d’ici quelques semaines et tentera de nous faire croire qu’elle est la mieux placée pour nous sortir du pétrin. Elle qui est en politique depuis des lunes, elle qui a occupé pratiquement tous les principaux ministères et connaît très bien l’appareil gouvernemental, elle qui est devenue la première femme à occuper sa fonction dans l’histoire du Québec pour ensuite démarrer son mandat non pas sur les chapeaux de roues, mais plutôt contrainte à reculer à plus d’une reprise. Elle n’aura pas ma confiance, pas plus que les libéraux d’ailleurs. Philippe Couillard a beau clamer que le Parti libéral du Québec est le parti de l’économie, son prédécesseur a endetté le Québec en neuf ans comme nul autre premier ministre avant lui. Et l’état des finances publiques est bien pire encore aujourd’hui qu’il l’était en 2003, première année du gouvernement dirigé par Jean Charest. Quant à la Coalition Avenir Québec, elle est incapable de s’imposer sur l’échiquier politique et de faire passer son message. Mais encore, François Legault, un ancien péquiste, est-il le chef le plus crédible pour personnifier le renouveau dont le Québec a cruellement besoin?

Je dois avouer que le programme du Parti conservateur du Québec en matière de finances publiques m’interpelle, car le constat est plus réaliste et – surtout – beaucoup moins timide que celui des autres. On dit les choses comme elles sont. Mais les Québécois sont-ils prêts à prendre un grand virage à droite en matière d’économie et de finances publiques? S’ils continuent à pelleter les problèmes par en avant, tôt ou tard, les chiffres finiront par les rattraper – et le coup de barre sera d’autant plus violent et douloureux.

Au moins, nous avons l’heure juste. De l’aveu même du parti prêt à convoquer les Québécois aux urnes, nous sommes cassés comme des clous. On fait quoi maintenant?

Sébastien St-François