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Deux victoires, une défaite, une montée, un retour et de l’enfantillage

150610_7q7oq_duceppe-beaulieu-couple_sn635Quelle semaine bizarre nous venons de vivre sur la scène politique! Je ne sais pas si le décès de Jacques Parizeau y est pour quelque chose (peut-être tire-t-il des ficelles de Là-haut), mais nous avons été témoins de plusieurs événements des plus étranges.

Commençons par les élections partielles du 8 juin dans les circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon. Bon, Jean-Talon est rouge depuis que la circonscription existe, mais on aurait pu croire que, après le passage d’Yves Bolduc comme député, les électeurs de cette circonscription aient voulu sanctionner le gouvernement, d’autant plus que Philippe Couillard avait choisi Sébastien Proulx, un vire-capot adéquiste converti à la cause libérale, pour y représenter les couleurs du parti. Eh bien, non, M. Proulx a réussi l’exploit réalisé par le transfuge Gaétan Barrette en 2012 et récolté près de 42 % des voix… D’aucuns se demanderaient si un cochon décoré d’une boucle rouge réussirait à se faire élire dans cette circonscription.

Dans Chauveau, ce fut toute une dégelée pour la candidate Jocelyne Cazin et la Coalition Avenir Québec. Gérard Deltell y avait remporté une majorité de plus de 10 000 voix en 2012 et représentait la circonscription depuis 2007. Un autre gain pour les libéraux, et ce, malgré la grogne populaire contre le PLQ et ses politiques dites d’austérité. Certains prétendent que l’actuelle conjoncture politique nous condamne à élire des gouvernements libéraux successifs pendant de longues années. D’autres invoquent un retour à la polarisation du vote entre fédéralistes et indépendantistes (retour prévisible depuis l’entrée en politique de Pierre Karl Péladeau et la sempiternelle tendance des libéraux à faire peur au monde en invoquant la menace référendaire pour gagner leurs élections). Pour ma part, j’éprouve de plus en plus de difficulté à justifier la pertinence de la formation de François Legault à l’Assemblée nationale. Serions-nous condamnés à la dualité politique dans la Belle Province?

D’ailleurs, toujours dans Chauveau, le Parti conservateur du Québec a quadruplé son nombre de votes. En effet, le parti d’Adrien Pouliot, qui se définit « à droite du centre », a progressé de 4 %, alors que la CAQ a perdu 18 % par rapport à la dernière élection générale. Pour de plus en plus d’électeurs, le mythe selon lequel la CAQ est un parti de droite est une fausseté. La CAQ de l’après ADQ est devenu un mélange de n’importe quoi qui tente de plus en plus péniblement de se faire une image auprès de l’électorat québécois et de se tailler une place dans le paysage politique de la province. Pour ma part, incapable de voter pour les péquistes ou les libéraux (je soutiens depuis longtemps que ces deux vieux partis ont fait leur temps), j’ai dû me rabattre sur la Coalition Avenir Québec parce que le PCQ ne présentait pas de candidat dans ma circonscription en septembre 2012 ou en avril 2014. Cependant, je me retrouve de plus en plus dans les idées véhiculées par Adrien Pouliot et de moins en moins dans le méli-mélo que nous sert François Legault. À se fier aux résultats exposés ci-dessus, je suis loin d’être le seul…

Passons maintenant au retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc Québécois, annoncé mercredi dernier. Probablement l’événement politique le plus surprenant de toute la semaine. Celui qui a dirigé la formation souverainiste de 1997 à 2011, année où il a été battu à plate couture, affirme maintenant qu’il veut participer à l’avenir dans un contexte qu’il qualifie de « nouveau cycle politique ». Disons-nous les vraies choses : il est de retour pour tenter de sauver le BQ de la disparition, sur la base d’un sondage (commandé par qui, on ne le sait pas) dont les résultats indiquaient que le parti était quasi condamné à être balayé du paysage politique sous la direction de Mario Beaulieu – un militant admirable et pugnace, pour citer Mathieu Bock-Côté. Il reste à voir si M. Duceppe remportera son pari le 19 octobre prochain. À entendre les vieux arguments qu’il ressort depuis l’annonce pour justifier la pertinence du Bloc en 2015, il a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail devant lui…

Pour conclure, comment passer sous silence ces policiers de Montréal déguisés en clowns lors des funérailles d’État de M. Parizeau le mardi 9 juin? Je ne sais pas ce que ces « 100 watts » pensaient accomplir en portant leurs costumes loufoques pour cet événement solennel, mais tout ce qu’ils ont réussi à accomplir, c’est démontrer leur manque flagrant de jugement et leur mépris ainsi que ternir une fois de plus le blason de leur métier. D’ailleurs, il serait temps qu’ils en reviennent.

Après le saccage de l’hôtel de ville de Montréal en août 2014, auquel les policiers du SPVM avaient assisté sans intervenir au nom de la sacrosainte « solidarité syndicale », ces syndiqués responsables d’appliquer la loi et de veiller au maintien de l’ordre ont perdu la bataille de l’opinion publique. Le projet de loi 3 sur les régimes de retraite a été adopté en décembre dernier et c’est chose faite. Je ne comprends vraiment pas ce que les policiers du SPVM cherchent à accomplir maintenant, mais ça suffit les costumes de clowns! S’il faut adopter une loi pour mettre fin à cet enfantillage et ce mépris flagrant à l’égard de la population, bien qu’on le fasse au plus vite! Le cirque a assez duré!

Sébastien St-François

PKP remporte sa mise. Ensuite?

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Voilà, c’est fait. Ayant récolté 57,6 % des votes au premier tour marquant la fin d’une course qui a semblé interminable, Pierre Karl Péladeau est devenu le huitième chef à diriger le parti fondé en 1968 par René Lévesque dans l’espoir de faire du Québec un pays… Jean-Marc Fournier pourra continuer de jouer sa cassette du « Parti Québecor », Sam Hamad pourra continuer de sortir des âneries comme « ce qui est important pour nous, c’est l’économie et l’emploi », Philippe Couillard pourra ressortir le spectre d’un troisième référendum en 2018 pour se faire reconduire au pouvoir… La guéguerre que se livrent les souverainistes et les fédéralistes n’est pas près de cesser de paralyser la Belle Province.

En effet, les libéraux doivent jubiler à l’idée d’avoir le baron québécois des médias comme chef de l’Opposition officielle pendant les trois prochaines années. Quant aux caquistes de François Legault, ils ne l’avoueront jamais, mais le PQ de PKP pourrait leur faire mal en 2018. L’élection de PKP pourrait même s’avérer salutaire pour Québec solidaire, car plus d’un péquiste ayant voté pour Martine Ouellet ou Alexandre Cloutier risque de ne plus se retrouver dans le parti du huitième chef. On peut même se demander si Bernard Drainville en a encore pour longtemps comme député du PQ. Il avait la mine extrêmement basse au Centre des congrès de Québec vendredi soir dernier. Certains diront qu’il avait l’air d’un homme démoli.

Je ne suis pas péquiste, mais l’avoir été, j’aurais été de ceux ayant espéré un deuxième tour et mon choix se serait arrêté sur Cloutier. Le plus jeune (mais néanmoins plus expérimenté en matière parlementaire) des candidats à la chefferie du PQ a malgré tout réussi un score fort honorable, avec 29,2 % des suffrages exprimés. Il est d’ailleurs étonnant que seulement 72,9 % des membres ayant droit de vote ont exercé ce droit. Je me serais attendu à un taux de participation plus élevé vu l’importance de l’enjeu pour les péquistes. Il ne faut pas perdre de vue que le PQ a connu le pire résultat électoral de son histoire en avril 2014.

Mais le destin a voulu que les membres du PQ choisissent PKP. Les « purs et durs » en quête d’un pays depuis des décennies ont passé outre à l’éléphant dans la pièce et décidé que c’est PKP qui est le plus apte à assouvir leur soif indépendantiste. De déclarer le nouveau chef : « Vous m’avez donné un mandat fort et clair : faire du Québec un pays. » M. Péladeau devrait garder à l’esprit que ce mandat lui a été donné par un peu moins de 30 000 Québécois (71 000 membres x 72,9 % x 57,6 %). Il lui reste encore un travail colossal à abattre pour obtenir de l’électorat québécois le mandat qu’il prétend avoir obtenu (de scinder le Québec de la fédération canadienne).

Nonobstant le mandat dont il se croit investi, Pierre Karl Péladeau – et le PQ – a maintenant un problème bien réel et ce problème devra être réglé rapidement. Le « cas de PKP » sera examiné en commission parlementaire à compter du 26 mai. Il y a fort à parier que les libéraux tentent d’en faire une espèce de tribunal politique pour « régler le cas de Péladeau ». Le risque d’un débat bassement partisan qui dérape est donc bel et bien présent, mais la question de fond demeure néanmoins d’une importance capitale pour l’ensemble de la population québécoise et le fonctionnement de notre système parlementaire.

Pierre Karl Péladeau peut-il occuper le poste de chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale tout en demeurant l’actionnaire de contrôle de Québecor? M. Péladeau a beau s’engager à placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Cela est la norme. Cependant, peut-il interdire à son fiduciaire de vendre ses actions alors qu’il ne doit avoir aucun droit de regard sur les décisions de ce dernier? Voilà la véritable question.

Il y a quelque chose de résolument surréaliste de voir les péquistes défendre l’actuelle situation alors qu’ils s’étaient acharnés sur le cas du ministre libéral David Whissell pour une simple compagnie d’asphalte. D’affirmer Stéphane Bergeron, le leader parlementaire du PQ à l’époque : « La perception du public vis-à-vis cette situation va être négative, et ils vont conclure qu’il y a un problème. Ça va soulever des questions. Ça en soulève. » Aujourd’hui, il est question d’un géant médiatique ayant des tentacules déployées partout au Québec et tout baignerait dans l’huile… J’avoue y perdre mon latin!

Par ailleurs, on apprenait récemment du président du conseil d’administration de Québecor, l’ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney, que M. Péladeau continuait d’exercer un rôle conseil « de temps à autre » auprès de l’entreprise qu’il contrôle. À la lumière de la victoire de vendredi soir dernier, cette situation devient d’autant plus préoccupante.

Pierre Karl Péladeau a remporté son pari. Il est devenu chef du Parti Québécois et vise maintenant rien de moins que le poste de premier ministre du Québec pour réaliser son rêve et celui des indépendantistes purs et durs. Qu’on apprécie l’homme ou non, c’est son droit le plus fondamental de tenter sa chance. Cependant, étant donné l’objectif qu’il s’est fixé, il doit se départir de ses actions dans Québecor ou, au minimum, renoncer à son droit de regard sur ces actions. Il ne peut plus avoir le beurre et l’argent du beurre.

Sébastien St-François

Quand les bottines suivent les babines…

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C’était devenu un secret de polichinelle depuis des semaines, voire des mois pour certains. Le député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, initialement élu sous la bannière de l’Action démocratique du Québec en 2008, tire sa révérence de la politique provinciale et tentera de se faire élire sous la bannière conservatrice dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent en octobre prochain.

S’il réussit son pari, comme simple député fédéral, il gagnera deux fois plus qu’il gagnait à Québec, encore plus s’il est nommé ministre dans un gouvernement conservateur reconduit au pouvoir. Par contre, rien à l’heure actuelle ne lui garantit de remporter son pari (d’être élu dans Louis-Saint-Laurent ou de faire partie du prochain gouvernement).

La Coalition Avenir Québec perd du coup une autre pointure forte – rappelons le départ de Christian Dubé l’année dernière – et on peut certes se demander ce que réserve l’avenir à l’ex-ADQ qui peine à se tailler une place à l’Assemblée nationale, et ce, même si François Legault prétend y représenter la véritable opposition en cette période de tumulte pour les péquistes après leur déconfiture d’avril 2014… Depuis un bon moment, la relation entre MM. Legault et Deltell était tendue. Après la dernière élection générale, le chef de la CAQ a dépouillé M. Deltell de son titre de leader parlementaire au profit de François Bonnardel. C’est quand même Gérard Deltell qui avait piloté la fusion de l’ADQ ayant permis à la CAQ d’être représentée à l’Assemblée nationale.

Cette démission arrive un an jour pour jour après l’élection de l’actuel gouvernement dirigé par Philippe Couillard au terme du scrutin général du 7 avril 2014. Elle s’ajoute à une liste de démissions qui s’allonge depuis : Christian Dubé (CAQ, août 2014), Élaine Zakaïb (PQ, septembre 2014), Yves Bolduc (PLQ, février 2015)… Chaque démission se solde par l’obligation de tenir une élection partielle au coût de quelque 600 000 $ pour les contribuables québécois. Une tendance encourageante se dessine néanmoins. Malgré qu’une loi abolissant les indemnités de départ auxquels les démissionnaires de l’Assemblée nationale ont toujours « droit » se fait encore attendre, tous les démissionnaires depuis la dernière élection générale – à l’exception du profiteur libéral Yves Bolduc – ont renoncé à leur prime.

Dans le cas de M. Deltell, on peut dire que les bottines ont suivi les babines. Il proposait l’élimination de ces primes indécentes (rappelons qu’un travailleur « ordinaire » n’a pas droit à l’assurance-emploi en cas de démission) depuis 2010. Et le démissionnaire caquiste est allé encore plus loin en annonçant qu’il renonçait à toucher sa rente de retraite avant l’âge de 65 ans. En tout et partout, il laisse ainsi plus de 400 000 $ sur la table – de quoi payer une partie des coûts de l’élection que son départ rend nécessaire.

S’agit-il de rien de plus qu’une manœuvre politique savamment concoctée pour impressionner la galerie? Bien que certains cyniques se fassent aller sur les réseaux sociaux, j’ai tendance à accorder le bénéfice du doute à M. Deltell. Le montant de près d’un demi-million de dollars – auquel il avait pleinement droit en vertu des règles actuelles que les libéraux ne semblent pas pressés de modifier – est de l’argent bien réel. À ce que je sache, M. Deltell n’est pas indépendant de fortune. D’avoir « mis sur la glace » (pour le citer) une telle rétribution est tout à son honneur et contribue à redonner un peu de dignité à une fonction trop souvent méprisée par ses titulaires démissionnaires. Outre celui d’Yves Bolduc, le nom d’Emmanuel Dubourg – un autre bon libéral – me vient spontanément à l’esprit, mais il y en a eu bien d’autres au fil des années, notamment plusieurs membres du gouvernement actuel qui avaient déjà claqué la porte à la politique.

Dans la foulée de l’« affaire Bolduc », le premier ministre Couillard a exprimé le souhait de mettre fin aux indemnités de départ versées aux députés qui quittent leurs fonctions. Il est plutôt mal placé, ayant lui-même touché une indemnité de quelque 125 000 $ après avoir quitté volontairement son poste de ministre de la Santé dans le gouvernement de Jean Charest. De plus, sous sa gouverne, le Parti libéral a rejeté d’emblée une motion à cet égard déposée en 2013 par Bernard Drainville, alors ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne dans le gouvernement minoritaire dirigé par Pauline Marois.

Le « souhait » du premier ministre Couillard doit devenir une priorité pour son gouvernement afin de mettre fin une fois pour toutes à ces abus qui se font aux frais des contribuables – plus souvent qu’autrement par des membres de la députation libérale. L’histoire nous démontre que rares sont les élus dont les bottines suivent les babines comme ce fut le cas de Gérard Deltell la semaine dernière.

Sébastien St-François

J’aimerais bien vous croire, mais…

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« Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les citoyens. Il sera fait par le gouvernement dans son périmètre de dépenses. » M. Couillard, j’aimerais bien vous croire, mais vous n’êtes pas crédible. Comment puis-je croire quelqu’un qui s’était engagé formellement en campagne électorale à ne pas hausser les tarifs de garderie plus que l’inflation, après avoir décrié la hausse à 9 $ prévue par le PQ, pour ensuite annoncer que ces tarifs seront dorénavant modulés jusqu’à hauteur de 20 $ par jour? Votre promesse pouvait bien ne pas tenir la route, mais vous avez néanmoins choisi de la faire. Qu’on se dise les vraies choses. Vous avez remporté votre pari électoral en bon libéral, c’est-à-dire en dupant l’électorat – comme votre prédécesseur libéral, Jean Charest, a réussi à faire à plus d’une reprise pendant son règne. « Ensemble on s’occupe des vraies affaires » était votre slogan électoral. Pourquoi alors n’avez-vous pas choisi la voie de la franchise au lieu de raconter n’importe quoi pendant les élections du printemps dernier? Parce que c’est ainsi qu’on gagne des élections, me direz-vous probablement…

À l’instar de plusieurs de mes concitoyens qui en ont marre de financer contre leur gré cet État tentaculaire qu’est le nôtre, je reconnais d’emblée que le gouvernement du Québec doit faire le ménage, mais il doit aussi le faire dans ses propres rangs, dans ses propres structures, dans ses propres programmes. Tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant, c’est pelleter dans la cour des contribuables, des contribuables qui figurent déjà parmi les plus lourdement imposés et taxés de toutes parts sur le continent. C’est ainsi que vous comptez stimuler notre économie qui tourne au ralenti, en étouffant encore un peu plus cette classe moyenne dont vous prétendez défendre les intérêts?

En véritable vautour, vous vous êtes vite accaparé toute la marge de manœuvre récemment accordée aux familles canadiennes par le Plan d’action économique du gouvernement fédéral. Lorsque j’entends la publicité du gouvernement fédéral vantant que les familles auront dorénavant plus d’argent dans leurs poches, je ne peux m’empêcher de penser « Sauf au Québec… ». Vous avez même l’odieux d’aller gruger dans l’une des très rares baisses de tarifs dont les Québécois devaient bénéficier dès 2016 en haussant la taxe sur l’assurance-automobile alors que la SAAQ a récemment annoncé une baisse de la prime d’assurance-automobile attribuable à l’amélioration considérable du bilan routier au cours des dernières années…

Pendant ce temps, les abus de fonds publics se perpétuent. Juste au cours de la dernière semaine, nous avons appris que la subvention pour le transport d’élèves coûterait 1 M$ en trop et que d’anciens hauts dirigeants de l’Université Laval ont droit à un traitement très généreux bien après qu’ils sont retournés enseigner dans les salles de classe. D’ailleurs, est-il normal qu’un recteur d’université gagne considérablement plus que le premier ministre du Québec pour administrer une université? Ce ne sont que deux petits exemples, M. Couillard, dans une mer de dépenses abusives dont les contribuables font encore les frais alors que vous osez alourdir le fardeau fiscal de familles québécoises qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois. En cette fin de session parlementaire, la Coalition avenir Québec chiffre à 1300 $ par année le fardeau de vos mesures d’austérité. François Legault avait raison : mal de bloc pour les Québécois depuis l’élection d’un gouvernement libéral…

Je sais que vous refusez de parler d’austérité, M. Couillard, mais lorsque vous choisissez de piger dans les poches des contribuables pour assainir votre situation budgétaire, vous faites preuve d’austérité, car vos actions se soldent par moins de revenu disponible pour le commun des mortels. Vous qui avez promis de faire les choses différemment, vous faites exactement comme celle et ceux qui vous ont précédé.

Aussi, que dire de certains des ministres que vous avez nommés au début de votre mandat? Je pense d’emblée à votre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui ne connaît visiblement rien du ministère important qu’il est censé diriger. Un ministère aussi important que celui de l’Éducation (deuxième poste budgétaire en importance après celui de la Santé) ne devrait pas être un prix de consolation pour remercier un fidèle lieutenant d’avoir accepté de céder sa place à l’opportuniste Gaétan Barrette. Que vous l’avez nommé à ce poste en premier lieu était surprenant; qu’il soit toujours en poste est carrément scandaleux et met en question votre jugement politique. Notre système d’éducation et nos enfants ne méritent-ils pas mieux que M. Bolduc, un homme qui n’a visiblement pas les compétences nécessaires pour être ministre de l’Éducation?

Vous avez beau former un gouvernement majoritaire confortablement aux commandes pour encore plusieurs années, vous perdez rapidement des plumes et de la crédibilité aux yeux de bien des Québécois. Vous-même avez profité du système lorsque vous avez touché votre prime de départ en quittant votre poste de ministre de la Santé alors qu’un emploi bien rémunéré – que vous avez négocié « pendant les heures de bureau – vous attendait dans le privé. Même constat dans le cas de votre fidèle compagnon d’armes, Jean-Marc Fournier, lorsqu’il a quitté en plein mandat pour aller travailler pour SNC Lavalin. Que dire du Dr Bolduc et de sa prime de 215 000 $ comme médecin dans l’opposition… Oui, tout cela était et demeure légal en vertu des lois votées par les parlementaires (souvent pour les parlementaires), mais qu’en est-il de la moralité de telles primes à la lumière des circonstances dans chaque cas et de ce vous imposez maintenant aux Québécois? Deux poids deux mesures, encore une fois…

Ensuite, vous vous attendez à ce que le bon peuple vous regarde aller sans broncher, sans se sentir floué et sans tomber dans le piège d’un cynisme rampant, qui agit tel un cancer sur la crédibilité de nos institutions publiques et de leurs acteurs politiques? Faites amende honorable, prêchez par l’exemple, faites le ménage dans vos propres rangs et peut-être que je serai en mesure de vous croire lorsque vous affirmez que tout ce que vous faites depuis votre entrée en fonctions a pour but de redresser les finances publiques de façon durable pour le mieux-être de mes enfants (et de mes petits-enfants, si j’ai le bonheur d’en avoir un jour). Jusqu’à maintenant, vous échouez le test de la crédibilité…

Sébastien St-François

Quel avenir pour la CAQ?

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J’ai voté pour la Coalition Avenir Québec en 2012, puis en avril dernier. Ma circonscription est représentée par la députée caquiste Nathalie Roy depuis septembre 2012. Auparavant, je votais pour l’ADQ – exception faite de 2003, année où j’ai dû [malheureusement] voter pour Jean Charest parce qu’il était le seul chef de parti qui s’engageait à permettre aux municipalités fusionnées de force par le PQ de se défusionner. C’est une des seules fois dans ma vie d’électeur que j’ai voté libéral – après avoir dû me pincer le nez.

Je fais partie de ce groupe non négligeable d’électeurs qui jugent que ni le PLQ ni le PQ ne représentent une option viable ou crédible pour l’avenir du Québec. Ces deux vieux partis doivent se partager le blâme pour la situation pitoyable dans laquelle se trouvent les finances publiques du Québec aujourd’hui, car ce sont les deux seuls partis à avoir gouverné depuis la Révolution tranquille. Bien que la CAQ soit loin de représenter une solution à tous nos maux ou une option pouvant être qualifiée de révolutionnaire, elle apporte néanmoins un certain vent de fraîcheur et de nouvelles idées.

À la lumière des statistiques électorales, je suis loin d’être le seul à penser que les libéraux et les péquistes ne soient plus dignes de confiance. En effet, les résultats des élections générales au Québec depuis plusieurs années – 30,84 % pour l’ADQ en 2007, 16,37 % pour l’ADQ en 2008, 27,05 % pour la CAQ en 2012 et 23,05 % pour la CAQ en 2014 – indiquent que ce sont des centaines de milliers d’électeurs québécois qui ont tourné le dos aux promesses creuses et à l’éthique douteuse des deux vieux partis. L’option dont les bases ont été jetées par Mario Dumont est aujourd’hui loin de représenter une option marginale. Rappelons qu’aux dernières élections générales, si la campagne avait duré une semaine de plus, la CAQ aurait probablement dépassé le PQ et formé l’opposition officielle à l’issue du scrutin.

Vendredi dernier, la CAQ a toutefois perdu un gros morceau en la personne de Christian Dubé, député de Lévis et porte-parole en matière de finances. En entrevue sur les ondes du 98,5 FM avec Guy Simard vendredi midi dernier, M. Dubé a expliqué que le PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, lui avait fait une offre qu’il ne pouvait pas refuser : la vice-présidence de la division Québec. On sent néanmoins au cours de l’entrevue un fond de frustration d’avoir été relégué au rang de député de deuxième opposition. Comme Jacques Duchesneau, qui a décidé de ne pas se représenter aux dernières élections parce qu’il se trouvait « menotté » dans l’opposition à l’Assemblée nationale, M. Dubé a avoué que les choses ne vont pas assez vite à son goût dans l’enceinte politique.

Il prétend qu’il pourra être plus utile à l’économie du Québec comme vice-président de la CDPQ que comme député du deuxième groupe d’opposition à Québec. Il a probablement raison, mais ses bons coups serviront dorénavant davantage au premier ministre libéral qu’au chef de la CAQ. Et je vois très mal Christian Dubé formuler des critiques acerbes en matière d’économie ou de finances publiques à l’endroit du gouvernement de Philippe Couillard maintenant qu’il est à l’emploi de la Caisse. Il devra nécessairement s’imposer un certain devoir de réserve à l’endroit de ses anciens adversaires politiques…

Bien qu’il renonce à son indemnité de départ (l’avoir acceptée aurait été carrément indécent étant donné la CAQ avait déposé un projet de loi – jamais adopté – pour interdire à un député qui quitte ses fonctions en cours de mandat de toucher une telle indemnité sauf s’il démissionne pour des raisons de santé), en quittant ses fonctions de député à peine quelques mois après avoir été élu, M. Dubé rend nécessaire la tenue d’une élection partielle au coût de quelque 600 000 $ au trésor public. Malgré mon respect pour l’homme, je trouve déplorable la décision du politicien membre d’une formation politique qui prône un resserrement et une responsabilisation accrue de l’État. Il aurait pu réfléchir un peu plus longuement à son engagement politique avant de décider de se représenter en avril dernier.

Il sera maintenant intéressant de voir si François Legault réussit à recruter un candidat ou une candidate de la trempe de Christian Dubé pour tenter de conserver la circonscription de Lévis. Trouver un « candidat vedette » risque de ne pas être facile étant donné que la CAQ est vraisemblablement vouée à demeurer le deuxième parti d’opposition à l’Assemblée nationale jusqu’en octobre 2018…

Bien que la CAQ compte d’autres députés qui réussissent assez bien à s’imposer à l’Assemblée nationale (pensons à Éric Caire, François Bonnardel et Nathalie Roy, par exemple), la formation politique n’est pas à l’abri de la perte d’autres membres influents de sa députation. Par exemple, les rumeurs envoyant Gérard Deltell dans les rangs des conservateurs fédéraux en 2015 se font de plus en plus persistants. Si la CAQ continue à perdre de gros morceaux au cours des prochaines années, il faut se demander à quoi ressemblera la troisième voix à l’approche de la campagne électorale de 2018.

Je souhaite vivement que l’électorat québécois mette fin à la dualité PQ-PLQ qui est en bonne partie responsable de l’actuel marasme au Québec. Pour cela, ça prend une nouvelle voix assez forte et crédible pour remplacer les vieux partis. Dans l’immédiat, la CAQ personnifie cette nouvelle voix. Je trouverais très regrettable qu’elle soit incapable de prendre du galon ou qu’elle finisse par disparaître du paysage politique québécois. Il sera donc très intéressant d’observer le déroulement de l’éventuelle élection partielle dans Lévis.

Sébastien St-François

Le sempiternel combat de coqs…

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Vendredi dernier a pris fin la session parlementaire à Québec, à peine six semaines après qu’elle avait commencé. Il faut croire que nos parlementaires à l’Assemblée nationale sont fatigués après une campagne électorale ardue.

Philippe Couillard avait promis que les débats se dérouleraient de façon plus civilisée et respectueuse au Salon bleu sous son règne, mais force est de constater que cette enceinte a encore une fois été le théâtre du sempiternel combat de coqs qui caractérise la politique québécoise depuis des lunes.

Au cours des dernières semaines, le spectacle parlementaire a eu de quoi décourager plus d’un… Les libéraux ont pointé du doigt les péquistes à plus d’une reprise pour l’état critique des finances publiques alors que le PQ n’a formé le gouvernement que pendant 18 mois après neuf années de règne libérale… Par ailleurs, les péquistes ont reproché aux libéraux de ne rien faire pour renforcer l’économie de la province alors que ça ne fait que deux mois que le gouvernement Couillard est en poste. On se lance la balle et la Belle Province fait du surplace pendant ce temps…

C’est probablement François Legault de la Coalition Avenir Québec qui a dressé le bilan le plus près de la réalité de la session parlementaire qui prend fin. Premièrement, M. Legault juge que le PQ ne peut plus aspirer à gouverner. De citer le chroniqueur Vincent Marissal de La Presse : « […] les péquistes sont plus préoccupés en ce moment par l’avenir de leur propre parti que par l’avenir du Québec. » Il y a bien sûr un fond très partisan à une telle déclaration, la CAQ tentant de réaliser des gains auprès de l’électorat et de s’imposer comme la véritable opposition officielle. Il en demeure que le PQ a perdu beaucoup de crédibilité en matière économique au cours des dernières semaines, notamment depuis le dépôt du rapport du vérificateur général du Québec au début du mois. Il est vrai que le PQ a su se relever après avoir été relégué au statut de deuxième groupe d’opposition en 2007, après la cuisante défaite encaissée sous André Boisclair, mais les péquistes n’ont réussi à décrocher qu’un mandat minoritaire depuis ce temps et le résultat du scrutin en 2014 est pire encore que celui de 2007 pour les péquistes – même s’ils ont réussi à réchapper suffisamment de sièges pour former l’opposition officielle.

Deuxièmement, François Legault accorde une note de 5 sur 10 au nouveau gouvernement : « Je pense [qu’il mérite] 10 sur 10 sur les objectifs de contrôle des dépenses, mais 0 sur 10 sur la relance économique […] » (source : « Un sprint politique dans le rétroviseur »). Partisannerie à part, Philippe Couillard s’était engagé à ne pas alourdir le fardeau fiscal des contribuables québécois. Force est de constater que les Québécois se font à nouveau berner : nième hausse des taxes sur le tabac et l’alcool, maintien de la hausse de 4,3 % des tarifs d’hydroélectricité que les ménages québécois ont subie le 1er avril dernier, nouvelles hausses de taxes scolaires à venir parce que le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, se dit « impuissant » devant les commissions scolaires (il faut d’ailleurs se demander ce que Couillard a vu en lui pour le nommer à la tête d’un ministère aussi important).

Au même titre que les éternels combats de coqs auxquels nous assistons dans l’enceinte parlementaire, il faut croire que les électeurs québécois aiment se faire raconter n’importe quoi en campagne électorale. Ça fonctionne. Pour preuve, ils ont récompensé les libéraux en leur accordant un mandat majoritaire (qu’ils ne méritaient pas selon plusieurs dont je suis du nombre), et ce, même s’il était évident que bien des promesses seraient rapidement reléguées aux oubliettes tellement elles ne tenaient pas compte de la réalité à laquelle est confronté l’État québécois aux prises avec de graves problèmes financiers structurels.

En préparation de la reprise des travaux à l’autonome, il reste à voir ce que réserve l’avenir pour la ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre, Lise Thériault. Autant je trouvais qu’elle avait la tête de l’emploi lorsqu’elle dirigeait le ministère du Travail, autant sa prestation est inquiétante depuis les événements d’Orsainville. De citer le chroniqueur Yves Boisvert : « Pas sûr qu’elle ait le doigté pour manœuvrer dans l’univers très délicat des pénitenciers, de la police et de la justice, qui tous ont leurs codes et leurs susceptibilités légitimes. »

Un autre ministre qui sera à surveiller au cours de l’automne est Pierre Moreau, aux Affaires municipales. Comme on pouvait s’y attendre, les syndicats sont montés aux barricades immédiatement après l’annonce du dépôt d’un projet de loi pour forcer les municipalités et les syndicats à renégocier les dispositions des régimes et à les restructurer pour rétablir l’équilibre. Les syndicats crient au hold-up, et la table est mise pour un nouveau combat de coqs entre ces derniers et le gouvernement. Retour dans le passé… Confronté à une situation similaire, en 2003, Jean Charest avait préféré faire l’autruche que jouer au coq. Espérons que la « méthode Couillard » connaisse un aboutissement plus favorable aux contribuables, qui ne peuvent plus financer les généreux régimes de retraite publics sans perpétuer l’injustice sociale qui force de plus en plus de propriétaires – souvent sans régime de retraite autre que leurs propres économies et les prestations gouvernementales – à vendre leur maison, faute de moyens d’absorber les hausses annuelles de taxes décrétées notamment pour absorber des déficits actuariels de plus en plus intenables.

Sébastien St-François

Mon vote en 30 points

Francois David, Francois Legault, Pauline Marois, Philippe Couillard
Bon, le jour J approche et il faut bien finir par se décider. Depuis le 5 mars dernier, je suis assidûment (peut-être trop assidûment) cette campagne électorale que Pauline Marois pourrait bien regretter d’avoir déclenchée.

En cours de campagne, j’ai écrit à plusieurs reprises sur le débat stérile dont nous tiennent captifs le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, débat qui sclérose notre société et fait faire du surplace au Québec depuis des décennies. Le PLQ joue sur la peur (d’un référendum) pour gagner des voix, tandis que le PQ semble vouloir exploiter l’ignorance de certaines gens moins bien informés sur les enjeux sociaux pour réaliser des gains. Dans un cas comme dans l’autre, c’est prendre le monde pour des valises… Les Québécois méritent mieux que ça, et voici donc en 30 points les raisons pour lesquelles j’accorderai mon vote à ce que je considère comme représenter l’option « la moins pire ».

Je ne voterai pas pour le PQ de Pauline Marois pour les raisons suivantes :

  1. Je m’oppose à l’article 1 sur la souveraineté du PQ et je ne veux absolument rien savoir d’un troisième référendum.
  2. Pauline Marois a fait fi de sa propre loi sur les élections à date fixe uniquement dans l’optique partisane de décrocher une majorité de sièges à l’Assemblée nationale. Ce faisant, elle a agi en fonction de ses intérêts politiques personnels plutôt que des intérêts supérieurs du peuple québécois. Je n’ai pas envie de récompenser son geste électoraliste.
  3. Pauline Marois a manqué de respect envers les Québécois en les convoquant aux urnes pour ainsi s’esquiver de son obligation de s’expliquer en commission parlementaire sur l’histoire du « deal » avec la FTQ.
  4. Pauline Marois aurait déclenché des élections entre autres pour éviter que le PQ ne soit éclaboussé par la CEIC, selon Jacques Duchesneau. J’ai tendance à croire M. Duchesneau, et ce, même si le PQ l’a mis en demeure à la suite de sa déclaration.
  5. Pauline Marois dirige un « vieux parti » ayant contribué, au cours des quatre dernières décennies, à faire en sorte que le Québec se classe aujourd’hui à l’avant-dernier rang des provinces en termes de richesse, tout juste devant l’Île-du-Prince-Édouard.
  6. Pauline Marois dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC.
  7. Pauline Marois et son gouvernement ont créé un climat de grande instabilité économique au cours des 18 dernier mois.
  8. Pauline Marois s’est servie de son projet de charte sur la laïcité pour semer la division au sein de la population québécoise.
  9. Pauline Marois aurait considérablement alourdi le fardeau des Québécois qui contribuent déjà beaucoup à l’assiette fiscale si elle avait décroché une majorité en septembre 2012. Elle voulait notamment imposer une hausse d’impôt rétroactive.
  10. Pauline Marois n’a pas respecté une de ses promesses phares de la campagne électorale de 2012, soit celle d’abolir la taxe santé des libéraux, qu’elle qualifiait d’ignoble.

Je ne voterai pas pour le PLQ de Philippe Couillard pour les raisons suivantes :

  1. Philippe Couillard, comme Pauline Marois, dirige un « vieux parti » ayant contribué à l’appauvrissement collectif du Québec au fil des dernières décennies.
  2. Philippe Couillard laisse planer un flou sur ses liens avec le Dr Arthur Porter en refusant de répondre aux questions qui perdurent à cet égard. Son passé soulève beaucoup de questions sur son sens éthique.
  3. Philippe Couillard dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC au point d’avoir perquisitionné ses bureaux à plus d’une reprise.
  4. Philippe Couillard dirige le parti ayant voté à 11 reprises contre la création d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, soit la Commission Charbonneau. Et, maintenant, l’UPAC scrute à la loupe l’agenda de l’ancien premier ministre Charest.
  5. La Commission Charbonneau n’a pas encore fait toute la lumière sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest, et Philippe Couillard nous demande de confier le destin du Québec à son parti pour les quatre prochaines années.
  6. Philippe Couillard s’est négocié un job dans le privé alors qu’il était encore ministre de la Santé dans le gouvernement Charest – une pratique très questionnable ayant d’ailleurs mené à la « Clause Couillard » dans l’actuel Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale.
  7. Philippe Couillard présente dans son équipe de candidats 18 anciens ministres du gouvernement Charest et tente de nous faire croire que le ménage a été fait et que le PLQ s’est renouvelé.
  8. Philippe Couillard s’est dit à l’aise avec tout l’héritage du PLQ, incluant les années Charest sur lesquelles planent encore beaucoup de soupçons et de questions sans réponse.
  9. Avant le déclenchement des élections, Philippe Couillard a agi de manière bassement partisane en faisant de l’obstruction pour faire mourir au feuilleton le projet de loi sur l’aide médicale à mourir – un projet de loi qui faisait pourtant consensus à l’Assemblée nationale.
  10. Philippe Couillard préfère faire peur aux Québécois (référendum) que leur démontrer qu’il est capable de faire de la politique autrement : s’il est élu, il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’un traditionnel gouvernement libéral – ce dont je ne veux pas.

Je compte voter pour la CAQ de François Legault pour les raisons suivantes :

  1. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui ose rompre un peu soit-il avec le statu quo responsable du présent marasme au Québec.
  2. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît la présence du mur qui se dresse devant nous ainsi que l’urgence de donner préséance aux services plutôt qu’aux structures.
  3. François Legault est le seul des trois principaux chefs à compter une expérience concrète de gestion acquise dans le secteur privé, expérience qui s’avérerait fort utile au Québec en ce moment.
  4. François Legault est comptable agréé et reconnaît qu’on ne peut plus laisser aller le saccage qui consiste à continuer à utiliser « la carte de crédit de nos enfants » pour payer nos services actuels.
  5. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît que le fardeau fiscal est trop élevé au Québec et veut s’y attaquer.
  6. François Legault est seul des trois principaux chefs qui reconnaît que la bureaucratie est trop lourde au Québec et s’engage à l’alléger.
  7. François Legault compte plusieurs candidats issus du milieu des affaires dans son équipe, contrairement au PQ et au PLQ qui ont choisi de faire le plein d’économistes (même Pierre Karl Péladeau reconnaît que les économistes ne créent pas d’emplois).
  8. François Legault incarne une voix nécessaire au Québec et les Québécois seraient perdants si cette voix n’était plus représentée à l’Assemblée nationale. En septembre 2012, près de 1,2 M d’électeurs ont voté pour la Coalition Avenir Québec.
  9. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui propose une charte des municipalités pour s’attaquer aux déficits actuariels des régimes de retraite municipaux.
  10. François Legault est le seul à diriger un parti n’ayant jamais été au pouvoir, et il ne pourrait qu’apporter un brin de fraîcheur à la gouvernance de notre province.

Cette année, je m’inscris en faux contre le « vote stratégique » et je voterai selon ma conscience et en fonction des enjeux que je considère prioritaires. Je vous invite à faire de même. Et, en pleine Commission Charbonneau, aucun parti ne mérite un mandat majoritaire. Il reste encore trop de ménage à faire. Bon vote!

Sébastien St-François

Et si nous débattions des priorités?

Débat bleu rouge
C’est incroyable comment une seule personne, en l’occurrence Pierre Karl Péladeau, peut changer toute la dynamique d’une campagne électorale. On se rappellera qu’à l’annonce officielle de sa candidature, le dimanche 9 mars dernier, M. Péladeau – brandissant le poing – a affirmé haut et fort qu’il sautait dans l’arène politique pour faire du Québec un pays, pour réaliser la souveraineté. Son objectif a le mérite d’être clair.

En fait, il ne faut pas « blâmer » uniquement PKP pour ce changement de cap dans la campagne en cours, car les journalistes ont vite fait de sauter sur l’occasion pour assaillir M. Péladeau de questions sur ses intentions chaque fois qu’ils en avaient l’occasion. À un point tel que Pauline Marois a décidé, jeudi dernier, de remettre les points sur les i et les barres sur les t en rappelant aux journalistes que nous étions en campagne électorale et non en campagne référendaire.

Aussi, comme il fallait s’y attendre, les libéraux ont bondi sur l’occasion pour ressortir leur cassette et brandir devant l’électorat la menace d’un troisième référendum si le PQ est reporté au pouvoir – majoritaire et avec Pierre Karl Péladeau à bord du navire cette fois. Disons que nous avons un aperçu de l’allure que pourrait avoir une campagne référendaire version 3.0.

De toute évidence, les stratèges péquistes n’avaient pas prévu le coup, car il a fallu plusieurs jours après l’annonce en grande pompe à Saint-Jérôme avant que Mme Marois ne tente de rajuster le tir. Mais le dommage est probablement fait… Philippe Couillard veut gagner et risque de jouer cette carte référendaire jusqu’au jour J. Une conclusion est évidente : cette déclaration indépendantiste de M. Péladeau a eu pour effet de polariser une bonne partie de l’électorat entre les « rouges » et les « bleus » et de nous ramener dans la bonne vieille dynamique stérile qui, au fil des décennies, a mené le Québec à la position peu enviable qu’il occupe aujourd’hui – de neuvième province la plus pauvre sur dix au sein de la fédération canadienne.

Pendant ce temps, c’est la Coalition Avenir Québec de François Legault qui écope. En effet, un sondage réalisé la semaine dernière dans la région de la Capitale nationale place la CAQ à 19 %, loin derrière les libéraux (39 %) et les péquistes (32 %). Un sondage Léger Marketing mené la semaine dernière pour le compte du Devoir et du Globe and Mail place la formation de François Legault à 14 %. Pourtant, le Grand Québec est depuis plusieurs années un terreau fertile pour la « troisième voix » (incarnée par l’ADQ, puis la CAQ). Il est clair que l’électorat est en train de se polariser et que la CAQ – un parti sans noyau dur de partisans – se vide au profit des péquistes et des libéraux.

Pourtant, ce ne sont pas les « vrais enjeux » qui manquent pour le Québec et les Québécois. Santé, éducation, finances publiques, économie, confiance des citoyens en le système judiciaire et les institutions publiques, état des infrastructures… La liste est longue. Et certains faits en disent long sur l’état de la situation dans la Belle Province. En voici trois :

1. Selon l’Indice québécois d’équité entre les générations du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, l’endettement public par habitant a doublé depuis 1986 et un gouffre économique géant guette la jeune génération. Qui s’échangent le pouvoir depuis 1986? Le PQ et le PLQ. Ce sont donc ces deux vieux partis qui ont mené le Québec à un tel niveau d’endettement et nous nous apprêtons collectivement à confier les rênes du pouvoir une fois de plus à l’un d’eux.

2. Un graphique de la Commission nationale sur la participation au marché du travail des travailleuses et travailleurs expérimentés de 55 ans et plus donne littéralement des frissons dans le dos tellement la réalité qu’il présente est implacable. Alors que nous étions environ 8 travailleurs pour 1 retraité en 1971, nous sommes rendus à environ 4 travailleurs pour 1 retraité aujourd’hui et ce ratio sera réduit à environ 2 travailleurs pour 1 retraité d’ici 2030. Ces chiffres sont connus depuis longtemps. Pourtant, aucun gouvernement au pouvoir ne juge bon ou n’a le courage politique nécessaire pour faire le ménage et adapter la taille de l’État à notre capacité de payer collective. La réalité est bien là, devant nous, tout comme l’impasse. Comment pouvons-nous continuer à vivre au-dessus de nos moyens alors que nous sommes de moins en moins nombreux à payer la note? Les chiffres ne s’additionnent tout simplement pas!

3. Le chroniqueur de La Presse, Alain Dubuc, est revenu vendredi dernier sur la perte de 25 500 emplois au Québec en février. Là aussi, quelque chose ne tourne pas rond. Je le cite : « Les gouvernements ne créent pas les emplois, mais ils contribuent indirectement à la situation. Le fait que l’emploi, après avoir explosé à l’automne 2012, a plafonné et baissé tout au cours de 2013 ne peut pas être que le fruit du hasard. Ce n’est pas arrivé ailleurs au Canada. Et c’est arrivé quelques mois après l’arrivée au pouvoir du PQ. Assez pour y voir une partie de l’explication, quoiqu’il y a évidemment d’autres facteurs. » Oui, il y sûrement d’autres facteurs, mais le gouvernement sortant y est pour beaucoup. Les investisseurs détestent l’incertitude. Or le gouvernement Marois a créé un grand sentiment d’incertitude dès son arrivée au pouvoir à l’automne 2012. Et il se crée des emplois partout ailleurs au Canada…

Bref, Pierre Karl Péladeau a décidé de faire le saut en politique active pour réaliser son rêve souverainiste. Le problème est que la réalité de ce milliardaire québécois est bien différente de celle de la nôtre, nous qui sommes beaucoup moins nantis que lui. Il n’a pas à se soucier de son avenir financier ou de celui de ses enfants. Ce n’est pas le cas pour le commun des mortels qui tente d’avancer et d’améliorer son sort et celui de sa progéniture dans cette province appauvrie. Et, malheureusement, les défis auxquels nous faisons face collectivement sont tels que ce n’est pas en nous isolant du Canada – dont nous sommes dépendants du régime de péréquation depuis des années – que nous pourrons envisager un avenir meilleur.

Avant de vouloir voler de nos propres ailes, nous devrions faire du ménage dans notre cabane et nous attaquer aux véritables enjeux qui mettent en péril notre prospérité future. Voilà ce qu’aurait dû comprendre Pierre Karl Péladeau avant de faire sa déclaration référendaire qui a eu pour effet de replonger les électeurs dans la polarisation d’une époque révolue.

Sébastien St-François

Nous ne sommes pas des valises

822501-pauline-marois-accueilli-comme-bonnePhoto : La Presse Canadienne

Nous vivons une campagne électorale depuis le 5 mars dernier parce que le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne, a choisi de ne pas jouer son rôle constitutionnel – exactement comme en 2008, lorsque Jean Charest avait invoqué le besoin d’avoir « les deux mains sur le volant » pour demander à ce même lieutenant-gouverneur de dissoudre le Parlement. Pourtant, le rôle constitutionnel du lieutenant-gouverneur – en théorie le fonctionnaire exécutif en chef de la province et représentant légitime de l’autorité au Québec (en pratique, rien de plus qu’un vestige) – est on ne peut plus clair : « Étant le gardien de la légitimité et incarnant, de ce fait, la continuité de l’État, le lieutenant-gouverneur doit faire preuve d’une impartialité absolue et s’imposer un devoir de réserve. Il doit également se tenir au courant des préoccupations des Québécois et de l’activité du gouvernement du Québec. »

Si M. Duchesne s’était tenu au courant des préoccupations des Québécois, il aurait su que les Québécois n’en voulaient pas de cette élection, déclenchée par Pauline Marois pour des motifs purement électoralistes, et ce, en dépit de la Loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections à date fixe votée à l’unanimité par les membres de l’Assemblée nationale pas plus tard qu’en juin 2013 après avoir été pilotée par Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques (en lesquelles les Québécois sont de moins en moins nombreux à croire si l’on se fie aux échanges enflammés sur les réseaux sociaux depuis le déclenchement de cette campagne).

Le Québec vit donc au rythme d’une campagne électorale sans réel enjeu en raison de la complaisance du lieutenant-gouverneur et de la manipulation d’une loi de toute évidence inutile. Pourtant, l’Angleterre – le berceau même de la monarchie et du système parlementaire qu’est le nôtre –, a réussi à promulguer une loi similaire qui fonctionne. Même en situation de gouvernement minoritaire, la dissolution de la chambre exige un vote majoritaire aux deux tiers (434 sièges sur 650). Donc, d’un point de vue démocratique, les Britanniques sont rendus à des années-lumière du cirque que nous réserve encore aujourd’hui l’Assemblée nationale.

Cette élection, qui nous coûtera 88 M$ collectivement (on dit que la démocratie n’a pas de prix, mais encore…), commence par son lot de mauvaises nouvelles pour les Québécois : la Régie de l’énergie autorise Hydro-Québec à hausser ses tarifs résidentiels de 4,3 % à compter du 1er avril prochain, il s’est perdu 26 000 emplois au Québec en février et le taux de chômage a augmenté de 0,3 % le mois dernier (pour s’établir à 7,8 %) alors qu’il est demeuré stable dans le reste du Canada (à 7,0 %). De surcroît, l’agence de notation Bloomberg parle de taux d’intérêt plus élevés pour le Québec si le PQ accède à un gouvernement majoritaire.

Pauline Marois peut bien prendre l’avertissement à la blague, mais il demeure que la situation au Québec est plutôt grave. Grave à un point tel que, dans son budget « bidon » pour 2014-2015 déposé il y a quelques semaines, le ministre des Finances Nicolas Marceau misait notamment sur une hausse des tarifs d’Hydro de 5,8 % pour réussir à atteindre l’équilibre budgétaire… dans deux ans. Maintenant que la hausse sera de « seulement » 4,3 %, son montage financier ne tient plus. Nos finances publiques sont dans un état extrêmement précaire, et Mme Marois fait preuve d’une grande irresponsabilité en prenant les mauvaises nouvelles économiques et l’alourdissement du fardeau des Québécois à la légère en pleine campagne électorale alors qu’elle sollicite la confiance des électeurs pour, dit-elle, mettre fin à l’obstruction des partis d’opposition (former un gouvernement majoritaire).

Prenons l’exemple de sa réaction à la hausse décrétée par la Régie de l’énergie. Mme Marois a souligné l’« aspect positif pour les consommateurs qui vont payer moins pour leur énergie que ce que souhaitait Hydro-Québec [5,8 %] ». C’est rire du monde quand on sait que c’est le gouvernement qui passe ses commandes à la société d’État et non le contraire…

Quant aux deux autres principaux partis, la valse des promesses électorales bat déjà son plein. Par exemple, Philippe Couillard « fait miroiter » (pour citer les médias) la création de 250 000 emplois sur cinq ans et des investissements de 7 milliards de dollars dans une stratégie maritime. Du côté de la CAQ, de moins en moins populaire auprès de l’électorat si l’on se fie aux derniers sondages, François Legault promet de réduire notre fardeau fiscal de 1 000 $ par famille d’ici quatre ans, d’abolir la taxe santé, d’abolir les taxes scolaires et d’atteindre l’équilibre budgétaire dès cette année.

Bien sûr, le PQ ne demeure pas en reste. Rappelons-nous que la première ministre sortante a pris soin de saupoudrer sur le Québec des milliards de dollars en promesses de toutes sortes avant de nous plonger en campagne électorale. Mme Marois n’a pas les moyens de respecter une promesse électorale ferme faite en 2012 (abolition de la taxe santé des libéraux), mais lorsque vient le temps de faire de nouvelles promesses, ce n’est pas l’argent qui semble manquer…

Bref, nos politiciens nous prennent encore aujourd’hui pour des valises. Les vieux partis continuent à user de stratégiques politiques des ères de Duplessis et de Bourassa alors que nous sommes en 2014 et que le Québec est au bord d’un précipice financier. Refusons d’être traités comme des naïfs et ne soyons pas dupes. Nous méritons mieux, mais c’est à nous d’exiger mieux cette fois-ci, car nous devrons tous vivre avec la décision qui sera prise le 7 avril prochain.

Sébastien St-François

Cassé comme un clou…

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Ayoye! Comme plusieurs, je m’attendais de la part du ministre des Finances péquiste, Nicolas Marceau, un budget à saveur électoraliste, rempli de « candies et de nananes ». Il faut croire que ce n’était pas possible pour le ministre. Comme l’écrivait le chroniqueur Alain Dubuc de La Presse vendredi dernier, le ministre Marceau a tenté de ne pas déplaire à l’électorat, quitte à ne pas être en mesure de lui plaire.

Mais encore, ce budget déposé le 20 février dernier est plutôt un non-budget : il n’est pas assorti de crédits budgétaires et ne constitue rien de plus qu’un prétexte permettant à Pauline Marois de déclencher des élections en mars. C’était presque tordant (mais tout aussi pathétique) d’entendre Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, affirmer à Benoit Dutrizac vendredi dernier que la priorité au retour de la relâche parlementaire serait le débat sur ce budget en vue de son adoption. Or ce budget ne sera jamais vraiment débattu et certainement pas adopté…

Pour le Parti Québécois, c’est un budget austère qui démontre sans l’ombre d’un doute que Québec est cassé comme un clou. Même le PQ n’a pas eu le choix que d’annoncer une hausse des frais de garderie, qui seraient majorés à 8 $ par jour, puis à 9 $ par jour. Pis encore, peu importe qui entre le PQ ou le PLQ formait le gouvernement actuellement, le constat serait le même : le Québec est pauvre et n’a plus les moyens de ses généreux programmes sociaux.

Dans son budget, Nicolas Marceau table sur une réduction annuelle des dépenses de l’ordre de 2 % juste pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (on ne parle pas de notre dette astronomique). Le problème est que les dépenses en santé augmenteront de 3 % annuellement d’ici là. Il faudra donc réduire le budget de la plupart des autres ministères (exception faite, par exemple, de l’éducation) de 1 % par année au cours des prochaines années. Et tout cela dans un contexte de croissance économique anémique (1,9 % versus 2,3 % pour le reste du Canada).

La semaine dernière, le vérificateur général du Québec, Michel Samson, a qualifié de trop optimiste la prévision du retour au déficit zéro en 2015-2016. Bref, le gouvernement ne dispose d’aucune marge de manœuvre et continue à nous endetter collectivement. Selon les prévisions, notre dette brute au 31 mars 2016 atteindra 209,9 G$, soit 53,4 % du PIB. Et, pour mettre la cerise sur le sundae, nous avons l’agence de notation Fitch qui nous souffle dans le cou. On ne peut pas dire que ça va bien…

Malgré tout, Pauline Marois plongera le Québec en élections d’ici quelques semaines et tentera de nous faire croire qu’elle est la mieux placée pour nous sortir du pétrin. Elle qui est en politique depuis des lunes, elle qui a occupé pratiquement tous les principaux ministères et connaît très bien l’appareil gouvernemental, elle qui est devenue la première femme à occuper sa fonction dans l’histoire du Québec pour ensuite démarrer son mandat non pas sur les chapeaux de roues, mais plutôt contrainte à reculer à plus d’une reprise. Elle n’aura pas ma confiance, pas plus que les libéraux d’ailleurs. Philippe Couillard a beau clamer que le Parti libéral du Québec est le parti de l’économie, son prédécesseur a endetté le Québec en neuf ans comme nul autre premier ministre avant lui. Et l’état des finances publiques est bien pire encore aujourd’hui qu’il l’était en 2003, première année du gouvernement dirigé par Jean Charest. Quant à la Coalition Avenir Québec, elle est incapable de s’imposer sur l’échiquier politique et de faire passer son message. Mais encore, François Legault, un ancien péquiste, est-il le chef le plus crédible pour personnifier le renouveau dont le Québec a cruellement besoin?

Je dois avouer que le programme du Parti conservateur du Québec en matière de finances publiques m’interpelle, car le constat est plus réaliste et – surtout – beaucoup moins timide que celui des autres. On dit les choses comme elles sont. Mais les Québécois sont-ils prêts à prendre un grand virage à droite en matière d’économie et de finances publiques? S’ils continuent à pelleter les problèmes par en avant, tôt ou tard, les chiffres finiront par les rattraper – et le coup de barre sera d’autant plus violent et douloureux.

Au moins, nous avons l’heure juste. De l’aveu même du parti prêt à convoquer les Québécois aux urnes, nous sommes cassés comme des clous. On fait quoi maintenant?

Sébastien St-François