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Une nouvelle administration tournée vers l’avenir et à l’écoute des citoyens

Note de l’administration du blogue : Ce texte est reproduit intégralement d’un communiqué reçu de la candidate indépendante à la mairie de Boucherville, Monique Reeves. Il est publié ici aux fins d’informer la population de ses engagements électoraux.

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La Ville de Boucherville à nouveau poursuivie!

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Source : La Relève

Force est de constater qu’un avocat à la mairie, ça attire les poursuites… Les Bouchervillois sont de nouveau exposés à une poursuite contre leur administration municipale. Cette dernière, intentée contre la Ville de Boucherville et la Ville de Longueuil, est d’un montant de 99 352 000 $. Vous avez bien lu : plus de 99 millions de dollars, soit l’équivalent de la dette de la Ville que le maire Jean Martel se targue d’année en année d’avoir réduit – à force de nous surtaxer (plantureux surplus déclarés année après année) et de négliger la réfection des infrastructures souterraine et routière. Lire la suite

Vrai changement, vraiment?

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Depuis sa fracassante élection à la tête d’un gouvernement majoritaire – grâce notamment à l’élection de 40 députés au Québec – en octobre 2015, Justin Trudeau ne cesse de voir son étoile pâlir, de sa propre faute d’ailleurs. Il ne répond simplement pas aux hautes attentes qu’il a lui-même fixées et multiplie les manifestations de mépris à l’égard de la province dont il est originaire et où se trouve la circonscription qu’il représente aux Communes (Papineau). Force est de constater que celui qui s’autoproclamait un politicien nouveau genre, de l’ère 2.0, n’est rien de plus qu’un autre politicien 1.0 ayant fait des promesses qu’il savait intenables et démontrant une désinvolture inquiétante par rapport à nos deniers publics. Lire la suite

La réalité derrière l’image

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Le 6 janvier dernier, La Presse+ titrait en une « Le dossier qu’il n’a pas vu venir ». Il y est question des conséquences que le vieillissement de la population aura inévitablement sur les finances publiques au pays. Et la réalité est insensible à l’image que nos politiciens et leurs stratèges choisissent soigneusement de nous présenter en campagne électorale pour se faire élire. Selon les prévisions démographiques, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus devrait passer de 15 % aujourd’hui à 24 % dans vingt ans (2035). Donc, de moins en moins de personnes actives sur le marché du travail devront financer les services publics par le biais des impôts, taxes et droits qu’elles paient, alors que le nombre de personnes âgées – qui statistiquement requièrent plus de services et coûtent donc plus cher à l’État – enregistrera un bond important.

Déjà, on prévoit que Québec devra trouver 800 milliards de dollars d’ici 2064 pour amortir l’impact du vieillissement de la population sur le financement des programmes sociaux. 800 milliards de dollars, c’est près de quatre fois l’actuelle dette de la province! Pour mettre cet effort en perspective, rappelons-nous les compressions imposées par le gouvernement de Philippe Couillard depuis 2014 simplement pour atteindre l’équilibre budgétaire l’année prochaine (si ce que les libéraux provinciaux nous racontent est la vérité) et les perturbations sociales ayant résulté de ces compressions. Maintenant, pensons à comment l’État québécois réussira à dégager 800 milliards sur 50 ans dans un contexte de vieillissement de la population où la population active est en décroissance et alors que la province traîne déjà une dette qui s’approche dangereusement des 300 milliards de dollars. La dette provinciale par contribuable s’établit aujourd’hui à près de 70 000 $. Elle sera de combien dans 5, 10, 20 ans? Tout laisse entrevoir de douloureuses années à venir pour le sacrosaint modèle québécois et ceux qui le défendent bec et ongle.

Il est vrai que les retombées liées au vieillissement de la population canadienne n’ont pas été abordées durant la dernière campagne électorale fédérale, qui a pourtant été la plus longue dans l’histoire moderne du pays (78 jours). On a beaucoup parlé de niqab, de marijuana, de la vente de « Jeeps » à l’Arabie Saoudite, de l’usure du gouvernement Harper, des réfugiés syriens et des plans des différents prétendants au poste de premier ministre (rappelons-nous combien de fois Justin Trudeau a affirmé sur toutes les tribunes qu’il avait « un plan »).

Il est donc très étonnant, et inquiétant, d’apprendre que celui qui a réussi à se faire élire à la tête du pays le 19 octobre dernier n’a pas vu venir le dossier du vieillissement de la population, un dossier qui sera inévitablement lourd de conséquences sur la croissance future de l’économie canadienne et sur la pérennité des services publics au pays. Justin Trudeau s’est fait élire en promettant notamment de faire des déficits au cours des prochaines années pour tirer profit des faibles taux d’intérêt et investir davantage dans les infrastructures. Dans son cadre financier, le retour à l’équilibre budgétaire était prévu en 2019-2020. Or ce cadre financier ne tient déjà plus la route et il est déjà établi que les déficits seront plus élevés au cours des prochaines années que prévu/promis par les libéraux.

Si les libéraux de Justin Trudeau n’ont pas tenu compte de l’incidence du vieillissement de la population lorsqu’ils ont monté leur cadre financier, il faut espérer qu’ils ne pensent pas que l’argent tombe du ciel. Il y a des limites à utiliser la carte de crédit pour payer l’épicerie et ça ne règle en rien le nœud du problème : au cours des prochaines décennies, il y aura de moins en moins de contribuables et de plus en plus de besoins, notamment à l’échelle des provinces (pensons simplement à la santé, qui accapare déjà le tiers du budget déposé par Québec chaque année, près de 50 % si on y greffe tous les services sociaux).

La lune de miel est terminée. Il est temps pour Justin Trudeau de lâcher les selfies et d’arrêter de se prendre pour une vedette et de plutôt se mettre à exercer les fonctions auxquelles il a été élu : celles de premier ministre du Canada. Et il y a fort à parier que le Canada de Justin Trudeau n’ait rien à voir avec la belle image qu’il a présentée à la population en campagne électorale pour se faire élire au poste qu’il occupe maintenant. Car, au-delà de l’image, il y a la réalité, et elle est implacable.

Sébastien St-François

Jean Martel en mode électoral, déjà?

12301567_10208217757661198_7441736374978979262_nSource : Ville de Boucherville

C’est mardi soir dernier que Dominic Lévesque, conseiller municipal responsable des finances, a présenté – avec l’enthousiasme et le charisme d’un « 2 par 4 » – les grandes lignes du budget 2016 de la Ville de Boucherville.

Deux ans avant les prochaines élections municipales, l’administration municipale se targue d’offrir un troisième gel de taxes en quatre ans. En ce qui me concerne, c’est un juste retour du balancier après des années de surplus indécents dégagés sur le dos des contribuables (4,8 M$ pour 2010, 5,85 M$ pour 2011, 7 M$ pour 2012, 4,2 M$ pour 2013, « seulement » 3,5 M$ en 2014). En clair, les contribuables bouchervillois ont été surtaxés pendant plusieurs années du règne de l’actuel maire de Boucherville. Il reste à voir l’incidence que la construction du méga complexe aquatique (annoncée à 32 M$ – on verra bien à combien montera la facture finale…) aura sur nos comptes de taxes futurs.

Ensuite, l’administration municipale se targue d’une quatrième baisse consécutive de la dette au 31 décembre 2015. D’abord, il faut relativer les choses : il s’agit d’une baisse de 500 000 $ sur un montant qui s’établissait à 98,6 M$ au 31 décembre 2014. Ensuite, c’est sûr que la dette baisse, car Jean Martel fait tout ce qu’il peut depuis plusieurs années – soit depuis la signature d’un registre en mars 2012 ayant eu pour effet de bloquer son projet de piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville, projet ayant d’ailleurs été payé « cash » depuis, malgré la désapprobation exprimée antérieurement par quelque 1047 citoyens/contribuables – pour payer ses promesses électorales au comptant (terre agricole (1,3 M$), terrain de La Saulaie (2,3 M$), agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher (au moins 2,3 M$), Café centre d’art (7,4 M$++)). En mars 2013, Jean Martel avait publiquement avoué qu’il ne souhaitait plus voir ses projets contestés démocratiquement par la population. Il se prévaut donc d’une disposition de la Loi sur les cités et villes qui lui permet de payer comptant et d’ainsi carrément museler de potentiels et possibles contestataires. Alors, la dette peut bien être en baisse, d’autant plus que le développement immobilier est en très forte baisse à Boucherville depuis maintenant six ans, ce qui diminue nécessairement de beaucoup les investissements auxquels la Ville doit procéder.

Je vais donner un morceau de robot à l’administration pour sa décision de réduire les frais d’inscription aux camps de jour de 25 %. Nous inscrivons notre fils au camp de jour de la Ville depuis deux ans et ces frais sont élevés. Quelle sera l’incidence de cette réduction sur les finances publiques allant de l’avant? Pas un mot là-dessus pendant la présentation.

C’est au dernier chapitre que le bât blesse. L’administration Martel n’investira que 6,6 M$ dans des travaux d’infrastructures (sic!) de rues et de pavage au cours de la prochaine année. C’est nettement insuffisant quand on sait que le déficit d’entretien de notre infrastructure souterraine totalise des dizaines de kilomètres depuis des années. À ce chapitre, Jean Martel fait très piètre figure et le déficit d’entretien ne cesse de se creuser sous sa gouverne. Vous en parlerez aux résidents de la rue Louis-Normandin qui se sont fait répondre par un employé municipal que la Ville n’avait pas d’argent pour réparer ou remplacer des tuyaux datant de 1957… Ces citoyens envisagent maintenant la possibilité de poursuivre la Ville, et je ferais pareil. Si on n’est pas en droit de s’attendre à ce que la municipalité nous approvisionne en eau potable en échange des taxes qu’on paie, il y a là tout un problème!

Enfin, pas un traître mot durant cette présentation budgétaire sur la deuxième caserne de pompiers, qui devait être opérationnelle sur notre territoire avant la fin de 2013 et dont la construction se fait toujours cruellement attendre…

Sébastien St-François

Avant de pouvoir continuer, il faut d’abord commencer…

actualites_-_sympatico_-_ca_1300_732_50_s_c1_center_center_0_0_1Après la multiplication d’annonces de décisions se soldant par d’importantes ponctions que subiront les Québécois en 2015, le taux des « très insatisfaits » à l’égard du gouvernement Couillard atteint maintenant 30 %, selon le dernier sondage Léger-Le Devoir. Ce pourcentage n’a cessé d’augmenter au cours de l’automne qui se termine.

C’est un fait bien documenté : les gouvernements imposent toujours leurs mesures les plus susceptibles de susciter la grogne populaire en début de mandat. L’électorat ayant tendance à avoir la mémoire courte, nos dirigeants politiques se disent que le bon peuple a le temps d’oublier avant qu’il ne soit convoqué de nouveau aux urnes. Et, dans la pratique, ils ont raison la plupart du temps…

Vendredi dernier, l’animateur Benoit Dutrizac s’est entretenu avec Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor. M. Coiteux nous assure que les efforts se poursuivront en 2015 pour ce qui est des nombreux autres dossiers problématiques sur le plan des finances publiques. J’aimerais bien pouvoir le croire. Malgré ma méfiance par rapport aux libéraux lorsqu’il est question de finances publiques, s’il y a un membre de ce gouvernement qui tient un discours relativement cohérent depuis son entrée sur la scène politique, c’est bien M. Coiteux. Il tenait le même discours lorsqu’il était professeur aux HEC.

Il reste à voir ce que le gouvernement libéral nous annoncera en 2015. Cependant, à ce jour, le constat est le suivant : le gouvernement libéral provincial aura alourdi le fardeau fiscal du Québécois moyen et récupéré la totalité des mesures d’allègement annoncées plus tôt cet automne par le gouvernement fédéral. Au net, les Québécois figureront parmi les seuls Canadiens à ne bénéficier aucunement des « cadeaux électoralistes » de Stephen Harper.

Pendant ce temps, le premier ministre Philippe Couillard tient à nous rassurer : « La population du Québec va continuer à s’enrichir ». Euh? Est-ce que j’en ai manqué un bout? Pour continuer à s’enrichir, il faudrait que le Québec commence d’abord par s’enrichir… Mais c’est loin d’être le cas; au contraire, le Québec et les Québécois s’appauvrissent. En effet, on apprenait récemment que le pouvoir d’achat des Québécois avait enregistré son premier recul depuis 1996. Sur le plan collectif, la province de Québec (la neuvième province la moins riche sur dix, devant l’Île-du-Prince-Édouard) recevra la somme record de 9,5 milliards de dollars en péréquation du gouvernement fédéral en 2015-2016.

Par conséquent, avant même d’essayer de nous faire croire que nous sommes en mesure de continuer à nous enrichir, le premier ministre devrait plutôt faire preuve d’une bonne dose de réalisme. La pléthore de mesures annoncées au cours de l’automne ne vise qu’à permettre à la province d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016. C’est tout… Le gouvernement n’a toujours rien fait pour s’attaquer, par exemple, à la dette – dette qui dépasse les 270 G$ et augmente de 25 M$ par jour selon le Compteur de la dette québécoise. Voilà un problème récurrent de taille que nous devons en bonne partie à Jean Charest, le prédécesseur libéral de Philippe Couillard. Que fera le gouvernement à cet égard? Puiser encore et encore dans les poches du contribuable, qui n’en a plus à donner sans mettre en péril son propre équilibre budgétaire?

Malgré les assurances que le premier ministre veut bien nous donner en cette fin d’année, force est de constater que le Québec est encore très loin de redevenir une province prospère et que les générations futures payeront encore très longtemps les abus des dernières décennies. C’est la triste réalité de ce qu’est devenu le Québec au fil des gouvernements péquistes et libéraux s’étant succédés depuis la Révolution tranquille.

Malgré toute cette morosité dans laquelle baigne le Québec, c’est aussi le moment des réjouissances dans la Belle Province, alors souhaitons-nous de joyeuses fêtes! Profitons-en pour décrocher un peu, car la réalité nous rattrapera et reprendra l’avant-scène assez vite au retour du traditionnel congé de fin d’année. Souhaitons-nous une année 2015 moins austère et plus optimiste que fut 2014!

Sébastien St-François

Rendez-vous référendaire à Boucherville

NCAB_RAPPORT_140708_Images_35__vue_sur_els_2_bassins_Web__2014117152024Source : boucherville.ca

Le lundi 10 novembre, un total de 902 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville pour signer un registre afin de manifester à l’administration municipale leur opposition à un règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer un futur complexe aquatique. En vertu de la loi, il fallait 804 signatures pour bloquer ledit règlement d’emprunt.

C’est la deuxième fois depuis l’entrée en fonctions du maire Jean Martel en 2009 que des citoyens se mobilisent pour bloquer un règlement d’emprunt. En effet, en mars 2012, 1047 citoyens s’étaient mobilisés pour bloquer un règlement d’emprunt beaucoup moins élevé concernant l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno. Dans ce dossier, on connaît la suite. Plus tôt cette année, le maire est revenu à la charge avec le même projet de piste cyclable – cette fois décidant de faire fi de la démocratie en puisant dans les surplus de la Ville pour financer le projet au comptant et ainsi museler toute opposition possible de la part des citoyens. Ainsi est faite la Loi sur les cités et villes, censée protéger les citoyens des municipalités du Québec… J’avais écrit au ministre de l’époque, Sylvain Gaudreault, mais je n’avais eu droit qu’à un accusé de réception laconique en guise de réponse aux doléances exprimées dans ma lettre.

Dans le cas du complexe aquatique, la Ville ne dispose évidemment pas des liquidités nécessaires pour financer le projet au comptant. Donc, le soir même que le résultat de la signature de registre a été connu, le maire a annoncé que son projet fera l’objet d’un référendum en janvier ou février 2015.

Les citoyens ayant signé le registre ont voulu envoyer un message au conseil municipal, mais il y a lieu d’interpréter ce message correctement. Rares sont les Bouchervillois qui ne reconnaissent pas la vétusté de nos installations aquatiques et personne (à ma connaissance) ayant signé le registre ne s’oppose à la mise à niveau de ces installations qui ont vieilli au fil des ans. Là où ça accroche pour les signataires du registre, c’est au niveau du coût du projet proposé par l’administration municipale : 34 M$, c’est sans précédent, et ça ne tient pas compte des inévitables dépassements de coûts qu’on observe dans la vaste majorité des projets publics entrepris ici comme ailleurs. À Boucherville, pensons à des exemples récents comme le Cercle social Pierre-Boucher et le Centre d’arts. Dans un cas comme dans l’autre, le budget initialement annoncé n’a pas été respecté.

Le maire nous explique que nous devons agir rapidement pour ne pas perdre les quelque 10 M$ en subventions octroyées au projet. Il avance que le projet ne coûtera pas 34 M$, mais 24 M$. Il affirme également ceci, rapporté la semaine dernière par le journal La Seigneurie : « On a réussi à baisser la dette afin de se dégager une marge de manœuvre et être capable de réaliser le projet en limitant l’impact sur les comptes de taxes. »

À mon avis, un tel raisonnement ne tient pas la route pour deux raisons. Premièrement, qu’en est-il des autres priorités actuelles et futures de la municipalité? Pensons notamment aux travaux de réfection (voirie et réseau d’égouts). En 2009, notre déficit à cet égard atteignait quelque 40 kilomètres. Depuis 2009, selon le Palmarès des municipalités des HEC Montréal, la croissance annuelle moyenne des dépenses à ces chapitres a baissé de quelque 30 % dans le cas de Boucherville. Cela m’indique que le déficit se creuse depuis cinq ans. Quand on sait combien coûte la réfection complète (surface + souterrain) d’un kilomètre de voirie, nous en avons pour des dizaines de millions de dollars en dépenses prévisibles au cours des prochaines années – juste pour rattraper le retard accusé depuis le début du millénaire. Sachant cela, avons-nous vraiment les moyens de nous payer le complexe aquatique mis de l’avant par Jean Martel?

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous bénéficierions de subventions totalisant environ 10 M$ que nous avons les moyens de ce projet et que le coût définitif du projet se limitera à 34 M$ (24 M$ après subventions). C’est comme si vous aviez des travaux majeurs à faire effectuer sur votre maison. Votre budget est serré et vous devez également remplacer votre voiture. Vous n’en avez pas les moyens, mais vous vous laissez tenter par l’offre d’un vendeur de voitures de luxe, qui vous propose une réduction du prix de quelques milliers de dollars pour vous convaincre à signer… Est-il pour autant responsable de succomber à la tentation si la décision est mise en contexte?

Sur le plan démocratique, la signature du registre aura l’avantage de permettre la tenue d’un débat éclairé sur la question, et le fardeau de la preuve revient maintenant au conseil municipal. En effet, les membres du conseil municipal doivent nous donner toute l’information nécessaire afin que nous puissions nous prononcer sur leur projet en toute connaissance de cause. Les citoyens ont besoin d’obtenir les réponses à toutes leurs questions afin d’être en mesure de prendre une décision éclairée sur le bien-fondé d’investir autant d’argent dans un seul projet.

Quelques questions me viennent spontanément à l’esprit :

  1. En quoi ce projet (comprenons-nous bien, pas une mise à niveau de la piscine, mais le projet de 34 M$+ actuellement proposé par l’administration) est-il absolument nécessaire pour la population de Boucherville? Pourquoi un projet plus modeste et moins coûteux n’a-t-il pas été envisagé?
  2. En quoi ce projet est-il prioritaire et s’il allait de l’avant, quelle serait l’incidence sur la capacité de la Ville à financer adéquatement d’autres travaux prioritaires sans alourdir indûment le fardeau fiscal des contribuables?
  3. En quoi ce projet serait-il rentable pour Boucherville et sa population? Autrement dit, en avons-nous vraiment les moyens et quelle serait l’incidence (chiffrée) sur nos comptes de taxes futurs? L’information vague fournie par le maire à ce propos ne me satisfait pas.

Ce sera donc un dossier à suivre de près au cours des semaines et des mois à venir, et tout un chacun doit s’assurer d’avoir en main toute l’information pertinente et nécessaire pour prendre la décision la plus judicieuse qui soit en tenant compte de notre capacité de payer collective et des autres priorités de notre municipalité. Deux choix sont possibles : on accepte le grandiose projet qui nous est proposé ou on demande au conseil municipal de refaire ses devoirs et de nous revenir avec un nouveau projet plus modeste et donc d’une facture plus raisonnable.

Sébastien St-François

Même moule cassé, même bon peuple dupé

Photos_Communiques_V2Source : plq.org

On dit que six mois en politique, c’est une éternité. C’est vrai… Le 7 avril 2014 est bien loin dans mon esprit, le gouvernement Marois, encore plus. Mais alors? Le Québec a-t-il réellement progressé au cours des six derniers mois? En campagne électorale le printemps dernier, Philippe Couillard et ses sbires nous promettaient mer et monde. Par exemple, la création de 250 000 emplois sur cinq ans. Or, dans les faits, l’« effet libéral » en matière de création d’emplois se fait toujours attendre. Il s’est perdu 30 100 emplois à temps plein en octobre, ce qui porte le bilan depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir à -82 000 emplois. Alors que le taux de chômage a baissé dans le ROC et s’établit maintenant à 6,5 %, il a progressé de 0,1 % et se chiffre dorénavant à 7,7 % au Québec.

Dans son obsession à court terme d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (tout indique que ce sont déjà les agences de notation qui dirigent le Québec et que Philippe Couillard n’est qu’une vulgaire marionnette à leur commande…), le gouvernement libéral – ne voulant/pouvant pas hausser directement le fardeau des familles québécoises – s’apprête à confier à d’autres acteurs sociaux l’odieuse mission d’en soutirer encore plus des poches de celles et ceux qui n’en ont plus à donner sans compromettre leur propre équilibre budgétaire – souvent très précaire. Pensons notamment aux 300 M$ en compressions imposées aux municipalités pour 2015 (préparez-vous à une autre hausse de votre compte de taxes municipales) et à la modulation des tarifs de services de garde (alors que l’impôt qui finance le gros de ce système est déjà modulé en fonction du revenu) à compter du 1er avril prochain.

Mais qu’en est-il du long terme? La réduction de la dette provinciale (qui a monté en flèche sous le règne de Jean Charest), le ménage dans les régimes de retraite relevant directement de Québec (déficit accumulé de 77 G$), une refonte en profondeur du système des commissions scolaires pour diriger un maximum d’argent vers les services directs aux élèves (que des engagements vagues de notre bon ministre de l’Éducation, le controversé [pour rester poli] Yves Bolduc)? Rien. Jusqu’à maintenant, le grand ménage promis par Philippe Couillard semble se limiter à la bonne vieille recette que libéraux et péquistes utilisent depuis des lunes : pelleter ailleurs, puis le CONtribuable assumera la facture sous une forme ou une autre. Très décevant, mais prévisible en réélisant un « bon gouvernement libéral »…

De toute évidence, le bon vieux moule que les premiers ministres se lèguent depuis des décennies a trouvé preneur en avril dernier. Les Québécois se sont fait promettre un gouvernement Couillard 1.0 – résolu à remettre de l’ordre dans l’État québécois – et ils ont mordu massivement à l’hameçon, dans leur désir de se débarrasser d’un gouvernement péquiste qui n’allait nulle part. Tout indique que les Québécois ont encore une fois été dupés par un « vieux » parti et ses promesses creuses. En effet, ce qui nous gouverne depuis avril dernier n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Manquant le courage politique nécessaire pour effectuer de réelles coupes dans l’État tentaculaire sans cesse grandissant et envahissant dans la Belle Province, le gouvernement Couillard se contente de répéter la recette du gouvernement Charest des années 2003 à 2012 : on alourdit le fardeau fiscal de la masse en passant par la porte d’en arrière… On confie à d’autres intervenants (municipalités, CPE, sociétés d’État comme Hydro-Québec) l’odieuse tâche d’en puiser encore plus dans nos poches.

Je n’ai pas voté pour le candidat libéral dans ma circonscription aux dernières élections. Je suis néanmoins pris à vivre avec la décision de la majorité jusqu’en 2018. Ainsi va la démocratie. Mais, de toute évidence, le moule est cassé. Que les péquistes ou les libéraux soient aux commandes de la province, le Québec s’appauvrit d’année en année, tout comme les Québécois à force de se faire ponctionner le porte-monnaie par un État qui leur en demande toujours plus sans leur donner une qualité de services à laquelle ils sont en droit de s’attendre pour leur argent.

C’est bien plate à dire, mais le Québec et les Québécois continueront à s’appauvrir tant et aussi longtemps que les vieux partis s’échangeront le pouvoir. Et le PQ et le PLQ nous montrent de quel bois ils se chauffent et des résultats dont ils sont capables depuis des décennies. Peu importe qui est à la tête de ces partis aux idéologies d’une époque révolue, le résultat est le même : la province continue à sombrer dans la dèche et les réels problèmes ne se règlent pas. Au contraire, ils s’empirent, car on continue de les pelleter dans la cour des générations qui nous suivront : finances publiques, santé, éducation, justice… Pendant combien de temps encore pouvons-nous réellement confier le pouvoir à des acteurs politiques qui s’entêtent à faire usage d’un moule qui est caduque? Pis encore, d’élection en élection, une majorité suffisante continue à fonder tous ses espoirs dans l’un ou l’autre de ces vieux partis.

Les prochaines élections n’auront pas lieu avant 2018. En ayant recours une fois de plus à la duperie, le PLQ s’est confortablement installé au pouvoir pour un mandat de quatre ans et demi. Ce mandat est très mal parti si les Québécois pensaient avoir élu un parti qui ferait enfin le grand ménage nécessaire pour tenter d’éviter « le mur » ou – du moins – le heurter moins violemment. Tout indique que nous aurons plutôt droit à une facture fiscale encore plus lourde et que les vrais problèmes demeureront entiers à la fin du mandat en cours.

Les libéraux nous démontrent encore une fois que, tant que nous nous contenterons du vieux moule que les gouvernements qui se succèdent utilisent depuis maintenant trop longtemps, la recette sera la même : le Québécois moyen paiera de plus en plus cher pour les services publics, le Québec demeurera lourdement endetté et pauvre, et les générations qui nous succéderont – nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants – ne l’auront pas facile, hypothéquées leur vie durant en raison des choix et du manque de courage politique des deux partis qui s’échangent le pouvoir depuis la Révolution tranquille.

En 2018, ça nous prend un nouveau moule, de nouveaux acteurs politiques et une nouvelle vision de ce qu’est l’État si nous voulons avoir une chance de sauver ce qui reste du Québec. Surtout, il faudra qu’une majorité d’électeurs se rendent compte que le vieux moule usé ne fonctionne plus et que les vieux partis ont échoué à rompre avec la tradition ayant mené à la situation actuelle…

Sébastien St-François

Quand on fait l’autruche…

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Quand on fait l’autruche, on ne voit pas la réalité autour de soi, mais la réalité ne devient pas moins implacable pour autant. Le jour où on se sort la tête du sable, BAM! Ça risque de faire encore plus mal…

C’est la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui le Québec (l’État) et les Québécois (les contribuables). À quelques heures du dépôt du budget 2014-2015 mercredi dernier, Carlos Leitao (que j’ai appris se prononce « Laytown » en portugais) a qualifié la situation du Québec de « sérieuse » et le gouvernement Couillard impose dès cette année un début de régime minceur dans l’espoir de commencer à assainir les finances publiques de la neuvième province la plus pauvre sur dix – avant qu’il ne soit trop tard… Selon la Fédération des chambres de commerce du Québec, la dette nette du Québec atteint maintenant plus de 54 % du PIB (par rapport à 50 % il y a à peine deux ans) comparativement à environ 44 % en Ontario et à quelque 33 % du PIB pour l’ensemble des provinces canadiennes.

Le Québec est donc plus lourdement endetté que le reste du Canada et continue à s’endetter à un rythme insoutenable. Qu’on soit un particulier, une entreprise ou un État, si on persiste à vivre au-dessus de ses moyens et, ce faisant, à se cacher la tête dans le sable, la réalité finit par prendre le dessus et on frappe un mur. Le Québec semble avoir frappé son mur…

C’était pourtant écrit dans le ciel : le Québec n’a pas les moyens de ses ambitions depuis des années, mais les gouvernements qui se sont succédé ont longtemps préféré jouer le jeu des déficits-surprises. On gouverne trop souvent pour se faire réélire, non pour faire ce qui doit être fait dans l’intérêt supérieur de l’ensemble de la population – que ce soit au municipal, au provincial ou au fédéral. Pourquoi donner un portrait juste et franc aux électeurs quand ce n’est pas ce qu’ils souhaitent voir ou entendre? Aussi bien donc les berner et leur faire croire que tout va bien.

Les abus et la mauvaise gouvernance du passé nous rattrapent maintenant en 2014. Selon le vérificateur général du Québec, Michel Samson, si rien n’est fait, l’État québécois se dirige vers un déficit de 5,6 G$ pour 2014-2015. Nous sommes loin des 1,75 G$ de Nicolas Marceau ou même des 3,1 G$ avancés récemment par le nouveau ministre libéral des Finances. Et n’oublions pas que la population active est maintenant en décroissance dans la Belle Province : moins de travailleurs, moins de « payeurs de taxes » pour financer la machine…

Comme le titrait jeudi dernier le chroniqueur Francis Vailles de La Presse, devant l’état lamentable des finances publiques, a-t-on vraiment le choix? Malgré toutes les compressions et tous les gels déjà budgétés pour 2014-2015, l’exercice en cours se soldera par un déficit de 2,35 G$ et, pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016, il faudrait couper 4 G$ de plus que cette année. Plusieurs se demandent si les chiffres avancés par le gouvernement peuvent tenir la route. Québec veut limiter la hausse des dépenses à 1,8 % cette année et à 0,7 % l’an prochain. Du jamais vu, du moins depuis belle lurette, les dépenses gouvernementales ayant plutôt tendance à croître d’au moins 5 % année après année. Ce n’est pas pour rien que les agences de notation ont l’État québécois à l’œil.

C’est d’ailleurs inquiétant d’apprendre que les agences de notation ont déjà commencé à dicter certaines commandes budgétaires au gouvernement. En effet, selon le chroniqueur Jean Lapierre, si les 1,5 G$ promis en investissements additionnels en infrastructures (15 G$ sur 10 ans) par Philippe Couillard en campagne électorale ne figurent pas au budget déposé la semaine dernière, c’est que les agences auraient menacé Québec d’une décote, considérant notre dette déjà trop élevée. Nous commençons donc à ne plus être entièrement maîtres de nos choix, et Dieu sait que nos infrastructures sont en piètre état. Des choix très douloureux poignent à l’horizon… Pis encore, tout ce qui nous arrive maintenant était prévisible depuis un bon moment.

Le Québec et les Québécois ont trop longtemps fait l’autruche, se faisant croire que l’État providence se portait bien, que la pérennité du modèle québécois de la Révolution tranquille était assurée et que nous pouvions continuer à nous endetter ad vitam aeternam… Bien, la réalité nous rattrape maintenant. L’heure des choix douloureux est arrivée et – qu’on aime le terme ou pas – l’austérité devient notre nouvelle réalité. Si nous ne trouvons pas le courage nécessaire pour faire ce qui doit être fait, ce seront les agences de notation qui nous dicteront leurs choix (c’est déjà commencé), et les conséquences seront d’autant plus douloureuses.

Ce qui doit être fait urgemment maintenant aurait dû être fait il y a dix ans. Mais, en 2003, Jean Charest a préféré garder sa tête dans le sable que mettre en branle la « réingénierie de l’État » qu’il avait pourtant promise pour se faire élire. Dix ans plus tard, l’autruche se sort enfin la tête du sable et elle n’aime pas ce qu’elle voit autour d’elle. Mais il ne faudrait surtout pas qu’elle se replonge tête première dans son petit monde où tout va pour le mieux…

Sébastien St-François

Budget 2014 : continuité d’une part, hausses de l’autre et quelques surprises entre tout cela

annonce_budget_groupe_17dec2014_mediasSource : boucherville.ca

Le 17 décembre, le conseil municipal de la Ville de Boucherville a déposé et adopté le budget 2014 ainsi que le programme triennal d’immobilisations (PTI) pour 2014-2015-2016. Peu de surprises de ce côté : gel de la taxation résidentielle (hausse de 1,5 % pour les secteurs commercial et industriel), remboursement de la dette par anticipation (8,1 M$ prévus), affectation d’un montant de 34 M$ pour le projet de centre aquatique. Il en résulte un budget d’un peu plus de 106 M$, soit sensiblement le même niveau qu’en 2013.

Le budget dissimule toutefois une surprise de taille : en 2014, seulement deux rues seront refaites sur le territoire de Boucherville, soit Jean-Baptiste-Jobin (2 M$) et Des Ateliers (2,5 M$). C’est inquiétant, quand on sait que le déficit d’entretien se creuse d’année en année (le service du génie préconise la réfection d’au moins 5 000 mètres linéaires par année, ce que nous n’atteignons pas depuis longtemps) et que la réfection d’un mètre linéaire coûte quelque 4 000-5 000 $. Nous en avons pour des dizaines de millions de dollars juste en rattrapage. Et attendre qu’un bris survienne et nécessite des travaux urgents coûte beaucoup plus cher qu’effectuer des travaux planifiés…

Réduire la dette, c’est bien, mais pas si ça devient une obsession au point de fragiliser encore plus une infrastructure déjà très vieillissante. Remplacer des tuyaux souterrains et repaver des rues, ce n’est pas très « glamour » pour un politicien, mais c’est une nécessité absolue. Plus on accuse du retard, plus les éventuelles surprises risquent d’être douloureuses… et coûteuses.

Du côté de l’agglomération de Longueuil, le portrait est moins rose. En 2014, notre quote-part à l’agglo totalisera 47,4 M$, soit quelque 45 % de notre budget total. Lors de la présentation budgétaire, le maire Jean Martel a affirmé que le budget de l’agglomération était en hausse de 4,74 % par rapport à 2013 et que la quote-part perçue de Boucherville était majorée de 3,11 % par rapport à l’an dernier. C’est nettement plus que l’inflation et, de toute évidence, l’agglomération peine à contenir ses dépenses.

Juste à Boucherville, le service de sécurité publique (policiers et pompiers) nous coûtera la rondelette somme de 19 407 501 $ en 2014, soit 42 % de nos dépenses d’agglomération. Et, bien que le PTI 2014-2015-2016 de l’agglomération de Longueuil fasse état d’une affectation de 7,56 M$ pour la « construction d’une nouvelle caserne d’incendie dans la ville de Boucherville » (c’était le cas l’an dernier), pas un mot du maire ou de son collègue aux finances, Dominic Lévesque, quant à cette caserne – promise publiquement en décembre 2012 pour décembre 2013 dans le plus grand enthousiasme… Les Bouchervillois ont toutes les raisons de s’inquiéter du mutisme de leurs élus quant à ce dossier de sécurité publique. Depuis la contestation de la mise en réserve du terrain recommandé par le maire Martel pour la construction de cette caserne, c’est le silence radio. NOS ÉLUS ONT-ILS UN PLAN B? De toute évidence, NON.

À part Varennes (qui dégage un surplus monstre de 12,9 M$ en 2013) et Boucherville, la plupart des autres municipalités de la Rive-Sud imposent des hausses de taxes oscillant entre 2 % et 3 % à leurs contribuables. Nous pouvons donc nous compter parmi les « chanceux ». Cependant, il en demeure que les Bouchervillois doivent continuer à s’inquiéter du déficit d’entretien des infrastructures qui se creuse et de la caserne de pompiers qui se fait toujours attendre et dont l’absence compromet la sécurité-incendie sur la majeure partie du territoire (le fameux « 10 en 10 » ne peut être garanti ou atteint sur la quasi-totalité du territoire sans cette 2e caserne).

Sébastien St-François

P.-S. : La présentation budgétaire 2014 de la Ville de Boucherville peut être consultée à l’adresse http://boucherville.ca/cgi-bin/index.cgi?page=residants0_1_0