Archives du mot-clé déficit

Jean Martel et ses grandes qualités d’administrateur : un autre fiasco financier*

*Un texte de Raymond Gaudin


Me voici de retour. Quelques jours avant l’élection du 2 novembre, j’évoquais la situation financière précaire de l’OSBL Duval-Volkswagen qui gère les 4 glaces (anciennement Gilles-Chabot). Lire la suite

Vrai changement, vraiment?

bluesky

Depuis sa fracassante élection à la tête d’un gouvernement majoritaire – grâce notamment à l’élection de 40 députés au Québec – en octobre 2015, Justin Trudeau ne cesse de voir son étoile pâlir, de sa propre faute d’ailleurs. Il ne répond simplement pas aux hautes attentes qu’il a lui-même fixées et multiplie les manifestations de mépris à l’égard de la province dont il est originaire et où se trouve la circonscription qu’il représente aux Communes (Papineau). Force est de constater que celui qui s’autoproclamait un politicien nouveau genre, de l’ère 2.0, n’est rien de plus qu’un autre politicien 1.0 ayant fait des promesses qu’il savait intenables et démontrant une désinvolture inquiétante par rapport à nos deniers publics. Lire la suite

Monde municipal : une refonte en profondeur s’impose

B4rUnj3IQAA-UYN.jpg largeSource : tvrs.ca

Le diable est aux vaches dans le monde municipal. Après avoir soulevé l’ire des syndiqués municipaux en faisant adopter son projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est attiré les foudres des élus municipaux la semaine dernière en fustigeant publiquement la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, et le maire de Laval, Marc Demers. Le ministre juge les hausses de taxes décrétées par ces derniers exagérées et menace les fautifs de sanctions. Qui a raison, qui a tort? Il est difficile d’imputer l’entièreté du blâme à l’une ou l’autre des parties, mais une chose est certaine : c’est toujours le contribuable qui finit par payer… Dans ce texte, je vais me concentrer sur la situation de l’agglomération de Longueuil étant donné que j’y habite. Cependant, mes commentaires s’appliquent à la grandeur du Québec.

Dans ce débat, il faut garder à l’esprit une prémisse de base : les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec. En fait, ils gagnent près de 40 % de plus que leurs homologues provinciaux. Ce sont les contribuables qui font les frais de ces conditions de travail extrêmement généreuses. Par exemple, à Boucherville – municipalité de 42 000 âmes que j’habite depuis 1977 –, le directeur général de la Ville reçoit des émoluments et avantages sociaux qui frôlent, voire dépassent, les 200 000 $ – sans parler du régime de retraite doré qui l’attend quand il tirera sa révérence. Raisonnable pour ce que certains qualifieront de « ville dortoir »? La masse salariale des municipalités est très élevé. Viennent ensuite les projets de toutes sortes qui sont chers à nos élus. Toujours à Boucherville, c’est par millions que l’argent des contribuables se dépense sur des projets très accessoires dans le contexte actuel. Et, dans le cas de ma ville, ces projets sont souvent payés au comptant afin de museler les citoyens contestataires. Il faut savoir qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, les élus peuvent dépenser les surplus comme bon leur semble sans que les citoyens puissent s’y opposer. Est-ce normal dans un système qui se veut et se dit démocratique?

Pendant ce temps, le déficit d’entretien de nos infrastructures publiques se creuse d’année en année. Chez nous, le service du génie prône la réfection complète (conduites d’aqueduc et d’égout, fondation et chaussée) d’un minimum de cinq kilomètres de rues annuellement. Or, d’après les chiffres que j’ai obtenus de la direction du greffe de la Ville de Boucherville, sur une période de six ans (de 2009 à 2014 inclusivement), très exactement 14,678 kilomètres ont été refaits. Ce déficit de 15,322 kilomètres s’ajoute à celui d’environ 40 kilomètres qui existait au début de 2009. Quand on sait combien coûte la réfection complète d’un mètre linéaire de rue, c’est une facture totalisant des dizaines de millions de dollars qui se monte sous nos pieds. Et le cas de Boucherville est loin d’être un cas d’espèce; l’ensemble des municipalités du Québec accusent un déficit à ce chapitre.

Vient ensuite la situation de l’agglomération de Longueuil. En 2016, ce monstre bureaucratique « fêtera » ses dix années d’existence. Cette structure qu’est l’agglomération coûte de plus en plus cher aux contribuables qui la financent. Pour 2015, son budget s’établit à 334,5 M$, en hausse de 1,9 % par rapport à 2014. Cette nouvelle hausse s’ajoute à des hausses annuelles souvent supérieures à l’inflation depuis 2006. Pour Boucherville, cela se traduit par une quote-part de 47,5 M$, en hausse de 2,9 % par rapport à 2014.

Jeudi dernier, trois des quatre maires des villes liées à Longueuil (Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert) ont fait une sortie publique pour dénoncer le manque de transparence dont ils se jugent victimes. Ces trois maires, dont Martin Murray de Saint-Bruno qui est comptable de formation, avancent que le partage des dépenses mixtes entre la ville centre (Longueuil) et les villes liées serait illégal et aurait coûté aux contribuables de ces dernières 40 M$ en sept ans. Si je reviens à l’exemple de Boucherville, alors que nous ne représentons qu’environ 10 % de la population de l’agglomération, la quote-part que nous devons verser annuellement aux coffres de l’agglo a souvent dépassé les 15 %. C’est ça, l’équité en matière de fiscalité municipale?

Étonnamment, le maire de Boucherville, Jean Martel, a décidé d’aller à l’encontre de ses trois homologues et a plutôt permis l’adoption du budget 2015 de l’agglomération. Pour justifier sa décision de se ranger une fois de plus derrière Longueuil, il invoque que l’agglomération fonctionne et permet de belles réalisations, comme les Jeux du Québec. Oui, elle fonctionne, mais à quel prix? En prenant le parti de la mairesse St-Hilaire, j’en conclus donc que Jean Martel ne reconnaît pas l’iniquité dont ses concitoyens sont victimes et juge parfaitement normal que les contribuables de Boucherville essuient des hausses de leur fardeau fiscal imputables au fonctionnement de l’agglomération de Longueuil qui sont plus souvent qu’autrement supérieures à l’inflation. Je trouve cela bien désolant venant d’un maire qui dit prôner une « taxation limitée et responsable » depuis qu’il est en poste. Quant on sait que la quote-part représente annuellement environ 45 % du montant (après impôt) que les contribuables doivent payer en taxes municipales à la Ville, on est en droit de s’attendre à ce que le maire prenne le parti des citoyens dont il est censé défendre les intérêts plutôt que celui d’une mairesse somme toute assez dépensière.

Alors, entre le ministre Pierre Moreau et la mairesse St-Hilaire, qui croire? Certes, Mme St-Hilaire a parfaitement raison lorsqu’elle déclare que les élus municipaux ont la légitimité démocratique de gérer leur ville et que c’est aux citoyens qu’ils représentent de juger de leur rendement. Par contre, M. Moreau a tout autant raison d’affirmer que les municipalités disposent d’une évaluation foncière qui augmente, qu’elles dégagent des surplus (parfois énormes) et que la croissance de leurs dépenses augmente – tout comme leur assiette fiscale. Pour le contribuable, ce débat aboutit plus souvent qu’autrement au même résultat : un compte de taxes qui ne cesse d’augmenter et qui représente un fardeau de plus en plus lourd.

Une chose demeure certaine. Comme ce fut le cas avec les commissions scolaires en 2013 sous le gouvernement Marois, peu importe qui remporte ce bras de fer politique entre Québec et les municipalités, c’est au contribuable municipal qu’on refilera une fois de plus la note. Et c’est pour cette raison qu’une refonte en profondeur du fonctionnement et des priorités de nos municipalités s’impose. Il est temps de faire le ménage et d’arrêter de pelleter dans la cour des contribuables.

Sébastien St-François

Rendez-vous référendaire à Boucherville

NCAB_RAPPORT_140708_Images_35__vue_sur_els_2_bassins_Web__2014117152024Source : boucherville.ca

Le lundi 10 novembre, un total de 902 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville pour signer un registre afin de manifester à l’administration municipale leur opposition à un règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer un futur complexe aquatique. En vertu de la loi, il fallait 804 signatures pour bloquer ledit règlement d’emprunt.

C’est la deuxième fois depuis l’entrée en fonctions du maire Jean Martel en 2009 que des citoyens se mobilisent pour bloquer un règlement d’emprunt. En effet, en mars 2012, 1047 citoyens s’étaient mobilisés pour bloquer un règlement d’emprunt beaucoup moins élevé concernant l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno. Dans ce dossier, on connaît la suite. Plus tôt cette année, le maire est revenu à la charge avec le même projet de piste cyclable – cette fois décidant de faire fi de la démocratie en puisant dans les surplus de la Ville pour financer le projet au comptant et ainsi museler toute opposition possible de la part des citoyens. Ainsi est faite la Loi sur les cités et villes, censée protéger les citoyens des municipalités du Québec… J’avais écrit au ministre de l’époque, Sylvain Gaudreault, mais je n’avais eu droit qu’à un accusé de réception laconique en guise de réponse aux doléances exprimées dans ma lettre.

Dans le cas du complexe aquatique, la Ville ne dispose évidemment pas des liquidités nécessaires pour financer le projet au comptant. Donc, le soir même que le résultat de la signature de registre a été connu, le maire a annoncé que son projet fera l’objet d’un référendum en janvier ou février 2015.

Les citoyens ayant signé le registre ont voulu envoyer un message au conseil municipal, mais il y a lieu d’interpréter ce message correctement. Rares sont les Bouchervillois qui ne reconnaissent pas la vétusté de nos installations aquatiques et personne (à ma connaissance) ayant signé le registre ne s’oppose à la mise à niveau de ces installations qui ont vieilli au fil des ans. Là où ça accroche pour les signataires du registre, c’est au niveau du coût du projet proposé par l’administration municipale : 34 M$, c’est sans précédent, et ça ne tient pas compte des inévitables dépassements de coûts qu’on observe dans la vaste majorité des projets publics entrepris ici comme ailleurs. À Boucherville, pensons à des exemples récents comme le Cercle social Pierre-Boucher et le Centre d’arts. Dans un cas comme dans l’autre, le budget initialement annoncé n’a pas été respecté.

Le maire nous explique que nous devons agir rapidement pour ne pas perdre les quelque 10 M$ en subventions octroyées au projet. Il avance que le projet ne coûtera pas 34 M$, mais 24 M$. Il affirme également ceci, rapporté la semaine dernière par le journal La Seigneurie : « On a réussi à baisser la dette afin de se dégager une marge de manœuvre et être capable de réaliser le projet en limitant l’impact sur les comptes de taxes. »

À mon avis, un tel raisonnement ne tient pas la route pour deux raisons. Premièrement, qu’en est-il des autres priorités actuelles et futures de la municipalité? Pensons notamment aux travaux de réfection (voirie et réseau d’égouts). En 2009, notre déficit à cet égard atteignait quelque 40 kilomètres. Depuis 2009, selon le Palmarès des municipalités des HEC Montréal, la croissance annuelle moyenne des dépenses à ces chapitres a baissé de quelque 30 % dans le cas de Boucherville. Cela m’indique que le déficit se creuse depuis cinq ans. Quand on sait combien coûte la réfection complète (surface + souterrain) d’un kilomètre de voirie, nous en avons pour des dizaines de millions de dollars en dépenses prévisibles au cours des prochaines années – juste pour rattraper le retard accusé depuis le début du millénaire. Sachant cela, avons-nous vraiment les moyens de nous payer le complexe aquatique mis de l’avant par Jean Martel?

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous bénéficierions de subventions totalisant environ 10 M$ que nous avons les moyens de ce projet et que le coût définitif du projet se limitera à 34 M$ (24 M$ après subventions). C’est comme si vous aviez des travaux majeurs à faire effectuer sur votre maison. Votre budget est serré et vous devez également remplacer votre voiture. Vous n’en avez pas les moyens, mais vous vous laissez tenter par l’offre d’un vendeur de voitures de luxe, qui vous propose une réduction du prix de quelques milliers de dollars pour vous convaincre à signer… Est-il pour autant responsable de succomber à la tentation si la décision est mise en contexte?

Sur le plan démocratique, la signature du registre aura l’avantage de permettre la tenue d’un débat éclairé sur la question, et le fardeau de la preuve revient maintenant au conseil municipal. En effet, les membres du conseil municipal doivent nous donner toute l’information nécessaire afin que nous puissions nous prononcer sur leur projet en toute connaissance de cause. Les citoyens ont besoin d’obtenir les réponses à toutes leurs questions afin d’être en mesure de prendre une décision éclairée sur le bien-fondé d’investir autant d’argent dans un seul projet.

Quelques questions me viennent spontanément à l’esprit :

  1. En quoi ce projet (comprenons-nous bien, pas une mise à niveau de la piscine, mais le projet de 34 M$+ actuellement proposé par l’administration) est-il absolument nécessaire pour la population de Boucherville? Pourquoi un projet plus modeste et moins coûteux n’a-t-il pas été envisagé?
  2. En quoi ce projet est-il prioritaire et s’il allait de l’avant, quelle serait l’incidence sur la capacité de la Ville à financer adéquatement d’autres travaux prioritaires sans alourdir indûment le fardeau fiscal des contribuables?
  3. En quoi ce projet serait-il rentable pour Boucherville et sa population? Autrement dit, en avons-nous vraiment les moyens et quelle serait l’incidence (chiffrée) sur nos comptes de taxes futurs? L’information vague fournie par le maire à ce propos ne me satisfait pas.

Ce sera donc un dossier à suivre de près au cours des semaines et des mois à venir, et tout un chacun doit s’assurer d’avoir en main toute l’information pertinente et nécessaire pour prendre la décision la plus judicieuse qui soit en tenant compte de notre capacité de payer collective et des autres priorités de notre municipalité. Deux choix sont possibles : on accepte le grandiose projet qui nous est proposé ou on demande au conseil municipal de refaire ses devoirs et de nous revenir avec un nouveau projet plus modeste et donc d’une facture plus raisonnable.

Sébastien St-François

Même moule cassé, même bon peuple dupé

Photos_Communiques_V2Source : plq.org

On dit que six mois en politique, c’est une éternité. C’est vrai… Le 7 avril 2014 est bien loin dans mon esprit, le gouvernement Marois, encore plus. Mais alors? Le Québec a-t-il réellement progressé au cours des six derniers mois? En campagne électorale le printemps dernier, Philippe Couillard et ses sbires nous promettaient mer et monde. Par exemple, la création de 250 000 emplois sur cinq ans. Or, dans les faits, l’« effet libéral » en matière de création d’emplois se fait toujours attendre. Il s’est perdu 30 100 emplois à temps plein en octobre, ce qui porte le bilan depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir à -82 000 emplois. Alors que le taux de chômage a baissé dans le ROC et s’établit maintenant à 6,5 %, il a progressé de 0,1 % et se chiffre dorénavant à 7,7 % au Québec.

Dans son obsession à court terme d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (tout indique que ce sont déjà les agences de notation qui dirigent le Québec et que Philippe Couillard n’est qu’une vulgaire marionnette à leur commande…), le gouvernement libéral – ne voulant/pouvant pas hausser directement le fardeau des familles québécoises – s’apprête à confier à d’autres acteurs sociaux l’odieuse mission d’en soutirer encore plus des poches de celles et ceux qui n’en ont plus à donner sans compromettre leur propre équilibre budgétaire – souvent très précaire. Pensons notamment aux 300 M$ en compressions imposées aux municipalités pour 2015 (préparez-vous à une autre hausse de votre compte de taxes municipales) et à la modulation des tarifs de services de garde (alors que l’impôt qui finance le gros de ce système est déjà modulé en fonction du revenu) à compter du 1er avril prochain.

Mais qu’en est-il du long terme? La réduction de la dette provinciale (qui a monté en flèche sous le règne de Jean Charest), le ménage dans les régimes de retraite relevant directement de Québec (déficit accumulé de 77 G$), une refonte en profondeur du système des commissions scolaires pour diriger un maximum d’argent vers les services directs aux élèves (que des engagements vagues de notre bon ministre de l’Éducation, le controversé [pour rester poli] Yves Bolduc)? Rien. Jusqu’à maintenant, le grand ménage promis par Philippe Couillard semble se limiter à la bonne vieille recette que libéraux et péquistes utilisent depuis des lunes : pelleter ailleurs, puis le CONtribuable assumera la facture sous une forme ou une autre. Très décevant, mais prévisible en réélisant un « bon gouvernement libéral »…

De toute évidence, le bon vieux moule que les premiers ministres se lèguent depuis des décennies a trouvé preneur en avril dernier. Les Québécois se sont fait promettre un gouvernement Couillard 1.0 – résolu à remettre de l’ordre dans l’État québécois – et ils ont mordu massivement à l’hameçon, dans leur désir de se débarrasser d’un gouvernement péquiste qui n’allait nulle part. Tout indique que les Québécois ont encore une fois été dupés par un « vieux » parti et ses promesses creuses. En effet, ce qui nous gouverne depuis avril dernier n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Manquant le courage politique nécessaire pour effectuer de réelles coupes dans l’État tentaculaire sans cesse grandissant et envahissant dans la Belle Province, le gouvernement Couillard se contente de répéter la recette du gouvernement Charest des années 2003 à 2012 : on alourdit le fardeau fiscal de la masse en passant par la porte d’en arrière… On confie à d’autres intervenants (municipalités, CPE, sociétés d’État comme Hydro-Québec) l’odieuse tâche d’en puiser encore plus dans nos poches.

Je n’ai pas voté pour le candidat libéral dans ma circonscription aux dernières élections. Je suis néanmoins pris à vivre avec la décision de la majorité jusqu’en 2018. Ainsi va la démocratie. Mais, de toute évidence, le moule est cassé. Que les péquistes ou les libéraux soient aux commandes de la province, le Québec s’appauvrit d’année en année, tout comme les Québécois à force de se faire ponctionner le porte-monnaie par un État qui leur en demande toujours plus sans leur donner une qualité de services à laquelle ils sont en droit de s’attendre pour leur argent.

C’est bien plate à dire, mais le Québec et les Québécois continueront à s’appauvrir tant et aussi longtemps que les vieux partis s’échangeront le pouvoir. Et le PQ et le PLQ nous montrent de quel bois ils se chauffent et des résultats dont ils sont capables depuis des décennies. Peu importe qui est à la tête de ces partis aux idéologies d’une époque révolue, le résultat est le même : la province continue à sombrer dans la dèche et les réels problèmes ne se règlent pas. Au contraire, ils s’empirent, car on continue de les pelleter dans la cour des générations qui nous suivront : finances publiques, santé, éducation, justice… Pendant combien de temps encore pouvons-nous réellement confier le pouvoir à des acteurs politiques qui s’entêtent à faire usage d’un moule qui est caduque? Pis encore, d’élection en élection, une majorité suffisante continue à fonder tous ses espoirs dans l’un ou l’autre de ces vieux partis.

Les prochaines élections n’auront pas lieu avant 2018. En ayant recours une fois de plus à la duperie, le PLQ s’est confortablement installé au pouvoir pour un mandat de quatre ans et demi. Ce mandat est très mal parti si les Québécois pensaient avoir élu un parti qui ferait enfin le grand ménage nécessaire pour tenter d’éviter « le mur » ou – du moins – le heurter moins violemment. Tout indique que nous aurons plutôt droit à une facture fiscale encore plus lourde et que les vrais problèmes demeureront entiers à la fin du mandat en cours.

Les libéraux nous démontrent encore une fois que, tant que nous nous contenterons du vieux moule que les gouvernements qui se succèdent utilisent depuis maintenant trop longtemps, la recette sera la même : le Québécois moyen paiera de plus en plus cher pour les services publics, le Québec demeurera lourdement endetté et pauvre, et les générations qui nous succéderont – nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants – ne l’auront pas facile, hypothéquées leur vie durant en raison des choix et du manque de courage politique des deux partis qui s’échangent le pouvoir depuis la Révolution tranquille.

En 2018, ça nous prend un nouveau moule, de nouveaux acteurs politiques et une nouvelle vision de ce qu’est l’État si nous voulons avoir une chance de sauver ce qui reste du Québec. Surtout, il faudra qu’une majorité d’électeurs se rendent compte que le vieux moule usé ne fonctionne plus et que les vieux partis ont échoué à rompre avec la tradition ayant mené à la situation actuelle…

Sébastien St-François

Crédibilité en péril!

10600506_10152393727525745_5192737500756662417_n
Il appert qu’au fil des semaines, depuis quelques mois, Philippe Couillard et le gouvernement qu’il dirige manquent de plus en plus de crédibilité pour appliquer les vastes mesures d’austérité qu’ils s’apprêtent à mettre en place. C’est rendu que pratiquement pas une seule journée passe sans l’annonce de mesures envisagées (compressions dans les universités, coupes dans le RQAP, modulation des tarifs de garderie selon le revenu, etc.). Chaque fois, s’ensuit une levée de boucliers au sein d’un groupe ou d’un autre de la société. Il faut couper, mais personne ne veut se faire couper dans sa cour. Coupez ailleurs, mais pas chez nous…

À mon avis, deux facteurs expliquent cette baisse de crédibilité qui mine l’autorité morale du gouvernement pour faire passer ses mesures d’austérité.

Premièrement, il y a cette culture de primes qui perdure au sein de l’État québécois. Par exemple, nous avons appris la semaine dernière que l’ex-déléguée à Mexico, Christiane Pelchat, a reçu une prime de 95 000 $ après avoir quitté volontairement ses fonctions pour accepter un poste en Afrique. 95 000 $, c’est une goutte d’eau dans le seau du budget du Québec, vous allez dire. C’est vrai, mais le principe demeure. Si c’est rendu que nous devons envisager des compressions dans la santé, l’éducation, etc., comment se fait-il que nous avons encore les moyens de verser des primes à celles et ceux qui quittent volontairement leurs fonctions dans l’appareil gouvernemental? Réaction de Philippe Couillard : Il estime que les délégués sont des contractuels embauchés par le gouvernement et devraient recevoir une prime même lorsqu’ils quittent leur poste volontairement. Pas fort…

Comme ce n’est pas fort qu’il se soit porté à la défense de son collègue médecin et ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, après que les médias eurent dévoilé qu’il avait empoché une prime de 215 000 $ pour avoir accepté de suivre 1 500 patients, patients qu’il a ensuite dû larguer lorsqu’il est redevenu ministre. Ce que M. Couillard a initialement qualifié de « tempête dans un verre d’eau » continue à le hanter à ce jour. L’opposition continue à réclamer la démission de M. Bolduc et, la semaine dernière, le chroniqueur Gilbert Lavoie du quotidien Le Soleil a à son tour sommé M. Bolduc de quitter le cabinet ministériel pour des raisons qui semblent évidentes pour tous, sauf le principal intéressé et son patron politique. Nonobstant son incompétence en matière d’éducation, Yves Bolduc est devenu un boulet dans un gouvernement qui demande au peuple québécois de se serrer la ceinture une fois de plus, mais le premier ministre le garde en poste et continue à défendre le geste indéfendable de son ministre.

Deuxièmement, il y a la situation des régimes de retraite qui relèvent directement de Québec (juges, Sûreté du Québec, etc.), dont celle des régimes de retraite des parlementaires eux-mêmes qui accusent un déficit frôlant les 200 millions de dollars. Alors que le gouvernement veut assainir les régimes de retraite municipaux en imposant son projet de loi 3, il ne semble aucunement prêt à faire le ménage dans ses propres régimes ou dans les autres régimes provinciaux qui sont drôlement plus déficitaires que ceux des municipalités!

Encore une fois, c’est la politique de deux poids deux mesures. Pour ne pas mettre en péril sa crédibilité et son autorité morale – deux conditions fondamentales en démocratie même s’il est majoritaire –, le gouvernement devra absolument appliquer le principe enchâssé dans son projet de loi (participation 50/50 aux déficits accumulés et aux cotisations futures) à l’ensemble des régimes de retraite publics, y compris aux siens. Sinon, comment peut-il être crédible et comment le projet de loi 3 peut-il être reconnu comme équitable et respecté sans s’attendre à une levée de boucliers de la part des syndiqués municipaux?

Le chroniqueur Alain Dubuc de La Presse a écrit un excellent billet la semaine dernière intitulé « Les arbres et la forêt ». De citer M. Dubuc : « On ne s’en sortira pas si on continue de regarder les arbres un à un, au lieu de regarder la forêt. […] Ces mesures n’ont de sens que lorsque l’on tient compte de la situation d’ensemble, un déficit structurel qui ne s’en va pas, une dette qui augmentera, et une situation de crise qui sera bien pire dans quelques années que celle que nous vivons actuellement si nous ne faisons rien maintenant. » Il a raison. Nous n’avons plus le luxe de pelleter par en avant si nous voulons assainir les finances de l’État québécois et tenter tant bien que mal d’assurer la pérennité de nos services publics essentiels. Nous ne pouvons nous permettre une autre « réingénierie de l’État » ratée comme celle de Jean Charest en 2003.

Cependant, si le gouvernement Couillard est pour avoir la crédibilité et l’autorité morale nécessaires pour procéder au grand ménage, il va absolument falloir qu’il montre l’exemple – et le temps presse. Il ne peut imposer ses mesures d’austérité au Québec sans les imposer dans ses propres rangs à Québec. M. Couillard doit comprendre que la forêt que décrit Alain Dubuc comprend aussi l’Assemblée nationale et tout ce qui y gravite autour…

Sébastien St-François

Quand on fait l’autruche…

autruches-meurtrieres
Quand on fait l’autruche, on ne voit pas la réalité autour de soi, mais la réalité ne devient pas moins implacable pour autant. Le jour où on se sort la tête du sable, BAM! Ça risque de faire encore plus mal…

C’est la situation dans laquelle se trouvent aujourd’hui le Québec (l’État) et les Québécois (les contribuables). À quelques heures du dépôt du budget 2014-2015 mercredi dernier, Carlos Leitao (que j’ai appris se prononce « Laytown » en portugais) a qualifié la situation du Québec de « sérieuse » et le gouvernement Couillard impose dès cette année un début de régime minceur dans l’espoir de commencer à assainir les finances publiques de la neuvième province la plus pauvre sur dix – avant qu’il ne soit trop tard… Selon la Fédération des chambres de commerce du Québec, la dette nette du Québec atteint maintenant plus de 54 % du PIB (par rapport à 50 % il y a à peine deux ans) comparativement à environ 44 % en Ontario et à quelque 33 % du PIB pour l’ensemble des provinces canadiennes.

Le Québec est donc plus lourdement endetté que le reste du Canada et continue à s’endetter à un rythme insoutenable. Qu’on soit un particulier, une entreprise ou un État, si on persiste à vivre au-dessus de ses moyens et, ce faisant, à se cacher la tête dans le sable, la réalité finit par prendre le dessus et on frappe un mur. Le Québec semble avoir frappé son mur…

C’était pourtant écrit dans le ciel : le Québec n’a pas les moyens de ses ambitions depuis des années, mais les gouvernements qui se sont succédé ont longtemps préféré jouer le jeu des déficits-surprises. On gouverne trop souvent pour se faire réélire, non pour faire ce qui doit être fait dans l’intérêt supérieur de l’ensemble de la population – que ce soit au municipal, au provincial ou au fédéral. Pourquoi donner un portrait juste et franc aux électeurs quand ce n’est pas ce qu’ils souhaitent voir ou entendre? Aussi bien donc les berner et leur faire croire que tout va bien.

Les abus et la mauvaise gouvernance du passé nous rattrapent maintenant en 2014. Selon le vérificateur général du Québec, Michel Samson, si rien n’est fait, l’État québécois se dirige vers un déficit de 5,6 G$ pour 2014-2015. Nous sommes loin des 1,75 G$ de Nicolas Marceau ou même des 3,1 G$ avancés récemment par le nouveau ministre libéral des Finances. Et n’oublions pas que la population active est maintenant en décroissance dans la Belle Province : moins de travailleurs, moins de « payeurs de taxes » pour financer la machine…

Comme le titrait jeudi dernier le chroniqueur Francis Vailles de La Presse, devant l’état lamentable des finances publiques, a-t-on vraiment le choix? Malgré toutes les compressions et tous les gels déjà budgétés pour 2014-2015, l’exercice en cours se soldera par un déficit de 2,35 G$ et, pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016, il faudrait couper 4 G$ de plus que cette année. Plusieurs se demandent si les chiffres avancés par le gouvernement peuvent tenir la route. Québec veut limiter la hausse des dépenses à 1,8 % cette année et à 0,7 % l’an prochain. Du jamais vu, du moins depuis belle lurette, les dépenses gouvernementales ayant plutôt tendance à croître d’au moins 5 % année après année. Ce n’est pas pour rien que les agences de notation ont l’État québécois à l’œil.

C’est d’ailleurs inquiétant d’apprendre que les agences de notation ont déjà commencé à dicter certaines commandes budgétaires au gouvernement. En effet, selon le chroniqueur Jean Lapierre, si les 1,5 G$ promis en investissements additionnels en infrastructures (15 G$ sur 10 ans) par Philippe Couillard en campagne électorale ne figurent pas au budget déposé la semaine dernière, c’est que les agences auraient menacé Québec d’une décote, considérant notre dette déjà trop élevée. Nous commençons donc à ne plus être entièrement maîtres de nos choix, et Dieu sait que nos infrastructures sont en piètre état. Des choix très douloureux poignent à l’horizon… Pis encore, tout ce qui nous arrive maintenant était prévisible depuis un bon moment.

Le Québec et les Québécois ont trop longtemps fait l’autruche, se faisant croire que l’État providence se portait bien, que la pérennité du modèle québécois de la Révolution tranquille était assurée et que nous pouvions continuer à nous endetter ad vitam aeternam… Bien, la réalité nous rattrape maintenant. L’heure des choix douloureux est arrivée et – qu’on aime le terme ou pas – l’austérité devient notre nouvelle réalité. Si nous ne trouvons pas le courage nécessaire pour faire ce qui doit être fait, ce seront les agences de notation qui nous dicteront leurs choix (c’est déjà commencé), et les conséquences seront d’autant plus douloureuses.

Ce qui doit être fait urgemment maintenant aurait dû être fait il y a dix ans. Mais, en 2003, Jean Charest a préféré garder sa tête dans le sable que mettre en branle la « réingénierie de l’État » qu’il avait pourtant promise pour se faire élire. Dix ans plus tard, l’autruche se sort enfin la tête du sable et elle n’aime pas ce qu’elle voit autour d’elle. Mais il ne faudrait surtout pas qu’elle se replonge tête première dans son petit monde où tout va pour le mieux…

Sébastien St-François

Schopenhauer, sors de ce corps!

Arthur_Schopenhauer_1
Il y a un peu plus d’une semaine, le quotidien La Presse posait une question fort simple à ses lecteurs : Où serons-nous dans 10 ans? Les réponses publiées sont loin de témoigner d’un optimisme à tout rompre : « Un Québec pauvre, trilingue et surendetté », « Triste avenir », « Toujours dans le même bourbier », etc. En fait, aucune des réponses des lecteurs publiées par La Presse dans son numéro du samedi 26 avril ne laisse entrevoir le moindre optimisme quant aux perspectives d’un Québec socialement meilleur et plus prospère d’ici dix ans.

Le résultat de cet exercice mené par La Presse est d’autant plus étonnant que les Québécois viennent tout juste de se donner un nouveau gouvernement, confortablement majoritaire de surcroît. Malgré cela, le niveau de pessimisme demeure élevé – tout comme le cynisme omniprésent qui continue de ronger notre tissu sociétal tel un cancer. Les Québécois semblent résignés à accepter un sort médiocre et ne croient aucunement en la capacité ou la volonté des personnes qu’ils élisent d’améliorer les choses. Ça va de mal en pis pour notre démocratie!

Sommes-nous trop pessimistes, voire défaitistes, ou avons-nous raison de nous sentir collectivement dépassés et impuissants? Il faut dire que l’actualité n’aide pas à nous remonter le moral. Par exemple, au cours de la dernière semaine, nous apprenions que le PQ n’avait aucun avis juridique sur la validité constitutionnelle de son projet de charte. Un enjeu de société aussi important et divisant, et les péquistes nous ont menti en pleine face! De quoi inspirer confiance. Également cette dernière semaine, le ministre fédéral des Finances, Joe Olivier, s’est dit inquiet de l’état des finances des provinces. Le Québec a un trou budgétaire estimé à 3,1 G$ à combler s’il veut atteindre l’équilibre au terme de l’exercice en cours, tandis que l’Ontario – jadis le berceau économique du pays – vient de déposer un budget annonçant un gigantesque déficit de l’ordre de 12,5 G$. Ce budget ne sera pas adopté de toute façon, la première ministre sortante, Kathleen Wynne, étant à la tête d’un gouvernement minoritaire et ayant opté pour la même stratégie risquée que Pauline Marois, soit d’invoquer l’impasse budgétaire pour plonger sa province en élections.

Sur la scène fédérale, le portrait n’est guère plus réjouissant. L’heure de l’austérité a sonné, et le ménage commence à se faire à grands coups de hache. Depuis la crise financière de 2008, le Canada s’est lourdement endetté et les plantureux surplus dégagés pendant les années du ministre des Finances libéral Paul Martin ont été effacés par les déficits annuels cumulés depuis l’arrivée au pouvoir de Stephen Harper. L’heure est à nouveau venue de « balancer les livres ». Il en demeure que le gouvernement conservateur en place est là depuis 2006, et il montre des signes de plus en plus évidents de fatigue et d’usure du pouvoir. Stephen Harper laisse de plus en plus transparaître son idéologie et cache de moins en moins qu’il est une personne très rancunière et revancharde. Sa plus récente sortie contre la Cour suprême, dans laquelle il fustige la juge en chef Beverly McLachlin, a de quoi laisser perplexe dans un système où le mur érigé entre le judiciaire et le politique est fondamental. Or le premier ministre canadien semble déterminé à s’attaquer à cette division des pouvoirs pourtant essentielle au bon fonctionnement de notre société. Que la critique provienne d’Élections Canada ou de la Cour suprême – deux instances qui existent pour prévenir et corriger les abus de procédure et de pouvoir –, M. Harper ne la tolère pas, comme si le pays lui appartenait et qu’il était rendu au-dessus des lois et de la constitution.

Collectivement, nous semblons en pleine dérive – sur le plan financier autant qu’idéologique – et je me demande quel électrochoc il nous faut pour réussir à nous sortir de notre marasme et à préparer un avenir meilleur pour nos enfants. Je suis de la génération X – celle qu’on qualifie parfois de sacrifiée – et suis père d’un enfant de six ans. Dans dix ans, en 2024, il aura 16 ans et sera à l’âge où il devra commencer à envisager un choix de carrière. Comme tout parent, je souhaite le meilleur avenir possible pour mon enfant et j’essaie de demeurer confiant à l’égard des perspectives qui s’offriront alors à lui. Bien que ce ne soit pas toujours facile, un fait demeure néanmoins : la ligne entre réalisme et pessimisme est très mince. Être réaliste, c’est prendre acte de la situation telle qu’elle est et tenter de trouver des solutions; être pessimiste, c’est baisser les bras et se dire que la vie humaine est une perpétuelle douleur (doctrine de Schopenhauer).

Sébastien St-François

Le « mur » des régimes de retraite de la fonction publique

11772734098zvk93

Cette semaine, la journaliste Stéphanie Grammond de La Presse a publié deux articles fort éclairants sur la situation des régimes de retraite de la fonction publique québécoise : « En Cadillac avec des lunettes roses » et « Déficit fantôme de 57 milliards ».

Les chiffres dépassent l’entendement : des dizaines de milliards de dollars en déficit avoué et des dizaines de milliards de dollars supplémentaires en déficit non avoué (le gouvernement en nie l’existence en se rabattant sur ses normes comptables qui ne l’obligent pas à le déclarer), mais néanmoins très réel.

Le portait peint par Mme Grammond annonce des jours très sombres pour une majorité de Québécois. Pendant combien d’années encore continuerons-nous d’hypothéquer les générations futures, celle de nos enfants, celle de nos petits-enfants, celle de nos arrière-petits-enfants et ainsi de suite?

Si vous vous achetez une Cadillac et n’avez pas les moyens de payer vos mensualités, vous devrez vous en départir ou vous risquez de vous la faire saisir par votre créancier. Pourquoi cette logique pourtant si élémentaire ne s’applique jamais lorsqu’il est question de fonds publics?

Au Québec, nous sommes huit millions d’habitants et seulement environ 40 % d’entre nous payons des impôts pour « financer la machine ». À l’échelle municipale, la quasi-totalité des régimes de retraite sont également en situation déficitaire. Bien souvent, les taxes sont haussées pour éponger une partie de ces déficits. Autrement dit, des contribuables qui bien souvent ne bénéficient pas eux-mêmes d’un généreux régime de retraite pour leurs vieux jours sont contraints de financer celui des fonctionnaires qui jouissent déjà de conditions de travail fort enviables par rapport aux leurs.

Le Québec se targue d’être une société généreuse et équitable. Généreuse, peut-être, mais pas envers tout le monde. Équitable? Certainement pas, si on prend l’exemple des régimes de retraite que se paient les élus et les fonctionnaires aux frais des autres.

Le système est intenable, et il est urgent que la situation soit corrigée avant qu’il ne soit trop tard. Quoiqu’on en pense, il est à espérer que Régis Labeaume réussisse son pari qui l’a reconduit au pouvoir pour quatre ans. Peut-être qu’une victoire à Québec ouvrira la porte à une victoire au Québec pour mettre fin à une situation qui ne peut plus être tolérée tellement elle est devenue inéquitable à l’égard d’une majorité d’entre nous.

Sébastien St-François