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Jean Martel en mode électoral, déjà?

12301567_10208217757661198_7441736374978979262_nSource : Ville de Boucherville

C’est mardi soir dernier que Dominic Lévesque, conseiller municipal responsable des finances, a présenté – avec l’enthousiasme et le charisme d’un « 2 par 4 » – les grandes lignes du budget 2016 de la Ville de Boucherville.

Deux ans avant les prochaines élections municipales, l’administration municipale se targue d’offrir un troisième gel de taxes en quatre ans. En ce qui me concerne, c’est un juste retour du balancier après des années de surplus indécents dégagés sur le dos des contribuables (4,8 M$ pour 2010, 5,85 M$ pour 2011, 7 M$ pour 2012, 4,2 M$ pour 2013, « seulement » 3,5 M$ en 2014). En clair, les contribuables bouchervillois ont été surtaxés pendant plusieurs années du règne de l’actuel maire de Boucherville. Il reste à voir l’incidence que la construction du méga complexe aquatique (annoncée à 32 M$ – on verra bien à combien montera la facture finale…) aura sur nos comptes de taxes futurs.

Ensuite, l’administration municipale se targue d’une quatrième baisse consécutive de la dette au 31 décembre 2015. D’abord, il faut relativer les choses : il s’agit d’une baisse de 500 000 $ sur un montant qui s’établissait à 98,6 M$ au 31 décembre 2014. Ensuite, c’est sûr que la dette baisse, car Jean Martel fait tout ce qu’il peut depuis plusieurs années – soit depuis la signature d’un registre en mars 2012 ayant eu pour effet de bloquer son projet de piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville, projet ayant d’ailleurs été payé « cash » depuis, malgré la désapprobation exprimée antérieurement par quelque 1047 citoyens/contribuables – pour payer ses promesses électorales au comptant (terre agricole (1,3 M$), terrain de La Saulaie (2,3 M$), agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher (au moins 2,3 M$), Café centre d’art (7,4 M$++)). En mars 2013, Jean Martel avait publiquement avoué qu’il ne souhaitait plus voir ses projets contestés démocratiquement par la population. Il se prévaut donc d’une disposition de la Loi sur les cités et villes qui lui permet de payer comptant et d’ainsi carrément museler de potentiels et possibles contestataires. Alors, la dette peut bien être en baisse, d’autant plus que le développement immobilier est en très forte baisse à Boucherville depuis maintenant six ans, ce qui diminue nécessairement de beaucoup les investissements auxquels la Ville doit procéder.

Je vais donner un morceau de robot à l’administration pour sa décision de réduire les frais d’inscription aux camps de jour de 25 %. Nous inscrivons notre fils au camp de jour de la Ville depuis deux ans et ces frais sont élevés. Quelle sera l’incidence de cette réduction sur les finances publiques allant de l’avant? Pas un mot là-dessus pendant la présentation.

C’est au dernier chapitre que le bât blesse. L’administration Martel n’investira que 6,6 M$ dans des travaux d’infrastructures (sic!) de rues et de pavage au cours de la prochaine année. C’est nettement insuffisant quand on sait que le déficit d’entretien de notre infrastructure souterraine totalise des dizaines de kilomètres depuis des années. À ce chapitre, Jean Martel fait très piètre figure et le déficit d’entretien ne cesse de se creuser sous sa gouverne. Vous en parlerez aux résidents de la rue Louis-Normandin qui se sont fait répondre par un employé municipal que la Ville n’avait pas d’argent pour réparer ou remplacer des tuyaux datant de 1957… Ces citoyens envisagent maintenant la possibilité de poursuivre la Ville, et je ferais pareil. Si on n’est pas en droit de s’attendre à ce que la municipalité nous approvisionne en eau potable en échange des taxes qu’on paie, il y a là tout un problème!

Enfin, pas un traître mot durant cette présentation budgétaire sur la deuxième caserne de pompiers, qui devait être opérationnelle sur notre territoire avant la fin de 2013 et dont la construction se fait toujours cruellement attendre…

Sébastien St-François

Rendez-vous référendaire à Boucherville

NCAB_RAPPORT_140708_Images_35__vue_sur_els_2_bassins_Web__2014117152024Source : boucherville.ca

Le lundi 10 novembre, un total de 902 personnes se sont déplacées à l’hôtel de ville pour signer un registre afin de manifester à l’administration municipale leur opposition à un règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer un futur complexe aquatique. En vertu de la loi, il fallait 804 signatures pour bloquer ledit règlement d’emprunt.

C’est la deuxième fois depuis l’entrée en fonctions du maire Jean Martel en 2009 que des citoyens se mobilisent pour bloquer un règlement d’emprunt. En effet, en mars 2012, 1047 citoyens s’étaient mobilisés pour bloquer un règlement d’emprunt beaucoup moins élevé concernant l’aménagement d’une piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno. Dans ce dossier, on connaît la suite. Plus tôt cette année, le maire est revenu à la charge avec le même projet de piste cyclable – cette fois décidant de faire fi de la démocratie en puisant dans les surplus de la Ville pour financer le projet au comptant et ainsi museler toute opposition possible de la part des citoyens. Ainsi est faite la Loi sur les cités et villes, censée protéger les citoyens des municipalités du Québec… J’avais écrit au ministre de l’époque, Sylvain Gaudreault, mais je n’avais eu droit qu’à un accusé de réception laconique en guise de réponse aux doléances exprimées dans ma lettre.

Dans le cas du complexe aquatique, la Ville ne dispose évidemment pas des liquidités nécessaires pour financer le projet au comptant. Donc, le soir même que le résultat de la signature de registre a été connu, le maire a annoncé que son projet fera l’objet d’un référendum en janvier ou février 2015.

Les citoyens ayant signé le registre ont voulu envoyer un message au conseil municipal, mais il y a lieu d’interpréter ce message correctement. Rares sont les Bouchervillois qui ne reconnaissent pas la vétusté de nos installations aquatiques et personne (à ma connaissance) ayant signé le registre ne s’oppose à la mise à niveau de ces installations qui ont vieilli au fil des ans. Là où ça accroche pour les signataires du registre, c’est au niveau du coût du projet proposé par l’administration municipale : 34 M$, c’est sans précédent, et ça ne tient pas compte des inévitables dépassements de coûts qu’on observe dans la vaste majorité des projets publics entrepris ici comme ailleurs. À Boucherville, pensons à des exemples récents comme le Cercle social Pierre-Boucher et le Centre d’arts. Dans un cas comme dans l’autre, le budget initialement annoncé n’a pas été respecté.

Le maire nous explique que nous devons agir rapidement pour ne pas perdre les quelque 10 M$ en subventions octroyées au projet. Il avance que le projet ne coûtera pas 34 M$, mais 24 M$. Il affirme également ceci, rapporté la semaine dernière par le journal La Seigneurie : « On a réussi à baisser la dette afin de se dégager une marge de manœuvre et être capable de réaliser le projet en limitant l’impact sur les comptes de taxes. »

À mon avis, un tel raisonnement ne tient pas la route pour deux raisons. Premièrement, qu’en est-il des autres priorités actuelles et futures de la municipalité? Pensons notamment aux travaux de réfection (voirie et réseau d’égouts). En 2009, notre déficit à cet égard atteignait quelque 40 kilomètres. Depuis 2009, selon le Palmarès des municipalités des HEC Montréal, la croissance annuelle moyenne des dépenses à ces chapitres a baissé de quelque 30 % dans le cas de Boucherville. Cela m’indique que le déficit se creuse depuis cinq ans. Quand on sait combien coûte la réfection complète (surface + souterrain) d’un kilomètre de voirie, nous en avons pour des dizaines de millions de dollars en dépenses prévisibles au cours des prochaines années – juste pour rattraper le retard accusé depuis le début du millénaire. Sachant cela, avons-nous vraiment les moyens de nous payer le complexe aquatique mis de l’avant par Jean Martel?

Deuxièmement, ce n’est pas parce que nous bénéficierions de subventions totalisant environ 10 M$ que nous avons les moyens de ce projet et que le coût définitif du projet se limitera à 34 M$ (24 M$ après subventions). C’est comme si vous aviez des travaux majeurs à faire effectuer sur votre maison. Votre budget est serré et vous devez également remplacer votre voiture. Vous n’en avez pas les moyens, mais vous vous laissez tenter par l’offre d’un vendeur de voitures de luxe, qui vous propose une réduction du prix de quelques milliers de dollars pour vous convaincre à signer… Est-il pour autant responsable de succomber à la tentation si la décision est mise en contexte?

Sur le plan démocratique, la signature du registre aura l’avantage de permettre la tenue d’un débat éclairé sur la question, et le fardeau de la preuve revient maintenant au conseil municipal. En effet, les membres du conseil municipal doivent nous donner toute l’information nécessaire afin que nous puissions nous prononcer sur leur projet en toute connaissance de cause. Les citoyens ont besoin d’obtenir les réponses à toutes leurs questions afin d’être en mesure de prendre une décision éclairée sur le bien-fondé d’investir autant d’argent dans un seul projet.

Quelques questions me viennent spontanément à l’esprit :

  1. En quoi ce projet (comprenons-nous bien, pas une mise à niveau de la piscine, mais le projet de 34 M$+ actuellement proposé par l’administration) est-il absolument nécessaire pour la population de Boucherville? Pourquoi un projet plus modeste et moins coûteux n’a-t-il pas été envisagé?
  2. En quoi ce projet est-il prioritaire et s’il allait de l’avant, quelle serait l’incidence sur la capacité de la Ville à financer adéquatement d’autres travaux prioritaires sans alourdir indûment le fardeau fiscal des contribuables?
  3. En quoi ce projet serait-il rentable pour Boucherville et sa population? Autrement dit, en avons-nous vraiment les moyens et quelle serait l’incidence (chiffrée) sur nos comptes de taxes futurs? L’information vague fournie par le maire à ce propos ne me satisfait pas.

Ce sera donc un dossier à suivre de près au cours des semaines et des mois à venir, et tout un chacun doit s’assurer d’avoir en main toute l’information pertinente et nécessaire pour prendre la décision la plus judicieuse qui soit en tenant compte de notre capacité de payer collective et des autres priorités de notre municipalité. Deux choix sont possibles : on accepte le grandiose projet qui nous est proposé ou on demande au conseil municipal de refaire ses devoirs et de nous revenir avec un nouveau projet plus modeste et donc d’une facture plus raisonnable.

Sébastien St-François

Boucherville a perdu le sens des priorités

annonce_budget_groupe_17dec2014_media_WEB_20131218909Source : boucherville.ca

Je suis de ceux qui signeront le registre à l’hôtel de ville le lundi 10 novembre pour m’opposer au règlement d’emprunt de 34 M$ pour financer le projet de complexe aquatique du maire Jean Martel.

Pourtant, je suis favorable à l’aménagement d’une nouvelle piscine, car notre piscine municipale est une véritable honte. Chaque fois que j’accompagne mon fils à ses cours de natation hebdomadaires, je n’en reviens pas combien cette installation est rendue vétuste, non hygiénique et j’en passe…

Par contre, un moment donné, il faut avoir le sens des priorités. Selon le Palmarès des municipalités dressé par HEC Montréal, Boucherville se classe au 652e rang sur 766 municipalités à l’échelle provinciale (au 22e rang sur 24 pour ce qui est des municipalités de 25 000 à 49 999 habitants). Le panier de services y coûte 42,9 % plus cher que dans les municipalités de même taille. Entre 2009 et 2012 (premier mandat de Jean Martel), la croissance annuelle moyenne des coûts de voirie par kilomètre et des coûts du réseau d’égout par kilomètre de conduite a baissé de 30,3 % et de 27,36 % respectivement. Cela m’indique que nous accusons de plus en plus de retard dans la réfection de nos infrastructures routières et souterraines – pourtant une priorité absolue quelle que soit la municipalité.

Quant au projet de complexe aquatique du maire, il y a déjà eu dépassement des coûts d’architecture de l’ordre de 25 %. Dans le passé, plusieurs des projets chers à notre maire ont coûté plus cher qu’annoncé : pensons au Cercle social Pierre-Boucher et au Centre d’arts (projet non encore terminé en raison de moult problèmes). Je suis donc peu confiant que l’enveloppe de 34 M$ pour le complexe aquatique soit respectée à terme.

Boucherville compte 42 000 âmes et environ 15 000 contribuables. À mon avis, un projet de 34 M$ – même en tenant compte de subventions de l’ordre de 10 M$ selon l’administration municipale – dépasse la capacité de payer de notre population si nous tenons compte de toutes les autres priorités qui sont actuellement négligées pour des raisons politiques. Oui, ça nous prend de nouvelles installations aquatiques, mais le projet du maire est trop ambitieux pour nos moyens. Le déficit d’entretien de nos infrastructures s’alourdit (tôt ou tard, ça va finir par nous « péter dans la face ») et Québec vient d’imposer des compressions de l’ordre de 300 M$ pour 2015. Il y aura nécessairement un manque à gagner…

Malgré les paroles réconfortantes de notre maire et de son responsable des finances (Dominic Lévesque), ça ne va pas si bien que cela à Boucherville si on se fie au palmarès de HEC Montréal. Je vais donc m’opposer au règlement d’emprunt pour le complexe aquatique et demander au conseil municipal de refaire ses devoirs.

La gestion des deniers publics est responsable et rigoureuse à Boucherville? Permettez-moi d’entretenir mes doutes…

Sébastien St-François

L’heure du bilan a sonné : l’autre côté de la médaille

Il faut donner à l’équipe de Jean Martel ce qui lui revient : elle met à jour son site de campagne à une fréquence assez soutenue. Bon, il n’en demeure qu’on vend une image, on tente de surfer sur la « vague de 2009 », mais voilà qu’on nous présente le bilan des quatre dernières années, bien entendu selon l’angle qu’on veut bien donner à ce bilan.

Bilan Martel

Encore une fois, la question se pose. Pourquoi un maire sortant si fier de son bilan a-t-il refusé l’invitation à un débat qui lui aurait donné l’occasion de défendre ce bilan devant des citoyens dont il sollicite la confiance pour un deuxième mandat? Peu importe, voici mes commentaires en rafale sur certains éléments de ce bilan, réalisé « avec votre participation » selon le maire sortant :

  • « Réduction de la dette de 120 M$ à 102 M$ » : Il est facile de réduire une dette si on n’investit pas comme on devrait en infrastructure, si on n’ouvre plus de rues pour de nouveaux développements et si on paie moult projets en puisant dans les surplus qui ne cessent de gonfler depuis quelques années pour atteindre des proportions indécentes…
  • « Gel de la taxation résidentielle en 2013 » : Après plusieurs années de hausses injustifiées à la lumière des surplus dégagés par la Ville. Gel purement électoraliste en 2013, et on nous promet un autre gel en 2014 à des fins de réélection…
  • « Augmentation des surplus budgétaires sans coupures de services » : Heu, il aurait été indécent de couper dans les services compte tenu des surplus astronomiques dégagés et, de toute évidence, cette équipe ne comprend pas qu’une ville, ce n’est pas une entreprise privée. Dégager des surplus d’une telle hauteur, ce n’est pas un signe de bonne gestion; c’est un signe de taxation excessive…
  • « Augmentation du nombre de femmes au conseil » : Oui, et puis? Personnellement, je trouve cet argument très dépassé. Il y a des hommes compétents et il y a des femmes compétentes. Le sexe d’une personne ne doit pas avoir préséance sur sa compétence…
  • « Plus de 500 M$ d’investissement dans le parc industriel » : Des investissements privés… En quoi le conseil municipal a-t-il joué un rôle là-dedans? La Ville a-t-elle octroyé plus de 500 M$ en subventions au cours des quatre dernières années? Le cas échéant, c’est la première fois que j’en entends parler…
  • « Plus de 10 comités de citoyens » : Dont les membres sont triés sur le volet et partagent l’idéologie de l’équipe au pouvoir… Des citoyens du district 2, sans représentation réelle au conseil depuis l’expulsion de Francine Crevier Bélair, avaient proposé un comité de citoyens, mais il n’a jamais vu le jour. Il y a une grande ingérence politique dans les comités de citoyens sous Jean Martel…
  • « Développement urbain moins rapide » : Plutôt, paralysé, et la Ville (nous) fait face à deux poursuites à l’heure actuelle… Si on se fie aux échecs lamentables qu’a essuyés la Ville devant les tribunaux dans plusieurs dossiers récents, ça n’augure pas bien pour ces deux poursuites dont nous ferons les frais…
  • Agrandissement du cercle social Pierre-Boucher » : On a investi 2,3 M$+ dans une bâtisse évaluée à environ dix fois moins. Et le problème de stationnement demeure entier…
  • Aménagement d’un café-centre d’art dans le vieux-village » : La facture dépasse maintenant les 6 M$, et c’est loin d’être terminé… En effet, Jean Martel a décidé de porter en appel la décision du TAQ concernant l’expropriation, encore une fois à nos frais. À la lecture de la décision du TAQ dans ce dossier, tout me laisse croire que la Ville se fera débouter une fois de plus, et la facture du café-centre d’art continuera à grimper, comme je mentionnais sur ce blogue le 5 octobre dernier… Selon une nouvelle publiée sur le blogue de campagne de Francine Crevier Bélair hier soir, la Ville aurait été déboutée en Cour d’appel le 6 septembre dernier.
  • « Acquisition du terrain de la Saulaie et du jardin collectif » : Une évaluation indépendante établissait la valeur du terrain de La Saulaie à environ 1,3 M$ au moment de son achat par la Ville, qui a payé la rondelette somme de 2,3 M$ pour l’acquérir…
  • « Développement du réseau cyclable à travers la ville » : Je n’ai pas constaté de réel développement au cours des quatre dernières années, mais j’ai constaté que la qualité du revêtement se détériorait à plus d’un endroit cependant…
  • « Construction du club d’aviron… » : Le travail à cet égard avait été initié en majeure partie par le conseil précédent (2005-2009)…

Quant au texte dans les pastilles :

  • Une équipe à votre écoute… Si vous avez voté pour elle.
  • Une équipe à votre service… Si vous avez voté pour elle.
  • Une équipe près de vous… Si vous êtes de son bord.
  • Une équipe chaleureuse et accessible… Peut-être, si vous êtes de son bord. Par contre, si vous êtes de ceux qui osent manifester légitimement votre opposition ou contester des décisions avec lesquelles vous êtes fondamentalement en désaccord, vous aurez plutôt droit à une attitude méprisante.

Concitoyens bouchervillois, à l’approche du jour J, allez au-delà de ce que les partis politiques veulent vous faire croire. Informez-vous et faites-vous votre propre idée. Et, surtout, allez voter le 27 octobre (vote par anticipation) ou le 3 novembre!

Sébastien St-François

Une autre victoire pour la plateforme électorale…


Lundi dernier, à peine quelque 435 citoyens se sont déplacés pour signer le registre sur le règlement d’emprunt pour l’agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher, projet controversé s’il y en a un mis de l’avant par l’administration Martel. Rappelons qu’il fallait 811 signatures pour espérer la tenue d’un référendum sur ce règlement d’emprunt. C’est donc un résultat décevant, mais il y a lieu de relativiser le tout. Réussir à faire signer un registre par 435 personnes est un exploit en soi, car on sait combien peu les gens s’intéressent à la politique municipale et qu’ils se contentent souvent de se plaindre sans agir pour changer des choses ou faire entendre leur mécontentement. Aussi, du nombre des signataires lundi dernier était nulle autre que Francine Gadbois, ancienne mairesse de Boucherville. Le fait que l’ex-mairesse a décidé de passer outre à son « devoir de réserve » et de signer ce registre lance un message sans équivoque sur ce projet d’agrandissement rafistolé. Pour sa part, le maire, après avoir pris acte des résultats, s’est contenté d’affirmer qu’environ un pour cent de la population avait signé le registre et que le projet ira donc de l’avant comme prévu, sans aucune modification pour tenir compte des doléances justifiées de certains citoyens.

Même si M. Martel se limite ainsi à n’écouter que les petits groupes favorables à ce projet, un message clair lui a néanmoins été livré le 6 juin. Cependant, puisque Boucherville semble administrée davantage par une plateforme électorale qu’un maire, cette promesse électorale sera réalisée aux frais de nous tous et nous ne pouvons qu’espérer maintenant que le budget (déjà élevé pour un projet sans vision à long terme) soit respecté et que les résidents des zones visée et contiguë apprennent à vivre avec le manque d’espace et l’intensification inévitable de la circulation véhiculaire dans les environs immédiats du 31 de la rue Pierre-Boucher…

Je tiens néanmoins à remercier toutes les personnes qui ont pris le temps d’aller signer le registre. Un merci tout particulier à Jean-Louis Richer, ex-conseiller municipal qui connaît très bien le dossier, qui a réalisé tout un travail de mobilisation au cours des jours menant à la signature du registre, entre autres en distribuant quelque 1300 feuillets d’information. Tous les signataires ont fait leur part pour tenter de faire entendre raison au conseil municipal. Mais encore, même si le nombre requis de signatures avait été atteint, rien n’aurait empêché M. Martel de faire fi du résultat et de contourner le processus référendaire en payant son projet au comptant. On ne le saura jamais, mais permettez-moi d’avoir un doute. De toute évidence, la priorité des élus en place est de respecter leurs promesses électorales, que ces dernières passent le test de la bonne gouvernance ou non.

Comme je mentionne plus haut, j’ai souvent l’impression que Boucherville est administrée davantage par une plateforme électorale qu’un maire depuis bientôt deux ans. Le problème fondamental est que cette plateforme n’a obtenu l’aval que d’environ 25 % des électeurs. Pensons aux nombreux projets et achats controversés (Cercle social Pierre-Boucher, terre agricole, piste cyclable, etc.), au départ précipité de plusieurs piliers de la fonction publique municipale, aux congés de maladie à l’hôtel de ville, à la forte hausse du budget des communications sous prétexte que c’est le prix à payer « pour écouter et parler aux citoyens »… Pendant ce temps, la qualité des services essentiels qu’une municipalité doit livrer à ses citoyens est à la baisse, comme en témoignent de nombreuses lettres ouvertes dans les journaux, la dette continue d’augmenter et le mécontentement demeure bien présent au sein d’une partie importante de la population.

Si je consacre somme toute beaucoup de temps à la préparation de notre chronique hebdomadaire « Bouchervillois de la table ronde » et à la gestion de Boucherville5021.com, c’est par passion pour ma ville. J’aime Boucherville, j’y réside presque depuis ma naissance et je compte y demeurer pendant bien des années encore. Je n’aime pas la tournure que prend la Ville depuis novembre 2009, je déplore que nous sommes gérés davantage par un programme électoral qu’un maire soucieux des intérêts de l’ensemble de la population qu’il a le devoir de représenter, je suis inquiet de constater que nos élus tentent par tous les moyens d’utiliser notre argent pour plaire aux groupes qui les ont portés au pouvoir au lieu de s’affairer à leur tâche principale et primordiale, celle de gérer la ville dans l’intérêt de tous, notamment de tous ceux qui paient les comptes et leurs salaires.

Depuis le début, Boucherville5021.com se donne pour mission d’intéresser les citoyens à ce qui se passe dans leur ville et aux décisions qui se prennent à leur hôtel de ville. Contrairement à l’administration Martel, nous ne disposons pas d’un budget de communications de 866 000 $ pour « répandre la bonne nouvelle ». Malgré cela, Boucherville5021.com fait des vagues et joue son rôle – intéresser les Bouchervillois à l’actualité municipale et laisser savoir à nos élus que les Bouchervillois les ont à l’œil malgré l’absence d’une opposition officielle à l’hôtel de ville.

Maintenant que l’été approche et que l’actualité se fera moins généreuse au cours des prochaines semaines, nous en profiterons pour prendre un peu de répit. Cependant, si des dossiers importants font surface d’ici la rentrée automnale, soyez assurés que nous les commenterons sur ces pages. Nous vous invitons donc à revenir nous lire au cours des prochaines semaines et, encore une fois, il vous suffit de vous abonner (anonymement) pour recevoir une notification par courriel chaque fois que du nouveau contenu s’ajoute au site. Quant aux « Bouchervillois de la table ronde », ils seront de retour en ondes à compter du vendredi 2 septembre.

D’ailleurs, je tiens à remercier très sincèrement Louis-Philippe Guy, animateur de l’émission Les citoyens ont raison du FM 103,3, pour l’importance qu’il accorde chaque semaine à la voix citoyenne au sein de l’agglomération de Longueuil. Avec ses collègues, dont le journaliste Henri-Paul Raymond, ils font un sacré travail pour informer leurs auditeurs des faits marquant de l’actualité dans les villes de l’agglomération et leur brochette d’invités n’a pas grand-chose à envier aux grandes chaînes d’information. Ils accomplissent beaucoup avec des moyens relativement modestes, et c’est un privilège pour moi de participer chaque semaine à la demi-heure consacrée à Boucherville.

Sur ce, bon été, profitez du beau temps et continuez d’être fiers d’être Bouchervillois!

Sébastien St-François

Le 6 juin, oserons-nous nous prononcer?

Source : http://www.fadoqboucherville.qc.ca

La semaine dernière, on apprenait qu’un registre sera ouvert lundi prochain (6 juin), entre 9 et 19 heures, à l’hôtel de ville concernant le règlement d’emprunt pour financer l’agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher. Rappelons qu’un minimum de 811 personnes aptes à voter devront signer ce registre pour que le règlement puisse ensuite être soumis à un référendum. Sinon, tout passera comme du beurre dans la poêle et les élus pourront nous endetter collectivement de 2,3 millions de dollars de plus pour mettre en chantier un projet qui comporte plusieurs lacunes.

Jusqu’à ce jour, ce projet d’agrandissement a fait couler beaucoup d’encre. Pour résumer :

  1. Le Cercle social Pierre-Boucher est utilisé principalement par la FADOQ et le Lunch Club et dessert une clientèle dite de « troisième âge ».
  2. L’équipe de Jean Martel veut investir 2,3 millions de dollars dans une bâtisse actuellement évaluée à 263 300 $.
  3. Même agrandi selon les plans, le Cercle social ne sera pas en mesure de répondre aux besoins croissants d’une population vieillissante à plus long terme.
  4. Le stationnement dans le secteur est très limité. La Ville tente actuellement de négocier avec le Maxi situé à proximité un certain nombre d’espaces de stationnement pour les utilisateurs du Cercle social. Même si cette négociation devait aboutir, cela forcerait certains utilisateurs à y laisser leur voiture, à traverser Fort-Saint-Louis à pied, puis à enjamber la voie ferrée pour se rendre à destination. Par une journée de juillet ensoleillée, peut-être; en pleine vague de froid hivernale ou tempête de neige, c’est moins intéressant et moins sécuritaire…
  5. La circulation automobile autour du Cercle social augmentera à coup sûr une fois le projet réalisé. Or les rues du Vieux Boucherville sont très étroites et non adaptées à une circulation intensive. L’accès des véhicules d’urgence (policiers, pompiers, ambulanciers) pourrait être compromis, ce qui comporterait un risque accru pour la sécurité publique dans le secteur.

Pour ma part, depuis le début, je m’oppose à ce projet. Bien entendu, je reconnais le besoin de doter Boucherville d’un centre moderne pour les aînés. L’actuel cercle social est désuet et trop à l’étroit. Cependant, pour moi, vouloir investir 2,3 millions dans une bâtisse évaluée à près de dix fois moins, sans stationnement adéquat, dépasse l’entendement. Outre ce qui semble être une obsession du maire Martel pour le Vieux Village, je ne peux comprendre la logique de vouloir aller de l’avant avec cet agrandissement.

Bien sûr, il y a lieu de revitaliser et d’entretenir ce patrimoine que représente le Vieux Boucherville. Mais il est question ici d’une infrastructure névralgique pour une clientèle croissante. Les personnes desservies par une telle « maison des aînés » méritent mieux que ce que leur proposent actuellement nos élus. Elles méritent un centre moderne, situé sur un site adéquat et desservi par une aire de stationnement assez grande pour accueillir la clientèle. Quant aux contribuables bouchervillois qui assumeraient une charge additionnelle de 2,3 millions de dollars, ils méritent mieux qu’un centre rafistolé pour répondre à une promesse électorale.

Depuis qu’il est arrivé à l’hôtel de ville en novembre 2009, Jean Martel invoque sa plateforme électorale pour justifier l’ensemble des décisions controversées qu’il prend. Il prétend avoir reçu le mandat de la population de mettre en place son cahier de promesses. Premièrement, M. Martel a été élu d’abord et avant tout pour administrer la Ville et veiller à la saine gestion des finances publiques – notre argent. Deuxièmement, ne perdons jamais de vue qu’un peu plus de la moitié (50,21 %) des électeurs ayant voté le 1er novembre 2009 n’ont pas voté pour Jean Martel ou ses promesses électorales.

Le 6 juin prochain, nous nous voyons offrir l’occasion d’envoyer un message à Jean Martel : Nous voulons revoir le projet d’agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher que vous proposez. Il s’agirait en quelque sorte d’un premier test démocratique pour l’actuel conseil. Deux options se présentent à nous, citoyens. Nous pouvons rester assis chez nous, convaincus que nous n’y pouvons rien, ou nous pouvons prendre quelques minutes de notre temps lundi prochain pour nous exprimer, pour laisser savoir à nos élus qu’ils sont d’abord responsables de prendre les meilleures décisions possibles dans l’intérêt de l’ensemble de la population qu’ils représentent. L’actuel projet d’agrandissement ne va pas dans ce sens, et les Bouchervillois méritent mieux.

Bien entendu, puisque le registre porte sur le règlement d’emprunt, advenant la tenue d’un référendum où une majorité se prononcerait contre cet endettement, M. Martel aurait toujours l’option de payer son projet au comptant (il dispose d’amplement de surplus pour le faire). Cependant, ce faisant, il porterait l’odieux de ne pas avoir respecté la volonté populaire et démontrerait éloquemment qu’il ne gouverne pas pour l’ensemble des Bouchervillois, mais seulement pour celles et ceux qui ont appuyé sa plateforme électorale et voté pour lui, c’est-à-dire pour une minorité de la population.

La démocratie n’est pas un processus qui se limite à inscrire un « X » sur un bulletin de vote tous les quatre ans. Nous avons la possibilité de nous prononcer, oserons-nous le faire?

Je compte signer le registre et je vous invite à faire de même en vous rendant à l’hôtel de ville le lundi 6 juin prochain, entre 9 heures et 19 heures. C’est important pour notre démocratie.

Sébastien St-François

Demande de référendum sur l’agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher

Nombre de signatures requises : 811
Où signer le registre : Hôtel de Ville de Boucherville
Quand signer le registre : le lundi 6 juin 2011, entre 9 et 19 heures

Passez-vous le mot, sans quoi le projet passe sans référendum. Prenez le temps d’aller signer le registre si vous vous opposez à ce projet d’agrandissement dans sa forme actuelle. Qui ne dit mot consent!

Avis public à ce sujet :

Petites réflexions en début d’année 2011

Reflets jaunâtres sur neige blanche

Les reflets jaunâtres qui se dégagent de la réverbération de la lumière des nouveaux lampadaires tout récemment installés sur la rue de Varennes provoquent des réactions plutôt mitigées. Ces nouveaux réverbères à DEL sont esthétiquement très beaux lorsqu’ils sont éteints, mais surprennent par la coloration jaunâtre de la neige les entourant lorsqu’ils sont allumés. On pourrait croire qu’une meute de chiens a fait ses besoins au même endroit! Dommage. Va falloir s’y habituer!

Agrandissement du cercle social Pierre-Boucher : Méconnaissance des préoccupations des citoyens du quartier?

Plus de 2 M$ sont affectés dans le budget 2011 de la Ville à l’agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher, sur la rue portant le même nom dans le Vieux Boucherville. Réservé aux 50 ans et plus, ce lieu de rencontre ne possède actuellement aucune place de stationnement. L’aire de stationnement le plus près se trouve à quelques pâtés de maisons de là, soit à l’église Sainte-Famille. Les rues du Vieux Boucherville ne permettant pratiquement pas le stationnement, les personnes ayant des difficultés à marcher doivent franchir une bonne distance à pied pour se rendre au centre. Cela est déjà problématique. Alors pourquoi prévoir un tel agrandissement? Uniquement pour les résidants du Vieux Boucherville?

Qui plus est, l’agrandissement du bâtiment du Cercle social Pierre-Boucher nécessiterait l’abattage de beaux arbres matures dans la cour arrière, et le parc pour enfants situé tout juste à côté fera face à un mur contigu au lieu de ces beaux arbres. Le montant affecté à cet agrandissement n’aurait-il pas été mieux investi ailleurs? À un endroit où il y aurait eu un stationnement ou la possibilité d’en aménager un, par exemple. Pourquoi créer des problèmes inutilement?

Les résidants du Vieux Boucherville veulent préserver leur quiétude; c’est normal, car le village est truffé de petites rues étroites où la plupart des maisons donnent directement sur la rue. Dans ces circonstances, la logique préconise qu’il ne faut pas investir dans des bâtiments susceptibles de mener à un achalandage continu à toute heure du jour. M. Martel ne semble pas l’avoir compris.

Il en va de même pour le projet de résidence pour personnes âgées que M. Martel a tenté de faire installer dans l’hôtel de Boucherville (rue Marie-Victorin, face à la marina) en 2010. Le stationnement était encore problématique. La réaction des citoyens du quartier a été immédiate; ils n’en voulaient pas de ce projet et l’ont clairement fait savoir en s’y opposant lors d’une soirée de consultation à l’hôtel de ville.

Rappelons qu’un projet quasi similaire avait déjà été présenté à deux reprises, mais rejeté par l’ancien conseil – faute de qualité de vie pour les futurs résidants qui auraient été confinés à de petits espaces de vie étouffants, sans aire de stationnement adéquate. C’est à partir de là, devant le peu de crédibilité du propriétaire dans sa démarche de rénovation, que la procédure d’expropriation a été amorcée pour régler définitivement le cas de cet hôtel délabré qui avait fait vivre aux résidants du Vieux Boucherville des problèmes de toutes sortes (vol, vandalisme, prostitution, etc.). En proposant pour la troisième fois un projet du même acabit, cela a encore retardé l’expropriation de ce bâtiment.

Le conseil précédent avait compris la situation, après avoir entendu les plaintes des résidants du Vieux Boucherville qui avaient à maintes reprises fait valoir leur désir bien légitime de tranquillité.

M. Martel, vous habitez ce quartier depuis quelques années. En connaissez-vous l’histoire récente et le désir de tranquillité qu’éprouve ses citoyens?

Départ du directeur de l’urbanisme

Pour terminer, le directeur de l’urbanisme de Boucherville, M. Pierre Pion, qui était en poste depuis plus de 30 ans quitte ses fonctions. Il avait une connaissance quasi parfaite de tous les dossiers de la ville et faisait preuve d’un grand dévouement, travaillant souvent tard le soir. Je ne connais pas les motifs du départ de M. Pion, mais il s’agit d’une grande perte pour notre ville.

Monique Reeves