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Non à la réforme Trudeau-Morneau!

Je n’ai pas voté libéral en 2015. En fait, j’ai voté vert pour la première fois de ma vie d’électeur, dégoûté par le pathétique spectacle électoraliste livré par les trois principaux partis qui espéraient soit conserver le pouvoir soit y accéder.

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L’art de lancer des ballons…

Balloon_Race_10June2006
À peine élue pour former un gouvernement majoritaire (et donc « régner » sur le Québec jusqu’en octobre 2018 au moins), l’équipe de Philippe Couillard est déjà passée maître dans l’art de lancer des ballons – ce à quoi les libéraux nous avaient habitués pendant les années de l’ère Charest.

Le nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao, déposera le budget de la province pour l’exercice 2014-2015 le mercredi 4 juin prochain. Dès les premiers jours suivant l’élection, le gouvernement Couillard a mis la table : il cherchait à trouver 3,7 G$ dès cette année et promettait le retour à l’équilibre budgétaire dès 2015-2016. On le sait, le Québec est cassé comme un clou. Celles et ceux qui suivent l’évolution de la conjoncture depuis des années n’ont pas tombé de leur chaise en entendant le nouveau premier ministre invoquer l’urgence d’agir pour assainir les finances publiques de la neuvième province la plus pauvre au pays.

Mais un problème de taille perdure. Dans sa chronique du mercredi 28 mai, simplement intitulé « Le mur », Alain Dubuc de La Presse met le doigt sur le bobo, comme on dit : « Il suffit de donner l’impression qu’on va toucher au modèle québécois pour provoquer une levée de boucliers. » C’est bien vrai… Toutes les grandes centrales syndicales ont déjà commencé à se faire entendre et leurs présidents ont rencontré le premier ministre il y a quelques semaines. Aujourd’hui, après de grands discours sur la « rigueur budgétaire » (Philippe Couillard n’aime pas parler d’austérité), le gouvernement ne cesse de lancer des ballons, invoquant de possibles ou probables hausses ici et là. Pour une nième fois, on semble vouloir prendre la voie facile de puiser dans les poches des contribuables pour colmater des brèches ici et là. Venant d’un parti qui voulait s’occuper des vraies affaires en campagne électorale, ce serait à la fois décourageant et inacceptable…

Prenons l’exemple de trois importants portefeuilles du gouvernement et des ministres nommés pour les piloter.

1. Éducation (Yves Bolduc) : L’homme que je surnomme « La Cassette ». Il ne m’a pas impressionné comme ministre de la Santé de Jean Charest; il ne m’impressionne guère plus comme ministre de l’Éducation de Philippe Couillard. Il maîtrise à merveille la langue de bois, l’art d’utiliser du verbiage pour n’absolument rien dire. À peine arrivé en poste, le voilà à nous préparer à une nouvelle hausse des taxes scolaires pour 2014-2015. Mercredi dernier, M. Bolduc a été interviewé par Paul Arcand. Écoutez l’entrevue et jugez par vous-même : http://www.985fm.ca/lecteur/audio/yves-bolduc-ministre-de-l-education-du-loisir-et-225883.mp3. Une vraie cassette…

2. Santé (Gaétan Barrette) : On le sait, notre système de santé est sclérosé : trop de bureaucrates, pas assez de services directs aux patients, délais indécents et parfois même médicalement inacceptables. Déjà, la santé accapare 43 % du budget du Québec et les coûts en santé sont appelés à augmenter de 5,2 % annuellement alors que – selon les prévisions – la croissance économique moyenne se chiffrera à 1,6 % par an au cours des 20 prochaines années. La nouvelle présidente de la FMSQ qualifie de théâtre les techniques de négociation du nouveau ministre de la Santé. Elle ne semble aucunement prendre au sérieux celui qu’elle qualifie de « personnage », celui même qui avait obtenu du gouvernement les généreuses augmentations pour les médecins spécialistes qui posent aujourd’hui un problème budgétaire. Ça tient presque du vaudeville alors que la cabane brûle!

3. Finances (Carlos Leitao) : Après avoir avancé en avril que certains programmes sociaux pourraient être éliminés, M. Leitao – pourtant classé deuxième parmi les meilleurs économistes au monde par Bloomberg News – ne trouve rien de mieux à nous annoncer à quelques jours du dépôt de son premier budget qu’un trou de 3,1 G$ pour 2014-2015. C’est ça, le mieux que peut faire le trio économique d’enfer de Philippe Couillard?

On nous répète qu’il faut donner la chance au coureur. Le nouveau gouvernement déposera son premier budget dans quelques jours. Cependant, depuis plus d’une semaine, ce gouvernement lance beaucoup de ballons et ça n’augure rien de bon pour les contribuables que nous sommes. On ne cesse de nous lancer l’idée de hausser tels droits, telles contributions ou telles taxes. Jamais on ne prend l’engagement ferme de revenir sur des hausses exagérées du passé récent (Hydro-Québec, commissions scolaires, etc.) ou de procéder sans plus tarder à un véritable dégraissage de l’appareil étatique. On préfère tout pelleter dans la cour des contribuables sans jamais s’attaquer aux véritables problèmes. Mais l’heure est grave, car le contribuable manque d’air et étouffe sous un fardeau qui ne cesse de s’alourdir d’année en année, de budget en budget… Il ne peut en faire plus!

La vraie solution à nos problèmes consiste à faire preuve d’une grande dose de courage politique et d’oser « toucher au modèle québécois » pour le réformer en profondeur, voire de fond en comble. Ce modèle est le fruit d’une époque révolue. Le Québec dépense trop et ses structures sont trop imposantes et tentaculaires. Collectivement, nous vivons carrément au-dessus de nos moyens! Notre gouvernement doit en prendre acte et être prêt à agir – quitte à ce que ça fasse mal et que ça nuise à ses chances de réélection dans quelques années. Je suis de moins en moins convaincu que le gouvernement Couillard fera ce que le gouvernement Charest n’a pas eu le courage de faire en neuf ans… Monsieur le Premier ministre, cessez de lancer des ballons et agissez!

Sébastien St-François

Le remède de cheval

ministresAprès plusieurs jours d’attente à la suite des élections du 7 avril dernier, nous voilà enfin avec un nouveau gouvernement dûment assermenté. En effet, Philippe Couillard a enfin présenté son conseil des ministres au peuple québécois mercredi dernier : de nouveaux visages (Jacques Daoust, Martin Coiteux, Carlos Leitao, Gaétan Barrette, David Heurtel, Hélène David, etc.) et plusieurs ministres de l’ère Charest de retour (Jean-Marc Fournier, Christine St-Pierre, Lise Thériault, Pierre Moreau, Yves Bolduc, Sam Hamad, etc.). La tâche qui attend le gouvernement Couillard est colossale…

Depuis des années, on nous met en garde contre le « mur » qui se dresse devant nous. Ce mur, c’est celui de nos finances publiques, de notre rythme de vie collectif qui dépasse nettement nos moyens collectifs, et ce, malgré le fait que nous figurons parmi les États où le fardeau fiscal des contribuables est le plus élevé. Le modèle socioéconomique d’une époque révolue (l’État providence) a clairement fait son temps et nous courons à notre perte si nous nous entêtons à le maintenir. Déjà, ça fait plus d’une décennie qu’un début de sérieuse remise en question du modèle aurait dû être entamé. Vous vous rappelez la « réingénierie de l’État » que promettait Jean Charest avant que toutes les grandes centrales syndicales ne débarquent devant les portes de l’Assemblée nationale à l’automne 2003? Nous avons perdu dix ans depuis…

Aujourd’hui, en 2014, la situation est d’autant plus critique. Dans son budget (non adopté) déposé en février dernier, Nicolas Marceau annonçait un déficit de l’ordre de 2,5 G$ pour l’exercice qui se termine le 31 mars 2015. Or le déficit prévu est maintenant de 3,1 G$ pour 2014-2015 si le statu quo est maintenu. Maintenant premier ministre, Philippe Couillard cherche un milliard de compressions dès cette année. C’est un peu ironique, car c’est le chef de parti dont les promesses électorales étaient les plus coûteuses il y a quelques semaines à peine. La réalité de la précarité financière du Québec est toutefois implacable, même pour un premier ministre nouvellement élu. De citer le chroniqueur Vincent Marissal de La Presse : « Les vraies affaires, c’est que le Québec est dans la dèche et doit trouver trois milliards. »

La situation est si précaire que certains experts soutiennent que nous devrons nous résigner à privatiser certaines de nos sociétés d’État comme Hydro-Québec et la SAQ. Vendredi dernier, Mario Dumont, chroniqueur au 98,5 FM, a expliqué la situation en termes très clairs. Les récessions sont cycliques. Pendant les années de prospérité économique, les gouvernements doivent tenter de dégager des surplus et de les appliquer au remboursement de leur dette. Ils se préparent ainsi aux années plus difficiles au cours desquelles ils devront à nouveau emprunter davantage et se réendetter.

Le Québec ne s’est jamais relevé de la crise de 2008. Jean Charest pouvait bien clamer haut et fort que le Québec s’en était mieux sorti que ses voisins, mais la province a néanmoins payé un prix dans le processus. Nous nous sommes lourdement endettés et le risque de déficits structurels (c’est-à-dire que l’État ne réussit plus à boucler son budget annuel et vit donc sur la carte de crédit d’année en année) est maintenant bien réel au Québec. Philippe Couillard affirme pleinement reconnaître la précarité de nos finances publiques et se dit déterminé à agir. Il faut espérer qu’il réussisse là où ses prédécesseurs ont échoué ou ont manqué de courage.

Le « trio économique » du nouveau gouvernement libéral – formé de Carlos Leitao (ministre des Finances), de Jacques Daoust (ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations) et de Martin Coiteux (président du Conseil du Trésor) – donne lieu d’espérer qu’un début de véritable ménage commence à être fait au cours des quatre prochaines années. Ce sont de nouveaux venus en politique, et ils ont certainement des compétences qui bénéficieront à l’État si on leur permet de faire ce qui doit être fait. M. Leitao me semble une personne très lucide et réaliste : il doute déjà de la probabilité que le Québec dégage des surplus en 2015-2016 et reconnaît ouvertement que des programmes sociaux pourraient devoir être éliminés.

La situation actuelle est d’autant plus désolante à la lumière des milliards de dollars en deniers publics qui nous ont été volés dans tous les stratagèmes de corruption et de collusion des dernières décennies. Des milliards qui devaient être investis dans le mieux-être collectif ont plutôt abouti dans les sales poches de bandits dont bon nombre n’en paieront probablement jamais le prix…

Bref, le moment est venu de faire les choses autrement, de remplacer l’actuel modèle sacro-saint qui craque de partout et de vivre selon nos moyens (collectifs). Si nous persistons à ne rien faire, ce seront les agences de notation qui nous « remettrons à notre place » et nous imposerons un modèle socioéconomique correspondant à ce que nous sommes réellement en mesure de nous payer. Il suffit que les taux d’intérêt dont bénéfice l’État québécois augmentent de quelques points de pourcentage, et ce sera des milliards de moins dont disposera le gouvernement du Québec pour investir dans le Québec et les Québécois. L’heure du remède de cheval a sonné!

Sébastien St-François

J’en ai marre de la « cassette » en politique!

On dit qu’en politique, tout est question de perception. Ce qui compte avant tout, c’est l’image. Et, selon moi, c’est un des principaux problèmes qui affligent nos systèmes politiques, car certains de nos élus accordent plus d’attention à soigner leur image qu’à faire le travail pour lequel ils ont été élus. Par conséquent, ils se contentent à faire jouer des cassettes pour tenter d’endormir le bon peuple.

En ce qui concerne Boucherville, le plus récent exemple est d’ailleurs éloquent. Mardi dernier, Henri-Paul Raymond du FM103,3 recevait le conseiller Dominic Lévesque en ondes dans le cadre de l’émission quotidienne Les citoyens ont raison. Il y était question de la consultation budgétaire et du budget en préparation pour l’an prochain – le dernier de l’actuelle administration de Jean Martel.

L’entrevue comme telle n’a eu rien de surprenant. M. Lévesque a ressorti sa cassette pour une troisième année consécutive, vantant la qualité de sa gestion des finances publiques de Boucherville, allant même jusqu’à affirmer que les gens l’arrêtaient dans la rue pour le féliciter d’aller « à contrecourant » (?), que ça les « rassurait ».

Il est notamment revenu sur la réduction de la dette de 8 M$ annoncée pour cette année. Or il est important de rappeler à la population que ce n’est que le chiffre annoncé. En réalité, comme en fait foi un courriel que j’ai reçu du directeur des finances et trésorier, M. Gaston Perron, le 11 mai dernier en réponse à ma question, ce ne sont que 2,62 M$ – dont 0,551 M$ provenant de soldes disponibles sur des règlements d’emprunt (donc, de l’argent emprunté pour rembourser de l’argent emprunté) – qui ont été confirmés pour 2012. L’art de l’image, la « cassette »…

Dans le dossier des problèmes de circulation, M. Lévesque a vanté les initiatives mises de l’avant par l’administration Martel pour les régler : la réduction de la vitesse à 40 km/h, trois campagnes de sensibilisation, l’aménagement de dos d’âne, un plan de circulation… Pourtant, les bouchons de circulation perdurent et les problèmes s’intensifient. L’art de l’image, la « cassette »…

Quant aux résultats de la récente consultation budgétaire, M. Lévesque a avoué une « petite baisse » du nombre de répondants au sondage Web. Il s’est néanmoins dit très satisfait des résultats, notamment du nombre de projets individuels reçus cette année.

J’ai obtenu, du greffe, copie des résultats de la consultation budgétaire menée en septembre-octobre : 54 répondants, incluant le soussigné! L’an passé, ils étaient 558. Dix fois moins! Sur une population de 42 000 personnes, à peine 54 ont cru bon de se prêter à cet exercice de « participation citoyenne ». Et M. Lévesque qualifie cette baisse de « petite »? Aveuglement ou manque flagrant de transparence? À vous de juger.

J’en conclus que la participation citoyenne à Boucherville est un concept risible. Pour être admissible à la participation citoyenne, il faut penser comme le maire, parler comme le maire, flatter le maire dans le dos, lui dire qu’il fait un excellent travail. C’est ainsi qu’on se fait nommer à un comité citoyen. Les idées contraires à celles mises de l’avant par le premier magistrat et ses sbires sont irrecevables. Et, ça, je pense que les Bouchervillois sont de plus en plus nombreux à s’en rendre compte. Les résultats de la consultation budgétaire en disent long d’ailleurs, tout comme la majorité des commentaires formulés par les citoyens y ayant pris part.

En effet, dans leurs commentaires cette année, les gens réclament qu’on cesse d’effectuer des dépenses jugées inutiles, qu’on cesse d’acheter des bâtisses comme l’Hôtel Boucherville, qu’on cesse de bloquer des projets sans raison, qu’on cesse d’augmenter les taxes, qu’on s’efforce de réduire les dépenses, qu’on investisse dans l’essentiel (infrastructure), qu’on cesse de dépenser autant en communications, qu’on abandonne indéfiniment l’idée d’un centre multisports, qu’on cesse de multiplier les entraves à la circulation automobile et ainsi de suite.

Dominic Lévesque a affirmé que les tendances se maintiennent. Ah oui? Alors pourquoi cette administration ne fait-elle rien pour répondre aux doléances légitimes de ses citoyens? Au contraire, elle fait preuve de totale indifférence, voire de mépris, envers ceux qui ne pensent pas comme elle, qui osent contester ses décisions contestables. Ce n’est pas avoir le sens de la démocratie, ça. Les Bouchervillois méritent mieux que de voir leur ville administrée par des faiseurs d’images et des joueurs de cassettes.

En 2009, grâce à un fractionnement du vote entre trois partis, Option citoyens-citoyennes a pu sortir de nulle part, se faufiler et se faire élire en multipliant les promesses de transparence, de participation citoyenne, de bonne gouvernance, de taxation limitée et responsable, etc. Malgré cela, ce parti n’a pas su rallier la confiance de la majorité absolue des électeurs ayant participé à l’exercice démocratique. La plus récente sortie du responsable des finances démontre que cette équipe n’est pas plus digne de confiance aujourd’hui, car elle ne fait pas preuve de transparence envers les citoyens. Elle joue des cassettes, elle crée des images… Il est à espérer que les Bouchervillois se voient offrir une alternative plus crédible, plus responsable et plus transparente en 2013, car nous méritons mieux!

Sébastien St-François

Pour réécouter l’entrevue accordée mardi par Dominic Lévesque (ça commence vers 05:43) : http://podcast.fm1033.ca/podcast/download_mp3/37026.mp3