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La Formule E du PLQ?

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Retour à l’automne 2017 et à la campagne électorale municipale à Montréal. À mesure que la campagne avançait, le maire sortant, Denis Coderre, s’embourbait de plus en plus, principalement dans le controversé dossier de la Formule E. Ayant choisi de cacher les vrais chiffres aux Montréalais et de défendre coûte que coûte sa décision d’accueillir cet événement dans les rues de Montréal, il a fini par mordre la poussière au profit de Valérie Plante. Mme Plante incarnait [alors] la franchise et la fraîcheur, tandis que Coderre était dépeint comme un personnage hautain et arrogant ainsi qu’un « vieux politicien ». On a fini par apprendre plus tôt ce mois-ci que l’édition 2017 de la Formule E laisse la Ville de Montréal avec un déficit de 13,6 millions de dollars. De toute évidence, la Formule E n’a pas été le grand succès qu’a prétendu Denis Coderre jusqu’à la toute fin. Lire la suite

Avant de pouvoir continuer, il faut d’abord commencer…

actualites_-_sympatico_-_ca_1300_732_50_s_c1_center_center_0_0_1Après la multiplication d’annonces de décisions se soldant par d’importantes ponctions que subiront les Québécois en 2015, le taux des « très insatisfaits » à l’égard du gouvernement Couillard atteint maintenant 30 %, selon le dernier sondage Léger-Le Devoir. Ce pourcentage n’a cessé d’augmenter au cours de l’automne qui se termine.

C’est un fait bien documenté : les gouvernements imposent toujours leurs mesures les plus susceptibles de susciter la grogne populaire en début de mandat. L’électorat ayant tendance à avoir la mémoire courte, nos dirigeants politiques se disent que le bon peuple a le temps d’oublier avant qu’il ne soit convoqué de nouveau aux urnes. Et, dans la pratique, ils ont raison la plupart du temps…

Vendredi dernier, l’animateur Benoit Dutrizac s’est entretenu avec Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor. M. Coiteux nous assure que les efforts se poursuivront en 2015 pour ce qui est des nombreux autres dossiers problématiques sur le plan des finances publiques. J’aimerais bien pouvoir le croire. Malgré ma méfiance par rapport aux libéraux lorsqu’il est question de finances publiques, s’il y a un membre de ce gouvernement qui tient un discours relativement cohérent depuis son entrée sur la scène politique, c’est bien M. Coiteux. Il tenait le même discours lorsqu’il était professeur aux HEC.

Il reste à voir ce que le gouvernement libéral nous annoncera en 2015. Cependant, à ce jour, le constat est le suivant : le gouvernement libéral provincial aura alourdi le fardeau fiscal du Québécois moyen et récupéré la totalité des mesures d’allègement annoncées plus tôt cet automne par le gouvernement fédéral. Au net, les Québécois figureront parmi les seuls Canadiens à ne bénéficier aucunement des « cadeaux électoralistes » de Stephen Harper.

Pendant ce temps, le premier ministre Philippe Couillard tient à nous rassurer : « La population du Québec va continuer à s’enrichir ». Euh? Est-ce que j’en ai manqué un bout? Pour continuer à s’enrichir, il faudrait que le Québec commence d’abord par s’enrichir… Mais c’est loin d’être le cas; au contraire, le Québec et les Québécois s’appauvrissent. En effet, on apprenait récemment que le pouvoir d’achat des Québécois avait enregistré son premier recul depuis 1996. Sur le plan collectif, la province de Québec (la neuvième province la moins riche sur dix, devant l’Île-du-Prince-Édouard) recevra la somme record de 9,5 milliards de dollars en péréquation du gouvernement fédéral en 2015-2016.

Par conséquent, avant même d’essayer de nous faire croire que nous sommes en mesure de continuer à nous enrichir, le premier ministre devrait plutôt faire preuve d’une bonne dose de réalisme. La pléthore de mesures annoncées au cours de l’automne ne vise qu’à permettre à la province d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016. C’est tout… Le gouvernement n’a toujours rien fait pour s’attaquer, par exemple, à la dette – dette qui dépasse les 270 G$ et augmente de 25 M$ par jour selon le Compteur de la dette québécoise. Voilà un problème récurrent de taille que nous devons en bonne partie à Jean Charest, le prédécesseur libéral de Philippe Couillard. Que fera le gouvernement à cet égard? Puiser encore et encore dans les poches du contribuable, qui n’en a plus à donner sans mettre en péril son propre équilibre budgétaire?

Malgré les assurances que le premier ministre veut bien nous donner en cette fin d’année, force est de constater que le Québec est encore très loin de redevenir une province prospère et que les générations futures payeront encore très longtemps les abus des dernières décennies. C’est la triste réalité de ce qu’est devenu le Québec au fil des gouvernements péquistes et libéraux s’étant succédés depuis la Révolution tranquille.

Malgré toute cette morosité dans laquelle baigne le Québec, c’est aussi le moment des réjouissances dans la Belle Province, alors souhaitons-nous de joyeuses fêtes! Profitons-en pour décrocher un peu, car la réalité nous rattrapera et reprendra l’avant-scène assez vite au retour du traditionnel congé de fin d’année. Souhaitons-nous une année 2015 moins austère et plus optimiste que fut 2014!

Sébastien St-François

Couper, ce n’est pas pelleter dans la cour des autres

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La commission Robillard est au travail et commence à formuler des recommandations. On pouvait lire dans La Presse du mercredi 29 octobre qu’elle aurait ciblé 2 milliards de dollars de coupes, notamment en programmes agricoles, en transferts aux municipalités, en aide aux entreprises et en services sociaux.

On voit déjà poindre le scénario à l’horizon : Québec, dans sa quête d’équilibre budgétaire pour présenter un beau bilan à la population et se féliciter d’un travail bien fait, modifie le Pacte fiscal avec les municipalités et impose de lourdes réductions à ces dernières. Soudainement, les municipalités sont confrontées à un manque à gagner alors qu’en vertu de la loi, elles ont l’obligation de déposer un budget équilibré chaque année. Qui pensez-vous fera les frais de ces manques à gagner? Plusieurs des mêmes contribuables dont Québec prétend défendre les intérêts en voulant imposer ses mesures d’austérité.

C’est un scénario vieux comme la politique elle-même. Dans les années 1990, Paul Martin a équilibré les finances fédérales entre autres en sabrant dans les transferts aux provinces. Plus récemment, le gouvernement Marois a eu recours à la même tactique, en éliminant le programme de péréquation dont bénéficiaient les commissions scolaires (programme mis en place par les libéraux de Jean Charest). Résultat : il y a eu hausse marquée des comptes de taxes scolaires en 2013-2014 sans que les impôts provinciaux baissent pour autant. Et les remboursements « promis » dans la foulée de ces hausses se font toujours attendre. Au contraire, plus d’un propriétaire a vu son compte augmenter à nouveau en 2014-2015.

Peu importe la mesure, c’est toujours au même contribuable – celui même qu’on dit vouloir soulager – qu’on refile la facture au bout du compte.

En sabrant dans les transferts aux municipalités, le gouvernement Couillard n’atteindrait aucunement le but qu’il s’est prétendument donné, soit de réduire les dépenses de l’État sans alourdir le fardeau des contribuables. Les municipalités, dont plusieurs peinent déjà à rendre des services adéquats à leurs citoyens et dont les budgets prévoient déjà des hausses d’impôts fonciers année après année, refileraient naturellement la facture des mesures imposées par Québec à leurs contribuables résidentiels, commerciaux et industriels.

Au salaire qu’est payée Lucienne Robillard (265 000 $) et au prix que nous coûte cette commission de révision des programmes (3,8 M$), le contribuable est en droit de s’attendre à mieux qu’un simple transfert de fardeau fiscal d’un niveau de gouvernement à un autre. Qu’il s’agisse de gouvernement provincial, de gouvernement municipal ou de « gouvernement scolaire », les mesures devraient permettre au contribuable – plus souvent qu’autrement étouffé par un fardeau qui ne cesse de s’alourdir sous la forme de droits, de frais et de taxes de toutes sortes – de respirer un peu mieux. Il faut cesser de décourager le travail au Québec; or, à force d’en taxer le fruit, c’est exactement ce qu’on fait. Too much tax kills tax. Ce n’est pas pour rien que Montréal se classe au dernier rang des villes canadiennes favorables à l’entreprenariat, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Mme Robillard et les membres de la Commission de révision des programmes doivent refaire leurs devoirs et suggérer de vraies coupures qui se solderont par de réelles économies pour celles et ceux qui financent un État tentaculaire qui ne cesse de leur dérober une plus grande part de leur revenu disponible. L’exercice sera ardu, alors que les employés de l’État revendiquent 13,5 % d’augmentation sur trois ans, revendication que le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a vite qualifié de venant « d’une époque où effectivement on s’endettait pour payer les dépenses d’épicerie ».

Sébastien St-François