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Un départ qui me laisse de glace

DLévesque
Source : La Relève

On apprend aujourd’hui dans le « journal hebdomadaire indépendant » La Relève (entre guillemets, car ce « journal » vient d’essuyer un troisième blâme pour manque d’indépendance journalistique du Conseil de presse du Québec en moins d’un an, j’y reviendrai dans un billet futur, alors permettez-moi de mettre en doute la crédibilité journalistique dudit journal) que le conseiller municipal Dominic Lévesque quittera la vie politique au terme de son mandat qui prend fin en novembre prochain. Personnellement, ça me laisse de glace – outre le fait qu’il touchera probablement la prime de départ auquel il « a droit » en vertu de la loi. Lire la suite

Schopenhauer, sors de ce corps!

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Il y a un peu plus d’une semaine, le quotidien La Presse posait une question fort simple à ses lecteurs : Où serons-nous dans 10 ans? Les réponses publiées sont loin de témoigner d’un optimisme à tout rompre : « Un Québec pauvre, trilingue et surendetté », « Triste avenir », « Toujours dans le même bourbier », etc. En fait, aucune des réponses des lecteurs publiées par La Presse dans son numéro du samedi 26 avril ne laisse entrevoir le moindre optimisme quant aux perspectives d’un Québec socialement meilleur et plus prospère d’ici dix ans.

Le résultat de cet exercice mené par La Presse est d’autant plus étonnant que les Québécois viennent tout juste de se donner un nouveau gouvernement, confortablement majoritaire de surcroît. Malgré cela, le niveau de pessimisme demeure élevé – tout comme le cynisme omniprésent qui continue de ronger notre tissu sociétal tel un cancer. Les Québécois semblent résignés à accepter un sort médiocre et ne croient aucunement en la capacité ou la volonté des personnes qu’ils élisent d’améliorer les choses. Ça va de mal en pis pour notre démocratie!

Sommes-nous trop pessimistes, voire défaitistes, ou avons-nous raison de nous sentir collectivement dépassés et impuissants? Il faut dire que l’actualité n’aide pas à nous remonter le moral. Par exemple, au cours de la dernière semaine, nous apprenions que le PQ n’avait aucun avis juridique sur la validité constitutionnelle de son projet de charte. Un enjeu de société aussi important et divisant, et les péquistes nous ont menti en pleine face! De quoi inspirer confiance. Également cette dernière semaine, le ministre fédéral des Finances, Joe Olivier, s’est dit inquiet de l’état des finances des provinces. Le Québec a un trou budgétaire estimé à 3,1 G$ à combler s’il veut atteindre l’équilibre au terme de l’exercice en cours, tandis que l’Ontario – jadis le berceau économique du pays – vient de déposer un budget annonçant un gigantesque déficit de l’ordre de 12,5 G$. Ce budget ne sera pas adopté de toute façon, la première ministre sortante, Kathleen Wynne, étant à la tête d’un gouvernement minoritaire et ayant opté pour la même stratégie risquée que Pauline Marois, soit d’invoquer l’impasse budgétaire pour plonger sa province en élections.

Sur la scène fédérale, le portrait n’est guère plus réjouissant. L’heure de l’austérité a sonné, et le ménage commence à se faire à grands coups de hache. Depuis la crise financière de 2008, le Canada s’est lourdement endetté et les plantureux surplus dégagés pendant les années du ministre des Finances libéral Paul Martin ont été effacés par les déficits annuels cumulés depuis l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper. L’heure est à nouveau venue de « balancer les livres ». Il en demeure que le gouvernement conservateur en place est là depuis 2006, et il montre des signes de plus en plus évidents de fatigue et d’usure du pouvoir. Stephen Harper laisse de plus en plus transparaître son idéologie et cache de moins en moins qu’il est une personne très rancunière et revancharde. Sa plus récente sortie contre la Cour suprême, dans laquelle il fustige la juge en chef Beverly McLachlin, a de quoi laisser perplexe dans un système où le mur érigé entre le judiciaire et le politique est fondamental. Or le premier ministre canadien semble déterminé à s’attaquer à cette division des pouvoirs pourtant essentielle au bon fonctionnement de notre société. Que la critique provienne d’Élections Canada ou de la Cour suprême – deux instances qui existent pour prévenir et corriger les abus de procédure et de pouvoir –, M. Harper ne la tolère pas, comme si le pays lui appartenait et qu’il était rendu au-dessus des lois et de la constitution.

Collectivement, nous semblons en pleine dérive – sur le plan financier autant qu’idéologique – et je me demande quel électrochoc il nous faut pour réussir à nous sortir de notre marasme et à préparer un avenir meilleur pour nos enfants. Je suis de la génération X – celle qu’on qualifie parfois de sacrifiée – et suis père d’un enfant de six ans. Dans dix ans, en 2024, il aura 16 ans et sera à l’âge où il devra commencer à envisager un choix de carrière. Comme tout parent, je souhaite le meilleur avenir possible pour mon enfant et j’essaie de demeurer confiant à l’égard des perspectives qui s’offriront alors à lui. Bien que ce ne soit pas toujours facile, un fait demeure néanmoins : la ligne entre réalisme et pessimisme est très mince. Être réaliste, c’est prendre acte de la situation telle qu’elle est et tenter de trouver des solutions; être pessimiste, c’est baisser les bras et se dire que la vie humaine est une perpétuelle douleur (doctrine de Schopenhauer).

Sébastien St-François

Et si nous débattions des priorités?

Débat bleu rouge
C’est incroyable comment une seule personne, en l’occurrence Pierre Karl Péladeau, peut changer toute la dynamique d’une campagne électorale. On se rappellera qu’à l’annonce officielle de sa candidature, le dimanche 9 mars dernier, M. Péladeau – brandissant le poing – a affirmé haut et fort qu’il sautait dans l’arène politique pour faire du Québec un pays, pour réaliser la souveraineté. Son objectif a le mérite d’être clair.

En fait, il ne faut pas « blâmer » uniquement PKP pour ce changement de cap dans la campagne en cours, car les journalistes ont vite fait de sauter sur l’occasion pour assaillir M. Péladeau de questions sur ses intentions chaque fois qu’ils en avaient l’occasion. À un point tel que Pauline Marois a décidé, jeudi dernier, de remettre les points sur les i et les barres sur les t en rappelant aux journalistes que nous étions en campagne électorale et non en campagne référendaire.

Aussi, comme il fallait s’y attendre, les libéraux ont bondi sur l’occasion pour ressortir leur cassette et brandir devant l’électorat la menace d’un troisième référendum si le PQ est reporté au pouvoir – majoritaire et avec Pierre Karl Péladeau à bord du navire cette fois. Disons que nous avons un aperçu de l’allure que pourrait avoir une campagne référendaire version 3.0.

De toute évidence, les stratèges péquistes n’avaient pas prévu le coup, car il a fallu plusieurs jours après l’annonce en grande pompe à Saint-Jérôme avant que Mme Marois ne tente de rajuster le tir. Mais le dommage est probablement fait… Philippe Couillard veut gagner et risque de jouer cette carte référendaire jusqu’au jour J. Une conclusion est évidente : cette déclaration indépendantiste de M. Péladeau a eu pour effet de polariser une bonne partie de l’électorat entre les « rouges » et les « bleus » et de nous ramener dans la bonne vieille dynamique stérile qui, au fil des décennies, a mené le Québec à la position peu enviable qu’il occupe aujourd’hui – de neuvième province la plus pauvre sur dix au sein de la fédération canadienne.

Pendant ce temps, c’est la Coalition Avenir Québec de François Legault qui écope. En effet, un sondage réalisé la semaine dernière dans la région de la Capitale nationale place la CAQ à 19 %, loin derrière les libéraux (39 %) et les péquistes (32 %). Un sondage Léger Marketing mené la semaine dernière pour le compte du Devoir et du Globe and Mail place la formation de François Legault à 14 %. Pourtant, le Grand Québec est depuis plusieurs années un terreau fertile pour la « troisième voix » (incarnée par l’ADQ, puis la CAQ). Il est clair que l’électorat est en train de se polariser et que la CAQ – un parti sans noyau dur de partisans – se vide au profit des péquistes et des libéraux.

Pourtant, ce ne sont pas les « vrais enjeux » qui manquent pour le Québec et les Québécois. Santé, éducation, finances publiques, économie, confiance des citoyens en le système judiciaire et les institutions publiques, état des infrastructures… La liste est longue. Et certains faits en disent long sur l’état de la situation dans la Belle Province. En voici trois :

1. Selon l’Indice québécois d’équité entre les générations du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, l’endettement public par habitant a doublé depuis 1986 et un gouffre économique géant guette la jeune génération. Qui s’échangent le pouvoir depuis 1986? Le PQ et le PLQ. Ce sont donc ces deux vieux partis qui ont mené le Québec à un tel niveau d’endettement et nous nous apprêtons collectivement à confier les rênes du pouvoir une fois de plus à l’un d’eux.

2. Un graphique de la Commission nationale sur la participation au marché du travail des travailleuses et travailleurs expérimentés de 55 ans et plus donne littéralement des frissons dans le dos tellement la réalité qu’il présente est implacable. Alors que nous étions environ 8 travailleurs pour 1 retraité en 1971, nous sommes rendus à environ 4 travailleurs pour 1 retraité aujourd’hui et ce ratio sera réduit à environ 2 travailleurs pour 1 retraité d’ici 2030. Ces chiffres sont connus depuis longtemps. Pourtant, aucun gouvernement au pouvoir ne juge bon ou n’a le courage politique nécessaire pour faire le ménage et adapter la taille de l’État à notre capacité de payer collective. La réalité est bien là, devant nous, tout comme l’impasse. Comment pouvons-nous continuer à vivre au-dessus de nos moyens alors que nous sommes de moins en moins nombreux à payer la note? Les chiffres ne s’additionnent tout simplement pas!

3. Le chroniqueur de La Presse, Alain Dubuc, est revenu vendredi dernier sur la perte de 25 500 emplois au Québec en février. Là aussi, quelque chose ne tourne pas rond. Je le cite : « Les gouvernements ne créent pas les emplois, mais ils contribuent indirectement à la situation. Le fait que l’emploi, après avoir explosé à l’automne 2012, a plafonné et baissé tout au cours de 2013 ne peut pas être que le fruit du hasard. Ce n’est pas arrivé ailleurs au Canada. Et c’est arrivé quelques mois après l’arrivée au pouvoir du PQ. Assez pour y voir une partie de l’explication, quoiqu’il y a évidemment d’autres facteurs. » Oui, il y sûrement d’autres facteurs, mais le gouvernement sortant y est pour beaucoup. Les investisseurs détestent l’incertitude. Or le gouvernement Marois a créé un grand sentiment d’incertitude dès son arrivée au pouvoir à l’automne 2012. Et il se crée des emplois partout ailleurs au Canada…

Bref, Pierre Karl Péladeau a décidé de faire le saut en politique active pour réaliser son rêve souverainiste. Le problème est que la réalité de ce milliardaire québécois est bien différente de celle de la nôtre, nous qui sommes beaucoup moins nantis que lui. Il n’a pas à se soucier de son avenir financier ou de celui de ses enfants. Ce n’est pas le cas pour le commun des mortels qui tente d’avancer et d’améliorer son sort et celui de sa progéniture dans cette province appauvrie. Et, malheureusement, les défis auxquels nous faisons face collectivement sont tels que ce n’est pas en nous isolant du Canada – dont nous sommes dépendants du régime de péréquation depuis des années – que nous pourrons envisager un avenir meilleur.

Avant de vouloir voler de nos propres ailes, nous devrions faire du ménage dans notre cabane et nous attaquer aux véritables enjeux qui mettent en péril notre prospérité future. Voilà ce qu’aurait dû comprendre Pierre Karl Péladeau avant de faire sa déclaration référendaire qui a eu pour effet de replonger les électeurs dans la polarisation d’une époque révolue.

Sébastien St-François

Nous ne sommes pas des valises

822501-pauline-marois-accueilli-comme-bonnePhoto : La Presse Canadienne

Nous vivons une campagne électorale depuis le 5 mars dernier parce que le lieutenant-gouverneur du Québec, Pierre Duchesne, a choisi de ne pas jouer son rôle constitutionnel – exactement comme en 2008, lorsque Jean Charest avait invoqué le besoin d’avoir « les deux mains sur le volant » pour demander à ce même lieutenant-gouverneur de dissoudre le Parlement. Pourtant, le rôle constitutionnel du lieutenant-gouverneur – en théorie le fonctionnaire exécutif en chef de la province et représentant légitime de l’autorité au Québec (en pratique, rien de plus qu’un vestige) – est on ne peut plus clair : « Étant le gardien de la légitimité et incarnant, de ce fait, la continuité de l’État, le lieutenant-gouverneur doit faire preuve d’une impartialité absolue et s’imposer un devoir de réserve. Il doit également se tenir au courant des préoccupations des Québécois et de l’activité du gouvernement du Québec. »

Si M. Duchesne s’était tenu au courant des préoccupations des Québécois, il aurait su que les Québécois n’en voulaient pas de cette élection, déclenchée par Pauline Marois pour des motifs purement électoralistes, et ce, en dépit de la Loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections à date fixe votée à l’unanimité par les membres de l’Assemblée nationale pas plus tard qu’en juin 2013 après avoir été pilotée par Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques (en lesquelles les Québécois sont de moins en moins nombreux à croire si l’on se fie aux échanges enflammés sur les réseaux sociaux depuis le déclenchement de cette campagne).

Le Québec vit donc au rythme d’une campagne électorale sans réel enjeu en raison de la complaisance du lieutenant-gouverneur et de la manipulation d’une loi de toute évidence inutile. Pourtant, l’Angleterre – le berceau même de la monarchie et du système parlementaire qu’est le nôtre –, a réussi à promulguer une loi similaire qui fonctionne. Même en situation de gouvernement minoritaire, la dissolution de la chambre exige un vote majoritaire aux deux tiers (434 sièges sur 650). Donc, d’un point de vue démocratique, les Britanniques sont rendus à des années-lumière du cirque que nous réserve encore aujourd’hui l’Assemblée nationale.

Cette élection, qui nous coûtera 88 M$ collectivement (on dit que la démocratie n’a pas de prix, mais encore…), commence par son lot de mauvaises nouvelles pour les Québécois : la Régie de l’énergie autorise Hydro-Québec à hausser ses tarifs résidentiels de 4,3 % à compter du 1er avril prochain, il s’est perdu 26 000 emplois au Québec en février et le taux de chômage a augmenté de 0,3 % le mois dernier (pour s’établir à 7,8 %) alors qu’il est demeuré stable dans le reste du Canada (à 7,0 %). De surcroît, l’agence de notation Bloomberg parle de taux d’intérêt plus élevés pour le Québec si le PQ accède à un gouvernement majoritaire.

Pauline Marois peut bien prendre l’avertissement à la blague, mais il demeure que la situation au Québec est plutôt grave. Grave à un point tel que, dans son budget « bidon » pour 2014-2015 déposé il y a quelques semaines, le ministre des Finances Nicolas Marceau misait notamment sur une hausse des tarifs d’Hydro de 5,8 % pour réussir à atteindre l’équilibre budgétaire… dans deux ans. Maintenant que la hausse sera de « seulement » 4,3 %, son montage financier ne tient plus. Nos finances publiques sont dans un état extrêmement précaire, et Mme Marois fait preuve d’une grande irresponsabilité en prenant les mauvaises nouvelles économiques et l’alourdissement du fardeau des Québécois à la légère en pleine campagne électorale alors qu’elle sollicite la confiance des électeurs pour, dit-elle, mettre fin à l’obstruction des partis d’opposition (former un gouvernement majoritaire).

Prenons l’exemple de sa réaction à la hausse décrétée par la Régie de l’énergie. Mme Marois a souligné l’« aspect positif pour les consommateurs qui vont payer moins pour leur énergie que ce que souhaitait Hydro-Québec [5,8 %] ». C’est rire du monde quand on sait que c’est le gouvernement qui passe ses commandes à la société d’État et non le contraire…

Quant aux deux autres principaux partis, la valse des promesses électorales bat déjà son plein. Par exemple, Philippe Couillard « fait miroiter » (pour citer les médias) la création de 250 000 emplois sur cinq ans et des investissements de 7 milliards de dollars dans une stratégie maritime. Du côté de la CAQ, de moins en moins populaire auprès de l’électorat si l’on se fie aux derniers sondages, François Legault promet de réduire notre fardeau fiscal de 1 000 $ par famille d’ici quatre ans, d’abolir la taxe santé, d’abolir les taxes scolaires et d’atteindre l’équilibre budgétaire dès cette année.

Bien sûr, le PQ ne demeure pas en reste. Rappelons-nous que la première ministre sortante a pris soin de saupoudrer sur le Québec des milliards de dollars en promesses de toutes sortes avant de nous plonger en campagne électorale. Mme Marois n’a pas les moyens de respecter une promesse électorale ferme faite en 2012 (abolition de la taxe santé des libéraux), mais lorsque vient le temps de faire de nouvelles promesses, ce n’est pas l’argent qui semble manquer…

Bref, nos politiciens nous prennent encore aujourd’hui pour des valises. Les vieux partis continuent à user de stratégiques politiques des ères de Duplessis et de Bourassa alors que nous sommes en 2014 et que le Québec est au bord d’un précipice financier. Refusons d’être traités comme des naïfs et ne soyons pas dupes. Nous méritons mieux, mais c’est à nous d’exiger mieux cette fois-ci, car nous devrons tous vivre avec la décision qui sera prise le 7 avril prochain.

Sébastien St-François

Duplessis, sors de ce corps!

20140205-134006-gPhoto : Archives / Agence QMI

Bon, ça y est… Malgré que c’est son gouvernement qui a fait adopter – à l’unanimité – en juin dernier le projet de loi 3 prévoyant des élections à date fixe, Pauline Marois se prépare à déclencher des élections générales, convaincue que les astres sont bien alignés pour la conduire vers une majorité… Encore une fois, les Québécois seront convoqués aux urnes non pas par nécessité, mais pour des raisons bassement partisanes et électoralistes. Vous vous rappelez Jean Charest et son argument des « deux mains sur le volant » en 2007? À quoi bon une loi sur les élections à date fixe si elle n’est pas respectée? Pour rendre les Québécois un peu plus cyniques envers celles et ceux qui gouvernent? La question se pose.

En préparation de ce grand déclenchement, Pauline Marois se comporte en véritable Maurice Duplessis de l’ère contemporaine. Après l’annonce vendredi dernier de l’injection d’au moins 450 M$ de fonds publics dans la construction d’une méga-cimenterie en Gaspésie – un projet vertement critiqué par l’industrie, qui fonctionne à 60 % de sa capacité – c’est un déferlement de non moins de 85 annonces à saveur électorale que le gouvernement Marois a servi aux Québécois cette semaine. La première ministre est allée jusqu’à affirmer ceci : « Le comté de Bonaventure a fait un très bon choix aux dernières élections et vous avez les résultats aujourd’hui de ce choix. »

On a beau être en 2014, on pourrait se croire en pleine ère de l’Union Nationale… Comme les Québécois seront convoqués aux urnes ce printemps, voici deux souhaits que j’ai comme électeur qui exercera son droit de vote par devoir citoyen :

Premièrement, comme l’a souligné Sylvie Roy de la CAQ, la population n’est pas dupe. J’ose espérer que les électeurs ne choisiront pas leur prochain gouvernement en fonction des « nananes » qu’on leur offre. Nous ne sommes plus dans les années 1940. Pauline Marois semble miser là-dessus et méprise ainsi les personnes dont elle sollicite la confiance… et le vote. Montrons-lui que la politique ne doit plus se faire de cette façon, que nous n’en avons plus les moyens collectivement et que c’est agir de façon irresponsable.

Deuxièmement, j’espère que la foutue charte qui monopole tant d’attention médiatique depuis des mois ne devienne pas l’enjeu central de cette campagne à venir. Ce ne sont pas les enjeux qui manquent au Québec : accès difficile aux soins de santé, sous-financement de l’éducation, dette monstrueuse, risque de déficits structurels, vieillissement de la population, etc. Tant qu’à être plongés en élection pour des motifs partisans, les Québécois méritent mieux qu’une campagne référendaire sur la charte du PQ…

Je ne suis ni « bleu » ni « rouge ». Dans le passé, j’ai voté pour l’ADQ, puis pour la CAQ aux dernières élections. Je ne suis pas caquiste dans l’âme, mais j’ai accordé mon vote au parti de François Legault plutôt par dépit. Impossible pour moi de voter pour le PQ, car je suis fortement en désaccord – et ce, depuis toujours – avec l’article 1 de ce parti souverainiste. Quant aux libéraux, à la lumière du bilan désastreux de leurs neuf dernières années au pouvoir, non merci… Encore moins aujourd’hui, avec Philippe Couillard à la tête de ce parti. Le PLQ, le parti de l’économie? Vraiment? J’en ai assez des vieux partis qui s’échangent le pouvoir depuis des décennies et ont mené le Québec jusqu’à la position peu enviable qu’elle occupe aujourd’hui sur l’échiquier. Une province lourdement endettée qui se classe désormais parmi les pauvres au Canada.

Il est à espérer que les Québécois se réveillent enfin au cours de cette prochaine campagne électorale et exigent de véritables changements des politiciens qui se plieront en quatre pour obtenir leur vote. L’avenir du Québec et des Québécois – présents et futurs – en dépend, et l’heure de la récréation est terminée!

Sébastien St-François

Les Bouchervillois seront convoqués aux urnes en novembre prochain!

Le jeudi 9 mai, Mme Francine Crevier Bélair, conseillère municipale dans le district 2 depuis novembre 2009 (et indépendante depuis décembre 2011) a tenu une conférence de presse pour faire connaître sa position à l’approche des prochaines élections municipales, qui auront lieu le 3 novembre prochain.

Mme Crevier Bélair a annoncé qu’elle se porte candidate indépendante à la mairie. Les Bouchervillois seront donc convoqués aux urnes en novembre prochain. D’une perspective démocratique, c’est une excellente nouvelle pour Boucherville et ses citoyens. Nous aurons un choix entre deux visions, celle que Jean Martel applique depuis près de quatre ans et celle que nous proposera Mme Crevier Bélair au cours des semaines et des mois à venir. Comme citoyen et contribuable, ma grande crainte était que Jean Martel soit élu par acclamation – faute d’au moins un opposant. Heureusement, ce ne sera pas le cas, car une élection par acclamation n’est jamais souhaitable en démocratie.

J’ai eu l’occasion de travailler avec Mme Crevier Bélair l’an dernier. En effet, nous exerçons la même profession et sommes tous deux membres de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec. En janvier 2012, j’ai été nommé responsable de l’organisation de notre congrès annuel. Je devais me constituer un comité organisateur et j’ai décidé de communiquer avec elle pour lui demander si ça pouvait l’intéresser. Elle a accepté l’offre de se joindre au comité que je formais. Au cours des mois qui ont suivi, j’ai découvert en elle une personne d’une rigueur exceptionnelle et dont le sens de l’organisation est très développé.

Je l’ai également suivie dans les séances publiques du conseil municipal, et s’il y a une personne qui semble bien connaître les enjeux et qui pose des questions pertinentes, c’est Mme Crevier Bélair – et ce, malgré le fait qu’elle est exclue du caucus du parti au pouvoir et doit sûrement avoir un accès plus difficile que les autres aux renseignements importants pour la prise de décisions. Bref, elle m’inspire une confiance – comme administratrice municipale – que les autres membres du conseil municipal ne m’inspirent simplement pas, de par leurs faits et gestes, leur langage corporel, etc.

En 2009, le taux de participation aux élections municipales n’a même pas atteint 50 %. Le maire en poste n’a pas réussi à recueillir une majorité absolue des suffrages exprimés, mais il règne en roi et maître depuis son entrée en fonctions et fait fi des opinions d’une bonne partie de la population. Je n’élaborerai pas ici sur mon opinion de Jean Martel comme maire de Boucherville. Je l’ai fait à suffisamment de reprises depuis avoir créé ce blogue.

Je vais cependant inviter mes concitoyens à suivre de plus près la campagne électorale cette année et, surtout, à se rendre aux urnes en plus grand nombre pour élire le prochain maire ou la prochaine mairesse de notre ville. Les enjeux sont nombreux et importants, et ils ne disparaîtront pas par magie le 4 novembre prochain. Au contraire, ils sont bien réels et doivent être pris en main. Depuis près de quatre ans, Jean Martel nous démontre qu’il ne se soucie guère des véritables enjeux. Je suis d’avis que Boucherville et les Bouchervillois méritent mieux.

Sébastien St-François

P.-S. : À sa conférence de presse, Mme Crevier Bélair a dévoilé l’adresse de son blogue de campagne, qui sera en ligne à compter de ce vendredi : francinecrevierbelair.com. Elle sera également présente sur Facebook.

Centre multisports : besoin prioritaire ou stratégie électorale?

On apprenait dans La Relève du mercredi 31 octobre que le maire Jean Martel a annoncé « la ferme intention du conseil municipal de construire un centre multisports » (p. B 23).

On dirait que l’épisode Carol Brunet a eu pour effet malheureux de créer chez le maire un besoin soudain qui n’est nullement documenté à ce jour. En effet, le 24 octobre, dans un article signé par la journaliste Martine Veillette de La Seigneurie, la conseillère indépendante Francine Crevier-Bélair réitérait qu’aucune étude professionnelle ne démontrait les besoins d’un tel centre. L’intention est-elle donc celle du conseil municipal ou celle du caucus de Jean Martel? La différence est importante, car le conseil municipal est formé de l’ensemble des élus, tandis que Mme Crevier-Belair ne siège plus au caucus du parti de Jean Martel depuis décembre 2011. Lorsque M. Martel s’exprime au nom du conseil municipal, Mme Crevier-Bélair en fait-elle partie? Au contraire, s’il utilise « conseil municipal » (structure politique administrative) dans le sens de « caucus » (structure politique partisane), il induit les citoyens en erreur.

Je ne comprends pas cet empressement soudain. M. Martel n’a-t-il tiré aucune leçon de son expérience avec Carol Brunet? On dirait que non. C’est soudainement une course contre la montre pour construire un centre multisports, alors que les travaux pour le nouveau centre aquatique (projet sur la table depuis le printemps 2011) ne sont toujours pas commencés.

Paradoxalement, on ne trouve aucune mention d’un centre multisports dans le programme électoral d’Option citoyens-citoyennes (2009). Et on sait à quel point Jean Martel tient à son programme électoral. On a souvent l’impression que c’est ce programme qui gère la Ville tellement il est appliqué à la lettre… Pourtant, en séance d’information publique sur le projet de Carol Brunet, le 13 juin 2012, M. Martel avait affirmé publiquement qu’il avait rencontré beaucoup de gens qui lui avaient fait valoir l’importance d’un centre pour le soccer pendant la campagne électorale de 2009. Et il n’a pas jugé bon de l’inclure dans son programme électoral si c’était aussi important? Quelque chose cloche ici…

Ce même 13 juin, en réponse à la question d’un citoyen, M. Martel s’était dit ouvert à la tenue d’un référendum. Maintenant, il veut se lancer dans un tel projet d’envergure à moins d’un an avant les prochaines élections et se prépare à rencontrer les représentants des six organismes sportifs pour procéder à la création d’un OSBL (organisme sans but lucratif).

Pour ma part, je considère que Jean Martel n’a pas la légitimité nécessaire pour aller de l’avant avec un projet de centre multisports d’ici les prochaines élections. Pourquoi? Parce que ça ne figure nulle part dans la plateforme électorale sur laquelle il s’est fait élire en 2009. Vu l’importance sacrosainte qu’il accorde à ce document, il ne peut en faire fi lorsque ça fait son affaire. La façon démocratique de procéder serait d’inclure un projet de centre multisports dans sa plateforme pour 2013 et de laisser les citoyens trancher la question aux prochaines élections. C’est un projet auquel serait associée une facture de dizaines de millions de dollars!

Par contre, sur le plan électoral, Jean Martel croit probablement qu’il a tout à gagner en fonçant à toute vapeur. Depuis qu’il a été élu, il se comporte comme s’il est en perpétuelle campagne électorale. Il gère à la pièce, accorde aux groupes de pression ce qu’ils veulent, forme des comités citoyens qui lui sont fidèles – ses « sentinelles » –, etc. Imaginez s’il réussissait à plaire à ces six organismes sportifs et à tous les parents qui envoient leurs enfants pratiquer le soccer et d’autres sports représentés. Ce serait un méchant bon coup pour ses élections, mais ce ne serait pas démocratique. Ce serait électoraliste et irresponsable.

Un projet d’une telle envergure doit être soumis au verdict populaire, d’autant plus que les priorités sont multiples à Boucherville et qu’aucune étude indépendante à de jour ne démontre le besoin d’un tel centre. Un centre multisports est un beau concept en soi, mais est-ce LA priorité en ce moment pour autant? À qui revient cette détermination? Au maire seul ou aux citoyens qui paient la note? Selon moi, c’est aux citoyens de décider si nous allons de l’avant avec un tel projet non annoncé aux dernières élections. Et si Jean Martel était battu le 3 novembre 2013? Ce sont les Bouchervillois qui seraient pris avec son engagement hâtif.

Bouchervillois, restons vigilants! Jean Martel n’a pas reçu le mandat en novembre 2009 de faire construire un centre multisports. Veillons à ce que la priorité soit donnée aux intérêts de l’ensemble des citoyens et non à ses intérêts électoraux dans ce dossier, car la facture, c’est à nous tous qu’elle sera refilée!

Sébastien St-François

La magie des campagnes électorales

Je ne cesse de m’émerveiller des prouesses dont sont capables nos politiciens lorsqu’ils sont en campagne électorale. Ils se transforment en véritables magiciens. C’est drôle comment ils se disent capables de tout régler en campagne électorale. Lorsqu’ils arrivent au pouvoir, le ballon se met vite à dégonfler…

Source : Cyberpresse (Chapleau)

D’abord, Jean Charest nous promet 250 000 emplois et une baisse du taux de chômage sous les 7 % d’ici 2017. Il multiple soudainement les promesses de toutes sortes (couverture des soins dentaires pour les enfants jusqu’à 16 ans, chèque de 100 $ par enfant d’âge primaire, etc.) et défend avec ferveur son Plan Nord – sa solution miracle aux problèmes économiques du Québec. Pourtant, rappelez-vous qu’en 2003, il nous promettait de procéder à une grande réingénierie de l’État et de faire de la santé sa priorité numéro un. « Nous sommes prêts. » Oui, après neuf ans au pouvoir, on voit que les promesses ont été respectées.

Ensuite, Pauline Marois se présente aujourd’hui comme la « sauveuse » du Québec. « À nous de choisir. » Elle aussi multiple les promesses quotidiennement et prétend être la seule à pouvoir gouverner le Québec de sorte à rétablir la confiance des Québécois après neuf ans de gouvernement libéral. Pourtant, elle a occupé tous les principaux portefeuilles pendant les années où le PQ formait le gouvernement. Éducation, santé, finances… A-t-elle réglé les problèmes fondamentaux qui affligent notre société depuis des décennies? Et le PQ a aussi eu droit à son lot de scandales lorsqu’il formait le gouvernement. On dit que le pouvoir corrompt…

Enfin, François Legault revient en politique pour faire le ménage. « C’est assez, faut que ça change. » Pourtant, depuis une semaine, il multiplie les promesses coûteuses à n’en plus finir. Lui aussi a occupé des postes importants au sein du gouvernement péquiste de 1994-2003. A-t-il réussi à régler des problèmes de longue date lorsqu’il était ministre de l’Éducation ou ministre de la Santé? Non, mais aujourd’hui, le candidat Legault a la solution à tout…

La même chose se produit à l’échelle municipale et nous attend l’an prochain. Rappelez-vous qu’en 2009, Jean Martel s’était présenté comme le candidat du changement. Il promettait de régler les problèmes notamment de circulation, d’appliquer le principe d’une « taxation limitée et responsable », de réduire notre dette (un de ses principaux chevaux de bataille durant la campagne de 2009) et – surtout – d’être à l’écoute des citoyens. De belles promesses… Qu’en est-il trois ans plus tard?

Les problèmes de circulation ne sont pas réglés et s’intensifient. Au lieu d’investir notre argent pour donner un grand coup de barre à la réfection de notre infrastructure très vieillissante, M. Martel a choisi d’acheter une terre agricole située en majeure partie dans la ville voisine de Varennes au coût de 1,3 M$, d’acquérir le terrain de La Saulaie au prix astronomique de 2,3 M$, d’acheter l’Hôtel de Boucherville – en décrépitude – pour en faire un centre d’arts au coût de plusieurs millions de dollars et d’investir plus de 2,3 M$ dans une bâtisse qui était évaluée à un dixième de ce montant (le Cercle social Pierre-Boucher). Il était même prêt à dépenser 6 M$ pour faire construire une passerelle à vélos au-dessus de l’autoroute 20 afin de permettre aux cyclistes de se rendre à sa piste cyclable le long de Montarville jusqu’à Saint-Bruno (projet qui, heureusement, n’est pas allé de l’avant après la signature d’un registre par des citoyens).

Pendant une séance d’information le 13 juin dernier, Jean Martel a affirmé publiquement qu’il considérait que son travail consistait à « rêver à des projets ». Donnons-lui ce qui lui revient : pour rêver à des projets, il est très bon (c’est facile lorsqu’on utilise l’argent des autres pour financer ses rêves et projets); pour gérer les finances de la Ville dans le meilleur intérêt de tous ceux qui contribuent à la caisse, permettez-moi d’avoir des doutes à la lumière des surplus que dégage la Ville depuis quelques années (6,8 M$ en 2011 seulement) et des investissements à très faible valeur ajoutée pour les contribuables que priorise son administration.

Une taxation limitée et responsable… Depuis trois ans, c’est plus de DIX MILLIONS que la Ville dégage en surplus. Un moment donné, trop, c’est comme pas assez. Et cette administration hausse nos taxes d’année en année depuis qu’elle est au pouvoir, malgré les surplus dégagés. Mais nous aurons sûrement droit à un gel de taxes pour 2013, année électorale oblige. Taxation limitée et responsable? Idem pour la réduction de la dette, un des principaux chevaux de bataille de Jean Martel pendant la dernière campagne électorale. À l’écouter en 2009, la Ville était en péril financièrement. Pourtant, je n’ai pris acte d’aucune décision hors de l’ordinaire de sa part pour réduire considérablement cette dette « catastrophique » depuis qu’il est au pouvoir… Au contraire, il ne parle presque plus de la dette.

Enfin, être à l’écoute des citoyens. En effet, Jean Martel est très à l’écoute de ses « sentinelles », pour emprunter un terme déjà utilisé par Michaël Léveillée sur ce blogue, ses fidèles qui forment les nombreux comités bénévoles qu’il a mis en place depuis son arrivée à l’hôtel de ville. Mais qu’en est-il des autres? M. Martel compose mal avec les idées contraires aux siennes. Pourtant, en démocratie, on est élu pour représenter tout le monde et tout le monde a droit à la même écoute. Jean Martel est à l’écoute de qui partage bien « sa vision » pour la ville; ses décisions des trois dernières années démontrent qu’il a peu d’égard pour ceux qui ne partagent pas la vision enchâssée dans sa sacrosainte plateforme électorale de 2009. Pourtant, ceux-ci représentent une part importante de l’électorat lorsqu’on sait que 50,21 % des électeurs ont voté pour une plateforme autre que celle d’Option citoyens-citoyennes, le parti de Jean Martel.

Et tout cela recommencera l’an prochain. Les promesses se multiplieront et se succéderont en vue de consolider la base et de séduire de nouveaux électeurs, comme c’est en train de se produire actuellement sur la scène provinciale. C’est une des grandes certitudes de la vie, les promesses magiques en campagne électorale.

Si nous voulons que ça change, il faudrait peut-être que nous – électeurs – accordions notre vote non pas au parti qui nous promet mer et monde, mais plutôt à celui qui est le plus apte à gérer nos fonds publics de façon compétente et responsable. C’est le choix que nous devrons faire le 4 septembre prochain pour élire notre représentant(e) à l’Assemblée nationale ainsi que le 3 novembre 2013 pour nous élire un maire ou une mairesse capable de remettre l’accent sur les vraies priorités et de relever des défis importants que l’actuelle administration semble reléguer au second plan.

Bonne réflexion!

Sébastien St-François

Ça commence à sentir les élections! (retour sur la séance publique du 14 mai)

J’ai écouté l’intégralité de la dernière séance publique du conseil municipal de Boucherville sur le site Web de TVRS lundi soir dernier. Voici un compte-rendu de quelques points saillants.

Bon, commençons sur une note plus légère : il semblerait que la cravate soit passée de mode chez nos politiciens. Il est de plus en plus rare que MM. Martel, Lévesque et Savaria-Laquerre la portent, et lundi soir ne faisait pas exception. Il serait grand temps que quelqu’un de l’Équipe Jean Martel leur explique que la vie publique exige un minimum de décorum et que le port de la cravate en fait partie.

Passons maintenant aux choses plus sérieuses. Encore une fois, le conseiller Savaria-Laquerre a dû quitter la salle pour conflit d’intérêts à plus d’une reprise pendant la séance : point 6.4 (modification d’un règlement municipal), 6.7 (premier projet de règlement) et 7.1 a) (résolutions du Comité consultatif d’urbanisme de Boucherville). Chaque mois – ou presque –, ce conseiller se retire à plusieurs reprises. Je persiste et signe : ce n’est pas normal qu’un conseiller municipal se trouve si souvent en conflit d’intérêts ou en apparence de conflit d’intérêts…

J’aimerais porter votre attention sur deux points de l’ordre du jour en particulier : les points 9.12 et 10.10.

9.12 – Affectation d’une partie du surplus non affecté au 31 décembre 2011 à des fins spécifiques

Comme vous le savez sûrement, la Ville de Boucherville a dégagé un surplus colossal de 6,8 M$ pour 2011. On pouvait lire dans La Relève il y a quelques semaines que 5,4 M$ de ce montant seront affectés au remboursement anticipé d’une partie de la dette. Or, il faut savoir que ce n’est pas la totalité de ce montant qui sera affecté en 2012. En effet, et en réponse à une demande d’explications que j’ai adressée à M. Gaston Perron, directeur des finances de la Ville, celui-ci m’a dit qu’« en 2012 [la Ville va] rembourser par anticipation 2,620 M$ dont 2,069 M$ à même les surplus et 0,551 M$ à même les soldes disponibles sur règlements d’emprunt. Cette opération aura lieu en septembre en même temps que le financement des nouveaux projets et le refinancement annuel de dettes existantes… »

Mme Francine Crevier Bélair a demandé à Dominic Lévesque s’il était en mesure de garantir que le reste du montant du surplus affecté serait appliqué à la dette en 2013. M. Lévesque n’a pu fournir cette garantie, car il n’avait pas noté les chiffres exacts et ne se souvenait pas de ses notes « de mémoire » (sic!). Rappelons qu’il gère un budget annuel de plus de 100 millions de dollars, incluant la partie versée en quotes-parts à l’agglomération de Longueuil. Veillons donc au grain pour nous assurer que la promesse d’appliquer 5,4 M$ au remboursement de la dette soit respectée en 2012 et en 2013.

10.10 – Mandat de services professionnels – jardin collectif municipal – mise en valeur

Selon le Plan triennal d’immobilisations (PTI), un montant de 100 000 $ est prévu pour un projet-pilote de jardin collectif sur la terre agricole acquise par la Ville à fort prix en 2010. Un mandat de services professionnels vient d’être accordé au coût de 90 900 $ – sans appel d’offres, soulignons-le – afin de procéder à l’animation du secteur et à l’analyse des sols entre autres. Il faut savoir que cette terre n’est dotée d’aucun système d’irrigation et qu’on ne peut donc pas y cultiver ce que l’on veut. Aux dires de la majorité des élus, une expertise initiale est donc requise afin de déterminer ce qu’il sera préférable d’y cultiver pour contourner le problème de l’absence d’irrigation, de l’absence d’approvisionnement en eau. Un montant additionnel d’environ 20 000 $ est à prévoir pour l’achat de semences, de fertilisants et d’autres fournitures… Coût total pour 2012 et pour une superficie représentant 1/15e des 5 hectares prévus pour ce projet : 110 900 $ plus les frais d’approvisionnement en eau. Comme on le constate, les 100 000 $ initiaux sont déjà tous utilisés et on n’a pas d’eau! Enfin, il faut savoir que les Varennois ne contribueront pas un sou au projet, du moins pas en 2012 – ce qu’a confirmé Jean Martel -, mais ils bénéficieront du même accès à ce jardin que les citoyens de Boucherville qui eux assumeront 100 % des coûts. En outre, je vous rappelle que la Ville de Boucherville paie chaque année une taxe foncière à la Ville de Varennes pour la partie de la terre qui est en territoire varennois. Les Bouchervillois ont tellement d’argent dans leurs coffres qu’ils peuvent se permettre d’être généreux avec leurs voisins!

En fin de séance lors de la période de « parole aux membres du conseil », Mme Crevier Bélair a affirmé qu’elle trouvait gênant que la Ville dégage des surplus à la hauteur de ceux dégagés en 2011 et que, dans un tel contexte, les hausses de taxes des dernières années étaient inacceptables et presque abusives. Première réaction de MM. Martel et Lévesque : ils « se sont dits très fiers de ces surplus ». Je vous rappelle que ces surplus sont constitués à nos frais et dépens, ne l’oublions pas!

M. Lévesque, demandant à Mme Crevier Bélair de confirmer qu’elle avait voté en faveur des budgets de 2010, 2011 et 2012, lui a souligné que ses votes signifiaient qu’elle était d’accord avec les hausses de taxes prévues dans ces budgets. Ce que M. Lévesque n’a pas dit c’est que, lorsque le conseil est appelé à voter sur le budget, cela ne veut pas du tout dire que les prévisions quant aux surplus qui seront possiblement dégagés aient été analysées ou qu’elles aient été présentées aux membres du conseil pour discussion. Si elles l’avaient été, force est de parier que Mme Crevier Bélair s’y serait opposée.

Quant à M. Martel, il s’est contenté de dire : « Les gens jugeront… »

Ça commence à sentir les élections!

Sébastien St-François