Archives du mot-clé Jean Charest

Une partie de la Rive-Sud exclue d’un important débat sur son avenir

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D’après un sondage CROP mené auprès des citoyens des trois villes liées que sont Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno-de-Montarville, « près de 84 % des répondants sont en faveur de la tenue d’une consultation populaire afin de donner un mandat clair aux élus municipaux pour demander au gouvernement du Québec de sortir leur ville de l’agglomération. » Lire la suite

Loco Locass avait raison

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La chanson Libérez-nous des libéraux du groupe de rap québécois Loco Locass, composée au lendemain des élections québécoises du 14 avril 2003 (s’étant soldées par l’élection majoritaire du PLQ dirigé par Jean Charest) demeure tout aussi pertinente 13 ans plus tard, en 2016, et ce, autant à Québec qu’à Ottawa. Lire la suite

Sessionem horribilis!

parti-liberal-du-quebecSource : Le Devoir

Bernard Landry, qui aimait s’adresser parfois au peuple en latin à l’époque où il occupait le poste de premier ministre du Québec, utiliserait peut-être ces mots pour qualifier les derniers mois sur la scène politique québécoise, marqués notamment par le départ soudain de Pierre Karl Péladeau, l’homme que M. Landry voyait comme celui qui donnerait enfin aux Québécois leur pays… Lire la suite

Et si Angélil avait été premier ministre?

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Le Québec a perdu un de ses grands bâtisseurs la semaine dernière en la personne de René Angélil, dont la contribution au monde culturel a aidé à propulser le Québec sur la scène mondiale. Cet homme avait une vision, il avait un plan et il a su les mettre en œuvre de main de maître pour faire de Céline Dion la première vedette au rayonnement véritablement planétaire de l’histoire du Québec. Que l’on apprécie ou non l’œuvre musical de la diva québécoise, on ne peut nier son succès et l’efficacité redoutable de l’architecte derrière ce succès.

On peut se demander en quoi le Québec d’aujourd’hui serait différent – et très fort probablement pour le mieux – si quelqu’un de la trempe d’Angélil en avait pris les commandes au moment où la province aurait justement eu besoin d’un politicien visionnaire plutôt que carriériste. Or, depuis le début du millénaire, force est de constater que les personnes ayant accédé à la plus haute fonction au sein de l’État québécois n’avaient pas cette qualité, car ils étaient justement des politiciens de carrière : Bernard Landry (premier ministre désigné ayant pris la relève de Lucien Bouchard à la tête du dernier gouvernement péquiste majoritaire qui, depuis, joue très bien son rôle de belle-mère), Jean Charest (premier ministre responsable de l’explosion de notre dette provinciale qui est loin d’avoir laissé la province en meilleur état à son départ), Pauline Marois (première femme à diriger le Québec, oui, mais rapidement chassée du pouvoir par l’électorat québécois tellement son gouvernement était incohérent et manquait de vision) et maintenant Philippe Couillard – monsieur « Austérité à deux vitesses » qui sabre dans les services aux citoyens et fait des victimes sur le terrain (pensons au cas tout récent du centre Mélaric pour toxicomanes), sans pour autant mettre fin au gaspillage éhonté de fonds publics ailleurs et à plus grande échelle, par exemple dans le dossier du Fonds vert, financé par les taxes environnementales les plus élevées en Amérique du Nord depuis des années sous le prétexte fallacieux de lutter contre les changements climatiques. (Et dire que Québec envisage maintenant la possibilité d’imposer de nouvelles taxes « vertes » aux citoyens déjà les plus taxés sur le continent. Depuis trop longtemps, la vision québécoise semble se résumer à taxer et taxer encore sans pour autant que les problèmes se règlent…)

Comme l’affirmait Alain Dubuc dans La Presse samedi dernier (« Le gouvernement qui n’apprenait pas »), un gouvernement qui se lance dans une vaste opération de redressement budgétaire, comme l’a fait celui de M. Couillard, devrait se doter de mécanismes pour réagir rapidement quand le plan de match connaît des ratés, qu’il fait des victimes innocentes ou qu’il a des effets contraires aux objectifs. Mais, pour cela, ça prend un plan, une vision et une réelle volonté d’agir pour sortir le Québec de sa situation peu envieuse. Pour cela, il faut aussi cesser de gouverner en fonction de son objectif personnel de se faire réélire.

Ce n’est pas le fruit du hasard si aujourd’hui le Québec se classe au neuvième rang des provinces en termes de richesse et recevra, en 2016, plus de 50 % de la péréquation fédérale. Non, c’est le résultat d’une gouvernance au gré des circonstances, axé sur le court terme et des objectifs politiques plutôt que sociétaux, l’œuvre de politiciens davantage préoccupés par leur maintien en poste que par l’assainissement réel et durable de l’État québécois. Et c’est une tendance lourde depuis des décennies. Pendant ce temps, les Québécois font les frais de réformes de toutes sortes, souvent mal réfléchies et pilotées par des ministres aux compétences nébuleuses (au sein de l’actuel conseil des ministres de Philippe Couillard, je pense notamment à François Blais à l’Éducation, à David Heurtel à l’Environnement et à Francine Charbonneau à la Famille – tous trois des ministres médiocres dans la gestion des portefeuilles dont ils sont respectivement responsables), mais la situation globale ne s’améliore pas pour autant et le Québec continue à tourner en rond, voire à s’enfoncer.

Transposez les talents de René Angélil dans un acteur de l’arène politique et imaginez un instant ce à quoi pourrait ressembler le Québec d’aujourd’hui si une vision comparable à celle qu’avait Angélil pour sa protégée avait été mise au service de l’État québécois : des objectifs bien précis à atteindre et un plan réfléchi et bien ficelé pour y arriver. Est-ce rêver en couleur? Probablement, mais il demeure que le Québec a cruellement besoin d’un visionnaire pour en prendre les rênes et le sortir de son marasme. Et Philippe Couillard n’est pas ce visionnaire.

Sébastien St-François

L’obsession de la parité hommes-femmes

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J’aurais pu aussi bien intituler ce billet « Justement, nous sommes en 2015… ». Le 4 novembre dernier, Justin Trudeau, premier ministre nouvellement assermenté du Canada, en réponse à la question d’une journaliste lui demandant pourquoi il accordait autant d’importance à la parité hommes-femmes dans son conseil des ministres, a répondu « Parce que nous sommes en 2015 ». Sa réponse a vite fait le tour de la planète… Une réponse politically correct et moderne, mais une réponse qui ne veut pas dire grand-chose dans le fond et qui contribue à perpétuer le mythe selon lequel le sexisme à l’égard des femmes domine toujours notre société en 2015.

Je ne suis pas sexiste. D’ailleurs, je serais bien mal placé pour l’être étant donné que j’exerce une profession dans laquelle les hommes sont nettement minoritaires (à peine 30 %) et que mes cercles de fréquentations professionnelles et personnelles sont constitués majoritairement de femmes depuis mes années universitaires au début des années 1990. Je connais des femmes très compétentes, des femmes moins compétentes, des hommes très compétents et des hommes moins compétents. Comme il en est de tout un chacun d’entre nous.

L’Encyclopædia Universalis définit le sexisme en les termes suivants : « Le terme sexisme sert à désigner [les] comportements, individuels ou collectifs, qui semblent perpétuer et légitimer la domination des hommes sur les femmes. » Dans Le Petit Larousse, on peut y lire une définition plus neutre du terme : « Attitude discriminatoire fondée sur le sexe. »

Quoiqu’il en soit, la vérité est que les hommes sont autant victimes de sexisme et d’autres formes de discrimination que les femmes en 2015. Il existe des quotas d’embauche dans plusieurs domaines, il faut tenir compte des minorités visibles, etc. En 2015, personne n’est à l’abri d’être victime de discrimination – qu’elle soit fondée sur le sexe, l’âge ou tout autre motif illicite. À plusieurs égards, notre société a institutionnalisé une discrimination qu’elle qualifie de « positive » il y a de cela plusieurs années, dans la foulée du mouvement féministe et des revendications au titre de la Charte des droits et libertés – une des œuvres maîtresses de Trudeau père.

En s’imposant l’obligation de nommer un conseil des ministres paritaire, le premier ministre Trudeau a dû faire des choix sûrement difficiles et, ce faisant, d’autres candidats et candidates ministrables ont vu leur espoir d’être nommés dissiper. Pensons au 16e homme et à la 16e femme dans la liste des ministrables. « Désolé Pablo [Rodriguez, député élu dans Honoré-Mercier]. J’aurais bien aimé te nommer ministre, mais ça me prend une femme pour atteindre la parité et tu n’es pas une femme. » ou « Désolée Alexandra [Mendès, députée élue dans Brossard–Saint-Lambert]. J’aurais bien aimé te nommer ministre, mais ça me prend un homme pour atteindre la parité et tu n’es pas un homme. » Ces deux députés (que j’invoque strictement aux fins de l’exercice, je n’ai évidemment aucune idée des autres personnes ayant été considérées pour occuper un poste de ministre) comptent pourtant plus d’expérience parlementaire que plusieurs nouveaux élus et élues ayant été assermentés mercredi dernier.

Au fil des ans, la question de la parité hommes-femmes est devenue une sorte d’obsession, surtout dans l’arène politique. Jean Charest en avait fait un cheval de bataille et avait réussi à nommer un conseil des ministres paritaire en 2007, ce dont il était bien fier. Rappelons-nous que parmi les élues libérales membres de ce conseil figurait Julie Boulet, une pharmacienne de formation, nommée ministre titulaire du portefeuille des transports… Je n’ai rien contre les pharmaciens (mon père en était un), mais avouons qu’elle n’avait pas vraiment les compétences requises pour gérer cet important ministère.

Il est en souvent de même en politique municipale. Dans mon patelin, les femmes sont majoritaires au conseil de ville depuis 2009. Aucune de ces femmes en poste depuis maintenant six ans n’a brillé par des compétences marquées, pas plus que leurs collègues masculins. Le sexe d’une personne n’a rien à voir avec sa compétence. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi, car la compétence n’est innée ni chez l’homme ni chez la femme. La compétence se développe sans égard au sexe.

Tout cela étant dit, sur le plan de l’image, Justin Trudeau a réuni un groupe d’élus représentatifs de la population canadienne, notamment sur le plan de l’âge : la plus jeune ministre (Maryam Monsef, institutions démocratiques) n’a que 30 ans et les ministres les plus âgés – Ralph Goodale (sécurité publique), Lawrence MacAulay (agriculture et agroalimentaire) et Marc Garneau (transports) – ont 66 ans. Parmi les autres heureux élus au conseil, on compte non moins de 11 quadragénaires (la génération X se trouve donc très bien représentée, ce dont je ne peux que me réjouir) et trois trentenaires, dont Mélanie Joly, nommée à un important ministère (Patrimoine canadien) bien qu’elle n’ait aucune expérience parlementaire. Elle devra donc apprendre « sur le tas » comme on dit.

Toutefois, le fait demeure que la compétence d’une personne devrait avoir préséance sur son sexe, justement parce que nous sommes en 2015. Les défis sociaux, sociétaux, économiques, financiers et fiscaux auxquels nous faisons face sont énormes; espérons donc que, derrière cette image politiquement correcte de la parité hommes-femmes, se trouvent les meilleures personnes parmi les 183 élues sous la bannière du Parti libéral du Canada pour gérer le portefeuille auquel elles ont été nommées.

En somme, la parité des sexes au sein du conseil des ministres nommé par Trudeau ne m’impressionne pas. Je jugerai le travail des ministres nommés en fonction de leur compétence ou de leur incompétence. Leur sexe ne m’importe guère…

Sébastien St-François

Goinfré à bloc

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Je feuilletais le cahier Affaires de La Presse du jeudi 16 juillet lorsque je suis tombé sur un visage familier, celui de Thierry Vandal, dans un avis de nomination de la Banque royale du Canada. On y apprend que M. Vandal, PDG d’Hydro-Québec de 2005 au 1er mai 2015 (date de son « départ à la retraite ») vient d’être nommé au conseil d’administration de la RBC. On y apprend aussi qu’il est président du CA de BioFuelNet Canada et qu’il siège à ceux de Veresen inc. (depuis mai dernier), de HEC Montréal et de l’Université McGill.

Que M. Vandal siège à des conseils d’administration, je n’ai aucun problème avec cela. Nous vivons dans un pays en apparence libre et quiconque a le droit fondamental de monnayer ses services. (Il va sans dire que les membres de conseil d’administration des grandes entreprises et institutions financières sont rémunérés en échange de leurs services.) Là où j’ai un problème, c’est qu’un candidat « prestigieux » comme Thierry Vandal risque fort bien de cumuler des nominations à des CA contre rémunération alors qu’il bénéficie – grâce à la société québécoise – d’un parachute doré, et ce, jusqu’à la vie de ses jours.

« Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l’an prochain s’il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu’à mort s’ensuive! À un taux d’indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s’il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. »

Pis encore, rien n’indique que notre bon ex-PDG d’Hydro-Québec – qui s’est contenté grosso modo à livrer les commandes gouvernementales pendant ses dix années en poste – ne renoncera à un traître sou du généreux contrat que lui avait concédé le bon gouvernement libéral de Jean Charest. On dira qu’un contrat est un contrat. Mais en ce contexte d’austérité – où on gratte les fonds de tiroirs –, il y a quelque chose de profondément indécent dans cette situation pour le commun des mortels au Québec.

Le jour même, j’apprenais que le gouvernement Couillard suspend les activités du Centre de développement pédagogique (pour la formation générale en science et technologie) pour un an. Une autre coupure dans le réseau de l’éducation – déjà mal en point… Mais pas question de toucher à Thierry Vandal. Après tout, un contrat, c’t un contrat…

M. Vandal, bon été. Profitez bien de que ce vous avez « mérité » du gouvernement Charest pour services rendus. J’espère, au minimum, que vous aurez la décence d’être très généreux envers les organismes de bienfaisance du Québec qui ont cruellement besoin d’aide. Vous devez au moins cela à la société qui vous accordé, contre son gré et grâce aux dirigeants qui veillent à son bien, le parachute doré qui vous gardera bien ouaté contre l’austérité jusqu’à votre dernier souffle…

Sébastien St-François

Hydro-Québec doit être remis au service des Québécois

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« La nationalisation de l’électricité est nécessaire, pour l’épanouissement des Canadiens français comme nation, pour le développement économique de la province; elle est une entreprise rentable à brève échéance… »
Ces paroles, ce sont ceux de feu René Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles dans le gouvernement de Jean Lesage. La nationalisation de l’électricité était son cheval de bataille. Il avait raison de vouloir nationaliser l’électricité; Hydro-Québec est devenue une fierté des Québécois et une société très, très rentable pour l’État québécois. Mais force est de constater que son étoile pâlit depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, c’en est une véritable vache à lait qui verse à son actionnaire (le gouvernement du Québec) des milliards de dollars annuellement. Hydro-Québec est sans l’ombre d’un doute la société d’État la plus rentable pour le gouvernement. Bien plus que Loto-Québec ou la SAQ. Cependant, il y a une différence fondamentale entre Hydro-Québec, d’une part, et Loto-Québec et la SAQ, d’autre part. Les billets de loterie et l’alcool ne sont pas des biens essentiels (nonobstant les problèmes de jeu compulsif et d’alcoolisme avec lesquels certains membres de la société sont aux prises). À ma connaissance, l’électricité est un bien essentiel. Il suffit d’une panne de courant pour s’en rendre rapidement compte… Sans électricité, notre société dite moderne cesse de fonctionner.

Mais Hydro-Québec répond à des commandes politiques. Pendant la campagne électorale de 2012, Jean Charest avait défendu Gentilly-2 bec et ongle, alors que les libéraux n’avaient aucune intention de garder la centrale nucléaire ouverte. Il voulait simplement ne pas se mettre à dos les électeurs de la région pendant la campagne électorale. Peu après son arrivée au pouvoir, le gouvernement Marois a sonné le glas de Gentilly-2. Par conséquent, une turbine payée 79 M$ par notre argent a été vendue à la ferraille pour un montant dérisoire de 75 000 $. Une perte nette de tout près de 79 M$ pour les Québécois… Au total, la décision des libéraux de maintenir la centrale nucléaire en vie à des fins politiques nous a coûté près de 1 milliard.

Il y a ensuite les investissements qu’Hydro-Québec fait dans l’énergie éolienne, qu’elle revend à perte. Encore une fois, c’est une commande politique, le premier ministre voulant faire belle figure en matière de création d’emplois dans les régions – sur le dos de tous ceux qui reçoivent une facture d’Hydro-Québec chaque mois… Les chefs de parti et de gouvernement instrumentalisent donc Hydro-Québec à des fins politiques et c’est nous – la clientèle prise en otage par ce monopole – qui en faisons les frais.

C’est un fait connu que les employés d’Hydro-Québec sont parmi les mieux traités au Québec sur les plans de la rémunération et des avantages sociaux. De plus, ils ont droit à un régime de retraite à prestations déterminées et leur rente de retraite sera pleinement indexée jusqu’à la fin de leurs jours. Dans le cas du PDG démissionnaire Thierry Vandal, son parachute doré est carrément scandaleux en cette supposée ère d’austérité. Qui paie pour tout cela? Encore une fois, les clients d’Hydro-Québec qui subissent depuis plusieurs années des hausses de tarifs supérieures à l’inflation.

Pour ajouter aux abus, le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, avançait récemment qu’Hydro-Québec continue de facturer des frais de relève de 23 $ par année à ses clients même si leur résidence est munie d’un compteur intelligent, ce qui représenterait un montant de 67 M$ par année pour les 2,9 millions de clients qui ont déjà un compteur intelligent. J’en suis de ce nombre.

Vient ensuite le taux d’intérêt que charge Hydro-Québec à ses clients en défaut de paiement : 14,4 %, soit 2,4 fois plus que le taux d’intérêt de 6 % chargé par Revenu Québec sur les créances d’impôts impayés. Un taux nettement exagéré alors que le taux directeur de la Banque du Canada s’établit à 0,75 % et qu’il est actuellement possible de souscrire une hypothèque sur cinq ans à un taux fixe de moins de 3 %… Pis encore, le ministre responsable d’Hydro-Québec, Pierre Arcand, a avoué ne pas être au courant de ce « problème ». Il a promis de « […] faire part à Hydro-Québec de ce dont me parle le député de Marie-Victorin et nous allons certainement corriger, s’il y a lieu, la situation. » C’est rassurant…

Dans ce même dossier, ce « grand » ministre a formulé un commentaire tellement insignifiant qu’il faut se demander s’il ne nous prend pas pour des valises ou encore s’il n’est tout simplement pas incompétent « à la Bolduc ». En bon libéral, il a sorti la carte PKP et affirmé que Vidéotron chargeait un taux d’intérêt plus élevé à ses clients défaillants qu’Hydro-Québec en plus de facturer l’utilisation du service à l’avance, ce que la société d’État ne fait pas. Euh… Monsieur le Ministre, c’est parce que : primo, Vidéotron est une entreprise privée; secundo, Vidéotron ne vend pas un service essentiel et ne tient pas sa clientèle en otage, contrairement à Hydro-Québec… Vraiment, comme commentaire insignifiant et méprisant à l’égard de la clientèle prisonnière de cette société d’État, c’est dur à battre…

Hydro-Québec ressemble de plus en plus à un monstre à dompter, un monstre d’une opacité déconcertante qui est en train d’appauvrir le Québécois moyen. Il est plus que temps que la société d’État soit tenue de rendre des comptes à l’ensemble de la population du Québec et non seulement à son actionnaire, le gouvernement du Québec. Quelqu’un quelque part semble avoir oublié que le gouvernement du Québec n’est pas le patron de la population québécoise. Cette dernière représente plutôt sa raison d’être…

Sébastien St-François

Les libéraux n’ont rien perdu de leur arrogance

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Plus ça change, plus c’est pareil. S’il y a un trait qui semble coller au Parti libéral du Québec, c’est celui de l’arrogance. C’était un trait manifeste de Jean Charest (mis à part en 2007-2008 après qu’il a été « puni » par l’électorat à diriger un gouvernement minoritaire) que son successeur à la tête du PLQ, Philippe Couillard, semble avoir très bien assimilé.

Plus le temps avance, force est de constater que les libéraux n’ont pas appris grand-chose de leur (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition, après neuf ans de pouvoir. En 2012, pour se faire élire, Philippe Couillard et ses troupes ont multiplié les promesses et les engagements de toutes sortes et capitalisé sur le poing brandi en l’air de PKP pour susciter une fois de plus la crainte d’un troisième référendum au sein de l’électorat québécois. La recette a fonctionné… Les libéraux ont remporté leur pari et ont même réussi à décrocher une majorité malgré toutes les questions qui persistaient sur les relations douteuses entre Philippe Couillard et Arthur Porter et malgré un règne libéral éclaboussé par moult scandales, manigances et magouilles entre 2003 et 2012. Philippe Couillard pouvait bien ne pas aimer son ancien patron politique, il semble néanmoins avoir très bien maîtrisé la recette de ce dernier pour remporter des élections…

Après l’annonce par Philippe Couillard en décembre dernier que les Québécois avaient fait leur part et qu’ils ne subiraient plus de hausses de tarifs suivant la flopée de hausses imposées depuis l’automne dernier, voilà que nous apprenions la semaine dernière que son gouvernement envisage maintenant de majorer de 4 % les tarifs réclamés des personnes hébergées en CHSLD (parmi les membres les plus vulnérables de notre société) et redouble de créativité fiscale en planant sur un projet de taxer l’hébergement en camping.

Pendant ce temps, toujours rien de nouveau ou de concret pour la réforme du système de primes auxquelles ont « droit » les députés démissionnaires, annoncée par Jean-Marc Fournier dans la foulée de l’affaire Bolduc, ou la remise à flot du régime de retraite lourdement déficitaire des membres de l’Assemblée nationale. Thierry Vandal a empoché sa très généreuse indemnité de départ après avoir démissionné de ses fonctions à la tête d’Hydro-Québec et les députés se sont même voté une légère augmentation de salaire tout récemment. La hausse est minime, symbolique, mais ils auraient pu se garder une petite gêne alors que l’assaut contre le portefeuille du contribuable moyen semble loin d’être terminé…

Enfin, la cerise sur le sundae…. Le vire-capot Sébastien Proulx, ancien « pitbull » adéquiste, fait maintenant savoir qu’il pourrait renoncer à son indemnité de départ comme directeur à la planification stratégique au cabinet du premier ministre s’il est élu dans Jean-Talon. Oui, et? CE SERAIT LA MOINDRE DES CHOSES!

Personnellement, je pense que les libéraux ont besoin d’une petite leçon d’humilité pour remettre leurs pendules à l’heure. Malheureusement, dans l’immédiat, ce ne sont que les électeurs des circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon, convoqués aux urnes le 8 juin prochain, qui pourront leur servir cette leçon en n’arrêtant pas leur choix sur Véronyque Tremblay dans Chauveau ou sur Sébastien Proulx dans Jean-Talon pour les représenter à l’Assemblée nationale. La question qui tue : le feront-ils?

Sébastien St-François

Quand les bottines suivent les babines…

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C’était devenu un secret de polichinelle depuis des semaines, voire des mois pour certains. Le député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, initialement élu sous la bannière de l’Action démocratique du Québec en 2008, tire sa révérence de la politique provinciale et tentera de se faire élire sous la bannière conservatrice dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent en octobre prochain.

S’il réussit son pari, comme simple député fédéral, il gagnera deux fois plus qu’il gagnait à Québec, encore plus s’il est nommé ministre dans un gouvernement conservateur reconduit au pouvoir. Par contre, rien à l’heure actuelle ne lui garantit de remporter son pari (d’être élu dans Louis-Saint-Laurent ou de faire partie du prochain gouvernement).

La Coalition Avenir Québec perd du coup une autre pointure forte – rappelons le départ de Christian Dubé l’année dernière – et on peut certes se demander ce que réserve l’avenir à l’ex-ADQ qui peine à se tailler une place à l’Assemblée nationale, et ce, même si François Legault prétend y représenter la véritable opposition en cette période de tumulte pour les péquistes après leur déconfiture d’avril 2014… Depuis un bon moment, la relation entre MM. Legault et Deltell était tendue. Après la dernière élection générale, le chef de la CAQ a dépouillé M. Deltell de son titre de leader parlementaire au profit de François Bonnardel. C’est quand même Gérard Deltell qui avait piloté la fusion de l’ADQ ayant permis à la CAQ d’être représentée à l’Assemblée nationale.

Cette démission arrive un an jour pour jour après l’élection de l’actuel gouvernement dirigé par Philippe Couillard au terme du scrutin général du 7 avril 2014. Elle s’ajoute à une liste de démissions qui s’allonge depuis : Christian Dubé (CAQ, août 2014), Élaine Zakaïb (PQ, septembre 2014), Yves Bolduc (PLQ, février 2015)… Chaque démission se solde par l’obligation de tenir une élection partielle au coût de quelque 600 000 $ pour les contribuables québécois. Une tendance encourageante se dessine néanmoins. Malgré qu’une loi abolissant les indemnités de départ auxquels les démissionnaires de l’Assemblée nationale ont toujours « droit » se fait encore attendre, tous les démissionnaires depuis la dernière élection générale – à l’exception du profiteur libéral Yves Bolduc – ont renoncé à leur prime.

Dans le cas de M. Deltell, on peut dire que les bottines ont suivi les babines. Il proposait l’élimination de ces primes indécentes (rappelons qu’un travailleur « ordinaire » n’a pas droit à l’assurance-emploi en cas de démission) depuis 2010. Et le démissionnaire caquiste est allé encore plus loin en annonçant qu’il renonçait à toucher sa rente de retraite avant l’âge de 65 ans. En tout et partout, il laisse ainsi plus de 400 000 $ sur la table – de quoi payer une partie des coûts de l’élection que son départ rend nécessaire.

S’agit-il de rien de plus qu’une manœuvre politique savamment concoctée pour impressionner la galerie? Bien que certains cyniques se fassent aller sur les réseaux sociaux, j’ai tendance à accorder le bénéfice du doute à M. Deltell. Le montant de près d’un demi-million de dollars – auquel il avait pleinement droit en vertu des règles actuelles que les libéraux ne semblent pas pressés de modifier – est de l’argent bien réel. À ce que je sache, M. Deltell n’est pas indépendant de fortune. D’avoir « mis sur la glace » (pour le citer) une telle rétribution est tout à son honneur et contribue à redonner un peu de dignité à une fonction trop souvent méprisée par ses titulaires démissionnaires. Outre celui d’Yves Bolduc, le nom d’Emmanuel Dubourg – un autre bon libéral – me vient spontanément à l’esprit, mais il y en a eu bien d’autres au fil des années, notamment plusieurs membres du gouvernement actuel qui avaient déjà claqué la porte à la politique.

Dans la foulée de l’« affaire Bolduc », le premier ministre Couillard a exprimé le souhait de mettre fin aux indemnités de départ versées aux députés qui quittent leurs fonctions. Il est plutôt mal placé, ayant lui-même touché une indemnité de quelque 125 000 $ après avoir quitté volontairement son poste de ministre de la Santé dans le gouvernement de Jean Charest. De plus, sous sa gouverne, le Parti libéral a rejeté d’emblée une motion à cet égard déposée en 2013 par Bernard Drainville, alors ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne dans le gouvernement minoritaire dirigé par Pauline Marois.

Le « souhait » du premier ministre Couillard doit devenir une priorité pour son gouvernement afin de mettre fin une fois pour toutes à ces abus qui se font aux frais des contribuables – plus souvent qu’autrement par des membres de la députation libérale. L’histoire nous démontre que rares sont les élus dont les bottines suivent les babines comme ce fut le cas de Gérard Deltell la semaine dernière.

Sébastien St-François

Abri perpétuel contre l’austérité pour Thierry Vandal

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Rappelons que l’actuel président d’Hydro-Québec, Thierry Vandal – un bon militant libéral nommé à ses fonctions en 2005 par le gouvernement de Jean Charest –, a annoncé il y a quelque temps qu’il quittait volontairement son poste à la fin du mois d’avril après dix ans à la tête de la société d’État qui est devenue une véritable vache à lait pour le gouvernement du Québec au cours des dernières années.

En partant, M. Vandal aura droit, après le 1er mai prochain, à une très généreuse indemnité de départ de plus de 560 000 $ alors qu’il quitte – rappelons-le – volontairement : on ne le met pas à la porte. Pis encore, la semaine dernière, les médias nous révélaient un régime de retraite qui dépasse tellement l’entendement que c’en est scandaleux – surtout en cette ère d’austérité que nous impose le successeur libéral de Jean Charest, Philippe Couillard.

Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l’an prochain s’il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu’à mort s’ensuive! À un taux d’indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s’il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. Et ce pactole lui est « dû » après seulement dix ans de service! Mais encore, en vertu de son contrat de travail, chaque année travaillée par M. Vandal au cours des dix dernières années en a compté pour deux. Rien de trop bon pour un chum!

Être membre de l’actuel gouvernement libéral, qui vient tout juste de déposer son deuxième budget d’austérité après une vague de coupures, de compressions et de hausses de tarifs de toutes sortes, je serais extrêmement gêné de me présenter devant mes commettants en ce moment. Mais, bon, il faut croire que la gêne n’est pas une valeur fortement ancrée au sein de cette formation politique entachée plus d’une fois par des scandales et des soupçons de toutes sortes au fil des ans.

Pierre Arcand, le ministre des Ressources naturelles et ministre responsable d’Hydro-Québec, a tenté de consoler le bon peuple en affirmant que les conditions d’embauche du nouveau président d’Hydro-Québec seraient réévaluées « dans la rigueur nécessaire qu’il faut ». (Est-ce juste moi ou plusieurs ministres dans ce gouvernement maîtrisent péniblement le français?)

Ce disant, pas question de toucher au parachute doré consenti à Thierry Vandal. Au contraire, le ministre Arcand l’a défendu en invoquant qu’Hydro-Québec compte 20 000 employés et des actifs de plus de 74 milliards de dollars. Pour lui, « il est normal que ses dirigeants aient des conditions qui soient quand même attrayantes ». Il a également défendu l’extrêmement généreux régime de retraite dont bénéficiera M. Vandal jusqu’à la fin de ses jours. Voilà ce qu’en pensent celles et ceux qui s’attaquent à la classe moyenne depuis qu’ils ont repris le pouvoir en septembre 2012 après un (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition. De toute évidence, M. Arcand et moi-même ne vivons pas sur la même planète, peut-être même pas dans la même galaxie.

En effet, je m’inscris totalement en faux contre cet argument. Si les Québécois doivent offrir de telles conditions pour trouver quelqu’un qui accepte de diriger une société d’État (pas les États-Unis d’Amérique), on a un méchant problème…

De toute évidence, les Québécois ne peuvent compter sur leur gouvernement pour remettre les pendules à l’heure. Il reste à voir si Thierry Vandal a une conscience sociale et morale… Mais je ne parierais pas trop là-dessus pour qu’il renonce partiellement à ses avantages nettement exagérés. Un contrat est un contrat, n’est-ce pas?

Il en demeure que M. Thierry Vandal sera bien protégé contre une quelconque austérité – et ce, à nos frais – jusqu’à ce qu’il rende son dernier souffle. Comme dirait l’autre des Têtes à claques, « c’est-tu pas wonderful ça! »

Par ailleurs, le budget 2015-2016 déposé jeudi dernier par le ministre des Finances, Carlos Leitao, prévoit une hausse éventuelle du taux d’imposition de ma PME de l’ordre de près de 50 %. Bravo! Continuons d’en soutirer toujours plus des mêmes contribuables, mais il ne faut surtout pas toucher aux amis du bon Parti libéral ou à leurs parachutes dorés payés par ces mêmes contribuables qui sont écrasés par le fardeau fiscal le plus lourd en Amérique du Nord. Force est de constater que le gouvernement de Philippe Couillard n’a pas plus de crédibilité en cette matière que celui qu’a dirigé Jean Charest pendant neuf ans.

M. Vandal, profitez bien de votre retraite dorée à nos frais pendant que nous continuons de passer à la caisse de l’État pour vous la payer!

Sébastien St-François