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Rapport dévastateur sur l’agglomération de Longueuil

planSource : Site de l’Agglomération de Longueuil

Lundi, La Presse+ a publié un article portant sur l’analyse par Robert Gagné des HEC Montréal de l’agglomération de Longueuil, créée en 2006 (il y a dix ans) par le gouvernement Charest dans la foulée du mouvement défusionniste… Un rapport dévastateur : partage des dépenses inéquitable, pouvoirs trop centralisés à la ville centre, manque de transparence, états financiers opaques et incompréhensibles – tout y passe. Lire la suite

Goinfré à bloc

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Je feuilletais le cahier Affaires de La Presse du jeudi 16 juillet lorsque je suis tombé sur un visage familier, celui de Thierry Vandal, dans un avis de nomination de la Banque royale du Canada. On y apprend que M. Vandal, PDG d’Hydro-Québec de 2005 au 1er mai 2015 (date de son « départ à la retraite ») vient d’être nommé au conseil d’administration de la RBC. On y apprend aussi qu’il est président du CA de BioFuelNet Canada et qu’il siège à ceux de Veresen inc. (depuis mai dernier), de HEC Montréal et de l’Université McGill.

Que M. Vandal siège à des conseils d’administration, je n’ai aucun problème avec cela. Nous vivons dans un pays en apparence libre et quiconque a le droit fondamental de monnayer ses services. (Il va sans dire que les membres de conseil d’administration des grandes entreprises et institutions financières sont rémunérés en échange de leurs services.) Là où j’ai un problème, c’est qu’un candidat « prestigieux » comme Thierry Vandal risque fort bien de cumuler des nominations à des CA contre rémunération alors qu’il bénéficie – grâce à la société québécoise – d’un parachute doré, et ce, jusqu’à la vie de ses jours.

« Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l’an prochain s’il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu’à mort s’ensuive! À un taux d’indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s’il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. »

Pis encore, rien n’indique que notre bon ex-PDG d’Hydro-Québec – qui s’est contenté grosso modo à livrer les commandes gouvernementales pendant ses dix années en poste – ne renoncera à un traître sou du généreux contrat que lui avait concédé le bon gouvernement libéral de Jean Charest. On dira qu’un contrat est un contrat. Mais en ce contexte d’austérité – où on gratte les fonds de tiroirs –, il y a quelque chose de profondément indécent dans cette situation pour le commun des mortels au Québec.

Le jour même, j’apprenais que le gouvernement Couillard suspend les activités du Centre de développement pédagogique (pour la formation générale en science et technologie) pour un an. Une autre coupure dans le réseau de l’éducation – déjà mal en point… Mais pas question de toucher à Thierry Vandal. Après tout, un contrat, c’t un contrat…

M. Vandal, bon été. Profitez bien de que ce vous avez « mérité » du gouvernement Charest pour services rendus. J’espère, au minimum, que vous aurez la décence d’être très généreux envers les organismes de bienfaisance du Québec qui ont cruellement besoin d’aide. Vous devez au moins cela à la société qui vous accordé, contre son gré et grâce aux dirigeants qui veillent à son bien, le parachute doré qui vous gardera bien ouaté contre l’austérité jusqu’à votre dernier souffle…

Sébastien St-François

Boucherville a perdu le sens des priorités

annonce_budget_groupe_17dec2014_media_WEB_20131218909Source : boucherville.ca

Je suis de ceux qui signeront le registre à l’hôtel de ville le lundi 10 novembre pour m’opposer au règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer le projet de complexe aquatique du maire Jean Martel.

Pourtant, je suis favorable à l’aménagement d’une nouvelle piscine, car notre piscine municipale est une véritable honte. Chaque fois que j’accompagne mon fils à ses cours de natation hebdomadaires, je n’en reviens pas combien cette installation est rendue vétuste, non hygiénique et j’en passe…

Par contre, un moment donné, il faut avoir le sens des priorités. Selon le Palmarès des municipalités dressé par HEC Montréal, Boucherville se classe au 652e rang sur 766 municipalités à l’échelle provinciale (au 22e rang sur 24 pour ce qui est des municipalités de 25 000 à 49 999 habitants). Le panier de services y coûte 42,9 % plus cher que dans les municipalités de même taille. Entre 2009 et 2012 (premier mandat de Jean Martel), la croissance annuelle moyenne des coûts de voirie par kilomètre et des coûts du réseau d’égout par kilomètre de conduite a baissé de 30,3 % et de 27,36 % respectivement. Cela m’indique que nous accusons de plus en plus de retard dans la réfection de nos infrastructures routières et souterraines – pourtant une priorité absolue quelle que soit la municipalité.

Quant au projet de complexe aquatique du maire, il y a déjà eu dépassement des coûts d’architecture de l’ordre de 25 %. Dans le passé, plusieurs des projets chers à notre maire ont coûté plus cher qu’annoncé : pensons au Cercle social Pierre-Boucher et au Centre d’arts (projet non encore terminé en raison de moult problèmes). Je suis donc peu confiant que l’enveloppe de 34 M$ pour le complexe aquatique soit respectée à terme.

Boucherville compte 42 000 âmes et environ 15 000 contribuables. À mon avis, un projet de 34 M$ – même en tenant compte de subventions de l’ordre de 10 M$ selon l’administration municipale – dépasse la capacité de payer de notre population si nous tenons compte de toutes les autres priorités qui sont actuellement négligées pour des raisons politiques. Oui, ça nous prend de nouvelles installations aquatiques, mais le projet du maire est trop ambitieux pour nos moyens. Le déficit d’entretien de nos infrastructures s’alourdit (tôt ou tard, ça va finir par nous « péter dans la face ») et Québec vient d’imposer des compressions de l’ordre de 300 M$ pour 2015. Il y aura nécessairement un manque à gagner…

Malgré les paroles réconfortantes de notre maire et de son responsable des finances (Dominic Lévesque), ça ne va pas si bien que cela à Boucherville si on se fie au palmarès de HEC Montréal. Je vais donc m’opposer au règlement d’emprunt pour le complexe aquatique et demander au conseil municipal de refaire ses devoirs.

La gestion des deniers publics est responsable et rigoureuse à Boucherville? Permettez-moi d’entretenir mes doutes…

Sébastien St-François

Où s’en va-t-on au juste?

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La semaine qui se termine en aura été une difficile pour les Québécois qui suivent un tant soit peu l’actualité économique et politique. On peut bien continuer à se garder la tête dans le sable, la réalité est en train de nous rattraper à la vitesse grand V… Nous sommes dans la dèche!

Dans sa chronique de lundi dernier, Alain Dubuc de La Presse est revenu à la charge avec un titre déjà utilisé à plus d’une reprise par d’autres chroniqueurs : « Le mur ». Il y est question des prévisions présentées par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke au terme d’un exercice auquel ont participé entre autres les économistes Luc Godbout et Pierre Fortin. Le portrait qu’on nous dresse n’a rien de réjouissant.

Ensuite, mercredi, nous avons appris que le Québec vit au-dessus de ses moyens selon une étude réalisée par le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal. Le constat est clair. Depuis des décennies, le Québec (l’État) et les Québécois consomment plus qu’ils ne produisent. Conséquence : un endettement chronique et un net recul par rapport aux autres provinces canadiennes et aux États américains. La conclusion est alarmante : « Ce bilan révèle que le Québec n’a plus les moyens de ses ambitions. Seule une réduction de ses charges fiscales pourrait freiner l’étouffement dont souffre son développement. Et si cet État souhaite maintenir son niveau de dépenses publiques actuel, un recours plus grand à la tarification des services publics semble devenir incontournable. »

Jeudi, c’était au tour du ministre fédéral Denis Lebel de lancer un cri du cœur. Le Québec doit mettre fin à sa dépendance de la péréquation. La province est récipiendaire de péréquation depuis les années 1960, et le montant qu’il touchera pour l’année 2014-2015 atteindra 9,3 milliards de dollars – un montant sans précédent qui représente plus de 55 % de l’enveloppe destinée à l’ensemble du pays. Selon lui, le Québec est devenu une terre de moratoires, de manifestations et de « peur d’avoir peur ».

La réalité ne laisse aucune place à l’interprétation : le Québec est pauvre et s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté, car ses dirigeants politiques – tous niveaux de gouvernement confondus – n’ont pas le courage de prendre les décisions difficiles – très difficiles – qui s’imposent et qui ne pourront plus être pelletées dans la cour des générations futures sans mettre en péril l’avenir immédiat de l’ensemble des Québécois. Mon fils aura six ans le 15 février prochain. Quelle sorte d’avenir sommes-nous en train de léguer à sa génération en raison de notre irresponsabilité et de notre manque de courage?

Dur, dur le rappel lancé cette semaine au gratin politique du Québec et à l’ensemble des Québécois. Le mur se dresse tout juste devant nous et il finira par nous écraser si nous ne réussissons pas à nous extirper rapidement du marasme qui nous paralyse depuis maintenant des décennies.

Sébastien St-François