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Renoncera-t-il au reçu d’impôt?

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Ça ne doit pas aller très bien au sein du caucus du Parti libéral du Québec depuis quelque temps. Voilà qu’un quatrième député libéral démissionne en l’espace de 17 mois. En effet, mardi, le député de Beauce-Sud, Robert Dutil, élu pour la première fois en 1985 et député pendant 16 ans, a annoncé qu’il quittait la vie politique pour aller travailler dans le privé (pour Canam-ponts, entreprise dirigée par son fils). Ce faisant, il provoque la tenue d’une autre élection partielle à un coût de 500 000 $ à 600 000 $ pour les contribuables québécois – en pleine période dite d’austérité où nul autre que le premier ministre, Philippe Couillard, avoue enfin que ses compressions affectent les services à la population. Il était temps qu’il reconnaisse les impacts des mesures que son gouvernement impose partout depuis maintenant des mois.

Depuis la dernière élection générale, quatre députés libéraux ont quitté leurs fonctions et décidé, souvent odieusement, de toucher leur « prime de départ » : Yves Bolduc (à force de se mettre le pied dans la bouche et de démontrer son incompétence), Gilles Ouimet et Marguerite Blais (frustrés de ne pas être ministres) et maintenant Robert Dutil. Dans le cas de M. Dutil, il s’est engagé à faire don de sa prime de départ de 150 000 $ [!!!] à l’organisme sans but lucratif la Maison Catherine de Longpré, qui dispense des soins palliatifs dans la région Beauce-Etchemins. Un geste noble par rapport aux autres démissionnaires libéraux, mais renoncera-t-il au reçu d’impôt auquel ce don lui donnera droit pour autant?

La situation actuelle devient de plus en plus intenable pour Philippe Couillard, qui déchire sa chemise sur la place publique après chaque démission, mais semble tout faire pour maintenir le statu quo. Rappelons-nous que, dans la foulée de la démission d’Yves Bolduc, il a imploré son ministre démissionnaire [incompétent] de renoncer à sa prime. Ensuite, silence radio jusqu’aux prochaines démissions. Idem suivant la démission de M. Ouimet et de Mme Blais. Toujours rien… Pourtant, le Parti Québécois (dont la démissionnaire Élaine Zakaïb a renoncé à sa prime et le démissionnaire Marjolain Dufour a choisi de consulter le commissaire à l’éthique avant d’accepter la sienne), la Coalition Avenir Québec (dont les deux démissionnaires – Christian Dubé et Gérard Deltell – ont renoncé à leur prime) et Québec Solidaire sont prêts à adopter une loi interdisant le versement d’indemnités de transition aux députés qui démissionnent en cours de mandat autrement que pour des raisons de santé ou de famille jugés valables par le commissaire à l’éthique. Un projet de loi est pourtant prêt : Bernard Drainville s’en était chargé lorsqu’il était ministre des Institutions québécoises. Qui en a alors bloqué l’adoption sous le gouvernement Marois minoritaire? Le PLQ de Philippe Couillard…

M. Couillard, le bon peuple en a marre de vos tergiversations dans ce dossier. Par ailleurs, vous êtes bien mal placé ici, ayant vous-même touché votre prime au moment de quitter la vie politique en 2008 après vous être négocié un job lucratif dans le secteur privé alors que vous étiez ministre de la Santé. Vous prenez vraiment les Québécois pour des valises à ce point? Il est grand-temps d’agir. Vous avez perdu assez de temps à cet égard depuis votre élection!

« Le premier ministre Philippe Couillard se dit prêt à déposer un projet de loi pour éliminer les allocations de transition pour les élus démissionnaires. Toutefois, ce texte devra également traiter des autres dispositions contenues dans le rapport indépendant de l’ex-juge Claire L’Heureux-Dubé, qui propose également des hausses de salaires pour les députés. » Monsieur Couillard, vous manquez de dignité pour être premier ministre et vous riez de ceux que vous appauvrissez depuis votre entrée en fonctions. Vous sabrez partout – sauf dans le sacro-saint rang de la classe politique, qui appauvrit le Québec. Bien difficile de respecter un premier ministre et le gouvernement qui dirige en pareilles circonstances. Je me demande même si Amir Khadir a raison de considérer que l’élection du gouvernement que vous dirigez doit être annulée. Bref, j’ai de plus en plus honte d’être Québécois. Le Québec sombre de plus en plus au fil des gouvernements libéraux et péquistes qui se succèdent depuis un demi-siècle et votre gouvernement suit pitoyablement dans la même veine!

Et si on faisait payer au parti du démissionnaire le coût de la tenue de l’élection partielle qu’il provoque? Après tout, quelqu’un qui démissionne en cours de mandat – qu’il a sollicité et que le peuple lui a accordé – pour des raisons opportunistes ou carriéristes ne devrait-il pas être tenu responsable des coûts que sa décision engendre? Le « simple travailleur » qui démissionne n’a même pas droit à l’assurance-emploi, à laquelle il cotise pourtant… Mais encore, jamais Philippe Couillard ne prendra une telle mesure. L’austérité, c’est pour les autres, c’est pour le bon peuple.

De toute évidence, il est là pour ses propres intérêts et non pour les intérêts des Québécois, qui ont été suffisamment nombreux à se laisser duper par ses promesses électorales pour lui permettre de régner en roi et maître sur la neuvième province la plus pauvre au pays jusqu’en 2018. Va-t-il falloir que les Québécois se révoltent comme les carrés rouges l’ont fait en 2012 pour que, enfin, leur gouvernement cesse d’abuser d’eux et se mettent à leur service? Dans l’immédiat, il faudrait minimalement que les électeurs qui seront appelés à voter dans une partielle prochainement envoient un message clair à nos bons libéraux et élisent un candidat autre que libéral pour les représenter jusqu’à la fin du mandat en cours!

Sébastien St-François

La ministre Charbonneau a besoin de cours d’appoint, et ça presse!

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On se demande parfois comment certaines gens ont réussi à accéder aux fonctions qu’ils occupent. On a eu un bel exemple de ceci la semaine dernière, en la personne de Francine Charbonneau, ministre de la Famille dans le gouvernement Couillard.

En effet, un court message publié sur Facebook par la ministre à sa collègue démissionnaire, Marguerite Blais, a fait couler beaucoup d’encre et suscité moult réactions. Ce court message d’à peine une centaine de mots était truffée d’une quinzaine de fautes – pour la plupart concernant des règles de français de base.

De citer Tania Longpré, sur son blogue du Journal de Montréal : « Qu’est-ce que vous envoyez comme message? Vous êtes censée valoriser l’éducation, mais vous ne savez pas conjuguer le verbe avoir au présent de l’indicatif! » Il est en de même pour la plupart des erreurs ponctuant le triste texte de la ministre Charbonneau : « j’en prendrez soins », « tout ces aînés », etc. Au moins, elle n’a pas oublié l’accent circonflexe sur le i dans aînés…

Pour moi, la défense de la langue française n’a rien de politique. Ce n’est pas la chasse gardée du Parti Québécois, c’est une responsabilité fondamentale du gouvernement du Québec, peu importe sa couleur. C’est une question de survie culturelle et de fierté, celle d’un peuple minoritaire sur un continent vastement anglophone qui dit se battre pour la sauvegarde de sa langue depuis des décennies.

Je suis traducteur agréé et chargé de cours en traduction juridique pour l’Université du Québec à Trois-Rivières. En début de carrière, j’ai enseigné le français (et l’anglais) au secondaire général et professionnel pendant environ cinq ans. Je suis le fils d’un père francophone et d’une mère anglophone. Après des études primaires en anglais, j’ai fait mon entrée dans un collège privé de réputation très enviable sur la Rive-Sud de Montréal. Apprendre – et surtout maîtriser – le français n’a pas été une tâche facile pour moi. Je me souviens encore de ma première secondaire : j’écrivais mon français au son et je « coulais » presque tous mes cours parce que je peinais à bien comprendre la matière livrée en français par mes enseignants. J’ai persévéré et fait mes cinq années d’études secondaires à ce collège privé. La vie a fait en sorte que je gagne ma vie comme langagier professionnel.

Pour un peuple qui se dit fier de sa langue et prêt à la défendre à tout prix, le Québec fait parfois pitié sur le plan linguistique. Nous sommes témoins d’un nivellement vers le bas qui se poursuit depuis trop longtemps. Il en résulte que, aujourd’hui, nombre de diplômés universitaires – toutes professions confondues – ne savent pas écrire correctement. Dans les médias sociaux, la langue française est malmenée et se résume souvent à un jargon incompréhensible constitué d’abréviations de toutes sortes et d’émoticônes. Même à l’Assemblée nationale, le français est loin d’être valorisée et maîtrisée par tous ses membres. Pensons à l’ancien ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui s’exprimait parfois péniblement dans la langue de Molière, et l’actuel chef de l’opposition, Pierre Karl Péladeau, qui utilise parfois un niveau de langage laissant à désirer.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avait ceci à dire en réaction au message controversé de sa ministre de la Famille sur Facebook : « Il ne faut pas être condescendant ou paternaliste. On n’a pas tous eu les mêmes occasions de se perfectionner et d’avoir une orthographe idéale ». Dans le cas de Francine Charbonneau, on est très loin d’une orthographe idéale. C’est carrément honteux et inacceptable venant d’une ministre d’un gouvernement qui dit accorder de l’importance à la défense du français et qui a été présidente de la Commission scolaire des Mille-Îles de 2002 à 2008. Un bel exemple pour nos enfants à qui on tente d’inculquer l’importance capitale de savoir s’exprimer correctement en français au Québec.

Alors que le ministre de l’Éducation, François Blais, veut resserrer les exigences applicables aux futurs enseignants, n’y aurait-il pas lieu de resserrer les exigences applicables à celles et ceux qui sont invités à former le conseil des ministres du seul gouvernement de langue française en Amérique du Nord?

À cet égard, la déclaration de notre premier ministre est fort inquiétante. Le Québec ne réussira jamais à protéger la langue française – et surtout la qualité de la langue parlée et écrite – sur son territoire en acceptant de niveler vers le bas et de pardonner l’impardonnable…

Sébastien St-François

Monde municipal : une refonte en profondeur s’impose

B4rUnj3IQAA-UYN.jpg largeSource : tvrs.ca

Le diable est aux vaches dans le monde municipal. Après avoir soulevé l’ire des syndiqués municipaux en faisant adopter son projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est attiré les foudres des élus municipaux la semaine dernière en fustigeant publiquement la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, et le maire de Laval, Marc Demers. Le ministre juge les hausses de taxes décrétées par ces derniers exagérées et menace les fautifs de sanctions. Qui a raison, qui a tort? Il est difficile d’imputer l’entièreté du blâme à l’une ou l’autre des parties, mais une chose est certaine : c’est toujours le contribuable qui finit par payer… Dans ce texte, je vais me concentrer sur la situation de l’agglomération de Longueuil étant donné que j’y habite. Cependant, mes commentaires s’appliquent à la grandeur du Québec.

Dans ce débat, il faut garder à l’esprit une prémisse de base : les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec. En fait, ils gagnent près de 40 % de plus que leurs homologues provinciaux. Ce sont les contribuables qui font les frais de ces conditions de travail extrêmement généreuses. Par exemple, à Boucherville – municipalité de 42 000 âmes que j’habite depuis 1977 –, le directeur général de la Ville reçoit des émoluments et avantages sociaux qui frôlent, voire dépassent, les 200 000 $ – sans parler du régime de retraite doré qui l’attend quand il tirera sa révérence. Raisonnable pour ce que certains qualifieront de « ville dortoir »? La masse salariale des municipalités est très élevé. Viennent ensuite les projets de toutes sortes qui sont chers à nos élus. Toujours à Boucherville, c’est par millions que l’argent des contribuables se dépense sur des projets très accessoires dans le contexte actuel. Et, dans le cas de ma ville, ces projets sont souvent payés au comptant afin de museler les citoyens contestataires. Il faut savoir qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, les élus peuvent dépenser les surplus comme bon leur semble sans que les citoyens puissent s’y opposer. Est-ce normal dans un système qui se veut et se dit démocratique?

Pendant ce temps, le déficit d’entretien de nos infrastructures publiques se creuse d’année en année. Chez nous, le service du génie prône la réfection complète (conduites d’aqueduc et d’égout, fondation et chaussée) d’un minimum de cinq kilomètres de rues annuellement. Or, d’après les chiffres que j’ai obtenus de la direction du greffe de la Ville de Boucherville, sur une période de six ans (de 2009 à 2014 inclusivement), très exactement 14,678 kilomètres ont été refaits. Ce déficit de 15,322 kilomètres s’ajoute à celui d’environ 40 kilomètres qui existait au début de 2009. Quand on sait combien coûte la réfection complète d’un mètre linéaire de rue, c’est une facture totalisant des dizaines de millions de dollars qui se monte sous nos pieds. Et le cas de Boucherville est loin d’être un cas d’espèce; l’ensemble des municipalités du Québec accusent un déficit à ce chapitre.

Vient ensuite la situation de l’agglomération de Longueuil. En 2016, ce monstre bureaucratique « fêtera » ses dix années d’existence. Cette structure qu’est l’agglomération coûte de plus en plus cher aux contribuables qui la financent. Pour 2015, son budget s’établit à 334,5 M$, en hausse de 1,9 % par rapport à 2014. Cette nouvelle hausse s’ajoute à des hausses annuelles souvent supérieures à l’inflation depuis 2006. Pour Boucherville, cela se traduit par une quote-part de 47,5 M$, en hausse de 2,9 % par rapport à 2014.

Jeudi dernier, trois des quatre maires des villes liées à Longueuil (Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert) ont fait une sortie publique pour dénoncer le manque de transparence dont ils se jugent victimes. Ces trois maires, dont Martin Murray de Saint-Bruno qui est comptable de formation, avancent que le partage des dépenses mixtes entre la ville centre (Longueuil) et les villes liées serait illégal et aurait coûté aux contribuables de ces dernières 40 M$ en sept ans. Si je reviens à l’exemple de Boucherville, alors que nous ne représentons qu’environ 10 % de la population de l’agglomération, la quote-part que nous devons verser annuellement aux coffres de l’agglo a souvent dépassé les 15 %. C’est ça, l’équité en matière de fiscalité municipale?

Étonnamment, le maire de Boucherville, Jean Martel, a décidé d’aller à l’encontre de ses trois homologues et a plutôt permis l’adoption du budget 2015 de l’agglomération. Pour justifier sa décision de se ranger une fois de plus derrière Longueuil, il invoque que l’agglomération fonctionne et permet de belles réalisations, comme les Jeux du Québec. Oui, elle fonctionne, mais à quel prix? En prenant le parti de la mairesse St-Hilaire, j’en conclus donc que Jean Martel ne reconnaît pas l’iniquité dont ses concitoyens sont victimes et juge parfaitement normal que les contribuables de Boucherville essuient des hausses de leur fardeau fiscal imputables au fonctionnement de l’agglomération de Longueuil qui sont plus souvent qu’autrement supérieures à l’inflation. Je trouve cela bien désolant venant d’un maire qui dit prôner une « taxation limitée et responsable » depuis qu’il est en poste. Quant on sait que la quote-part représente annuellement environ 45 % du montant (après impôt) que les contribuables doivent payer en taxes municipales à la Ville, on est en droit de s’attendre à ce que le maire prenne le parti des citoyens dont il est censé défendre les intérêts plutôt que celui d’une mairesse somme toute assez dépensière.

Alors, entre le ministre Pierre Moreau et la mairesse St-Hilaire, qui croire? Certes, Mme St-Hilaire a parfaitement raison lorsqu’elle déclare que les élus municipaux ont la légitimité démocratique de gérer leur ville et que c’est aux citoyens qu’ils représentent de juger de leur rendement. Par contre, M. Moreau a tout autant raison d’affirmer que les municipalités disposent d’une évaluation foncière qui augmente, qu’elles dégagent des surplus (parfois énormes) et que la croissance de leurs dépenses augmente – tout comme leur assiette fiscale. Pour le contribuable, ce débat aboutit plus souvent qu’autrement au même résultat : un compte de taxes qui ne cesse d’augmenter et qui représente un fardeau de plus en plus lourd.

Une chose demeure certaine. Comme ce fut le cas avec les commissions scolaires en 2013 sous le gouvernement Marois, peu importe qui remporte ce bras de fer politique entre Québec et les municipalités, c’est au contribuable municipal qu’on refilera une fois de plus la note. Et c’est pour cette raison qu’une refonte en profondeur du fonctionnement et des priorités de nos municipalités s’impose. Il est temps de faire le ménage et d’arrêter de pelleter dans la cour des contribuables.

Sébastien St-François

J’aimerais bien vous croire, mais…

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« Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les citoyens. Il sera fait par le gouvernement dans son périmètre de dépenses. » M. Couillard, j’aimerais bien vous croire, mais vous n’êtes pas crédible. Comment puis-je croire quelqu’un qui s’était engagé formellement en campagne électorale à ne pas hausser les tarifs de garderie plus que l’inflation, après avoir décrié la hausse à 9 $ prévue par le PQ, pour ensuite annoncer que ces tarifs seront dorénavant modulés jusqu’à hauteur de 20 $ par jour? Votre promesse pouvait bien ne pas tenir la route, mais vous avez néanmoins choisi de la faire. Qu’on se dise les vraies choses. Vous avez remporté votre pari électoral en bon libéral, c’est-à-dire en dupant l’électorat – comme votre prédécesseur libéral, Jean Charest, a réussi à faire à plus d’une reprise pendant son règne. « Ensemble on s’occupe des vraies affaires » était votre slogan électoral. Pourquoi alors n’avez-vous pas choisi la voie de la franchise au lieu de raconter n’importe quoi pendant les élections du printemps dernier? Parce que c’est ainsi qu’on gagne des élections, me direz-vous probablement…

À l’instar de plusieurs de mes concitoyens qui en ont marre de financer contre leur gré cet État tentaculaire qu’est le nôtre, je reconnais d’emblée que le gouvernement du Québec doit faire le ménage, mais il doit aussi le faire dans ses propres rangs, dans ses propres structures, dans ses propres programmes. Tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant, c’est pelleter dans la cour des contribuables, des contribuables qui figurent déjà parmi les plus lourdement imposés et taxés de toutes parts sur le continent. C’est ainsi que vous comptez stimuler notre économie qui tourne au ralenti, en étouffant encore un peu plus cette classe moyenne dont vous prétendez défendre les intérêts?

En véritable vautour, vous vous êtes vite accaparé toute la marge de manœuvre récemment accordée aux familles canadiennes par le Plan d’action économique du gouvernement fédéral. Lorsque j’entends la publicité du gouvernement fédéral vantant que les familles auront dorénavant plus d’argent dans leurs poches, je ne peux m’empêcher de penser « Sauf au Québec… ». Vous avez même l’odieux d’aller gruger dans l’une des très rares baisses de tarifs dont les Québécois devaient bénéficier dès 2016 en haussant la taxe sur l’assurance-automobile alors que la SAAQ a récemment annoncé une baisse de la prime d’assurance-automobile attribuable à l’amélioration considérable du bilan routier au cours des dernières années…

Pendant ce temps, les abus de fonds publics se perpétuent. Juste au cours de la dernière semaine, nous avons appris que la subvention pour le transport d’élèves coûterait 1 M$ en trop et que d’anciens hauts dirigeants de l’Université Laval ont droit à un traitement très généreux bien après qu’ils sont retournés enseigner dans les salles de classe. D’ailleurs, est-il normal qu’un recteur d’université gagne considérablement plus que le premier ministre du Québec pour administrer une université? Ce ne sont que deux petits exemples, M. Couillard, dans une mer de dépenses abusives dont les contribuables font encore les frais alors que vous osez alourdir le fardeau fiscal de familles québécoises qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois. En cette fin de session parlementaire, la Coalition avenir Québec chiffre à 1300 $ par année le fardeau de vos mesures d’austérité. François Legault avait raison : mal de bloc pour les Québécois depuis l’élection d’un gouvernement libéral…

Je sais que vous refusez de parler d’austérité, M. Couillard, mais lorsque vous choisissez de piger dans les poches des contribuables pour assainir votre situation budgétaire, vous faites preuve d’austérité, car vos actions se soldent par moins de revenu disponible pour le commun des mortels. Vous qui avez promis de faire les choses différemment, vous faites exactement comme celle et ceux qui vous ont précédé.

Aussi, que dire de certains des ministres que vous avez nommés au début de votre mandat? Je pense d’emblée à votre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui ne connaît visiblement rien du ministère important qu’il est censé diriger. Un ministère aussi important que celui de l’Éducation (deuxième poste budgétaire en importance après celui de la Santé) ne devrait pas être un prix de consolation pour remercier un fidèle lieutenant d’avoir accepté de céder sa place à l’opportuniste Gaétan Barrette. Que vous l’avez nommé à ce poste en premier lieu était surprenant; qu’il soit toujours en poste est carrément scandaleux et met en question votre jugement politique. Notre système d’éducation et nos enfants ne méritent-ils pas mieux que M. Bolduc, un homme qui n’a visiblement pas les compétences nécessaires pour être ministre de l’Éducation?

Vous avez beau former un gouvernement majoritaire confortablement aux commandes pour encore plusieurs années, vous perdez rapidement des plumes et de la crédibilité aux yeux de bien des Québécois. Vous-même avez profité du système lorsque vous avez touché votre prime de départ en quittant votre poste de ministre de la Santé alors qu’un emploi bien rémunéré – que vous avez négocié « pendant les heures de bureau – vous attendait dans le privé. Même constat dans le cas de votre fidèle compagnon d’armes, Jean-Marc Fournier, lorsqu’il a quitté en plein mandat pour aller travailler pour SNC Lavalin. Que dire du Dr Bolduc et de sa prime de 215 000 $ comme médecin dans l’opposition… Oui, tout cela était et demeure légal en vertu des lois votées par les parlementaires (souvent pour les parlementaires), mais qu’en est-il de la moralité de telles primes à la lumière des circonstances dans chaque cas et de ce vous imposez maintenant aux Québécois? Deux poids deux mesures, encore une fois…

Ensuite, vous vous attendez à ce que le bon peuple vous regarde aller sans broncher, sans se sentir floué et sans tomber dans le piège d’un cynisme rampant, qui agit tel un cancer sur la crédibilité de nos institutions publiques et de leurs acteurs politiques? Faites amende honorable, prêchez par l’exemple, faites le ménage dans vos propres rangs et peut-être que je serai en mesure de vous croire lorsque vous affirmez que tout ce que vous faites depuis votre entrée en fonctions a pour but de redresser les finances publiques de façon durable pour le mieux-être de mes enfants (et de mes petits-enfants, si j’ai le bonheur d’en avoir un jour). Jusqu’à maintenant, vous échouez le test de la crédibilité…

Sébastien St-François

La méthode Bolduc

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Lorsqu’il était ministre de la Santé dans le gouvernement Charest, Yves Bolduc s’était inspiré de la « méthode Toyota » et avait promis rien de moins qu’une révolution dans le réseau de la santé. Force est de constater son échec, car il n’a pas révolutionné grand-chose le temps qu’il a dirigé un des plus gros et importants ministères de la province (pas plus que son prédécesseur, Philippe Couillard, d’ailleurs). Maintenant à l’Éducation, M. Bolduc s’improvise pédagogue et prône une réduction des achats de livres par les commissions scolaires dans le cadre d’un effort de réduction des dépenses. Avons-nous droit maintenant à la méthode Bolduc en éducation?

J’ai failli m’étouffer sur ma gorgée de café vendredi matin dernier en prenant connaissance de l’actualité du jour. Selon l’actuel ministre de l’Éducation, les écoles ont assez de livres et il ne voit aucun problème à ce que les commissions scolaires coupent dans les achats de nouveaux livres pour leurs bibliothèques afin de réduire leurs dépenses. Pardon?

Ce même Yves Bolduc affirmait, en juin dernier, qu’il s’attendait à des hausses « limitées et raisonnables » des comptes de taxes scolaires, les commissions scolaires étant privées de péréquation et les valeurs foncières étant à nouveau à la hausse. C’est bien parti… Sur la Rive-Sud de Montréal, la Commission scolaire Marie-Victorin vient d’annoncer une hausse de 9 % (soit quatre fois supérieure à l’inflation) et, malgré cette hausse, elle projette un déficit de 5 M$ au terme du prochain exercice. Rappelons-nous que les hausses qui nous seront imposées cette année s’ajoutent à celles – souvent salées – que les contribuables scolaires ont dû encaisser l’an dernier, après que le gouvernement Marois avait imposé d’importantes compressions au réseau des commissions scolaires et abrogé le régime de péréquation mis en place par les libéraux de Jean Charest. S’en était suivi un genre de vaudeville où les péquistes à l’Assemblée nationale se disaient outrés que les commissions scolaires refilent la facture aux contribuables au lieu de faire le ménage au sein de leur réseau. Là aussi, j’avais failli m’étouffer sur ma gorgée de café. De véritables comédiens, nos politiciens!

Revenons à notre cher ministre de l’Éducation… Il faut lui donner ceci : il a le don de faire parler de lui. Après la saga des primes qu’il avait touchées comme médecin alors qu’il siégeait dans l’opposition – saga ayant défrayé la chronique pendant la majeure partie de l’été tellement l’attitude désinvolte du ministre devant l’inacceptable avait choqué l’opposition et une bonne tranche de la population –, le voilà maintenant à faire une autre démonstration éloquente de son incompétence à s’occuper du portefeuille auquel son chef l’a nommé en mai dernier.

L’éducation figure parmi les quelques missions prioritaires dans lesquelles doit investir notre État, un État qui a la fâcheuse habitude de s’ingérer dans tout ce qui bouge. Un peuple peu ou mal scolarisé ne peut être concurrentiel dans l’économie mondiale moderne axée en bonne mesure sur le savoir. Étonnant que Bolduc, un médecin, ne semble pas le reconnaître. Dans la vie, la lecture est une compétence fondamentale et il est essentiel de développer le goût de la lecture chez les enfants dès le plus jeune âge possible. N’importe quel expert en pédagogie vous le dira. Allant à contresens, M. Bolduc affirme qu’il y a suffisamment de livres dans les écoles…

« Quelque part, lorsqu’il y a une restriction budgétaire, il y a des gens qui vont faire moins d’argent. » Cette déclaration d’Yves Bolduc, tirée de l’article du Devoir de vendredi dernier, résume bien le personnage. Venant d’un type qui s’est placé au centre d’une controverse majeure après que les médias eurent découvert qu’il avait encaissé une prime de 215 000 $ pendant qu’il était député dans l’opposition pour prendre en charge une liste de 1 500 patients, c’est franchement honteux…

Le problème du réseau scolaire est le même qui afflige le réseau de la santé depuis de trop nombreuses années : trop de bureaucratie, trop de cadres, trop de paperasse, trop de structures, trop de niveaux d’intervention, trop de politique. Le problème ne réside aucunement en le nombre de livres sur les tablettes des bibliothèques de la province. La mission première du réseau de l’éducation est d’éduquer et de développer chez les jeunes les compétences essentielles dont ils auront besoin pour contribuer activement à la société une fois rendus à l’âge adulte. La lecture s’inscrit dans ces compétences essentielles.

Comme contribuable franchement écœuré de voir son fardeau fiscal s’alourdir continuellement et père d’un enfant de 6 ans qui commence sa première année, je suis indigné de cette dernière déclaration du ministre censé veiller à la qualité de l’éducation offerte aux jeunes Québécois et elle me donne une raison de plus de réitérer qu’il doit quitter le conseil des ministres sans plus tarder. Yves Bolduc n’a pas la vision nécessaire pour diriger ce ministère névralgique de l’État québécois.

Bien franchement, je ne sais pas quel genre de deal peut bien exister entre Philippe Couillard et Yves Bolduc, mais la nomination et le maintien en poste de ce dernier témoignent d’un grave manque de jugement de la part du premier ministre du Québec. Entre la complaisance démontrée par des policiers n’ont pas fait leur job lors de la manifestation des gros bras à l’hôtel de ville de Montréal lundi soir dernier, Yves Francoeur (président de la Fraternité des policiers de Montréal) qui menace à son tour les Québécois de « perturbations sociales » et cette plus récente frasque d’Yves Bolduc, les Québécois n’ont pas manqué de quoi s’indigner au cours de la dernière semaine. Mais une chose demeure certaine : un ministre de l’Éducation doit faire la promotion du développement du savoir. Yves Bolduc aurait pu suggérer aux cadres des commissions scolaires de plutôt couper dans leurs nombreux congrès, colloques et voyages de toutes sortes, car les services directs aux élèves font déjà cruellement défaut dans plus d’une école.

Au cours des dernières semaines, plusieurs personnes se sont portées à la défense d’Yves Bolduc vantant ses qualités comme médecin. Ce n’est pas ce dont il est question ici : dans l’arène politique, M. Bolduc manque de compétences comme ministre et de jugement comme élu. Le Québec et les jeunes Québécois méritent mieux. Qu’il retourne à la médecine, où sa contribution sera plus utile à notre société.

Sébastien St-François

Montrer l’exemple…

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J’ai l’impression qu’il ne se passe pas une semaine sans que la classe politique nous montre ce dont elle est capable en matière d’abus… Dans ce texte, je fais référence particulièrement à ce qu’on pourrait appeler l’« affaire Bolduc ».

En effet, on a appris récemment qu’Yves Bolduc, ancien ministre de la Santé sous Jean Charest et actuel ministre de l’Éducation sous Philippe Couillard, a empoché une généreuse « prime » de 215 000 $ pour prendre en charge une liste de patients, le temps qu’il était dans l’opposition. À peine 19 mois plus tard, il a dû laisser tomber ces patients : « […] Le premier ministre m’a demandé d’occuper les fonctions de ministre de l’Éducation et malheureusement je ne peux continuer la pratique médicale. » Pauvre M. Bolduc…

La nouvelle était sortie en octobre 2012 : un mois après la défaite de son parti, le Dr Bolduc retournait à la pratique de la médecine à temps partiel, affirmait-il. À Ottawa, on critique les sénateurs qui vaquent à d’autres occupations professionnelles tout en empochant un salaire annuel de près de 140 000 $. La même critique peut s’adresser aux membres de l’Assemblée nationale – et à tout élu – tant qu’à moi. Lorsqu’on choisit de se porter candidat à une élection et qu’on est élu, on ne devrait pas avoir le droit de piger dans plusieurs pots d’argent public. Dans la vie, il faut faire des choix…

Or Yves Bolduc s’est trouvé à tirer profit d’un programme qui est sa propre création (pendant ses années comme ministre de la Santé, soit de 2008 à 2012). De citer Réjean Hébert, ministre de la Santé dans le gouvernement minoritaire de Pauline Marois : « Il a profité d’une brèche qu’il connaissait bien dans le système. Je ne comprends pas comment, en travaillant à temps partiel, on peut inscrire 1 500 patients par année. […] »

Comme on pouvait s’y attendre, les bons docteurs Couillard et Barrette se sont portés à la défense de leur confrère… Les actuels premier ministre et ministre de la Santé ont affirmé qu’il n’y avait rien d’illégal dans ce qu’avait fait Yves Bolduc, qu’il avait suivi les règles en place. Il va sans dire que Bolduc n’a rien fait d’illégal : il a simplement profité d’un programme qu’il avait lui-même fait adopter lorsqu’il était ministre de la Santé. Mais est-ce moralement acceptable de piger dans autant de pots d’argent public et de persister à défendre l’indéfendable dans un contexte d’austérité imposé aux autres par les mêmes acteurs politiques?

Le dictionnaire Larousse propose la définition suivante du mot prime : « Somme d’argent ou don accordés à titre de récompense ou d’encouragement ». Pendant son séjour dans l’opposition, M. Bolduc a touché son salaire de député et un salaire de médecin. Était-il réellement nécessaire de lui verser une prime variant de 100 $ à 200 $ par patient pris en charge pour l’« encourager » à pratiquer une activité professionnelle qu’il avoue lui-même aimer pratiquer? Quel sens devons-nous donner à « prime » dans un tel contexte? S’agirait-il d’un néologisme?

Encore une fois, les Québécois ayant voulu du changement en votant pour le PLQ le printemps dernier seront fort probablement déçus lorsque viendra le moment de dresser le bilan du premier mandat du gouvernement Couillard. Jusqu’à maintenant, c’est pas mal le maintien du statu quo; les abus sur le dos des contribuables se perpétuent. Philippe Couillard peut bien préférer parler en termes de vérité et de réalité que d’austérité, il peut difficilement déroger à une prémisse fondamentale sans perdre des plumes sur le plan de la crédibilité : avant d’en demander encore plus aux Québécois, il doit mettre fin à de tels abus au lieu de les cautionner. Malheureusement, encore une fois, M. Couillard a préféré défendre un de ses partisans que défendre l’intérêt supérieur des Québécois. Pourtant, l’époque où on pouvait avoir le beurre et l’argent du beurre est révolue, si l’on se fie aux signaux lancés par nul autre que le premier ministre Couillard depuis son entrée en fonctions. Encore une fois, on semble être devant une situation « deux poids, deux mesures » qui avantage un membre du gouvernement.

Si Yves Bolduc aime tant pratiquer la médecine, rien ne lui empêche de démissionner de ses fonctions ministérielles et parlementaires et de reprendre sa pratique. Ce n’est pas comme s’il passera à l’histoire pour avoir été un grand ministre et parlementaire de toute façon… Quant au gouvernement, ses membres auraient intérêt à montrer l’exemple s’ils veulent avoir un tant soit peu de crédibilité au moment où ils laisseront tomber le couperet.

Comme électeur et contribuable, je ne demande rien de mieux qu’un gouvernement crédible qui prêche par l’exemple pour atténuer le cynisme qui m’habite depuis trop longtemps. Je ne peux pas me dire déçu de ce qui se passe, car je n’ai pas cru pour un instant que les choses changeraient sous Philippe Couillard. Mais il existe une expression en anglais dont ce dernier devrait s’inspirer : walk the talk!

Quant à Yves Bolduc, dont la crédibilité a été écorchée à plus d’une reprise depuis sa récente accession au conseil des ministres, invitons-le à repenser son refus de rembourser un traître sou de la généreuse prime qu’il a touchée. Mais soyons réalistes : son patron cautionne le tout, alors…

Sébastien St-François

L’art de lancer des ballons…

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À peine élue pour former un gouvernement majoritaire (et donc « régner » sur le Québec jusqu’en octobre 2018 au moins), l’équipe de Philippe Couillard est déjà passée maître dans l’art de lancer des ballons – ce à quoi les libéraux nous avaient habitués pendant les années de l’ère Charest.

Le nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao, déposera le budget de la province pour l’exercice 2014-2015 le mercredi 4 juin prochain. Dès les premiers jours suivant l’élection, le gouvernement Couillard a mis la table : il cherchait à trouver 3,7 G$ dès cette année et promettait le retour à l’équilibre budgétaire dès 2015-2016. On le sait, le Québec est cassé comme un clou. Celles et ceux qui suivent l’évolution de la conjoncture depuis des années n’ont pas tombé de leur chaise en entendant le nouveau premier ministre invoquer l’urgence d’agir pour assainir les finances publiques de la neuvième province la plus pauvre au pays.

Mais un problème de taille perdure. Dans sa chronique du mercredi 28 mai, simplement intitulé « Le mur », Alain Dubuc de La Presse met le doigt sur le bobo, comme on dit : « Il suffit de donner l’impression qu’on va toucher au modèle québécois pour provoquer une levée de boucliers. » C’est bien vrai… Toutes les grandes centrales syndicales ont déjà commencé à se faire entendre et leurs présidents ont rencontré le premier ministre il y a quelques semaines. Aujourd’hui, après de grands discours sur la « rigueur budgétaire » (Philippe Couillard n’aime pas parler d’austérité), le gouvernement ne cesse de lancer des ballons, invoquant de possibles ou probables hausses ici et là. Pour une nième fois, on semble vouloir prendre la voie facile de puiser dans les poches des contribuables pour colmater des brèches ici et là. Venant d’un parti qui voulait s’occuper des vraies affaires en campagne électorale, ce serait à la fois décourageant et inacceptable…

Prenons l’exemple de trois importants portefeuilles du gouvernement et des ministres nommés pour les piloter.

1. Éducation (Yves Bolduc) : L’homme que je surnomme « La Cassette ». Il ne m’a pas impressionné comme ministre de la Santé de Jean Charest; il ne m’impressionne guère plus comme ministre de l’Éducation de Philippe Couillard. Il maîtrise à merveille la langue de bois, l’art d’utiliser du verbiage pour n’absolument rien dire. À peine arrivé en poste, le voilà à nous préparer à une nouvelle hausse des taxes scolaires pour 2014-2015. Mercredi dernier, M. Bolduc a été interviewé par Paul Arcand. Écoutez l’entrevue et jugez par vous-même : http://www.985fm.ca/lecteur/audio/yves-bolduc-ministre-de-l-education-du-loisir-et-225883.mp3. Une vraie cassette…

2. Santé (Gaétan Barrette) : On le sait, notre système de santé est sclérosé : trop de bureaucrates, pas assez de services directs aux patients, délais indécents et parfois même médicalement inacceptables. Déjà, la santé accapare 43 % du budget du Québec et les coûts en santé sont appelés à augmenter de 5,2 % annuellement alors que – selon les prévisions – la croissance économique moyenne se chiffrera à 1,6 % par an au cours des 20 prochaines années. La nouvelle présidente de la FMSQ qualifie de théâtre les techniques de négociation du nouveau ministre de la Santé. Elle ne semble aucunement prendre au sérieux celui qu’elle qualifie de « personnage », celui même qui avait obtenu du gouvernement les généreuses augmentations pour les médecins spécialistes qui posent aujourd’hui un problème budgétaire. Ça tient presque du vaudeville alors que la cabane brûle!

3. Finances (Carlos Leitao) : Après avoir avancé en avril que certains programmes sociaux pourraient être éliminés, M. Leitao – pourtant classé deuxième parmi les meilleurs économistes au monde par Bloomberg News – ne trouve rien de mieux à nous annoncer à quelques jours du dépôt de son premier budget qu’un trou de 3,1 G$ pour 2014-2015. C’est ça, le mieux que peut faire le trio économique d’enfer de Philippe Couillard?

On nous répète qu’il faut donner la chance au coureur. Le nouveau gouvernement déposera son premier budget dans quelques jours. Cependant, depuis plus d’une semaine, ce gouvernement lance beaucoup de ballons et ça n’augure rien de bon pour les contribuables que nous sommes. On ne cesse de nous lancer l’idée de hausser tels droits, telles contributions ou telles taxes. Jamais on ne prend l’engagement ferme de revenir sur des hausses exagérées du passé récent (Hydro-Québec, commissions scolaires, etc.) ou de procéder sans plus tarder à un véritable dégraissage de l’appareil étatique. On préfère tout pelleter dans la cour des contribuables sans jamais s’attaquer aux véritables problèmes. Mais l’heure est grave, car le contribuable manque d’air et étouffe sous un fardeau qui ne cesse de s’alourdir d’année en année, de budget en budget… Il ne peut en faire plus!

La vraie solution à nos problèmes consiste à faire preuve d’une grande dose de courage politique et d’oser « toucher au modèle québécois » pour le réformer en profondeur, voire de fond en comble. Ce modèle est le fruit d’une époque révolue. Le Québec dépense trop et ses structures sont trop imposantes et tentaculaires. Collectivement, nous vivons carrément au-dessus de nos moyens! Notre gouvernement doit en prendre acte et être prêt à agir – quitte à ce que ça fasse mal et que ça nuise à ses chances de réélection dans quelques années. Je suis de moins en moins convaincu que le gouvernement Couillard fera ce que le gouvernement Charest n’a pas eu le courage de faire en neuf ans… Monsieur le Premier ministre, cessez de lancer des ballons et agissez!

Sébastien St-François