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Nous sommes encore loin de la politique 2.0!

Politique 2.0
Depuis quelque temps, un vent de panique semble souffler dans les rangs péquistes. Les sondages indiquent une baisse de popularité du PQ depuis qu’une nouvelle menace référendaire plane sur le Québec, et la campagne de Pauline Marois manque de plus en plus de structure et de cohérence. Voilà maintenant qu’elle demande à Philippe Couillard de s’excuser pour les années Charest. Mme Marois joue dorénavant une de ses dernières cartes, celle de l’intégrité, et attaque son adversaire libéral sur ce point, alors que c’est elle qui a déclenché ces élections, notamment – pourrait-on raisonnablement penser – pour ne pas avoir à témoigner en commission parlementaire sur le prétendu « deal » avec la FTQ avant que les Québécois ne se rendent aux urnes. C’est vraiment rendu n’importe quoi du côté des péquistes.

Cette campagne se déroule donc sur traditionnel fond d’intégrité et de référendum. Après la sortie de Linda Goupil vendredi dernier, affirmant qu’elle ne voulait pas d’un référendum et qu’elle ne se serait pas présentée candidate si elle l’avait su, voilà maintenant à la députée sortante de Champlain, Noëlla Champagne, de faire une sortie publique. Ce faisant, Mme Champagne a néanmoins précisé ce que sa chef entend par ceci : « Il n’y aura pas de référendum… [quelques secondes de silence] tant que les Québécois ne sont pas prêts. » De répondre Mme Champagne : « Elle [Mme Marois] n’a jamais dit qu’elle ne le ferait pas… mais ce n’est pas son premier choix. On n’a pas le goût de se lancer là-dedans pour perdre. »

Le 29 mars 2014 marque le 65e anniversaire de naissance de Pauline Marois. Elle a beaucoup plus d’années de vie politique derrière elle qu’elle n’en a devant elle. Celle qui est devenue la première femme dans l’histoire du Québec à occuper sa fonction milite pour la souveraineté depuis des décennies. Si elle réussit à décrocher une majorité (ce qui semblerait de moins en moins probable, mais non impossible), il est clair dans mon esprit qu’elle fera tout ce qu’elle peut pour « préparer » les Québécois à un nouveau rendez-vous référendaire avant la fin de son mandat. Elle sait fort bien que le temps avance, et je suis convaincu qu’elle veut être celle qui réussira là où deux de ses prédécesseurs ont échoué.

Les Québécois qui n’en veulent pas d’un troisième référendum (64 % selon un récent sondage CROP) ont donc de bonnes raisons de « paniquer » si Pauline Marois réussit son pari risqué de décrocher un mandat majoritaire le 7 avril prochain. Elle maintient sa réponse floue pour ne pas s’aliéner les purs et durs ainsi que les pressés de son parti; si elle devait diriger un gouvernement majoritaire, ce seraient ces mêmes personnes qui exerceraient toutes les pressions possibles pour faire plier la première ministre et engager le Québec sur cette voie. Et l’Histoire nous enseigne que le chef du PQ est assis sur un siège éjectable si les purs et durs décident qu’il a fait son temps…

Par ailleurs, le « Bonhomme Sept Heures » référendaire, soit l’actuel chef du PLQ qui promettait un renouveau de son parti, affirme que le Québec aurait les moyens de devenir un pays. Il vient de perdre toute chance d’obtenir mon vote, car il démontre clairement que le PLQ n’a pas évolué d’un iota depuis avoir perdu le pouvoir au terme de neuf ans de règne. Philippe Couillard ne fait que jouer la même cassette que les chefs du PLQ se lèguent depuis des décennies. La dernière fois que j’ai voté pour un vieux parti, ce fut pour le PLQ en 2003. En 2014, comme en 2012, mon vote ira à la Coalition Avenir Québec. Non, la CAQ est loin d’être une option parfaite, mais ça vaut mieux à mes yeux que la « bouillis pour les chats » que nous servent les vieux partis depuis des décennies sans jamais régler les nombreux problèmes qui plombent le Québec depuis trop longtemps.

En 2014, c’est notre seule option pour tenter d’amorcer une « ère 2.0 » dont la politique québécoise aurait bien besoin. Nous devons nous sortir du marasme collectif dans lequel nous maintiennent péquistes et libéraux ex aequo!

Pour conclure, voici les propos (traduits) du chroniqueur Michael Den Tandt du National Post : Ce serait une sublime ironie si Pauline Marois – après avoir plongé le Québec en élections par opportunisme crasse, renié l’histoire de son parti en matière d’inclusion culturelle et recruté le célèbre milliardaire intraitable Pierre Karl Péladeau pour donner à son plan [économique] du muscle et de la crédibilité auprès de l’électeur moyen – devait perdre son pari. Il s’agirait d’un discrédit irréfutable de la croyance selon laquelle celui ou celle qui mène dans les sondages à l’aube d’une campagne électorale remportera à coup sûr son pari. Quand on joue avec le feu, il arrive qu’on se brûle…

Sébastien St-François