Archives du mot-clé Justin Trudeau

Non à la réforme Trudeau-Morneau!

Je n’ai pas voté libéral en 2015. En fait, j’ai voté vert pour la première fois de ma vie d’électeur, dégoûté par le pathétique spectacle électoraliste livré par les trois principaux partis qui espéraient soit conserver le pouvoir soit y accéder.

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Parader en pleine crise…

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Quand on se compare, on se console. Bien sûr, les Canadiens ne sont pas aux prises avec les graves problèmes de leurs voisins américains sous un président clairement inapte à occuper les fonctions qu’il occupe depuis janvier dernier. En effet, chaque jour qui passe nous permet de confirmer ce que nous sommes nombreux à croire bien avant son élection comme 45e président des États-Unis. Donald Trump est un être narcissique, instable, imbu de sa personne et nullement compétent pour occuper la Maison-Blanche. Lire la suite

Vrai changement, vraiment?

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Depuis sa fracassante élection à la tête d’un gouvernement majoritaire – grâce notamment à l’élection de 40 députés au Québec – en octobre 2015, Justin Trudeau ne cesse de voir son étoile pâlir, de sa propre faute d’ailleurs. Il ne répond simplement pas aux hautes attentes qu’il a lui-même fixées et multiplie les manifestations de mépris à l’égard de la province dont il est originaire et où se trouve la circonscription qu’il représente aux Communes (Papineau). Force est de constater que celui qui s’autoproclamait un politicien nouveau genre, de l’ère 2.0, n’est rien de plus qu’un autre politicien 1.0 ayant fait des promesses qu’il savait intenables et démontrant une désinvolture inquiétante par rapport à nos deniers publics. Lire la suite

Loco Locass avait raison

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La chanson Libérez-nous des libéraux du groupe de rap québécois Loco Locass, composée au lendemain des élections québécoises du 14 avril 2003 (s’étant soldées par l’élection majoritaire du PLQ dirigé par Jean Charest) demeure tout aussi pertinente 13 ans plus tard, en 2016, et ce, autant à Québec qu’à Ottawa. Lire la suite

Trump peut-il devenir président?

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Comme bien des gens de ce côté-ci de la frontière, je suis avec une certaine fascination la campagne électorale présidentielle qui se déroule aux États-Unis. De toute évidence, les choses ne tournent pas rond aux USA et les Américains se trouvent aujourd’hui devant un choix très peu inspirant ou sécurisant pour leur avenir collectif : ils devront choisir entre la « crooked » Hillary Clinton du côté démocrate et le « loose canon » Donald Trump du côté républicain. Lire la suite

Un premier ministre de tous les excès

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À en croire certains, Justin Trudeau est devenu la huitième merveille du monde en accédant au pouvoir en octobre dernier. On le dit beau, jeune, moderne, « hot »… Bref, les qualificatifs élogieux à son endroit ne manquent pas… Lire la suite

Duffy : blanchi, mais loin d’être innocent

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La longue saga judiciaire du sénateur Mike Duffy a enfin connu son dénouement vendredi dernier : le juge Charles Vaillancourt de la Cour de l’Ontario l’a acquitté des 31 chefs d’accusation qui pesaient contre lui pour fraude, abus de confiance et corruption. Lire la suite

La réalité derrière l’image

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Le 6 janvier dernier, La Presse+ titrait en une « Le dossier qu’il n’a pas vu venir ». Il y est question des conséquences que le vieillissement de la population aura inévitablement sur les finances publiques au pays. Et la réalité est insensible à l’image que nos politiciens et leurs stratèges choisissent soigneusement de nous présenter en campagne électorale pour se faire élire. Selon les prévisions démographiques, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus devrait passer de 15 % aujourd’hui à 24 % dans vingt ans (2035). Donc, de moins en moins de personnes actives sur le marché du travail devront financer les services publics par le biais des impôts, taxes et droits qu’elles paient, alors que le nombre de personnes âgées – qui statistiquement requièrent plus de services et coûtent donc plus cher à l’État – enregistrera un bond important.

Déjà, on prévoit que Québec devra trouver 800 milliards de dollars d’ici 2064 pour amortir l’impact du vieillissement de la population sur le financement des programmes sociaux. 800 milliards de dollars, c’est près de quatre fois l’actuelle dette de la province! Pour mettre cet effort en perspective, rappelons-nous les compressions imposées par le gouvernement de Philippe Couillard depuis 2014 simplement pour atteindre l’équilibre budgétaire l’année prochaine (si ce que les libéraux provinciaux nous racontent est la vérité) et les perturbations sociales ayant résulté de ces compressions. Maintenant, pensons à comment l’État québécois réussira à dégager 800 milliards sur 50 ans dans un contexte de vieillissement de la population où la population active est en décroissance et alors que la province traîne déjà une dette qui s’approche dangereusement des 300 milliards de dollars. La dette provinciale par contribuable s’établit aujourd’hui à près de 70 000 $. Elle sera de combien dans 5, 10, 20 ans? Tout laisse entrevoir de douloureuses années à venir pour le sacrosaint modèle québécois et ceux qui le défendent bec et ongle.

Il est vrai que les retombées liées au vieillissement de la population canadienne n’ont pas été abordées durant la dernière campagne électorale fédérale, qui a pourtant été la plus longue dans l’histoire moderne du pays (78 jours). On a beaucoup parlé de niqab, de marijuana, de la vente de « Jeeps » à l’Arabie Saoudite, de l’usure du gouvernement Harper, des réfugiés syriens et des plans des différents prétendants au poste de premier ministre (rappelons-nous combien de fois Justin Trudeau a affirmé sur toutes les tribunes qu’il avait « un plan »).

Il est donc très étonnant, et inquiétant, d’apprendre que celui qui a réussi à se faire élire à la tête du pays le 19 octobre dernier n’a pas vu venir le dossier du vieillissement de la population, un dossier qui sera inévitablement lourd de conséquences sur la croissance future de l’économie canadienne et sur la pérennité des services publics au pays. Justin Trudeau s’est fait élire en promettant notamment de faire des déficits au cours des prochaines années pour tirer profit des faibles taux d’intérêt et investir davantage dans les infrastructures. Dans son cadre financier, le retour à l’équilibre budgétaire était prévu en 2019-2020. Or ce cadre financier ne tient déjà plus la route et il est déjà établi que les déficits seront plus élevés au cours des prochaines années que prévu/promis par les libéraux.

Si les libéraux de Justin Trudeau n’ont pas tenu compte de l’incidence du vieillissement de la population lorsqu’ils ont monté leur cadre financier, il faut espérer qu’ils ne pensent pas que l’argent tombe du ciel. Il y a des limites à utiliser la carte de crédit pour payer l’épicerie et ça ne règle en rien le nœud du problème : au cours des prochaines décennies, il y aura de moins en moins de contribuables et de plus en plus de besoins, notamment à l’échelle des provinces (pensons simplement à la santé, qui accapare déjà le tiers du budget déposé par Québec chaque année, près de 50 % si on y greffe tous les services sociaux).

La lune de miel est terminée. Il est temps pour Justin Trudeau de lâcher les selfies et d’arrêter de se prendre pour une vedette et de plutôt se mettre à exercer les fonctions auxquelles il a été élu : celles de premier ministre du Canada. Et il y a fort à parier que le Canada de Justin Trudeau n’ait rien à voir avec la belle image qu’il a présentée à la population en campagne électorale pour se faire élire au poste qu’il occupe maintenant. Car, au-delà de l’image, il y a la réalité, et elle est implacable.

Sébastien St-François

L’obsession de la parité hommes-femmes

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J’aurais pu aussi bien intituler ce billet « Justement, nous sommes en 2015… ». Le 4 novembre dernier, Justin Trudeau, premier ministre nouvellement assermenté du Canada, en réponse à la question d’une journaliste lui demandant pourquoi il accordait autant d’importance à la parité hommes-femmes dans son conseil des ministres, a répondu « Parce que nous sommes en 2015 ». Sa réponse a vite fait le tour de la planète… Une réponse politically correct et moderne, mais une réponse qui ne veut pas dire grand-chose dans le fond et qui contribue à perpétuer le mythe selon lequel le sexisme à l’égard des femmes domine toujours notre société en 2015.

Je ne suis pas sexiste. D’ailleurs, je serais bien mal placé pour l’être étant donné que j’exerce une profession dans laquelle les hommes sont nettement minoritaires (à peine 30 %) et que mes cercles de fréquentations professionnelles et personnelles sont constitués majoritairement de femmes depuis mes années universitaires au début des années 1990. Je connais des femmes très compétentes, des femmes moins compétentes, des hommes très compétents et des hommes moins compétents. Comme il en est de tout un chacun d’entre nous.

L’Encyclopædia Universalis définit le sexisme en les termes suivants : « Le terme sexisme sert à désigner [les] comportements, individuels ou collectifs, qui semblent perpétuer et légitimer la domination des hommes sur les femmes. » Dans Le Petit Larousse, on peut y lire une définition plus neutre du terme : « Attitude discriminatoire fondée sur le sexe. »

Quoiqu’il en soit, la vérité est que les hommes sont autant victimes de sexisme et d’autres formes de discrimination que les femmes en 2015. Il existe des quotas d’embauche dans plusieurs domaines, il faut tenir compte des minorités visibles, etc. En 2015, personne n’est à l’abri d’être victime de discrimination – qu’elle soit fondée sur le sexe, l’âge ou tout autre motif illicite. À plusieurs égards, notre société a institutionnalisé une discrimination qu’elle qualifie de « positive » il y a de cela plusieurs années, dans la foulée du mouvement féministe et des revendications au titre de la Charte des droits et libertés – une des œuvres maîtresses de Trudeau père.

En s’imposant l’obligation de nommer un conseil des ministres paritaire, le premier ministre Trudeau a dû faire des choix sûrement difficiles et, ce faisant, d’autres candidats et candidates ministrables ont vu leur espoir d’être nommés dissiper. Pensons au 16e homme et à la 16e femme dans la liste des ministrables. « Désolé Pablo [Rodriguez, député élu dans Honoré-Mercier]. J’aurais bien aimé te nommer ministre, mais ça me prend une femme pour atteindre la parité et tu n’es pas une femme. » ou « Désolée Alexandra [Mendès, députée élue dans Brossard–Saint-Lambert]. J’aurais bien aimé te nommer ministre, mais ça me prend un homme pour atteindre la parité et tu n’es pas un homme. » Ces deux députés (que j’invoque strictement aux fins de l’exercice, je n’ai évidemment aucune idée des autres personnes ayant été considérées pour occuper un poste de ministre) comptent pourtant plus d’expérience parlementaire que plusieurs nouveaux élus et élues ayant été assermentés mercredi dernier.

Au fil des ans, la question de la parité hommes-femmes est devenue une sorte d’obsession, surtout dans l’arène politique. Jean Charest en avait fait un cheval de bataille et avait réussi à nommer un conseil des ministres paritaire en 2007, ce dont il était bien fier. Rappelons-nous que parmi les élues libérales membres de ce conseil figurait Julie Boulet, une pharmacienne de formation, nommée ministre titulaire du portefeuille des transports… Je n’ai rien contre les pharmaciens (mon père en était un), mais avouons qu’elle n’avait pas vraiment les compétences requises pour gérer cet important ministère.

Il est en souvent de même en politique municipale. Dans mon patelin, les femmes sont majoritaires au conseil de ville depuis 2009. Aucune de ces femmes en poste depuis maintenant six ans n’a brillé par des compétences marquées, pas plus que leurs collègues masculins. Le sexe d’une personne n’a rien à voir avec sa compétence. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi, car la compétence n’est innée ni chez l’homme ni chez la femme. La compétence se développe sans égard au sexe.

Tout cela étant dit, sur le plan de l’image, Justin Trudeau a réuni un groupe d’élus représentatifs de la population canadienne, notamment sur le plan de l’âge : la plus jeune ministre (Maryam Monsef, institutions démocratiques) n’a que 30 ans et les ministres les plus âgés – Ralph Goodale (sécurité publique), Lawrence MacAulay (agriculture et agroalimentaire) et Marc Garneau (transports) – ont 66 ans. Parmi les autres heureux élus au conseil, on compte non moins de 11 quadragénaires (la génération X se trouve donc très bien représentée, ce dont je ne peux que me réjouir) et trois trentenaires, dont Mélanie Joly, nommée à un important ministère (Patrimoine canadien) bien qu’elle n’ait aucune expérience parlementaire. Elle devra donc apprendre « sur le tas » comme on dit.

Toutefois, le fait demeure que la compétence d’une personne devrait avoir préséance sur son sexe, justement parce que nous sommes en 2015. Les défis sociaux, sociétaux, économiques, financiers et fiscaux auxquels nous faisons face sont énormes; espérons donc que, derrière cette image politiquement correcte de la parité hommes-femmes, se trouvent les meilleures personnes parmi les 183 élues sous la bannière du Parti libéral du Canada pour gérer le portefeuille auquel elles ont été nommées.

En somme, la parité des sexes au sein du conseil des ministres nommé par Trudeau ne m’impressionne pas. Je jugerai le travail des ministres nommés en fonction de leur compétence ou de leur incompétence. Leur sexe ne m’importe guère…

Sébastien St-François

Justin Trudeau et le Canada 3.0

11460256Le 19 octobre dernier, Justin Trudeau a réalisé un véritable tour de force en réussissant à se faire élire à la tête d’un gouvernement libéral majoritaire. Même si le PLC n’a récolté que 39,5 % du vote populaire, grâce à notre désuet système majoritaire uninominal à un tour – qu’il s’est engagé à réformer –, Trudeau a fait élire plus de 180 députés à la Chambre des communes. Pourtant, au début de l’interminable campagne électorale qui a connu son aboutissement la semaine dernière et pendant de longues semaines par la suite, Trudeau et ses troupes traînaient loin derrière en troisième place dans les intentions de vote.

Pendant la campagne, Trudeau a multiplié les déclarations maladroites (surtout en français), a défendu une position sur le controversé niqab qui ne tenait pas la route en invoquant un « droit religieux » et s’est engagé à adopter le modèle keynésien pendant au moins trois ans pour stimuler l’économie. Déjà, les déficits qu’il a annoncés en campagne pourraient être gonflés de 5 G$ en raison de différents facteurs, selon le chroniqueur économique de La Presse, Francis Vailles.

Rappelons que Stephen Harper avait décidé de jouer sur le cynisme des électeurs et de leur faire vivre une campagne électorale longue de 78 jours – du jamais vu dans l’histoire moderne du Canada – dans l’espoir d’user son « jeune » rival, qu’il dépeignait comme irresponsable, comme pas prêt à gouverner, comme un « p’tit gars en culottes courtes ». De toute évidence, le sentiment anti-Harper était si fort au pays qu’il a eu raison de celui qui était de plus en plus honni par l’électorat après une décennie de règne opaque et idéologique. Autant l’effet « Anyone but Pauline » a permis à Philippe Couillard de décrocher une majorité au Québec en 2014, autant le phénomène « N’importe qui sauf Harper » a permis à Trudeau de réaliser son tour de force à mesure que le vote néo-démocrate s’effritait.

Depuis, c’est la véritable lune de miel et, à lire certains commentateurs, Justin Trudeau est devenu la septième merveille du monde. On louange le jeune chef sur toutes les tribunes, on compare le couple Grégoire-Trudeau aux Kennedy, la vie est soudainement devenue belle au Canada après neuf ans d’austérité conservatrice et tous les espoirs sont à nouveau permis.

Justin Trudeau a mon âge, à un peu plus de 18 mois près. Je devrais donc me réjouir de voir enfin un membre de la génération X accéder aux plus hautes fonctions de l’État canadien. Une partie de moi s’en réjouit, même si je n’ai pas voté libéral le 19 octobre. Cependant, au-delà de l’image, il y a la dure réalité, celle de gouverner, celle de prendre des décisions difficiles, celle d’agir dans l’intérêt supérieur du Canada, celle de rebâtir l’unité dans un pays ayant été considérablement divisé pendant les années de Stephen Harper. Et c’est là où des doutes persistent dans mon esprit quant aux quatre prochaines années, une fois que la lune de miel sera terminée et que le véritable travail commencera.

Personnellement, je vais juger le travail de Justin Trudeau en fonction de trois grands axes : sa capacité de bien s’entourer, sa capacité de prendre des décisions réfléchies et sa capacité de faire passer les intérêts de la nation canadienne avant ceux du Parti libéral du Canada.

1. Bien s’entourer
Justin Trudeau dévoilera la composition de son conseil des ministres le 4 novembre prochain. Nommer un conseil des ministres est un casse-tête pour tout premier ministre. Trudeau s’est engagé envers la parité hommes-femmes et doit de surcroît tenir compte de la représentation régionale, comme ses troupes ont balayé l’Atlantique, remporté 40 sièges au Québec, 80 en Ontario, etc. Or, quand je vois le nom de Mélanie Joly parmi les députés ministrables, permettez-moi de me poser des questions. Mme Joly a beau avoir terminé deuxième dans la course à la mairie de Montréal en 2013 et avoir réussi à se faire élire dans Ahuntic-Cartierville, elle demeure une néophyte en politique et a encore ses preuves à faire avant d’être ministrable, selon moi. Aussi, l’affaire Dan Gagnier qui a éclaté dans les derniers jours de la campagne et qui aurait pu faire beaucoup de tort à la campagne libérale nous démontre qu’il reste encore plus d’une personne aux pratiques douteuses dans l’entourage libéral. Sur le plan de l’éthique, Justin Trudeau et ses députés ne disposent d’aucune marge de manœuvre si le but est réellement de faire de la politique autrement.

2. Réfléchir avant d’agir
Justin Trudeau ne sera assermenté que le 4 novembre et demeure donc premier ministre désigné jusqu’à cette date. Néanmoins, dans son premier entretien téléphonique avec le président américain, Barack Obama, il a déjà annoncé que les frappes canadiennes contre l’État islamique cesseront. Ce faisant, non seulement il risque de nuire aux relations avec le premier allié du Canada, mais aussi il viole la doctrine de la responsabilité de protéger que son parti avait pourtant ratifiée. L’État islamique n’est pas un ennemi comme les autres et l’Occident est arrivé à la conclusion que tous les efforts doivent être déployés pour anéantir ce groupe déjà coupable de moult crimes abominables contre l’humanité. Autre exemple, dans le dossier des chasseurs F-35, son engagement de mettre fin au contrat signé par les conservateurs pourrait produire le même résultat que celui de Jean Chrétien, en 1993, concernant l’achat d’hélicoptères – soit finir par nous coûter encore plus cher. Un contrat, quel qu’en soit l’objet, ne se déchire pas sans conséquences…

3. Courage d’innover
Je ne citerai qu’un exemple à ce chapitre, celui de l’engagement de Justin Trudeau de réformer le système électoral. En effet, le premier ministre désigné s’était engagé en juin dernier à mettre fin au système uninominal à un tour dans les 18 premiers mois de son mandat. On verra bien… Si le scrutin du 19 octobre s’était déroulé en mode proportionnel, les libéraux auraient été minoritaires. Trudeau n’est pas le premier chef de parti à avoir pris un tel engagement électoral; cependant, une fois confortablement installés au pouvoir, les partis traditionnels finissent souvent par gouverner en vue de leur réélection et tout engagement en matière de réforme électorale prend rapidement le bord. S’il tient cet engagement, il aura fait preuve d’une volonté manifeste de faire de la politique autrement et d’assumer le risque politique qui vient avec…

Bref, la lune de miel durera encore un certain temps, puis ce sera le temps de s’attaquer aux vraies affaires. Les libéraux feront face à une opposition conservatrice forte et aguerrie à la Chambre des communes et leurs gestes seront scrutés à la loupe par la population canadienne et la communauté internationale. Nous aurons même le TrudeauMètre pour nous aider à juger son travail. En octobre 2019, les Canadiens retourneront aux urnes et Justin Trudeau ne pourra plus se contenter de surfer sur son image pour se faire réélire; il aura alors un bilan à défendre.

Au-delà l’image, il y a les gestes. Justin Trudeau a réussi à incarner le changement et le renouveau auprès d’une partie suffisante de l’électorat canadien pour dérocher une confortable majorité. Son défi consiste maintenant à faire la démonstration qu’il a les moyens de ses nombreuses ambitions pour faire du Canada « le plus meilleur pays au monde » version 3.0.

Sébastien St-François