Archives du mot-clé Jean-Marc Fournier

Sessionem horribilis!

parti-liberal-du-quebecSource : Le Devoir

Bernard Landry, qui aimait s’adresser parfois au peuple en latin à l’époque où il occupait le poste de premier ministre du Québec, utiliserait peut-être ces mots pour qualifier les derniers mois sur la scène politique québécoise, marqués notamment par le départ soudain de Pierre Karl Péladeau, l’homme que M. Landry voyait comme celui qui donnerait enfin aux Québécois leur pays… Lire la suite

Pour une austérité équitable

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Que les péquistes ou les libéraux forment le gouvernement, les Québécois peuvent miser sans crainte sur une constante : la flopée de nominations partisanes qui suivent l’élection d’un nouveau gouvernement à l’Assemblée nationale. Ces nominations partisanes à la tête de sociétés d’État ou d’agences gouvernementales de toutes sortes servent à remercier pour « services rendus » des candidats battus, d’ex-élus et d’autres amis du pouvoir.

Peu après son élection comme première ministre en 2012, Pauline Marois avait nommé entre autres Nicolas Girard (battu aux élections) à la tête de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) et l’ex-député/ministre Sylvain Simard à la présidence du conseil d’administration de la Société des alcools du Québec (SAQ) – délogeant du coup respectivement Joël Gauthier et Norman Hébert Jr., tous deux d’allégeance libérale. À l’époque, le PLQ avait décrié ces nominations bien que les libéraux n’aient aucune leçon à donner en la matière. Rappelons que les années Charest ont été marquées par plus de 500 nominations partisanes.

C’est maintenant au tour des libéraux de se prêter au jeu. En effet, nous avons appris au cours des derniers jours que Nicolas Girard a été remercié et sera remplacé par Paul Côté, ancien dirigeant de VIA Rail. M. Girard passera à la caisse et aura droit à quelque 100 000 $ pour sa transition. Quant à Sylvain Simard, il sera remplacé par Johanne Brunet, professeure aux HEC, deux ans et demi avant la fin de son mandat de cinq ans. Lui aussi recevra sûrement une indemnité aux frais des contribuables.

M. Couillard, je m’adresse à vous. Loin de moi de vous demander de mettre fin aux nominations partisanes. Je sais très bien que cette pratique est profondément ancrée dans les gènes du Parti libéral du Québec, comme elle l’est autant dans ceux du Parti Québécois. Vos deux partis s’échangent le pouvoir depuis des décennies et, lors de chaque changement de gouvernement, les contribuables québécois assistent – impuissants – à la distribution de ces cadeaux politiques.

Cependant, il y a un problème. Vous coupez partout et dans tout depuis votre arrivée au pouvoir. Le fardeau du contribuable moyen augmente sous votre règne, tandis que l’État réduit son panier de services essentiels (notamment en éducation). Je n’ai rien contre le dégraissage de l’État québécois, mais les principes d’équité les plus fondamentaux doivent être appliqués dans une société qui se targue d’être parmi les plus justes et progressistes sur la planète.

Or, depuis avril 2014, vous n’avez fait aucun ménage dans vos propres rangs – celui des élus, des ex-élus et des amis de la classe politique. Permettez-moi de vous rappeler que nous – peuple québécois – sommes toujours en attente de la proposition de votre collègue et bon ami Jean-Marc Fournier pour régler le problème des fonds de pension des députés de l’Assemblée nationale – déficitaires de près de 200 M$…

En cette ère dite d’austérité entamée sous votre gouverne, le moment est plus que venu de sabrer dans le buffet des allocations de transition pour que la classe politique commence à montrer l’exemple et gagne peut-être un peu en crédibilité auprès de l’électorat (s’il n’est pas déjà trop tard). Qu’elles soient d’allégeance péquiste ou libérale, les personnes qui sont nommées à la tête de sociétés d’État ou d’organismes gouvernementaux savent fort bien qu’elles doivent leur nomination au fait qu’elles sont « du bon bord du pouvoir ». Elles savent aussi qu’elles sont assises sur un siège éjectable et peuvent perdre leur emploi à tout moment pour des raisons de pure partisanerie politique.

M. Couillard, vous demandez à la population de se prendre en main et de vivre collectivement selon ses moyens. Très bien. Mais qu’en est-il des amis que vous nommez à ces postes déjà très bien rémunérés? Ne devraient-ils pas aussi se responsabiliser et ne plus avoir droit de se goinfrer au buffet des fonds publics? Quelqu’un dont le poste dépend du parti au pouvoir devrait être considéré comme un contractuel et rémunéré en conséquence. Il n’y a pas lieu de lui verser une allocation dans les six chiffres lorsqu’on le congédie parce qu’il n’est pas de la bonne couleur politique. Vous deviez y voir après le tollé provoqué par le départ de votre ministre Yves Bolduc, ce profiteur qui ne s’est pas gêné pour passer à la caisse au moment de quitter votre gouvernement de son propre gré et moins d’un an après avoir été réélu député de Jean-Talon.

Vous avez laissé passer la tempête… Rien n’a changé depuis, mais le temps vous est venu d’agir et vous avez le pouvoir d’agir – si le courage politique est au rendez-vous. Allez-vous modifier les règles afin de mettre fin – une fois pour toutes – à cette pratique partisane que financent contre leur gré les contribuables du Québec qui se font siphonner des milliards de dollars de leur argent durement gagné chaque année par le fisc? Suis-je le seul à juger cette pratique inacceptable de la part d’un gouvernement ayant pris des décisions (non annoncées pendant la dernière campagne électorale en passant) qui ont pour résultat que ce sont toujours les mêmes membres de la société qui sont mis à contribution dans ce grand ménage que vous avez imposé au sein de l’État québécois? De grâce, assumez vos responsabilités de premier ministre!

Sébastien St-François

PKP remporte sa mise. Ensuite?

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Voilà, c’est fait. Ayant récolté 57,6 % des votes au premier tour marquant la fin d’une course qui a semblé interminable, Pierre Karl Péladeau est devenu le huitième chef à diriger le parti fondé en 1968 par René Lévesque dans l’espoir de faire du Québec un pays… Jean-Marc Fournier pourra continuer de jouer sa cassette du « Parti Québecor », Sam Hamad pourra continuer de sortir des âneries comme « ce qui est important pour nous, c’est l’économie et l’emploi », Philippe Couillard pourra ressortir le spectre d’un troisième référendum en 2018 pour se faire reconduire au pouvoir… La guéguerre que se livrent les souverainistes et les fédéralistes n’est pas près de cesser de paralyser la Belle Province.

En effet, les libéraux doivent jubiler à l’idée d’avoir le baron québécois des médias comme chef de l’Opposition officielle pendant les trois prochaines années. Quant aux caquistes de François Legault, ils ne l’avoueront jamais, mais le PQ de PKP pourrait leur faire mal en 2018. L’élection de PKP pourrait même s’avérer salutaire pour Québec solidaire, car plus d’un péquiste ayant voté pour Martine Ouellet ou Alexandre Cloutier risque de ne plus se retrouver dans le parti du huitième chef. On peut même se demander si Bernard Drainville en a encore pour longtemps comme député du PQ. Il avait la mine extrêmement basse au Centre des congrès de Québec vendredi soir dernier. Certains diront qu’il avait l’air d’un homme démoli.

Je ne suis pas péquiste, mais l’avoir été, j’aurais été de ceux ayant espéré un deuxième tour et mon choix se serait arrêté sur Cloutier. Le plus jeune (mais néanmoins plus expérimenté en matière parlementaire) des candidats à la chefferie du PQ a malgré tout réussi un score fort honorable, avec 29,2 % des suffrages exprimés. Il est d’ailleurs étonnant que seulement 72,9 % des membres ayant droit de vote ont exercé ce droit. Je me serais attendu à un taux de participation plus élevé vu l’importance de l’enjeu pour les péquistes. Il ne faut pas perdre de vue que le PQ a connu le pire résultat électoral de son histoire en avril 2014.

Mais le destin a voulu que les membres du PQ choisissent PKP. Les « purs et durs » en quête d’un pays depuis des décennies ont passé outre à l’éléphant dans la pièce et décidé que c’est PKP qui est le plus apte à assouvir leur soif indépendantiste. De déclarer le nouveau chef : « Vous m’avez donné un mandat fort et clair : faire du Québec un pays. » M. Péladeau devrait garder à l’esprit que ce mandat lui a été donné par un peu moins de 30 000 Québécois (71 000 membres x 72,9 % x 57,6 %). Il lui reste encore un travail colossal à abattre pour obtenir de l’électorat québécois le mandat qu’il prétend avoir obtenu (de scinder le Québec de la fédération canadienne).

Nonobstant le mandat dont il se croit investi, Pierre Karl Péladeau – et le PQ – a maintenant un problème bien réel et ce problème devra être réglé rapidement. Le « cas de PKP » sera examiné en commission parlementaire à compter du 26 mai. Il y a fort à parier que les libéraux tentent d’en faire une espèce de tribunal politique pour « régler le cas de Péladeau ». Le risque d’un débat bassement partisan qui dérape est donc bel et bien présent, mais la question de fond demeure néanmoins d’une importance capitale pour l’ensemble de la population québécoise et le fonctionnement de notre système parlementaire.

Pierre Karl Péladeau peut-il occuper le poste de chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale tout en demeurant l’actionnaire de contrôle de Québecor? M. Péladeau a beau s’engager à placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Cela est la norme. Cependant, peut-il interdire à son fiduciaire de vendre ses actions alors qu’il ne doit avoir aucun droit de regard sur les décisions de ce dernier? Voilà la véritable question.

Il y a quelque chose de résolument surréaliste de voir les péquistes défendre l’actuelle situation alors qu’ils s’étaient acharnés sur le cas du ministre libéral David Whissell pour une simple compagnie d’asphalte. D’affirmer Stéphane Bergeron, le leader parlementaire du PQ à l’époque : « La perception du public vis-à-vis cette situation va être négative, et ils vont conclure qu’il y a un problème. Ça va soulever des questions. Ça en soulève. » Aujourd’hui, il est question d’un géant médiatique ayant des tentacules déployées partout au Québec et tout baignerait dans l’huile… J’avoue y perdre mon latin!

Par ailleurs, on apprenait récemment du président du conseil d’administration de Québecor, l’ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney, que M. Péladeau continuait d’exercer un rôle conseil « de temps à autre » auprès de l’entreprise qu’il contrôle. À la lumière de la victoire de vendredi soir dernier, cette situation devient d’autant plus préoccupante.

Pierre Karl Péladeau a remporté son pari. Il est devenu chef du Parti Québécois et vise maintenant rien de moins que le poste de premier ministre du Québec pour réaliser son rêve et celui des indépendantistes purs et durs. Qu’on apprécie l’homme ou non, c’est son droit le plus fondamental de tenter sa chance. Cependant, étant donné l’objectif qu’il s’est fixé, il doit se départir de ses actions dans Québecor ou, au minimum, renoncer à son droit de regard sur ces actions. Il ne peut plus avoir le beurre et l’argent du beurre.

Sébastien St-François

Les libéraux n’ont rien perdu de leur arrogance

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Plus ça change, plus c’est pareil. S’il y a un trait qui semble coller au Parti libéral du Québec, c’est celui de l’arrogance. C’était un trait manifeste de Jean Charest (mis à part en 2007-2008 après qu’il a été « puni » par l’électorat à diriger un gouvernement minoritaire) que son successeur à la tête du PLQ, Philippe Couillard, semble avoir très bien assimilé.

Plus le temps avance, force est de constater que les libéraux n’ont pas appris grand-chose de leur (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition, après neuf ans de pouvoir. En 2012, pour se faire élire, Philippe Couillard et ses troupes ont multiplié les promesses et les engagements de toutes sortes et capitalisé sur le poing brandi en l’air de PKP pour susciter une fois de plus la crainte d’un troisième référendum au sein de l’électorat québécois. La recette a fonctionné… Les libéraux ont remporté leur pari et ont même réussi à décrocher une majorité malgré toutes les questions qui persistaient sur les relations douteuses entre Philippe Couillard et Arthur Porter et malgré un règne libéral éclaboussé par moult scandales, manigances et magouilles entre 2003 et 2012. Philippe Couillard pouvait bien ne pas aimer son ancien patron politique, il semble néanmoins avoir très bien maîtrisé la recette de ce dernier pour remporter des élections…

Après l’annonce par Philippe Couillard en décembre dernier que les Québécois avaient fait leur part et qu’ils ne subiraient plus de hausses de tarifs suivant la flopée de hausses imposées depuis l’automne dernier, voilà que nous apprenions la semaine dernière que son gouvernement envisage maintenant de majorer de 4 % les tarifs réclamés des personnes hébergées en CHSLD (parmi les membres les plus vulnérables de notre société) et redouble de créativité fiscale en planant sur un projet de taxer l’hébergement en camping.

Pendant ce temps, toujours rien de nouveau ou de concret pour la réforme du système de primes auxquelles ont « droit » les députés démissionnaires, annoncée par Jean-Marc Fournier dans la foulée de l’affaire Bolduc, ou la remise à flot du régime de retraite lourdement déficitaire des membres de l’Assemblée nationale. Thierry Vandal a empoché sa très généreuse indemnité de départ après avoir démissionné de ses fonctions à la tête d’Hydro-Québec et les députés se sont même voté une légère augmentation de salaire tout récemment. La hausse est minime, symbolique, mais ils auraient pu se garder une petite gêne alors que l’assaut contre le portefeuille du contribuable moyen semble loin d’être terminé…

Enfin, la cerise sur le sundae…. Le vire-capot Sébastien Proulx, ancien « pitbull » adéquiste, fait maintenant savoir qu’il pourrait renoncer à son indemnité de départ comme directeur à la planification stratégique au cabinet du premier ministre s’il est élu dans Jean-Talon. Oui, et? CE SERAIT LA MOINDRE DES CHOSES!

Personnellement, je pense que les libéraux ont besoin d’une petite leçon d’humilité pour remettre leurs pendules à l’heure. Malheureusement, dans l’immédiat, ce ne sont que les électeurs des circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon, convoqués aux urnes le 8 juin prochain, qui pourront leur servir cette leçon en n’arrêtant pas leur choix sur Véronyque Tremblay dans Chauveau ou sur Sébastien Proulx dans Jean-Talon pour les représenter à l’Assemblée nationale. La question qui tue : le feront-ils?

Sébastien St-François

Nous avons le gouvernement que nous méritons

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Dans mon dernier billet, j’affirmais « […] dans le cas des députés qui prennent leur emploi à cœur et qui s’y consacrent souvent sept jours par semaine, ce n’est pas chèrement payé. » C’était en référence à la rémunération de base que reçoivent les députés d’arrière-ban à l’Assemblée nationale. Je maintiens cette affirmation – en ce qui concerne ceux qui ont du respect pour la fonction à laquelle ils ont été élus et qui prennent leur travail au sérieux.

Cependant, ce n’est évidemment pas le lot de tout un chacun au parlement à Québec. La semaine dernière, nous avons encore une fois eu droit à un exemple de membres de l’Assemblée nationale – dûment élus pour veiller aux intérêts du peuple québécois et pour prendre des décisions parfois lourdes de conséquences pour la population – qui se voient attribuer de serviables tâches par l’exécutif (le gouvernement) et, ce faisant, alimentent le cynisme des électeurs à l’égard de la classe politique. De vulgaires pions, quoi… Rien pour redorer le blason des parlementaires.

En effet, le député caquiste François Bonnardel nous apprenait, preuves à l’appui, que les libéraux se servent de leurs députés moins illustres pour planter des questions lors des études de crédits budgétaires. Remarquez que c’est une pratique qui ne se limite pas aux libéraux ou encore au Québec. Ça se fait un peu partout où il existe un système parlementaire, peu importe qui est au pouvoir. Il n’en demeure pas moins que c’est une pratique parlementaire franchement honteuse. Nos élus se demandent sans cesse pourquoi nous sommes si cyniques à leur endroit. Ils devraient passer moins de temps à se poser cette question et plus de temps à se regarder dans le miroir.

L’annonce d’un budget annuel établissant les grandes lignes du plan gouvernemental est une chose, mais c’est lors de l’étude des crédits budgétaires en commission parlementaire que les dépenses de chacun des ministères et organismes de l’État sont scrutées à la loupe et confirmées. C’est donc un exercice parlementaire qui doit être mené dans le plus grand sérieux. C’est d’autant plus vrai dans le cas d’un gouvernement dont l’agenda d’austérité devient de plus en plus illégitime selon certains étant donné que Philippe Couillard ne s’est pas fait élire sur la base du programme qu’il déploie actuellement. (Avoir annoncé ses vraies couleurs en campagne électorale, il n’aurait probablement pas été élu à la tête du gouvernement majoritaire qu’il dirige aujourd’hui.)

Sur les ondes de Dutrizac vendredi dernier, l’éditorialiste du Devoir, Antoine Robitaille, a même invoqué un possible outrage au Parlement. Ces députés d’arrière-ban posent des questions complaisantes visant carrément à gaspiller du temps en commission parlementaire. Ainsi, le législatif et l’exécutif ne font qu’un dans ce jeu malsain alors qu’il doit s’agir d’un « sérieux exercice de reddition de comptes où le législatif doit questionner l’exécutif, où l’indépendance d’esprit devrait guider la conduite des députés », selon François Bonnardel. La réaction du grand leader parlementaire des libéraux, Jean-Marc Fournier? Il a plaidé la nécessité de se préparer avant de se présenter en commission parlementaire.

Les électeurs de deux circonscriptions – Chauveau et Jean-Talon – auront prochainement l’occasion d’élire une nouvelle députée ou un nouveau député pour remplacer deux démissionnaires : le caquiste Gérard Deltell, qui a décidé de laisser son siège pour se présenter au fédéral sous la bannière conservatrice, et le libéral Yves Bolduc, qui s’est en quelque sorte chassé lui-même de la politique à force de commettre des bourdes pendant son triste séjour à la tête du ministère de l’Éducation.

Dans Chauveau, les libéraux présentent Véronyque Tremblay, une journaliste s’étant fait connaître entre autres par ses prises de position contre le gouvernement qu’elle souhaite maintenant représenter et ayant voté pour Gérard Deltell aux dernières élections. La Coalition Avenir Québec a, quant à elle, arrêté son choix sur Jocelyne Cazin. Le chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot, tentera aussi de se faire élire dans Chauveau. À mon avis, son élection donnerait une bouffée d’air frais à une Assemblée nationale qui en a grandement besoin.

Dans Jean-Talon, un « comté rouge » depuis des lunes ayant eu le « privilège » d’être représenté dans le passé par Philippe Couillard et plus récemment par Yves Bolduc, le gouvernement mise sur Sébastien Proulx, ancien adéquiste viré libéral que la ministre des Finances de l’époque, Monique Jérôme-Forget, avait qualifié de « pitbull ». Un genre de Gaétan Barrette, quoi…

Bien entendu, peu importe l’issue de ces deux élections partielles, le gouvernement libéral de Philippe Couillard demeurera majoritaire, mais les électeurs concernés – en arrêtant leur choix sur un candidat autre que libéral – auraient ainsi la satisfaction de savoir qu’ils n’ont pas envoyé deux autres pions siéger à l’Assemblée nationale, une enceinte démocratique où le travail doit être fait au sérieux parce qu’il est sérieux. Sinon, bien, ce sera une confirmation de plus que nous avons le gouvernement que nous méritons…

Sébastien St-François

Le temps est venu pour nos députés de prêcher par l’exemple

Salon bleu
Ça y est. La semaine dernière, la tradition libéro-péquiste a été utilisée une fois de plus pour adopter à toute vapeur le controversé projet de loi « mammouth » 28 du gouvernement sous le bâillon – une procédure antidémocratique invoquée à maintes reprises dans l’enceinte de l’Assemblée nationale depuis moult années, et ce, peu importe le parti formant le gouvernement (PLQ ou PQ). Obstruction de l’opposition oblige, d’affirmer Jean-Marc Fournier, nous devons être responsables. D’ajouter le ministre des Finances, Carlos Leitao, l’État perd plus de 30 M$ par mois… S’ensuit une salve de hausses de toutes sortes pour le contribuable moyen, comme d’habitude. Le problème fondamental de ce projet de loi est qu’il est probablement bourré d’erreurs et d’incongruités. De plus, il va à l’encontre du discours du PLQ en campagne électorale l’an dernier à bien des égards.

« On n’a pas voté pour ça! », s’exclamera plus d’un électeur ayant choisi de reconduire les libéraux au pouvoir – majoritairement de surcroît – en avril 2014. D’aucuns diront – avec raison – qu’on peut bien avoir les gouvernements qu’on mérite…

Bon, maintenant… Après la loi sur les régimes de retraite municipaux vivement contesté par le mouvement syndical, après cette loi « mammouth » adoptée de force sous le bâillon, le temps serait venu de s’attaquer aux conditions de travail de nos élus – jusqu’à maintenant épargnés de l’« austérité » du gouvernement Couillard. Après tout, ils sont là supposément pour nous représenter et il serait grand-temps qu’ils prêchent par l’exemple. On sait déjà que le régime de retraite des élus de l’Assemblée nationale est déficitaire de quelque 200 M$.

À l’heure actuelle, un « simple » député à Québec touche une rémunération de 88 000 $ et une indemnité non imposable de 16 000 $. Personnellement, je trouve cela aberrant que de telles indemnités non imposables existent encore en 2015 (les élus municipaux bénéficient également d’un tel traitement). À une époque où Revenu Québec est rendu à harceler d’honnêtes contribuables au nom de la « lutte contre l’évasion fiscale », à les mener parfois à la faillite et à être débouté par les tribunaux à plus d’une reprise dans le passé récent, tout le monde – et surtout celles et ceux qui veillent à la Loi sur les impôts – devraient être imposés sur la totalité de leurs revenus, d’autant plus qu’ils proviennent de la poche de contribuables ayant eux-mêmes dû verser leur dû à l’État le plus gourmand sur le continent nord-américain.

Qu’on se dise les vraies choses. Un salaire annuel « de base » de 104 000 $ est de loin supérieur aux revenus moyen et médian dans la Belle Province. Cependant, dans le cas des députés qui prennent leur job à cœur et qui s’y consacrent souvent sept jours par semaine, ce n’est pas chèrement payé. Quant aux députés d’arrière-ban dont on entend jamais parler (par exemple, Emmanuel Dubourg à l’époque où il siégeait à l’Assemblée nationale avant de se présenter à l’élection fédérale dans Bourassa tout en touchant son « indemnité de départ » de quelque 100 000 $ de Québec avant de doubler son salaire comme député fédéral), c’est plutôt bien comme traitement.

Comme le concept selon lequel les députés ne cotisent actuellement qu’à hauteur de 21 % à un de leurs régimes de retraite (l’autre dont ils bénéficient est financé à 100 % par les contribuables) est devenu socialement inacceptable dans la foulée du projet de loi 3, on propose maintenant que les membres de l’Assemblée nationale y contribuent à hauteur de 41 %. En contrepartie, la rémunération d’un simple député passerait à 136 000 $, tandis que le premier ministre et les ministres toucheraient un salaire « ajusté sur celui du plus haut fonctionnaire sous leur responsabilité ». Rappelons que les haut fonctionnaires de l’État québécois sont très bien rémunérés par rapport au commun des mortels parmi nous.

C’est bien beau tout cela, mais Philippe Couillard nous promet que la réforme de la structure de rémunération des élus se fera à coût nul. C’est donc dire que les libéraux ne s’imposeront aucunement la « rigueur budgétaire » qu’ils imposent tous azimuts depuis qu’ils forment un gouvernement majoritaire. Désolé, mais ça ne passe pas la rampe… Je suis favorable à la rigueur budgétaire (le Québec n’a pas plus les moyens de vivre au-dessus de ses moyens collectifs), mais la même pilule doit être administrée à tous. La réforme de la rémunération des élus provinciaux doit se faire à coût moindre pour les contribuables qui paient la note. Il faut prêcher par l’exemple pour être crédible…

André Pratte de La Presse propose une solution : réduire de 30 le nombre de députés à l’Assemblée nationale. « On compte un député ontarien pour 127 000 habitants, contre un député pour 65 000 habitants au Québec [pratiquement du double au simple] », avance-t-il. Une économie récurrente symbolique d’au moins 3,5 M$, selon Pratte, une goutte d’eau dans un budget de plusieurs dizaines de milliards de dollars – et il a raison –, mais une forte valeur symbolique pour un gouvernement en manque de crédibilité après seulement un an et quelque au pouvoir. Prêcher par l’exemple… Il est plus que temps que ceux qui veulent notre bien le fassent et cessent de nous lancer de la poudre aux yeux. Pour terminer, rappelons que, au cours des dernières années, les seuls députés démissionnaires en cours de mandat n’ayant pas renoncé à leur généreuse « prime de séparation » ont un point en commun : ils étaient tous d’allégeance libérale…

Sébastien St-François

J’aimerais bien vous croire, mais…

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« Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les citoyens. Il sera fait par le gouvernement dans son périmètre de dépenses. » M. Couillard, j’aimerais bien vous croire, mais vous n’êtes pas crédible. Comment puis-je croire quelqu’un qui s’était engagé formellement en campagne électorale à ne pas hausser les tarifs de garderie plus que l’inflation, après avoir décrié la hausse à 9 $ prévue par le PQ, pour ensuite annoncer que ces tarifs seront dorénavant modulés jusqu’à hauteur de 20 $ par jour? Votre promesse pouvait bien ne pas tenir la route, mais vous avez néanmoins choisi de la faire. Qu’on se dise les vraies choses. Vous avez remporté votre pari électoral en bon libéral, c’est-à-dire en dupant l’électorat – comme votre prédécesseur libéral, Jean Charest, a réussi à faire à plus d’une reprise pendant son règne. « Ensemble on s’occupe des vraies affaires » était votre slogan électoral. Pourquoi alors n’avez-vous pas choisi la voie de la franchise au lieu de raconter n’importe quoi pendant les élections du printemps dernier? Parce que c’est ainsi qu’on gagne des élections, me direz-vous probablement…

À l’instar de plusieurs de mes concitoyens qui en ont marre de financer contre leur gré cet État tentaculaire qu’est le nôtre, je reconnais d’emblée que le gouvernement du Québec doit faire le ménage, mais il doit aussi le faire dans ses propres rangs, dans ses propres structures, dans ses propres programmes. Tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant, c’est pelleter dans la cour des contribuables, des contribuables qui figurent déjà parmi les plus lourdement imposés et taxés de toutes parts sur le continent. C’est ainsi que vous comptez stimuler notre économie qui tourne au ralenti, en étouffant encore un peu plus cette classe moyenne dont vous prétendez défendre les intérêts?

En véritable vautour, vous vous êtes vite accaparé toute la marge de manœuvre récemment accordée aux familles canadiennes par le Plan d’action économique du gouvernement fédéral. Lorsque j’entends la publicité du gouvernement fédéral vantant que les familles auront dorénavant plus d’argent dans leurs poches, je ne peux m’empêcher de penser « Sauf au Québec… ». Vous avez même l’odieux d’aller gruger dans l’une des très rares baisses de tarifs dont les Québécois devaient bénéficier dès 2016 en haussant la taxe sur l’assurance-automobile alors que la SAAQ a récemment annoncé une baisse de la prime d’assurance-automobile attribuable à l’amélioration considérable du bilan routier au cours des dernières années…

Pendant ce temps, les abus de fonds publics se perpétuent. Juste au cours de la dernière semaine, nous avons appris que la subvention pour le transport d’élèves coûterait 1 M$ en trop et que d’anciens hauts dirigeants de l’Université Laval ont droit à un traitement très généreux bien après qu’ils sont retournés enseigner dans les salles de classe. D’ailleurs, est-il normal qu’un recteur d’université gagne considérablement plus que le premier ministre du Québec pour administrer une université? Ce ne sont que deux petits exemples, M. Couillard, dans une mer de dépenses abusives dont les contribuables font encore les frais alors que vous osez alourdir le fardeau fiscal de familles québécoises qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois. En cette fin de session parlementaire, la Coalition avenir Québec chiffre à 1300 $ par année le fardeau de vos mesures d’austérité. François Legault avait raison : mal de bloc pour les Québécois depuis l’élection d’un gouvernement libéral…

Je sais que vous refusez de parler d’austérité, M. Couillard, mais lorsque vous choisissez de piger dans les poches des contribuables pour assainir votre situation budgétaire, vous faites preuve d’austérité, car vos actions se soldent par moins de revenu disponible pour le commun des mortels. Vous qui avez promis de faire les choses différemment, vous faites exactement comme celle et ceux qui vous ont précédé.

Aussi, que dire de certains des ministres que vous avez nommés au début de votre mandat? Je pense d’emblée à votre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui ne connaît visiblement rien du ministère important qu’il est censé diriger. Un ministère aussi important que celui de l’Éducation (deuxième poste budgétaire en importance après celui de la Santé) ne devrait pas être un prix de consolation pour remercier un fidèle lieutenant d’avoir accepté de céder sa place à l’opportuniste Gaétan Barrette. Que vous l’avez nommé à ce poste en premier lieu était surprenant; qu’il soit toujours en poste est carrément scandaleux et met en question votre jugement politique. Notre système d’éducation et nos enfants ne méritent-ils pas mieux que M. Bolduc, un homme qui n’a visiblement pas les compétences nécessaires pour être ministre de l’Éducation?

Vous avez beau former un gouvernement majoritaire confortablement aux commandes pour encore plusieurs années, vous perdez rapidement des plumes et de la crédibilité aux yeux de bien des Québécois. Vous-même avez profité du système lorsque vous avez touché votre prime de départ en quittant votre poste de ministre de la Santé alors qu’un emploi bien rémunéré – que vous avez négocié « pendant les heures de bureau – vous attendait dans le privé. Même constat dans le cas de votre fidèle compagnon d’armes, Jean-Marc Fournier, lorsqu’il a quitté en plein mandat pour aller travailler pour SNC Lavalin. Que dire du Dr Bolduc et de sa prime de 215 000 $ comme médecin dans l’opposition… Oui, tout cela était et demeure légal en vertu des lois votées par les parlementaires (souvent pour les parlementaires), mais qu’en est-il de la moralité de telles primes à la lumière des circonstances dans chaque cas et de ce vous imposez maintenant aux Québécois? Deux poids deux mesures, encore une fois…

Ensuite, vous vous attendez à ce que le bon peuple vous regarde aller sans broncher, sans se sentir floué et sans tomber dans le piège d’un cynisme rampant, qui agit tel un cancer sur la crédibilité de nos institutions publiques et de leurs acteurs politiques? Faites amende honorable, prêchez par l’exemple, faites le ménage dans vos propres rangs et peut-être que je serai en mesure de vous croire lorsque vous affirmez que tout ce que vous faites depuis votre entrée en fonctions a pour but de redresser les finances publiques de façon durable pour le mieux-être de mes enfants (et de mes petits-enfants, si j’ai le bonheur d’en avoir un jour). Jusqu’à maintenant, vous échouez le test de la crédibilité…

Sébastien St-François