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Une partie de la Rive-Sud exclue d’un important débat sur son avenir

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D’après un sondage CROP mené auprès des citoyens des trois villes liées que sont Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno-de-Montarville, « près de 84 % des répondants sont en faveur de la tenue d’une consultation populaire afin de donner un mandat clair aux élus municipaux pour demander au gouvernement du Québec de sortir leur ville de l’agglomération. » Lire la suite

C’est vrai qu’on paie trop…

logo-3Agissant au nom de leurs concitoyens et des villes qu’ils dirigent, Paul Leduc, Martin Murray et Alain Dépatie, respectivement maires de Brossard, de Saint-Bruno-de-Montarville et de Saint-Lambert sur la Rive-Sud de Montréal, poursuivent leur offensive pour faire modifier le fonctionnement de l’agglomération de Longueuil, en place depuis le 1er janvier 2006. Le grand absent dans cette offensive est Jean Martel, le maire de Boucherville. Lire la suite

La prime au crime

Gilles Deguire, maire de l'arrondissement de Montréal-Nord

Robert Bourassa avait sa prime à l’urne. Cette prime ne coûtait rien aux contribuables, contrairement à la pratique de récompenser les politiciens opportunistes (comme le libéral Emmanuel Dubourg qui a choisi, en 2013 de passer par GO pendant sa transition de l’Assemblée nationale à la Chambre des communes) ou véreux, forcés de démissionner dans la disgrâce après l’éclatement d’un scandale les impliquant directement. De toute évidence, les intérêts de la classe politique priment sur ceux des citoyens, car cette pratique demeure bien ancrée à ce jour dans la loi qui régit les indemnités de toutes sortes versées à nos élus municipaux – peu importe les circonstances.

La semaine dernière, on a appris que l’ex-maire d’arrondissement de Montréal-Nord, Gilles Deguire, a joint le club sélect formé de personnages de la trempe de Frank Zampino (ex-président du conseil exécutif de la Ville de Montréal sous Gérald Tremblay, accusé de fraude, de complot pour fraude et d’abus de confiance), de Gilles Vaillancourt (ex-maire de Laval accusé de gangstérisme, de complet, de fraude et d’abus de confiance), de Michael Applebaum (ex-maire de Montréal [par intérim] faisant face à 14 chefs d’accusation pour complot, fraude, corruption et abus de confiance) et de Richard Marcotte (ex-maire de Mascouche, accusé lui aussi de fraude, de complot et d’abus de confiance).

Que peut bien avoir en commun Gilles Deguire avec toutes ces bonnes gens? Bien, lui aussi a décidé de passer à la caisse et de réclamer les 146 000 $ qui lui étaient « dus » en vertu de la Loi sur le traitement des élus municipaux.

On se rappellera que M. Deguire a démissionné de son poste de maire d’arrondissement en janvier dernier. Cette décision avait pris tout le monde par surprise, mais le maire de Montréal, Denis Coderre, avait alors affirmé qu’il [Deguire] avait « bien fait de démissionner ». Une semaine plus tard, Gilles Deguire était formellement accusé d’agression sexuelle et d’attouchements sur une personne mineure de moins de 16 ans. Une sortie plutôt disgracieuse pour un ex-policier au SPVM pendant 30 ans, ayant notamment travaillé comme enquêteur chargé du dossier des agressions sexuelles à Montréal-Nord…

Pour le contribuable, c’est une fois de plus carrément révoltant d’apprendre qu’après les cas Zampino, Vaillancourt, Applebaum, Marcotte et compagnie, la loi qui permet à des élus qui sont forcés de démissionner parce qu’ils ont été impliqués dans un scandale ou font face à des accusations criminelles n’a toujours pas été modifiée pour mettre un terme définitif à l’indécence. Au contraire : « En 2014, la Ville de Montréal a demandé au ministère des Affaires municipales d’apporter des modifications législatives pour empêcher l’octroi d’une allocation de transition lorsqu’un élu est déclaré coupable d’un acte punissable d’au moins deux ans d’emprisonnement. Mais Québec n’a jamais donné suite à cette demande, selon Gonzalo Nunez, du service des communications de la Ville de Montréal. » Allô? On se réveille à l’Assemblée nationale!

Pour le contribuable moyen, écrasé par un fardeau fiscal qui s’alourdit d’année en année, qui financent ces généreuses indemnités, c’est déjà assez dégoûtant de voir son argent servir à « récompenser » des politiciens incompétents et opportunistes (pensons à l’ignoble Yves Bolduc l’an dernier). Mais de là à récompenser un élu forcé de démissionner parce qu’il est formellement accusé d’un crime aussi ignoble que celui d’avoir agressé sexuellement une personne mineure, il y a bien une sacrée limite!

En effet, « par décence élémentaire, M. Deguire aurait dû refuser son indemnité de départ. » Mais encore, peut-on s’attendre à ce que quelqu’un qui aurait été capable d’un crime aussi odieux, selon les accusations auxquelles il fait face, ait une conscience? Bien sûr, notre système judiciaire repose sur la sacro-sainte présomption d’innocence, et M. Deguire est donc présumé innocent jusqu’à preuve hors de tout doute du contraire. Il reste que si le Directeur des poursuites criminelles et pénales a autorisé le dépôt d’accusations contre l’ex-maire d’arrondissement de Montréal-Nord, c’est qu’il existe une preuve jugée assez solide pour soutenir lesdites accusations devant un tribunal.

Le chef du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau, se dit prêt à colmater la brèche. Il n’est malheureusement pas au pouvoir et c’est donc à l’actuel premier ministre, Philippe Couillard, d’agir. Et il serait plus que temps qu’il agisse afin d’assurer que Gilles Deguire est la dernière personne au Québec à avoir bénéficié d’une prime au crime. Deguire est seul responsable des événements ayant mené à sa démission et il ne méritait aucunement que la société le récompense à hauteur de 146 000 $ en pareilles circonstances!

Sébastien St-François

Deux victoires, une défaite, une montée, un retour et de l’enfantillage

150610_7q7oq_duceppe-beaulieu-couple_sn635Quelle semaine bizarre nous venons de vivre sur la scène politique! Je ne sais pas si le décès de Jacques Parizeau y est pour quelque chose (peut-être tire-t-il des ficelles de Là-haut), mais nous avons été témoins de plusieurs événements des plus étranges.

Commençons par les élections partielles du 8 juin dans les circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon. Bon, Jean-Talon est rouge depuis que la circonscription existe, mais on aurait pu croire que, après le passage d’Yves Bolduc comme député, les électeurs de cette circonscription aient voulu sanctionner le gouvernement, d’autant plus que Philippe Couillard avait choisi Sébastien Proulx, un vire-capot adéquiste converti à la cause libérale, pour y représenter les couleurs du parti. Eh bien, non, M. Proulx a réussi l’exploit réalisé par le transfuge Gaétan Barrette en 2012 et récolté près de 42 % des voix… D’aucuns se demanderaient si un cochon décoré d’une boucle rouge réussirait à se faire élire dans cette circonscription.

Dans Chauveau, ce fut toute une dégelée pour la candidate Jocelyne Cazin et la Coalition Avenir Québec. Gérard Deltell y avait remporté une majorité de plus de 10 000 voix en 2012 et représentait la circonscription depuis 2007. Un autre gain pour les libéraux, et ce, malgré la grogne populaire contre le PLQ et ses politiques dites d’austérité. Certains prétendent que l’actuelle conjoncture politique nous condamne à élire des gouvernements libéraux successifs pendant de longues années. D’autres invoquent un retour à la polarisation du vote entre fédéralistes et indépendantistes (retour prévisible depuis l’entrée en politique de Pierre Karl Péladeau et la sempiternelle tendance des libéraux à faire peur au monde en invoquant la menace référendaire pour gagner leurs élections). Pour ma part, j’éprouve de plus en plus de difficulté à justifier la pertinence de la formation de François Legault à l’Assemblée nationale. Serions-nous condamnés à la dualité politique dans la Belle Province?

D’ailleurs, toujours dans Chauveau, le Parti conservateur du Québec a quadruplé son nombre de votes. En effet, le parti d’Adrien Pouliot, qui se définit « à droite du centre », a progressé de 4 %, alors que la CAQ a perdu 18 % par rapport à la dernière élection générale. Pour de plus en plus d’électeurs, le mythe selon lequel la CAQ est un parti de droite est une fausseté. La CAQ de l’après ADQ est devenu un mélange de n’importe quoi qui tente de plus en plus péniblement de se faire une image auprès de l’électorat québécois et de se tailler une place dans le paysage politique de la province. Pour ma part, incapable de voter pour les péquistes ou les libéraux (je soutiens depuis longtemps que ces deux vieux partis ont fait leur temps), j’ai dû me rabattre sur la Coalition Avenir Québec parce que le PCQ ne présentait pas de candidat dans ma circonscription en septembre 2012 ou en avril 2014. Cependant, je me retrouve de plus en plus dans les idées véhiculées par Adrien Pouliot et de moins en moins dans le méli-mélo que nous sert François Legault. À se fier aux résultats exposés ci-dessus, je suis loin d’être le seul…

Passons maintenant au retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc Québécois, annoncé mercredi dernier. Probablement l’événement politique le plus surprenant de toute la semaine. Celui qui a dirigé la formation souverainiste de 1997 à 2011, année où il a été battu à plate couture, affirme maintenant qu’il veut participer à l’avenir dans un contexte qu’il qualifie de « nouveau cycle politique ». Disons-nous les vraies choses : il est de retour pour tenter de sauver le BQ de la disparition, sur la base d’un sondage (commandé par qui, on ne le sait pas) dont les résultats indiquaient que le parti était quasi condamné à être balayé du paysage politique sous la direction de Mario Beaulieu – un militant admirable et pugnace, pour citer Mathieu Bock-Côté. Il reste à voir si M. Duceppe remportera son pari le 19 octobre prochain. À entendre les vieux arguments qu’il ressort depuis l’annonce pour justifier la pertinence du Bloc en 2015, il a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail devant lui…

Pour conclure, comment passer sous silence ces policiers de Montréal déguisés en clowns lors des funérailles d’État de M. Parizeau le mardi 9 juin? Je ne sais pas ce que ces « 100 watts » pensaient accomplir en portant leurs costumes loufoques pour cet événement solennel, mais tout ce qu’ils ont réussi à accomplir, c’est démontrer leur manque flagrant de jugement et leur mépris ainsi que ternir une fois de plus le blason de leur métier. D’ailleurs, il serait temps qu’ils en reviennent.

Après le saccage de l’hôtel de ville de Montréal en août 2014, auquel les policiers du SPVM avaient assisté sans intervenir au nom de la sacrosainte « solidarité syndicale », ces syndiqués responsables d’appliquer la loi et de veiller au maintien de l’ordre ont perdu la bataille de l’opinion publique. Le projet de loi 3 sur les régimes de retraite a été adopté en décembre dernier et c’est chose faite. Je ne comprends vraiment pas ce que les policiers du SPVM cherchent à accomplir maintenant, mais ça suffit les costumes de clowns! S’il faut adopter une loi pour mettre fin à cet enfantillage et ce mépris flagrant à l’égard de la population, bien qu’on le fasse au plus vite! Le cirque a assez duré!

Sébastien St-François

Et si ça se passait à Montréal?

2015-03-19-12-36-42-DSCF6403Source : La Relève

Imaginez le tollé si Denis Coderre, après son élection à la mairie de Montréal en 2013, avait nommé un membre de l’organisation de son parti politique au poste de directeur général de la Ville (poste assorti d’une rémunération annuelle de 315 000 $). Pis encore, si ledit membre ne comptait aucune expérience en gestion municipale…

Pourtant, c’est exactement ce qui vient de se passer à Boucherville, ville de banlieue que plus d’un qualifie de « ville-dortoir » – loin des radars. En effet, la semaine dernière, on apprenait que le maire Jean Martel avait arrêté son choix sur Roger Maisonneuve pour remplacer Claude Caron, le directeur général parti à la retraite au terme d’une carrière longue de 40 ans à la Ville.

Mais qui est Roger Maisonneuve? Un avocat (comme le maire). Qui plus est, il a été le représentant officiel et l’agent officiel d’Option citoyens citoyennes, le parti politique du maire, de sa création en 2009 jusqu’au 2 novembre 2014. Un type qui avoue lui-même n’avoir aucune expérience du milieu municipal, ce qui ne l’empêchera pas de recevoir un salaire de près de 190 000 $ par année, en plus des généreux régimes d’avantages sociaux (ce qui inclut une allocation de voiture) et de retraite dont bénéficient les fonctionnaires municipaux.

Et tout cela sans qu’il y ait eu d’affichage de poste ou d’évaluation d’autres candidatures pour pourvoir au poste de premier fonctionnaire de la Ville!

Pour justifier son choix, notre maire a invoqué deux arguments principaux : il trouvait trop fastidieux le processus d’embauche à l’externe et il voulait quelqu’un « qui comprend bien sa démarche politique ». Le message est clair : le maire se cherchait un béni-oui-oui, quelqu’un qui n’oserait pas remettre en question ses choix politiques. Il faut savoir que peu de temps après l’élection de l’actuel maire, le directeur général de l’époque, Daniel McCraw (un homme très compétent et respecté dans le milieu) avait soudainement annoncé son départ à la retraite – lui qui s’était engagé publiquement à demeurer en fonctions au moins jusqu’à la fin du mandat 2009-2013. Quelques mois plus tard, il acceptait le poste de directeur général de la Ville de Mont-Saint-Hilaire.

Départ à la retraite ou congédiement déguisé? D’une façon ou d’une autre, son départ avait coûté aux contribuables bouchervillois un an de salaire plus cinq semaines de vacances…

Or, quelqu’un qui comprend la démarche politique actuelle du maire ne peut que constater que ce n’est pas ce qu’un maire compétent doit rechercher dans un candidat pour occuper le poste de DG. Le travail du directeur général d’une municipalité consiste à veiller à la gestion quotidienne de la ville. Le maire quant à lui dirige son conseil municipal et agit en tant que président du conseil d’administration qu’est un conseil municipal. Il doit y avoir une séparation nette et claire entre les deux fonctions, entre l’opérationnel et l’exécutif.

Depuis plusieurs années, je suis à même de constater comment l’absence d’opposition en politique agit comme une véritable gangrène en effritant la confiance des citoyens et en alimentant leur cynisme. À Boucherville, le maire Martel agit en véritable potentat depuis sa première élection au poste de premier magistrat en novembre 2009. Habitué, depuis, de diriger en roi et maître, il ne tolère aucune forme d’opposition – quelle qu’en soit la provenance. Combien de fois je l’ai vu rabrouer des citoyens-contribuables en pleine séance publique du conseil municipal à l’hôtel de ville quand ces derniers « osaient » critiquer ses décisions ou les remettre en question ou encore simplement lui poser des questions qui ne faisaient pas son affaire.

Lui qui s’était engagé à faire de la politique autrement, à être à l’écoute des citoyens agit comme un vieux monarque issu d’une ère révolue et traite presque avec mépris quiconque ose penser que sa façon de faire n’est peut-être pas dans l’intérêt supérieur de l’ensemble de la communauté qu’il a été élu pour représenter. Boucherville est devenue une communauté sectaire où quiconque ne louange pas le premier magistrat et ses décisions est rapidement taxé de « négatif » pour avoir osé soulever des questions ou exprimer une opinion autre.

L’absence d’opposition en politique nuit-elle à la démocratie? Je le crois fermement, car l’opposition fait partie intégrante de la démocratie. En son absence, le vide créé est rapidement comblé par des abus de tous genres. En jetant son dévolu sur son ancien agent officiel, Jean Martel démontre qu’il pense à ses intérêts avant ceux de ses concitoyens. Quant aux Bouchervillois, en plus de se retrouver avec un maire se croyant investi de tous les pouvoirs, ils devront accepter et s’habituer à un premier fonctionnaire ayant très peu d’expérience de la machine municipale et un fort penchant politique pour son patron – du moins jusqu’aux élections de 2017. Nous le paierons 190 000 $ par année + avantages pour qu’il fasse ses classes.

Comme citoyen, ça m’inquiète; comme contribuable, ça me dégoûte, le « club des p’tits amis », cette façon de faire de la politique dont les citoyens sont écœurés – et avec raison. D’une façon ou d’une autre, ça n’augure rien de bon pour l’avenir de Boucherville.

Sébastien St-François

Printemps érable, prise II?

Thousands of demonstrators march against tuition hikes marking 100 days of protest in  downtown Montreal
La semaine dernière, on apprenait que plus de 30 000 étudiants seront en grève pendant deux semaines. Après le « printemps érable » de 2012, les mandarins de l’ASSÉ et leurs sbires cette fois-ci partent en guerre contre l’austérité et les hydrocarbures. D’ailleurs, les étudiants veulent qualifier cette perturbation à venir de « grève sociale » plutôt que de « grève étudiante ». Un peu comme Philippe Couillard refuse de parler d’austérité, préférant parler de vérité. Appelons un chat un chat!

D’aucuns diront « n’importe quoi, l’important est de se donner une cause pour foutre le trouble ». Fidèles à leurs habitudes, les mouvements étudiants refusent d’ailleurs de fournir leur itinéraire comme leur oblige le règlement P-6 de Montréal – règlement auquel d’autres groupes de manifestants, incluant des syndicats, se plient. Tout laisse donc croire que la métropole sera à nouveau prise d’assaut et paralysée – au grand damne des commerçants qui en arrachent de plus en plus à gagner leur vie dans cette ville qui, à bien des égards, donne l’impression d’une ville qui se meurt…

À l’instar des manifestants étudiants, je suis loin d’être un adepte du gouvernement Couillard, pour lequel je n’ai d’ailleurs pas voté en septembre 2012. Le choix d’une majorité de Québécois aux dernières élections générales ne me plaît donc aucunement. Il y a des jours où juste voir le visage ou entendre la voix du premier ministre ou de plusieurs de ses ministres « recyclés » de l’ère Charest m’agresse. Comme bien d’autres Québécois, j’en ai marre des hausses supérieures à l’inflation des tarifs d’Hydro-Québec commandées par un gouvernement trop hypocrite pour subventionner ses projets de création d’emplois en région autrement. Voir Hydro-Québec vendre l’énergie éolienne à perte aux frais de consommateurs prisonniers de ce monopole me pue au nez. Et je pourrais continuer cette liste de doléances ad vitam aeternam…

Cependant, nous vivons en démocratie. En démocratie, on s’exprime au moment d’une élection et, si on perd son vote, on doit se plier à la volonté de la majorité jusqu’à la prochaine fois. Cela ne veut pas dire qu’on perd son droit de parole, mais cela ne donne pas pour autant le droit de « foutre le bordel ». Oui, le gouvernement Couillard pue à plein nez; non, ce gouvernement ne mérite probablement pas d’être au pouvoir, encore moins d’être majoritaire. Mais c’est le gouvernement en place pour plusieurs années encore après avoir été démocratiquement élu par le peuple.

Pour ma part, je dis NON à un deuxième printemps érable! Les étudiants ont droit à leur opinion, mais ils n’ont pas le droit de paralyser le centre-ville de Montréal et de faire souffrir des travailleurs qui essaient déjà de peine et de misère de gagner leur vie dans un contexte économique très difficile, comme ils ont si brillamment « réussi » au printemps 2012.

Il est à espérer que nos divers élus et niveaux de gouvernement prennent leurs responsabilités en 2015 pour empêcher que cela se produise. Et voilà un premier test pour le nouveau ministre de l’Éducation, François Blais, dont on a vanté les mérites à la suite de sa nomination.

Sébastien St-François

Ces profiteurs de libéraux

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En bon libéral, le démissionnaire Yves Bolduc ne renoncera pas à l’indemnité de départ de quelque 155 000 $ que la loi lui permet de réclamer.

En août 2013, alors député libéral de Viau, Emmanuel Dubourg a annoncé sa démission comme député provincial pour se porter candidat du PLC à l’élection partielle fédérale dans la circonscription de Bourassa – partielle déclenchée suivant la décision de Denis Coderre de briguer la mairie de Montréal. Sans surprise, Dubourg fut élu, accédant du coup à une rémunération annuelle de plus de 160 000 $. Il a refusé pour autant de renoncer à une indemnité de départ d’un peu plus de 100 000 $ de Québec. M. Dubourg se fait bien discret depuis son élection comme député fédéral. Un grand parlementaire, quoi…

Plus récemment, en 2014, à la fois la péquiste Élaine Zakaïb et le caquiste Christian Dubé ont démissionné de leurs fonctions parlementaires en cours de mandat. Mme Zakaïb a quitté pour aller sauver la chaîne Jacob, tandis que M. Dubé a accepté un poste de vice-président à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Dans les deux cas, les démissionnaires ont eu le sens moral de renoncer à l’indemnité de départ que prévoit – malheureusement encore aujourd’hui – la loi encadrant le traitement des membres de l’Assemblée nationale.

Rappelons que Bernard Drainville, alors ministre responsable des Institutions démocratiques, avait déposé le projet de loi 33 qui visait à abolir ces indemnités de départ – sauf dans quelques situations bien définies. Ce sont les libéraux, alors dirigés par Philippe Couillard, qui ont fait obstruction à l’adoption de ce projet de loi. Le cynisme des contribuables demeure entier à cet égard.

Il est important de garder à l’esprit que M. Bolduc a démissionné de ses fonctions de ministre et de député. Il a démissionné parce que son incompétence (comme ministre de l’Éducation et comme politicien tout court) a fini par miner le peu de crédibilité qu’il lui restait depuis sa nomination en avril 2014, une nomination « par dépit » selon plusieurs acteurs du milieu de l’éducation entre autres.

Cependant, malgré son incompétence, c’est un homme intelligent et il savait fort bien que la saga des « fouilles à nu » avait été la goutte ayant fait déborder le vase de sa carrière politique. Qu’il se serve à nouveau dans le plat à biscuits est inacceptable et immoral, d’autant plus qu’il quitte un gouvernement qui prône l’austérité depuis son assermentation et qui « varge » à grands coups de hache dans à peu près tout ce qui bouge.

Philippe Couillard a beau avoir lancé un appel à son ex-ministre à être « plus sensible » au tollé soulevé par sa décision de réclamer son indemnité, mais il l’a néanmoins défendu dans le dossier de la prime de 215 000 $ qu’Yves Bolduc avait touchée comme médecin pendant son court séjour dans l’opposition (septembre 2012-avril 2014) grâce à un stratagème que ce dernier avait lui-même concocté alors qu’il était ministre de la Santé dans le gouvernement de Jean Charest.

Il est rare que je suis d’accord avec ce qui sort de la bouche des élus de Québec solidaire, mais le député Amir Khadir a raison : en empochant l’indemnité de départ de l’Assemblée nationale à laquelle il « a droit », Yves Bolduc rate totalement sa sortie et contribue à son tour à miner un peu plus la dignité de la fonction de parlementaire. Tant qu’à moi, il est à jamais tatoué de l’étiquette de « profiteur ».

Pour terminer, la « saga Yves Bolduc » nous révèle deux choses sur notre premier ministre. Premièrement, M. Couillard démontre un mépris certain à l’égard de nos institutions en ayant nommé M. Bolduc à un poste aussi important que celui de ministre de l’Éducation en guise de prix de consolation pour avoir nommé Gaétan Barrette à la santé. Les Québécois méritaient mieux qu’un ministre aussi incompétent pour veiller à l’encadrement de l’éducation de leurs enfants. Deuxièmement, le sens moral de M. Couillard n’est pas plus développé que celui de M. Bolduc, dont le passage en politique aura coûté cher aux contribuables québécois.

Ça doit être agréable d’être dans les officines libérales et d’être ainsi épargné de la vague d’austérité qui balaie le Québec et n’épargne pas grand monde sur son passage. Il est désolant que les libéraux ne comprennent toujours pas que les temps ont changé et que les indemnités de départ comme celle qu’empochera Yves Bolduc doivent être abolies une fois pour toutes. Le premier ministre Couillard martèle depuis des mois l’urgence d’assainir les finances publiques du Québec. Il serait plus que temps que les élus libéraux commencent à prêcher par l’exemple…

Sébastien St-François

Pas de taxation sans représentation

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À l’image de ce qu’est devenue Montréal, l’agglomération de Longueuil est un monstre bureaucratique qui coûte de plus en plus cher à faire rouler (334,5 M$ en 2015), mais qui ne fournit pas à ses citoyens des services à la hauteur de ce à quoi ils sont en droit de s’attendre.

Là où j’habite (Boucherville, une des quatre villes dites liées à Longueuil), notre appartenance forcée à l’agglomération nous coûte cette année la rondelette somme de 47,5 M$, en hausse de 2,7 % par rapport à 2014. Juste au chapitre de la sécurité publique (police et pompiers), ça nous coûte tout près de 20 M$ par année – et nous n’en avons nettement pas pour notre argent à cet égard. Par exemple, cela fait plus d’une décennie que les Bouchervillois attendent la construction d’une deuxième caserne de pompiers sur le territoire afin que le schéma de couverture de risques en sécurité incendie soit respecté (dix pompiers sur les lieux d’un incendie – où qu’il soit – en dix minutes). Bref, nous payons et payons, mais les services pour lesquels nous payons ne sont pas nécessairement au rendez-vous.

C’est une situation que trois des quatre maires des villes liées de l’agglomération de Longueuil ont dénoncé en décembre dernier. Ils estiment que les villes liées auraient versé, sur une période de sept ans, 40 M$ en trop à l’agglomération. Le dossier se trouve maintenant devant les tribunaux. Faisant cavalier seul, le maire de Boucherville, Jean Martel, a plutôt affirmé que tout fonctionnait très bien à l’agglomération. D’ailleurs, depuis qu’il est en poste (novembre 2009), il vote systématiquement en faveur de tout ce que dépose la mairesse Caroline St-Hilaire. C’est à se demander si cette dernière ne prend pas le vote de Boucherville pour acquis aujourd’hui.

Il s’avère que le torchon brûle au sein de l’agglomération. Non seulement Caroline St-Hilaire doit-elle composer avec trois maires mécontents (ceux de Brossard, de Saint-Bruno-de-Montarville et de Saint-Lambert), mais ses relations avec le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, sont très tendues depuis le dépôt du budget 2015 de la Ville de Longueuil (taxes résidentielles en hausse de 3,9 %, soit près de deux fois l’inflation) et l’engagement pris par le ministre de rembourser les contribuables longueuillois via les impôts de 2015.

Également, au cours des derniers jours, grâce à la connivence entre la mairesse de Longueuil et le maire de Boucherville, Paul Leduc, maire de Brossard, a été évincé de son poste au conseil d’administration de la Communauté métropolitaine de Montréal. Surprise! C’est Jean Martel, maire de Boucherville, qui le remplacera à ce poste…

Il existe un principe en démocratie qui remonte à la Révolution américaine des années 1750 : « no taxation without representation » (pas de taxation sans représentation). En échange de leur contribution forcée à l’agglomération de Longueuil, les contribuables bouchervillois sont en droit de s’attendre à ce leur maire – leur représentant auprès de l’agglomération – défende leurs intérêts et non ceux de la mairesse St-Hilaire. À l’heure actuelle, comme Bouchervillois, j’ai l’impression que ce sont les maires des trois autres villes liées qui prennent mes intérêts comme contribuable de l’agglomération plus au sérieux que le maire de la ville que j’habite. Ce n’est pas normal… Au nom du principe susnommé, il serait grand temps que Jean Martel cesse d’être le pantin de Caroline St-Hilaire et reconnaisse qu’il existe un véritable problème de gouvernance au sein de l’agglomération de Longueuil. Un problème qui coûte très cher chaque année à ses concitoyens, au même titre que les citoyens des trois autres villes liées…

Sébastien St-François

Loyauté vacillante, cynisme montant

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D’aucuns diront qu’il ne se passe pas un mois en politique sans qu’un élu « vire capot » ou décide de quitter en plein mandat pour « relever de nouveaux défis ». Les exemples sont légion, et ce, à tous les niveaux de gouvernement. En voici quelques-uns assez récents :

En août 2013, Emmanuel Dubourg, alors député libéral à l’Assemblée nationale, a décidé en plein mandat de briguer les suffrages dans Bourassa sous la bannière du Parti libéral du Canada dans l’optique de succéder au démissionnaire Denis Coderre, aujourd’hui maire de Montréal. Ce faisant, il a refusé de renoncer à une allocation de transition évaluée à près de 100 000 $ alors qu’un salaire de plus de 160 000 $ l’attendait à Ottawa.

En août 2014, à peine quelques mois après avoir été réélu pour un deuxième mandat, Christian Dubé de la Coalition avenir Québec a annoncé qu’il quittait la vie politique pour devenir vice-président à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il est légitime de se demander pourquoi il n’y avait pas pensé avant de prendre l’engagement de solliciter un deuxième mandat à l’Assemblée nationale. Au moins, il a eu la décence de renoncer à son allocation de transition – contrairement au libéral Emmanuel Dubourg… Idem pour l’ancienne députée péquiste, Élaine Zakaïb, qui a démissionné en septembre dernier pour tenter de relancer le détaillant Jacob (aujourd’hui en faillite).

Sur la scène fédérale, il y a deux semaines, John Baird a fait l’annonce qu’il quittait la politique à quelque huit mois des prochaines élections générales. Ce fidèle allié du premier ministre Harper, ministre des Affaires étrangères et député de la circonscription d’Ottawa-Ouest–Nepean, a justifié sa décision par une profonde réflexion entamée à la suite de la mort de l’ancien ministre des Finances, Jim Flaherty, en avril 2014. Il est tout à fait légitime pour un politicien de vouloir faire autre chose que de la politique dans sa vie. Cependant, n’aurait-il pas pu attendre la fin de son mandat en cours? Il est à espérer qu’une élection partielle ne soit pas convoquée pour combler l’espace de quelques mois le poste laissé vacant par M. Baird. À titre comparatif, les citoyens de la circonscription de Verchères–Les Patriotes, « représentée » par la députée fantôme ou – comme elle se qualifie elle-même – la maman-députée Sana Hassainia, sont sans représentation réelle depuis des années…

La semaine dernière, la controversée députée jusqu’alors conservatrice, Eve Adams (fiancée à Dimitri Soudas, ancien homme de confiance de Stephen Harper), a quitté son parti avec fracas et annoncé qu’elle joignait les rangs du Parti libéral du Canada. Aux prochaines élections fédérales, elle tentera de battre l’actuel ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, dans la circonscription torontoise d’Eglinton-Lawrence. Souhaitons la meilleure des chances à cette transfuge qui de toute évidence juge que ses ambitions politiques personnelles ont préséance sur les intérêts des électeurs l’ayant élue sous la bannière conservatrice…

D’ailleurs, dans un billet intitulé « Une grave erreur », l’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, ne manque pas de souligner le manque de jugement dont a fait preuve le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, en accueillant Mme Adams dans les rangs de son parti. M. Trudeau, qui avait jadis affirmé vouloir mettre un terme à la façon dépassée de faire de la politique (c.-à-d. la façon de faire de Stephen Harper), a fait exactement le contraire. De citer M. Pratte : « Par cette décision, M. Trudeau vient de démontrer que, comme son vis-à-vis conservateur, il est prêt à faire n’importe quoi pour gagner les élections. »

Enfin, c’est un secret de polichinelle que Gérard Deltell quittera prochainement la CAQ et l’Assemblée nationale pour faire le saut en politique fédérale avec les conservateurs de Stephen Harper.

De telles décisions opportunistes ou carriéristes ont un point en commun : elles minent la confiance de la population à l’égard des politiciens qu’elle élit pour la représenter – une confiance qui n’est pas très grande d’emblée. À l’Assemblée nationale, le député de Marie-Victorin et candidat à la direction du Parti québécois, Bernard Drainville, propose diverses mesures visant à rétablir le lien de confiance entre la population et la députation provinciale. Il voudrait notamment serrer la vis aux « vire-capot » et abolir certaines indemnités de départ.

C’est une idée qui devrait faire mouche et mérite d’être étudiée et évaluée de manière non partisane pour tous les niveaux de gouvernement. Les élus qui ne respectent pas leur engagement pour des raisons plus souvent qu’autrement purement opportunistes ou carriéristes devraient être sanctionnés pour leur geste plutôt que récompensés. Ce ne serait qu’un de nombreux moyens pouvant être pris pour tenter de freiner la montée en flèche du cynisme qui gangrène la confiance vacillante des électeurs à l’égard des processus démocratiques et des personnes qu’ils élisent pour veiller à la pérennité de ces processus et à leurs intérêts citoyens. Au-delà des lignes de parti, les élus ont un devoir fondamental de loyauté envers les électeurs à qui ils doivent leur job.

Sébastien St-François

Un récit d’eau, de neige et de glace

150104_cg2ln_rue_ottawa_verglas_sn1250La « crise de l’eau » qui a sévi à Longueuil, à Boucherville et à Saint-Bruno-de-Montarville la semaine dernière a soulevé moult questions dans les médias et au sein de la population sur l’efficacité des interventions visant à rétablir l’approvisionnement en eau potable sur une bonne partie de la Rive-Sud de Montréal. Pour ma part, le plus inquiétant dans toute cette saga est que, par exemple, l’animateur Paul Arcand du 98,5 FM avait été informé de l’existence d’un problème majeur par une source anonyme en autorité à la Ville de Longueuil plusieurs heures avant l’imposition officielle de l’avis de non-consommation de l’eau ayant eu pour effet de priver plus de 300 000 Québécois d’eau potable pendant quelque 36 heures.

Nonobstant les affirmations de la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, les autorités municipales n’avaient visiblement aucun protocole ou plan en place pour gérer efficacement une telle éventualité. De citer François Cardinal de La Presse : « Longueuil a adopté il y a trois mois une résolution sur le transport de pétrole sur le Saint-Laurent […] Une prise de position qui ne lui a manifestement pas donné l’idée de se préparer elle-même en cas de déversement sur son propre territoire. »

J’habite une des villes « sinistrées » de la semaine dernière. Personnellement, je n’ai pas été incommodé par des odeurs de diesel dans l’eau qui coulait de mes robinets et j’ai même consommé de l’eau avant que l’avis de non-consommation ne soit annoncé. Par contre, j’ai la nette impression que la gestion des événements au cours des quelque 36 heures qu’aura duré cette « crise » a été marquée par un certain amateurisme. Je m’attends donc à ce que les autorités nous présentent un compte rendu complet de ce qui s’est passé et des défaillances dans la gestion de cet incident de santé publique une fois que le post-mortem aura été fait en bonne et due forme. La mairesse de Longueuil s’est d’ailleurs engagée en ce sens vendredi soir lors d’un point de presse convoqué pour annoncer la levée de l’avis de non-consommation de l’eau.

La potabilité de l’eau est certes un service essentiel auquel doivent veiller nos municipalités, mais qu’en est-il lorsque l’eau tombe du ciel sous la forme de neige et de glace et recouvre nos voies publiques d’un véritable cocktail météorologique? Aurions-nous oublié, au Québec, que notre climat est nordique et que le déneigement et le déglaçage sont aussi des services essentiels pour assurer la sécurité des citoyens dans leurs déplacements?

Malgré les hausses de taxes qui se succèdent d’année en année, je constate – à l’instar de nombre de mes concitoyens – que la qualité des services de base que nous rendent nos municipalités se détériore. Nous voilà plongés dans le mois le plus froid et le plus désagréable (du moins pour celles et ceux qui, comme moi, détestent l’hiver) de l’année et force est de constater que l’art du déneigement et du déglaçage se perd au Québec. J’habite Boucherville, mon bureau est situé dans le Vieux-Longueuil et j’ai à me rendre parfois à Montréal comme bon nombre de Québécois. Depuis le début de l’hiver en cours, j’observe de nombreuses défaillances lors des opérations de déneigement et de déglaçage qui suivent chaque chute de précipitations. Et le problème ne se limite pas uniquement à la métropole. Même un grand axe routier comme la 132 en bordure du fleuve Saint-Laurent pose problème chaque fois qu’il tombe de la neige tellement le déneigement est mal fait.

À Boucherville, les rues sont recouvertes de grandes plaques de glace très dure et très glissante et les principaux boulevards de la municipalité sont souvent déneigés à moitié – à un point tel qu’une voie sur deux est plus souvent qu’autrement impraticable ou difficilement empruntable. C’est comme si le sel de déglaçage était devenu une denrée si rare ou si coûteuse que la municipalité n’avait plus les moyens de s’en procurer ou s’en payer.

Pourtant, toujours ici à Boucherville, le conseil municipal est allé de l’avant avec un projet de centre d’art qui est en train de virer en véritable fiasco judiciaire et aura fini par coûter des millions de dollars de plus qu’initialement annoncé une fois que le premier citoyen y mettra pied. Ce même conseil veut maintenant aller de l’avant avec un projet controversé de complexe aquatique dont le coût pourrait facilement dépasser les 30 M$ pour une population de 42 000 habitants.

Alors que l’argent semble tomber du ciel lorsqu’il est question de financer des projets électoralistes, l’administration municipale semble lésiner lorsqu’il est question des opérations de déneigement et de déglaçage nécessaires d’un point de vue de sécurité publique. L’autre jour, il a fallu que je dirige mon véhicule vers la congère en bordure de la voie municipale pour ne pas heurter le véhicule devant moi qui attendait à un feu rouge, car la chaussée était recouverte d’une glace vive. Non, je ne roulais pas vite et ledit véhicule était immobilisé à une trentaine de mètres devant moi. Je me trouvais en pleine ville, pas sur un rang de campagne. En fait, le rang de campagne qui me mène à mon chalet est mieux entretenu que la rue où se trouve ma résidence principale. Ce n’est pas normal…

Comme le disait feu Jean Drapeau, les citoyens s’attendent de leur municipalité que l’eau qui coule dans leurs tuyaux soit potable, que les eaux usées qu’ils produisent soient évacuées de leur demeure, que leurs vidanges soient ramassées et que leurs rues soient carrossables et sécuritaires. En 2015, que nous ayons à composer avec des voies publiques aussi mal entretenues et souvent carrément dangereuses lorsque le mercure chute sous zéro dépasse l’entendement. Il est grand temps que nos administrations municipales recommencent à prendre leurs missions fondamentales au sérieux – surtout compte tenu des sempiternelles hausses de taxes qu’elles nous refilent depuis des années. En matière de services de déneigement et de déglaçage, nous en avons de moins en moins pour notre argent.

Sébastien St-François