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Mon souhait pour l’élection municipale de 2017


La période des mises en candidature tire à sa fin. L’équipe Option citoyens citoyennes (OCC), dirigée par Jean Martel, arrive à la fin de son deuxième mandat. Depuis 2009, elle règne sur la ville et nos taxes sans opposition, exception faite de la période pendant laquelle Francine Crevier Bélair avait siégé comme indépendante après avoir voté contre un PTI et s’être faite éjecter du caucus de Jean Martel. Lire la suite

Rendez-vous référendaire à Boucherville

NCAB_RAPPORT_140708_Images_35__vue_sur_els_2_bassins_Web__2014117152024Source : boucherville.ca

Le lundi 10 novembre, un total de 902 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville pour signer un registre afin de manifester à l’administration municipale leur opposition à un règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer un futur complexe aquatique. En vertu de la loi, il fallait 804 signatures pour bloquer ledit règlement d’emprunt.

C’est la deuxième fois depuis l’entrée en fonctions du maire Jean Martel en 2009 que des citoyens se mobilisent pour bloquer un règlement d’emprunt. En effet, en mars 2012, 1047 citoyens s’étaient mobilisés pour bloquer un règlement d’emprunt beaucoup moins élevé concernant l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno. Dans ce dossier, on connaît la suite. Plus tôt cette année, le maire est revenu à la charge avec le même projet de piste cyclable – cette fois décidant de faire fi de la démocratie en puisant dans les surplus de la Ville pour financer le projet au comptant et ainsi museler toute opposition possible de la part des citoyens. Ainsi est faite la Loi sur les cités et villes, censée protéger les citoyens des municipalités du Québec… J’avais écrit au ministre de l’époque, Sylvain Gaudreault, mais je n’avais eu droit qu’à un accusé de réception laconique en guise de réponse aux doléances exprimées dans ma lettre.

Dans le cas du complexe aquatique, la Ville ne dispose évidemment pas des liquidités nécessaires pour financer le projet au comptant. Donc, le soir même que le résultat de la signature de registre a été connu, le maire a annoncé que son projet fera l’objet d’un référendum en janvier ou février 2015.

Les citoyens ayant signé le registre ont voulu envoyer un message au conseil municipal, mais il y a lieu d’interpréter ce message correctement. Rares sont les Bouchervillois qui ne reconnaissent pas la vétusté de nos installations aquatiques et personne (à ma connaissance) ayant signé le registre ne s’oppose à la mise à niveau de ces installations qui ont vieilli au fil des ans. Là où ça accroche pour les signataires du registre, c’est au niveau du coût du projet proposé par l’administration municipale : 34 M$, c’est sans précédent, et ça ne tient pas compte des inévitables dépassements de coûts qu’on observe dans la vaste majorité des projets publics entrepris ici comme ailleurs. À Boucherville, pensons à des exemples récents comme le Cercle social Pierre-Boucher et le Centre d’arts. Dans un cas comme dans l’autre, le budget initialement annoncé n’a pas été respecté.

Le maire nous explique que nous devons agir rapidement pour ne pas perdre les quelque 10 M$ en subventions octroyées au projet. Il avance que le projet ne coûtera pas 34 M$, mais 24 M$. Il affirme également ceci, rapporté la semaine dernière par le journal La Seigneurie : « On a réussi à baisser la dette afin de se dégager une marge de manœuvre et être capable de réaliser le projet en limitant l’impact sur les comptes de taxes. »

À mon avis, un tel raisonnement ne tient pas la route pour deux raisons. Premièrement, qu’en est-il des autres priorités actuelles et futures de la municipalité? Pensons notamment aux travaux de réfection (voirie et réseau d’égouts). En 2009, notre déficit à cet égard atteignait quelque 40 kilomètres. Depuis 2009, selon le Palmarès des municipalités des HEC Montréal, la croissance annuelle moyenne des dépenses à ces chapitres a baissé de quelque 30 % dans le cas de Boucherville. Cela m’indique que le déficit se creuse depuis cinq ans. Quand on sait combien coûte la réfection complète (surface + souterrain) d’un kilomètre de voirie, nous en avons pour des dizaines de millions de dollars en dépenses prévisibles au cours des prochaines années – juste pour rattraper le retard accusé depuis le début du millénaire. Sachant cela, avons-nous vraiment les moyens de nous payer le complexe aquatique mis de l’avant par Jean Martel?

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous bénéficierions de subventions totalisant environ 10 M$ que nous avons les moyens de ce projet et que le coût définitif du projet se limitera à 34 M$ (24 M$ après subventions). C’est comme si vous aviez des travaux majeurs à faire effectuer sur votre maison. Votre budget est serré et vous devez également remplacer votre voiture. Vous n’en avez pas les moyens, mais vous vous laissez tenter par l’offre d’un vendeur de voitures de luxe, qui vous propose une réduction du prix de quelques milliers de dollars pour vous convaincre à signer… Est-il pour autant responsable de succomber à la tentation si la décision est mise en contexte?

Sur le plan démocratique, la signature du registre aura l’avantage de permettre la tenue d’un débat éclairé sur la question, et le fardeau de la preuve revient maintenant au conseil municipal. En effet, les membres du conseil municipal doivent nous donner toute l’information nécessaire afin que nous puissions nous prononcer sur leur projet en toute connaissance de cause. Les citoyens ont besoin d’obtenir les réponses à toutes leurs questions afin d’être en mesure de prendre une décision éclairée sur le bien-fondé d’investir autant d’argent dans un seul projet.

Quelques questions me viennent spontanément à l’esprit :

  1. En quoi ce projet (comprenons-nous bien, pas une mise à niveau de la piscine, mais le projet de 34 M$+ actuellement proposé par l’administration) est-il absolument nécessaire pour la population de Boucherville? Pourquoi un projet plus modeste et moins coûteux n’a-t-il pas été envisagé?
  2. En quoi ce projet est-il prioritaire et s’il allait de l’avant, quelle serait l’incidence sur la capacité de la Ville à financer adéquatement d’autres travaux prioritaires sans alourdir indûment le fardeau fiscal des contribuables?
  3. En quoi ce projet serait-il rentable pour Boucherville et sa population? Autrement dit, en avons-nous vraiment les moyens et quelle serait l’incidence (chiffrée) sur nos comptes de taxes futurs? L’information vague fournie par le maire à ce propos ne me satisfait pas.

Ce sera donc un dossier à suivre de près au cours des semaines et des mois à venir, et tout un chacun doit s’assurer d’avoir en main toute l’information pertinente et nécessaire pour prendre la décision la plus judicieuse qui soit en tenant compte de notre capacité de payer collective et des autres priorités de notre municipalité. Deux choix sont possibles : on accepte le grandiose projet qui nous est proposé ou on demande au conseil municipal de refaire ses devoirs et de nous revenir avec un nouveau projet plus modeste et donc d’une facture plus raisonnable.

Sébastien St-François

En démocratie, l’opposition est la norme plutôt que l’exception

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Au terme d’une campagne électorale qui s’est avérée plutôt terne et sans événement, je sens le besoin de rappeler à mes concitoyens que l’opposition est chose normale dans notre système démocratique. Ce n’est pas une maladie honteuse… Au contraire, l’opposition sert de chien de garde contre les abus du parti au pouvoir. Nous le voyons au provincial et au fédéral, ici et ailleurs.

Malheureusement, au municipal, l’opposition est bien souvent absente de la table. On en a l’exemple éloquent ici même à Boucherville, et ce, depuis nombre d’années. Que Jean Martel soit réélu ou que Francine Crevier Bélair soit élue à la mairie, je suis de ceux qui souhaitent que l’opposition reprenne sa place à Boucherville pour mettre fin aux conseils municipaux composés des membres d’une seule et unique formation politique. C’est malsain et ça ouvre la porte à des abus de démocratie. Nous en avons eu plusieurs exemples au cours des années. La démocratie fonctionne à son meilleur lorsque les citoyens peuvent compter sur une opposition forte pour faire contrepoids et assurer un meilleur équilibre dans la prise de décisions.

La population de Boucherville n’est pas homogène quant à ses opinions politiques, et sa représentation au conseil municipal devrait le refléter si nous voulons que celles et ceux que nous élisons pour prendre les décisions et dépenser l’argent de nos taxes le fassent dans l’intérêt supérieur de l’ensemble de la collectivité. En l’absence d’opposition, on dirait que certains élus sont enclins à rapidement oublier pourquoi ils ont été élus : pour être au service et à l’écoute de tous et pour administrer la ville plutôt que s’ingérer dans sa gestion (ce dernier rôle étant celui des fonctionnaires).

Depuis trois ans, je tiens une chronique hebdomadaire à la radio du FM103,3 ainsi que ce blogue consacré à l’actualité politique municipale pour ajouter mon grain de sel au portait que nous présente un conseil plus souvent qu’autrement « unanime » ainsi que pour critiquer certaines décisions que je considère n’ont pas été prises dans l’intérêt d’une majorité de la collectivité ou dans le respect des contribuables qui « financent la machine ». S’opposer, c’est un rôle ingrat, mais combien nécessaire en démocratie.

Alors que nous nous apprêtons à apposer nos X sur un bulletin de vote (un pour la mairie, l’autre pour le poste de conseiller dans notre district), j’arrive inévitablement à la conclusion que de l’opposition est nécessaire au sein du prochain conseil municipal afin que les intérêts de tous les Bouchervillois – toutes allégeances politiques confondues – y soient adéquatement représentés.

Concitoyennes et concitoyens, vous avez un devoir à exercer le 3 novembre prochain et je vous incite fortement à vous prévaloir de votre droit de vote. Déjà, le taux de participation au vote par anticipation (10,5 % selon La Relève) augure bien. Si vous n’avez pas encore voté par anticipation, allez-y dimanche prochain, mais posez-vous la question suivante : Serons-nous mieux desservis par un autre conseil « unanime » ou par un conseil mixte au sein duquel l’opposition joue le rôle légitime que lui attribue notre modèle démocratique?

Sébastien St-François