Archives du mot-clé Marois

Sessionem horribilis!

parti-liberal-du-quebecSource : Le Devoir

Bernard Landry, qui aimait s’adresser parfois au peuple en latin à l’époque où il occupait le poste de premier ministre du Québec, utiliserait peut-être ces mots pour qualifier les derniers mois sur la scène politique québécoise, marqués notamment par le départ soudain de Pierre Karl Péladeau, l’homme que M. Landry voyait comme celui qui donnerait enfin aux Québécois leur pays… Lire la suite

Renoncera-t-il au reçu d’impôt?

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Ça ne doit pas aller très bien au sein du caucus du Parti libéral du Québec depuis quelque temps. Voilà qu’un quatrième député libéral démissionne en l’espace de 17 mois. En effet, mardi, le député de Beauce-Sud, Robert Dutil, élu pour la première fois en 1985 et député pendant 16 ans, a annoncé qu’il quittait la vie politique pour aller travailler dans le privé (pour Canam-ponts, entreprise dirigée par son fils). Ce faisant, il provoque la tenue d’une autre élection partielle à un coût de 500 000 $ à 600 000 $ pour les contribuables québécois – en pleine période dite d’austérité où nul autre que le premier ministre, Philippe Couillard, avoue enfin que ses compressions affectent les services à la population. Il était temps qu’il reconnaisse les impacts des mesures que son gouvernement impose partout depuis maintenant des mois.

Depuis la dernière élection générale, quatre députés libéraux ont quitté leurs fonctions et décidé, souvent odieusement, de toucher leur « prime de départ » : Yves Bolduc (à force de se mettre le pied dans la bouche et de démontrer son incompétence), Gilles Ouimet et Marguerite Blais (frustrés de ne pas être ministres) et maintenant Robert Dutil. Dans le cas de M. Dutil, il s’est engagé à faire don de sa prime de départ de 150 000 $ [!!!] à l’organisme sans but lucratif la Maison Catherine de Longpré, qui dispense des soins palliatifs dans la région Beauce-Etchemins. Un geste noble par rapport aux autres démissionnaires libéraux, mais renoncera-t-il au reçu d’impôt auquel ce don lui donnera droit pour autant?

La situation actuelle devient de plus en plus intenable pour Philippe Couillard, qui déchire sa chemise sur la place publique après chaque démission, mais semble tout faire pour maintenir le statu quo. Rappelons-nous que, dans la foulée de la démission d’Yves Bolduc, il a imploré son ministre démissionnaire [incompétent] de renoncer à sa prime. Ensuite, silence radio jusqu’aux prochaines démissions. Idem suivant la démission de M. Ouimet et de Mme Blais. Toujours rien… Pourtant, le Parti Québécois (dont la démissionnaire Élaine Zakaïb a renoncé à sa prime et le démissionnaire Marjolain Dufour a choisi de consulter le commissaire à l’éthique avant d’accepter la sienne), la Coalition Avenir Québec (dont les deux démissionnaires – Christian Dubé et Gérard Deltell – ont renoncé à leur prime) et Québec Solidaire sont prêts à adopter une loi interdisant le versement d’indemnités de transition aux députés qui démissionnent en cours de mandat autrement que pour des raisons de santé ou de famille jugés valables par le commissaire à l’éthique. Un projet de loi est pourtant prêt : Bernard Drainville s’en était chargé lorsqu’il était ministre des Institutions québécoises. Qui en a alors bloqué l’adoption sous le gouvernement Marois minoritaire? Le PLQ de Philippe Couillard…

M. Couillard, le bon peuple en a marre de vos tergiversations dans ce dossier. Par ailleurs, vous êtes bien mal placé ici, ayant vous-même touché votre prime au moment de quitter la vie politique en 2008 après vous être négocié un job lucratif dans le secteur privé alors que vous étiez ministre de la Santé. Vous prenez vraiment les Québécois pour des valises à ce point? Il est grand-temps d’agir. Vous avez perdu assez de temps à cet égard depuis votre élection!

« Le premier ministre Philippe Couillard se dit prêt à déposer un projet de loi pour éliminer les allocations de transition pour les élus démissionnaires. Toutefois, ce texte devra également traiter des autres dispositions contenues dans le rapport indépendant de l’ex-juge Claire L’Heureux-Dubé, qui propose également des hausses de salaires pour les députés. » Monsieur Couillard, vous manquez de dignité pour être premier ministre et vous riez de ceux que vous appauvrissez depuis votre entrée en fonctions. Vous sabrez partout – sauf dans le sacro-saint rang de la classe politique, qui appauvrit le Québec. Bien difficile de respecter un premier ministre et le gouvernement qui dirige en pareilles circonstances. Je me demande même si Amir Khadir a raison de considérer que l’élection du gouvernement que vous dirigez doit être annulée. Bref, j’ai de plus en plus honte d’être Québécois. Le Québec sombre de plus en plus au fil des gouvernements libéraux et péquistes qui se succèdent depuis un demi-siècle et votre gouvernement suit pitoyablement dans la même veine!

Et si on faisait payer au parti du démissionnaire le coût de la tenue de l’élection partielle qu’il provoque? Après tout, quelqu’un qui démissionne en cours de mandat – qu’il a sollicité et que le peuple lui a accordé – pour des raisons opportunistes ou carriéristes ne devrait-il pas être tenu responsable des coûts que sa décision engendre? Le « simple travailleur » qui démissionne n’a même pas droit à l’assurance-emploi, à laquelle il cotise pourtant… Mais encore, jamais Philippe Couillard ne prendra une telle mesure. L’austérité, c’est pour les autres, c’est pour le bon peuple.

De toute évidence, il est là pour ses propres intérêts et non pour les intérêts des Québécois, qui ont été suffisamment nombreux à se laisser duper par ses promesses électorales pour lui permettre de régner en roi et maître sur la neuvième province la plus pauvre au pays jusqu’en 2018. Va-t-il falloir que les Québécois se révoltent comme les carrés rouges l’ont fait en 2012 pour que, enfin, leur gouvernement cesse d’abuser d’eux et se mettent à leur service? Dans l’immédiat, il faudrait minimalement que les électeurs qui seront appelés à voter dans une partielle prochainement envoient un message clair à nos bons libéraux et élisent un candidat autre que libéral pour les représenter jusqu’à la fin du mandat en cours!

Sébastien St-François

Hydro-Québec doit être remis au service des Québécois

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« La nationalisation de l’électricité est nécessaire, pour l’épanouissement des Canadiens français comme nation, pour le développement économique de la province; elle est une entreprise rentable à brève échéance… »
Ces paroles, ce sont ceux de feu René Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles dans le gouvernement de Jean Lesage. La nationalisation de l’électricité était son cheval de bataille. Il avait raison de vouloir nationaliser l’électricité; Hydro-Québec est devenue une fierté des Québécois et une société très, très rentable pour l’État québécois. Mais force est de constater que son étoile pâlit depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, c’en est une véritable vache à lait qui verse à son actionnaire (le gouvernement du Québec) des milliards de dollars annuellement. Hydro-Québec est sans l’ombre d’un doute la société d’État la plus rentable pour le gouvernement. Bien plus que Loto-Québec ou la SAQ. Cependant, il y a une différence fondamentale entre Hydro-Québec, d’une part, et Loto-Québec et la SAQ, d’autre part. Les billets de loterie et l’alcool ne sont pas des biens essentiels (nonobstant les problèmes de jeu compulsif et d’alcoolisme avec lesquels certains membres de la société sont aux prises). À ma connaissance, l’électricité est un bien essentiel. Il suffit d’une panne de courant pour s’en rendre rapidement compte… Sans électricité, notre société dite moderne cesse de fonctionner.

Mais Hydro-Québec répond à des commandes politiques. Pendant la campagne électorale de 2012, Jean Charest avait défendu Gentilly-2 bec et ongle, alors que les libéraux n’avaient aucune intention de garder la centrale nucléaire ouverte. Il voulait simplement ne pas se mettre à dos les électeurs de la région pendant la campagne électorale. Peu après son arrivée au pouvoir, le gouvernement Marois a sonné le glas de Gentilly-2. Par conséquent, une turbine payée 79 M$ par notre argent a été vendue à la ferraille pour un montant dérisoire de 75 000 $. Une perte nette de tout près de 79 M$ pour les Québécois… Au total, la décision des libéraux de maintenir la centrale nucléaire en vie à des fins politiques nous a coûté près de 1 milliard.

Il y a ensuite les investissements qu’Hydro-Québec fait dans l’énergie éolienne, qu’elle revend à perte. Encore une fois, c’est une commande politique, le premier ministre voulant faire belle figure en matière de création d’emplois dans les régions – sur le dos de tous ceux qui reçoivent une facture d’Hydro-Québec chaque mois… Les chefs de parti et de gouvernement instrumentalisent donc Hydro-Québec à des fins politiques et c’est nous – la clientèle prise en otage par ce monopole – qui en faisons les frais.

C’est un fait connu que les employés d’Hydro-Québec sont parmi les mieux traités au Québec sur les plans de la rémunération et des avantages sociaux. De plus, ils ont droit à un régime de retraite à prestations déterminées et leur rente de retraite sera pleinement indexée jusqu’à la fin de leurs jours. Dans le cas du PDG démissionnaire Thierry Vandal, son parachute doré est carrément scandaleux en cette supposée ère d’austérité. Qui paie pour tout cela? Encore une fois, les clients d’Hydro-Québec qui subissent depuis plusieurs années des hausses de tarifs supérieures à l’inflation.

Pour ajouter aux abus, le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, avançait récemment qu’Hydro-Québec continue de facturer des frais de relève de 23 $ par année à ses clients même si leur résidence est munie d’un compteur intelligent, ce qui représenterait un montant de 67 M$ par année pour les 2,9 millions de clients qui ont déjà un compteur intelligent. J’en suis de ce nombre.

Vient ensuite le taux d’intérêt que charge Hydro-Québec à ses clients en défaut de paiement : 14,4 %, soit 2,4 fois plus que le taux d’intérêt de 6 % chargé par Revenu Québec sur les créances d’impôts impayés. Un taux nettement exagéré alors que le taux directeur de la Banque du Canada s’établit à 0,75 % et qu’il est actuellement possible de souscrire une hypothèque sur cinq ans à un taux fixe de moins de 3 %… Pis encore, le ministre responsable d’Hydro-Québec, Pierre Arcand, a avoué ne pas être au courant de ce « problème ». Il a promis de « […] faire part à Hydro-Québec de ce dont me parle le député de Marie-Victorin et nous allons certainement corriger, s’il y a lieu, la situation. » C’est rassurant…

Dans ce même dossier, ce « grand » ministre a formulé un commentaire tellement insignifiant qu’il faut se demander s’il ne nous prend pas pour des valises ou encore s’il n’est tout simplement pas incompétent « à la Bolduc ». En bon libéral, il a sorti la carte PKP et affirmé que Vidéotron chargeait un taux d’intérêt plus élevé à ses clients défaillants qu’Hydro-Québec en plus de facturer l’utilisation du service à l’avance, ce que la société d’État ne fait pas. Euh… Monsieur le Ministre, c’est parce que : primo, Vidéotron est une entreprise privée; secundo, Vidéotron ne vend pas un service essentiel et ne tient pas sa clientèle en otage, contrairement à Hydro-Québec… Vraiment, comme commentaire insignifiant et méprisant à l’égard de la clientèle prisonnière de cette société d’État, c’est dur à battre…

Hydro-Québec ressemble de plus en plus à un monstre à dompter, un monstre d’une opacité déconcertante qui est en train d’appauvrir le Québécois moyen. Il est plus que temps que la société d’État soit tenue de rendre des comptes à l’ensemble de la population du Québec et non seulement à son actionnaire, le gouvernement du Québec. Quelqu’un quelque part semble avoir oublié que le gouvernement du Québec n’est pas le patron de la population québécoise. Cette dernière représente plutôt sa raison d’être…

Sébastien St-François

Médiocrité, vous dites?

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D’entrée de jeu, je n’appuie aucunement les propos loufoques du chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, propos repris par plusieurs candidats à la direction de ce parti, selon lesquels Philippe Couillard semble imprégné des valeurs saoudiennes après un séjour de travail dans ce pays – où règne la charia – dans les années 1990. C’était une basse attaque personnelle de la part de M. Bédard et des autres péquistes, alors que le PQ donne nettement l’impression d’un parti sans repères et sans arguments – malgré le « phénomène PKP ». Pierre Karl Péladeau est d’ailleurs un des seuls à ne s’être pas engagé sur cette pente glissante.

D’ailleurs, avec le concours des médias, le PQ et sa non-course à la chefferie commandent beaucoup plus de visibilité et de couverture que ce à quoi on pourrait s’attendre d’un parti politique ayant fait élire une trentaine de députés aux élections d’avril 2014 au terme d’une cuisante défaite.

Il faut dire que le « dossier de l’imprégnation » a vite pris un virage résolument ridicule. Bédard a imploré le premier ministre de ne pas importer le modèle saoudien au Québec, Alexandre Cloutier a accusé le premier ministre d’être devenu tolérant envers les violations des droits de la personne et Bernard Drainville a affirmé que Philippe Couillard avait des affaires non réglées avec le régime saoudien. Cloutier s’est d’ailleurs empressé de se rétracter dès le lendemain matin en entrevue avec l’animateur Paul Arcand du 98,5 FM. Une chance que le ridicule ne tue pas, car plusieurs parlementaires auraient rendu l’âme la semaine dernière sinon…

Cela étant dit, il y a quelque chose de gênant à entendre le ministre de la Santé, le bon Dr Gaétan Barrette, traiter les péquistes de faire preuve d’une « profonde médiocrité ». Le ministre – ex-caquiste devenu libéral – a déploré que les candidats [péquistes] s’étaient lancés dans une course à la chefferie pour éventuellement tenter de former un gouvernement alors qu’ils font tout pour diviser. Il y a un fond de vérité dans cela. Rappelons-nous que le projet de charte du gouvernement Marois avait semé une profonde division au sein de la population québécoise. Mais il en demeure que la médiocrité n’est pas l’apanage du PQ à l’Assemblée nationale du Québec.

Cependant, on ne peut pas dire que le gouvernement libéral dirigé par Philippe Couillard se hisse bien au-dessus de la médiocrité jusqu’à présent. Ce gouvernement compte plusieurs ministres qu’on pourrait qualifier de médiocres. Je pense d’emblée à Lise Thériault (gestion médiocre du dossier des évadés d’Orsainville), David Heurtel (gestion médiocre du dossier des bélugas), Francine Charbonneau (gestion médiocre du dossier du projet de loi 27 sur les « places fantômes » dans les garderies), sans oublier Yves Bolduc (gestion médiocre de pratiquement tous les dossiers qu’il pilote depuis son assermentation comme ministre de l’Éducation). Tous ces ministres médiocres demeurent en poste, le premier ministre ayant réitéré publiquement sa confiance à leur égard malgré leurs bourdes parfois répétées et assez monumentales.

Outre les éléments plutôt médiocres formant son conseil des ministres, Philippe Couillard n’excelle pas lorsqu’il est question du dossier identitaire. Que l’on ait été pour ou contre la charte proposée par le gouvernement Marois, et que l’on soit pour ou contre sa mouture 2.0 maintenant proposée par Bernard Drainville, il faut au moins reconnaître que les députés du PQ ont une vision à proposer aux Québécois en cette matière. Du côté du PLQ, niet. Patrick Lagacé de La Presse a d’ailleurs publié un excellent billet à ce sujet samedi dernier. Dans « PLQ, le parti avant la patrie (encore) », le chroniqueur affirme que « le PLQ ne fait qu’appliquer ces jours-ci la méthode Jean Charest : on essaie de gagner du temps et, bientôt, la tempête passera… » Ce n’est pas pour rien que j’ai déjà qualifié le gouvernement Couillard de gouvernement Charest 2.0 dans un billet antérieur.

En matière identitaire, M. Couillard et ses troupes demeurent très mollasses. Le PLQ ne veut pas s’aliéner sa base électorale dans les communautés culturelles. Il n’en demeure pas moins que la réponse que le premier ministre a servi aux partis d’opposition et à l’ensemble des Québécois depuis Davos laisse à désirer. Les Québécois réclament une prise de position claire de leur gouvernement dans ce dossier, une majorité de 59 % des Québécois sondés se disant favorables à une charte sur la laïcité. Il faudra donc que Philippe Couillard « se branche » une fois de retour de Davos.

M. Barrette, gardez-vous une petite gêne la prochaine fois que vous traitez vos opposants politiques de médiocres. De la médiocrité, il y en a au sein de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale, dont le vôtre, et l’ensemble des parlementaires auraient intérêt à relever leur discours de quelques crans, vous y compris.

Sébastien St-François

L’UMQ, PKP et le PLQ

Par chance, les fêtes approchent et nos politiciens et élus de tous acabits nous laisseront tranquilles pendant quelques semaines d’ici peu. On dirait que chaque semaine qui passe apporte son lots d’incidents qui nourrissent le cynisme ambiant, et la semaine dernière n’a pas fait exception.

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L’hypocrisie de l’Union des municipalités du Québec
Quelle hypocrisie de la part de l’UMQ! Jeudi matin dernier, Paul Arcand relatait que l’UMQ a préparé une petite missive que les administrations municipales membres pourront inclure avec les prochains comptes de taxes acheminés aux contribuables pour les informer d’une autre hausse de taxes ou d’une autre réduction de services directement attribuable aux compressions de 300 M$ imposées par Québec pour 2015. Dans son « Écho de la présidence », la présidente de l’UMQ et mairesse de Sainte-Julie, Suzanne Roy, écrit ceci : « Ces compressions importantes feront évidemment très mal et entraîneront des sacrifices importants pour l’ensemble des municipalités au Québec. »

C’était pourtant écrit dans le ciel, contrairement aux affirmations des maires Denis Coderre et Régis Labeaume… Les commissions scolaires ont fait exactement de même en 2013 après que le gouvernement Marois avait éliminé le programme de péréquation mis en place par le gouvernement Charest.

Pourtant, le 5 novembre dernier, Mme Roy déclarait ceci : « Les membres de l’UMQ agissent de façon responsable face à l’état des finances publiques du Québec. Ils feront l’effort demandé, mais s’attendent à ce que ce soit la dernière fois. » C’est ça, agir de façon responsable et faire l’effort demandé? C’est accepter presque avec défaitisme un pacte fiscal imposé par Québec et se fier, pour 2016, à la parole d’un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements? Encore une fois, c’est au contribuable qu’on refilera la facture.

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L’ambition de Pierre Karl Péladeau
Quelle surprise, jeudi dernier, quand PKP a annoncé devant un groupe d’étudiants de l’Université de Montréal qu’il sera candidat à la direction du Parti Québécois! Tout le Québec a été pris de court… Si Péladeau devient chef du PQ (au terme d’une course ou par couronnement) et du même coup chef de l’opposition, nous retournerons rapidement à la même vieille rengaine souverainiste-fédéraliste qui sclérose notre société depuis des lunes. Ce sera le perpétuel combat de coqs opposant le grand fédéraliste libéral Philippe Couillard et celui ayant affirmé que son unique objectif est de faire la souveraineté du Québec. Fort de son pouvoir économique, PKP veut maintenant le pouvoir politique pour réaliser son rêve.

Il est évident que plus d’un militant péquiste devra en avaler des couleuvres pour faire de PKP le prochain « sauveur de la cause ». Sur la base d’un sondage laissant voir que Péladeau pourrait battre Couillard aux élections de 2018, les péquistes jetteront leur dévolu sur le magnat des médias québécois dans l’unique espoir qu’il puisse leur décrocher un mandat majoritaire « la prochaine fois ». Mais il ne faut pas perdre de vue l’électeur moyen – souvent peu ou mal informé – que le prochain chef du PQ devra séduire pour tenter de réaliser son objectif politique.

Dans un texte d’opinion publié dans La Presse le 28 novembre dernier, Pierre Simard, professeur à l’ENAP, écrit ceci : « L’électeur moyen n’en a rien à cirer que PKP soit antisyndical une année et prosyndical l’année suivante; qu’il combatte Radio-Canada en janvier et qu’il se porte à sa défense en mai; qu’il dénigre le Bloc le samedi et en fasse l’éloge le lundi. L’électeur est un ignorant rationnel : il n’a ni le temps ni l’intérêt de décortiquer des prises de position aussi étranges. »

Il a parfaitement raison, et c’est là le danger. Plus d’une personne avec laquelle j’ai échangé ne croit pas en la possibilité que Pierre Karl Péladeau réussisse à décrocher un mandat majoritaire en 2018 s’il devient chef du PQ. Détrompons-nous : rien n’est impossible… Plus souvent qu’autrement, l’électeur moyen ne connaît pas grand-chose des enjeux politiques et vote pour une image. Par exemple, le phénomène « Justin » (Trudeau). La popularité d’un candidat ne s’explique plus par les idées qu’il prône et défend, mais réside plutôt en l’image qu’il projette dans des émissions de variétés et d’autres forums de showbiz. Péladeau peaufine son image pour amadouer le public depuis qu’il a fait le saut en politique. Et n’oublions jamais que les politiciens misent sur l’ignorance de « Joe Boîte à lunch » pour se faire élire…

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L’incohérence du Parti libéral du Québec
Bien sûr, au cours de la dernière semaine, nos bons libéraux ont fait leur part pour alimenter le cynisme des Québécois. D’abord, la prétendue réforme des commissions scolaires, dont Yves Bolduc n’est même pas capable de chiffrer les économies potentielles, est de plus en plus ouvertement contestée au sein même des rangs libéraux. Ensuite, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, est partie à la chasse des « places fantômes » dans les CPE. Un projet de loi tellement mal ficelé, déconnecté et irréaliste que Québec doit reculer… Troisièmement, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a décidé de mettre de l’eau dans son vin après avoir défendu bec et ongle le projet de loi qu’il pilote…

En effet, après avoir tenu tête aux syndicats municipaux pendant des mois dans le dossier du projet de loi 3, le voilà à avoir négocié avec le PQ des modifications faisant notamment en sorte que les contribuables essuieront 55 % des déficits des régimes de retraite municipaux (plutôt que le partage plus équitable 50/50 initialement prévu). Le but premier de ce projet de loi décrié de toutes parts dans les rangs syndicaux et ayant mené au « grand dérangement » de mercredi dernier (un grand échec pour les syndicats, d’ailleurs) était de couper la poire en deux – au nom de l’équité – entre les employés municipaux et les contribuables qui paient leurs généreuses conditions de travail. Pourquoi avoir reculé alors que le gouvernement est majoritaire et que l’opinion publique était pour une fois favorable à un projet de loi libéral?

Nos politiciens se demandent pourquoi nous sommes rendus si cyniques et si peu confiants à leur égard. Ils n’ont pourtant qu’à se regarder aller pour comprendre pourquoi.

Sébastien St-François

Couper, ce n’est pas pelleter dans la cour des autres

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La commission Robillard est au travail et commence à formuler des recommandations. On pouvait lire dans La Presse du mercredi 29 octobre qu’elle aurait ciblé 2 milliards de dollars de coupes, notamment en programmes agricoles, en transferts aux municipalités, en aide aux entreprises et en services sociaux.

On voit déjà poindre le scénario à l’horizon : Québec, dans sa quête d’équilibre budgétaire pour présenter un beau bilan à la population et se féliciter d’un travail bien fait, modifie le Pacte fiscal avec les municipalités et impose de lourdes réductions à ces dernières. Soudainement, les municipalités sont confrontées à un manque à gagner alors qu’en vertu de la loi, elles ont l’obligation de déposer un budget équilibré chaque année. Qui pensez-vous fera les frais de ces manques à gagner? Plusieurs des mêmes contribuables dont Québec prétend défendre les intérêts en voulant imposer ses mesures d’austérité.

C’est un scénario vieux comme la politique elle-même. Dans les années 1990, Paul Martin a équilibré les finances fédérales entre autres en sabrant dans les transferts aux provinces. Plus récemment, le gouvernement Marois a eu recours à la même tactique, en éliminant le programme de péréquation dont bénéficiaient les commissions scolaires (programme mis en place par les libéraux de Jean Charest). Résultat : il y a eu hausse marquée des comptes de taxes scolaires en 2013-2014 sans que les impôts provinciaux baissent pour autant. Et les remboursements « promis » dans la foulée de ces hausses se font toujours attendre. Au contraire, plus d’un propriétaire a vu son compte augmenter à nouveau en 2014-2015.

Peu importe la mesure, c’est toujours au même contribuable – celui même qu’on dit vouloir soulager – qu’on refile la facture au bout du compte.

En sabrant dans les transferts aux municipalités, le gouvernement Couillard n’atteindrait aucunement le but qu’il s’est prétendument donné, soit de réduire les dépenses de l’État sans alourdir le fardeau des contribuables. Les municipalités, dont plusieurs peinent déjà à rendre des services adéquats à leurs citoyens et dont les budgets prévoient déjà des hausses d’impôts fonciers année après année, refileraient naturellement la facture des mesures imposées par Québec à leurs contribuables résidentiels, commerciaux et industriels.

Au salaire qu’est payée Lucienne Robillard (265 000 $) et au prix que nous coûte cette commission de révision des programmes (3,8 M$), le contribuable est en droit de s’attendre à mieux qu’un simple transfert de fardeau fiscal d’un niveau de gouvernement à un autre. Qu’il s’agisse de gouvernement provincial, de gouvernement municipal ou de « gouvernement scolaire », les mesures devraient permettre au contribuable – plus souvent qu’autrement étouffé par un fardeau qui ne cesse de s’alourdir sous la forme de droits, de frais et de taxes de toutes sortes – de respirer un peu mieux. Il faut cesser de décourager le travail au Québec; or, à force d’en taxer le fruit, c’est exactement ce qu’on fait. Too much tax kills tax. Ce n’est pas pour rien que Montréal se classe au dernier rang des villes canadiennes favorables à l’entreprenariat, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Mme Robillard et les membres de la Commission de révision des programmes doivent refaire leurs devoirs et suggérer de vraies coupures qui se solderont par de réelles économies pour celles et ceux qui financent un État tentaculaire qui ne cesse de leur dérober une plus grande part de leur revenu disponible. L’exercice sera ardu, alors que les employés de l’État revendiquent 13,5 % d’augmentation sur trois ans, revendication que le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a vite qualifié de venant « d’une époque où effectivement on s’endettait pour payer les dépenses d’épicerie ».

Sébastien St-François

La méthode Bolduc

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Lorsqu’il était ministre de la Santé dans le gouvernement Charest, Yves Bolduc s’était inspiré de la « méthode Toyota » et avait promis rien de moins qu’une révolution dans le réseau de la santé. Force est de constater son échec, car il n’a pas révolutionné grand-chose le temps qu’il a dirigé un des plus gros et importants ministères de la province (pas plus que son prédécesseur, Philippe Couillard, d’ailleurs). Maintenant à l’Éducation, M. Bolduc s’improvise pédagogue et prône une réduction des achats de livres par les commissions scolaires dans le cadre d’un effort de réduction des dépenses. Avons-nous droit maintenant à la méthode Bolduc en éducation?

J’ai failli m’étouffer sur ma gorgée de café vendredi matin dernier en prenant connaissance de l’actualité du jour. Selon l’actuel ministre de l’Éducation, les écoles ont assez de livres et il ne voit aucun problème à ce que les commissions scolaires coupent dans les achats de nouveaux livres pour leurs bibliothèques afin de réduire leurs dépenses. Pardon?

Ce même Yves Bolduc affirmait, en juin dernier, qu’il s’attendait à des hausses « limitées et raisonnables » des comptes de taxes scolaires, les commissions scolaires étant privées de péréquation et les valeurs foncières étant à nouveau à la hausse. C’est bien parti… Sur la Rive-Sud de Montréal, la Commission scolaire Marie-Victorin vient d’annoncer une hausse de 9 % (soit quatre fois supérieure à l’inflation) et, malgré cette hausse, elle projette un déficit de 5 M$ au terme du prochain exercice. Rappelons-nous que les hausses qui nous seront imposées cette année s’ajoutent à celles – souvent salées – que les contribuables scolaires ont dû encaisser l’an dernier, après que le gouvernement Marois avait imposé d’importantes compressions au réseau des commissions scolaires et abrogé le régime de péréquation mis en place par les libéraux de Jean Charest. S’en était suivi un genre de vaudeville où les péquistes à l’Assemblée nationale se disaient outrés que les commissions scolaires refilent la facture aux contribuables au lieu de faire le ménage au sein de leur réseau. Là aussi, j’avais failli m’étouffer sur ma gorgée de café. De véritables comédiens, nos politiciens!

Revenons à notre cher ministre de l’Éducation… Il faut lui donner ceci : il a le don de faire parler de lui. Après la saga des primes qu’il avait touchées comme médecin alors qu’il siégeait dans l’opposition – saga ayant défrayé la chronique pendant la majeure partie de l’été tellement l’attitude désinvolte du ministre devant l’inacceptable avait choqué l’opposition et une bonne tranche de la population –, le voilà maintenant à faire une autre démonstration éloquente de son incompétence à s’occuper du portefeuille auquel son chef l’a nommé en mai dernier.

L’éducation figure parmi les quelques missions prioritaires dans lesquelles doit investir notre État, un État qui a la fâcheuse habitude de s’ingérer dans tout ce qui bouge. Un peuple peu ou mal scolarisé ne peut être concurrentiel dans l’économie mondiale moderne axée en bonne mesure sur le savoir. Étonnant que Bolduc, un médecin, ne semble pas le reconnaître. Dans la vie, la lecture est une compétence fondamentale et il est essentiel de développer le goût de la lecture chez les enfants dès le plus jeune âge possible. N’importe quel expert en pédagogie vous le dira. Allant à contresens, M. Bolduc affirme qu’il y a suffisamment de livres dans les écoles…

« Quelque part, lorsqu’il y a une restriction budgétaire, il y a des gens qui vont faire moins d’argent. » Cette déclaration d’Yves Bolduc, tirée de l’article du Devoir de vendredi dernier, résume bien le personnage. Venant d’un type qui s’est placé au centre d’une controverse majeure après que les médias eurent découvert qu’il avait encaissé une prime de 215 000 $ pendant qu’il était député dans l’opposition pour prendre en charge une liste de 1 500 patients, c’est franchement honteux…

Le problème du réseau scolaire est le même qui afflige le réseau de la santé depuis de trop nombreuses années : trop de bureaucratie, trop de cadres, trop de paperasse, trop de structures, trop de niveaux d’intervention, trop de politique. Le problème ne réside aucunement en le nombre de livres sur les tablettes des bibliothèques de la province. La mission première du réseau de l’éducation est d’éduquer et de développer chez les jeunes les compétences essentielles dont ils auront besoin pour contribuer activement à la société une fois rendus à l’âge adulte. La lecture s’inscrit dans ces compétences essentielles.

Comme contribuable franchement écœuré de voir son fardeau fiscal s’alourdir continuellement et père d’un enfant de 6 ans qui commence sa première année, je suis indigné de cette dernière déclaration du ministre censé veiller à la qualité de l’éducation offerte aux jeunes Québécois et elle me donne une raison de plus de réitérer qu’il doit quitter le conseil des ministres sans plus tarder. Yves Bolduc n’a pas la vision nécessaire pour diriger ce ministère névralgique de l’État québécois.

Bien franchement, je ne sais pas quel genre de deal peut bien exister entre Philippe Couillard et Yves Bolduc, mais la nomination et le maintien en poste de ce dernier témoignent d’un grave manque de jugement de la part du premier ministre du Québec. Entre la complaisance démontrée par des policiers n’ont pas fait leur job lors de la manifestation des gros bras à l’hôtel de ville de Montréal lundi soir dernier, Yves Francoeur (président de la Fraternité des policiers de Montréal) qui menace à son tour les Québécois de « perturbations sociales » et cette plus récente frasque d’Yves Bolduc, les Québécois n’ont pas manqué de quoi s’indigner au cours de la dernière semaine. Mais une chose demeure certaine : un ministre de l’Éducation doit faire la promotion du développement du savoir. Yves Bolduc aurait pu suggérer aux cadres des commissions scolaires de plutôt couper dans leurs nombreux congrès, colloques et voyages de toutes sortes, car les services directs aux élèves font déjà cruellement défaut dans plus d’une école.

Au cours des dernières semaines, plusieurs personnes se sont portées à la défense d’Yves Bolduc vantant ses qualités comme médecin. Ce n’est pas ce dont il est question ici : dans l’arène politique, M. Bolduc manque de compétences comme ministre et de jugement comme élu. Le Québec et les jeunes Québécois méritent mieux. Qu’il retourne à la médecine, où sa contribution sera plus utile à notre société.

Sébastien St-François

Dilemme d’un électeur qui en a plein son…

Je l’avoue, je suis mal pris en vue des élections du 4 septembre. En 2003, j’ai voté pour Jean Charest, car il était le seul à nous offrir la possibilité de nous défusionner. Plus jamais… En 2007 et en 2008, j’ai voté pour le parti de Mario Dumont. L’ADQ n’existe plus, ayant été avalé par la CAQ. Je ne suis pas souverainiste et je ne crois pas en l’article I du PQ, alors impossible pour moi de voter pour Pauline Marois. Québec Solidaire est trop utopiste et à gauche pour moi dans une province qui tire déjà souvent trop à gauche à mon goût. Je suis mal pris…

Il me reste donc la Coalition Avenir Québec, mais ce parti me pose plusieurs problèmes. Son chef éprouve de la difficulté à asseoir son autorité, et ses « candidats-vedettes » lui volent souvent la vedette. François Legault multiple les promesses quotidiennement, alors qu’il est le premier à affirmer que « C’est assez, faut que ça change ». Son futur bras droit avoué, Jacques Duchesneau, se croit déjà investi de plus de pouvoirs qu’il n’en aurait, tandis que son futur ministre de la Santé, le bon Dr Gaëtan Barrette, à l’instar de ses éventuels prédécesseurs, les Drs Couillard et Bolduc, nous promet un médecin de famille dans 12 mois et l’élimination des délais à l’intérieur de deux ans suivant son élection…

Rappelons-nous qu’en 2003, Jean Charest nous promettait une grande « réingénierie de l’État », exactement ce que nous promet François Legault à son tour aujourd’hui. Rappelons-nous également que, dès le premier automne du premier mandat libéral, Jean Charest avait à la porte de l’Assemblée nationale l’ensemble des centrales syndicales et des groupes de pression. Il a reculé, et la réingénierie de l’État ne s’est jamais faite. Au contraire, depuis 2003, l’État est devenu plus lourd et la dette a monté en flèche. Aujourd’hui, en 2012, François Legault nous ressert les mêmes promesses.

J’ose croire que les Québécois ne soient plus à ce point dupes. À la lumière de son bilan, Jean Charest mérite-t-il un quatrième mandat (du jamais vu depuis l’ère Duplessis)? À mon avis, non. Pauline Marois offre-t-elle une alternative plus crédible? À mon avis, non. Avons-nous les moyens collectifs de nous permettre un gouvernement Québec Solidaire? À mon avis, non. La CAQ a-t-elle ce qu’il faut pour aspirer au pouvoir et mériter la confiance des Québécois désabusés par tout ce qui touche la politique? Honnêtement, je n’ai pas encore la réponse à cette question, mais François Legault devra faire plus que présenter des candidats-vedettes qui ont la réponse à tout et multiplier les promesses électorales comme le font les « vieux partis » pour mériter ma confiance.

J’invite Nathalie Roy, candidate pour la CAQ dans la nouvelle circonscription de Montarville, à redoubler d’efforts pour expliquer aux Bouchervillois (et aux Montarvillois) en quoi nous – Bouchervillois, Montarvillois et Québécois – serions mieux placés en élisant un gouvernement « caquiste ». Et ça presse, car je suis loin d’être le seul électeur qui en a plein son…

Sébastien St-François