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Où s’en va-t-on au juste?

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La semaine qui se termine en aura été une difficile pour les Québécois qui suivent un tant soit peu l’actualité économique et politique. On peut bien continuer à se garder la tête dans le sable, la réalité est en train de nous rattraper à la vitesse grand V… Nous sommes dans la dèche!

Dans sa chronique de lundi dernier, Alain Dubuc de La Presse est revenu à la charge avec un titre déjà utilisé à plus d’une reprise par d’autres chroniqueurs : « Le mur ». Il y est question des prévisions présentées par la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke au terme d’un exercice auquel ont participé entre autres les économistes Luc Godbout et Pierre Fortin. Le portrait qu’on nous dresse n’a rien de réjouissant.

Ensuite, mercredi, nous avons appris que le Québec vit au-dessus de ses moyens selon une étude réalisée par le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal. Le constat est clair. Depuis des décennies, le Québec (l’État) et les Québécois consomment plus qu’ils ne produisent. Conséquence : un endettement chronique et un net recul par rapport aux autres provinces canadiennes et aux États américains. La conclusion est alarmante : « Ce bilan révèle que le Québec n’a plus les moyens de ses ambitions. Seule une réduction de ses charges fiscales pourrait freiner l’étouffement dont souffre son développement. Et si cet État souhaite maintenir son niveau de dépenses publiques actuel, un recours plus grand à la tarification des services publics semble devenir incontournable. »

Jeudi, c’était au tour du ministre fédéral Denis Lebel de lancer un cri du cœur. Le Québec doit mettre fin à sa dépendance de la péréquation. La province est récipiendaire de péréquation depuis les années 1960, et le montant qu’il touchera pour l’année 2014-2015 atteindra 9,3 milliards de dollars – un montant sans précédent qui représente plus de 55 % de l’enveloppe destinée à l’ensemble du pays. Selon lui, le Québec est devenu une terre de moratoires, de manifestations et de « peur d’avoir peur ».

La réalité ne laisse aucune place à l’interprétation : le Québec est pauvre et s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté, car ses dirigeants politiques – tous niveaux de gouvernement confondus – n’ont pas le courage de prendre les décisions difficiles – très difficiles – qui s’imposent et qui ne pourront plus être pelletées dans la cour des générations futures sans mettre en péril l’avenir immédiat de l’ensemble des Québécois. Mon fils aura six ans le 15 février prochain. Quelle sorte d’avenir sommes-nous en train de léguer à sa génération en raison de notre irresponsabilité et de notre manque de courage?

Dur, dur le rappel lancé cette semaine au gratin politique du Québec et à l’ensemble des Québécois. Le mur se dresse tout juste devant nous et il finira par nous écraser si nous ne réussissons pas à nous extirper rapidement du marasme qui nous paralyse depuis maintenant des décennies.

Sébastien St-François

La vérité sur le bilan de la Ville de Boucherville

Dans l’édition du journal La Relève du 22 octobre 2013, le journaliste Daniel Hart écrit un article sur le coût des services municipaux pour la Ville de Boucherville. Cet article donne à penser que notre ville a une très bonne performance! On y donne une série de chiffres dans les différents postes budgétaires des villes. Nulle part on indique où la ville se situe par rapport à des villes de même taille.

Il se sert d’une étude comparative sur les municipalités faite par le Centre sur la productivité et de la prospérité des HEC. Voici ce que les auteurs du rapport disent en préambule :

«À l’heure où les municipalités du Québec se préparent en vue des élections du 3 novembre prochain, le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal dévoile son Palmarès annuel des municipalités du Québec. Par ce classement, nous voulons mettre à la disposition de tous les Québécois un outil qui leur permet non seulement de savoir combien coûtent les services dispensés par leur municipalité, mais aussi de comparer ces dépenses à celles d’autres municipalités de même taille », lance d’entrée de jeu Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal. 

« Il s’agit là d’un effort de démocratisation colossal, car, bien que ces données soient en principe accessibles à tous les Québécois, il faut être vraiment déterminé et avoir une expertise particulière pour en tirer un portrait cohérent », souligne le directeur. En tout, 1 099 municipalités ont été répertoriées, 17 indicateurs de coûts analysés et plus de 100 000 données compilées. L’information se décline de différentes façons : classements par région, par taille de population, par communauté métropolitaine et par agglomération. Résultat : en quelques clics, un citoyen peut désormais trouver combien sa municipalité débourse pour des activités telles que la gestion, le déneigement, la voirie, les services de police et d’incendie, les égouts, la distribution d’eau potable, les déchets et le recyclage. »

Je me suis donc mis à regarder les résultats de Boucherville. Quelle déception! Nous nous classons 586e sur 686 municipalités et 22e sur 23 parmi les municipalités de 25 000 à 49 999 habitants. Surtout décevant, c’est que le coût total des services est de 41 % plus chers que pour les municipalités de même taille!

On se serait attendu que le journaliste fasse preuve de rigueur et nous divulgue non seulement les coûts, mais comment nous nous classons par rapport aux autres. Il aurait aussi pu demander des commentaires au maire.

Il n’y a aucun commentaire du maire! Cela aurait été intéressant puisqu’il vante sa performance et aussi parce que c’était une promesse électorale de l’Équipe Martel en 2009 : «Mise en place et accessibilité d’indicateurs de performance quantifiables pour comparer les services offerts par la ville centre avec ceux offerts par Boucherville» Cette promesse est d’ailleurs reprise dans les promesses de 2013 : «Continuer de mettre en place et de rendre accessibles des indicateurs de performance quantifiables pour comparer les services offerts par la ville avec d’autres villes»

Dans le rapport, on peut voir les chiffres de toutes les municipalités comme Longueuil, Brossard, Varennes. J’ai vérifié les données de Boucherville et je crois que nous devons les faire connaître.

Voici des secteurs où Boucherville performe bien :

Déneigement : 5 224 $ par km de voie comparé à 5 759 $ en moyenne. Rang 9/23

Service incendie : 70 $ par 100 00 RFU (Richesse foncière uniformisée) comparé à 88 $ en moyenne pour des municipalités de notre taille. Mais, ce service est fourni par l’agglomération. Longueuil a un coût de 75 $. Nous attendons toutefois toujours la deuxième caserne. Rang 7/24

Recyclage : 34 $ par habitant soit le même coût que le moyenne. Rang 12/21

Endettement : 2 222 $ par 100 00 RFU comparé à une moyenne de 2 615 $. Rang 11/24

Les secteurs suivants sont pitoyables :

Dépenses : 2 322 $ par habitant comparé à une moyenne de 1 632 $. Rang 22/23.

Voirie : 11 463 $ par kilomètre de voie comparé à 10238 $ en moyenne. Rang 15/23.

Police : 338 $ par habitant alors que les villes de même taille dépenses en moyenne 185 $. C’est vrai que c’est l’agglomération qui fournit le service. Le coût à Longueuil est de 237 $ et pourtant Boucherville n’a même pas un poste de quartier. Et, à part les radars le jour, les services sont moindres qu’ils ne l’étaient avant le loi sur la sécurité publique. Le rang 23/24.

Égouts : 9 767 $ par km alors que le coût moyen est de 6 434 $. À noter que Longueuil ne paie que 5 194 $ au km. Rang 21/23.

Déchets : 114 $ par habitant comparé à une moyenne de 72 $. Même Longueuil ne paie que 73 $ et Varennes 61 $. Rang 24/24.

Je pense que nous avons droit à une information complète sur des sujets aussi importants. Il serait incorrect de nous faire croire que nous avons une bonne performance quand nous avons un tel positionnement par rapport aux autres municipalités de même groupe.

Raymond Medza