Archives du mot-clé CEIC

La CEIC aura-t-elle été utile au bout du compte?

10365983_10203839235560882_4641070841922169472_n
Le Québec carbure à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (la « Commission Charbonneau ») depuis maintenant plusieurs années. Nous avons traversé des élections municipales et deux élections provinciales générales depuis le début des travaux de la CEIC. Le visage politique du Québec a bien changé depuis novembre 2011. Jean Charest est parti, Pauline Marois aussi. De véritables piliers de la politique municipale ont été forcés de quitter dans la disgrâce. Pensons à Gérald Tremblay, qui ne savait rien de ce qui se tramait derrière son dos, et à Gilles Vaillancourt, qui fait aujourd’hui face à une kyrielle d’accusations criminelles, dont celle de gangstérisme. Ce dernier sera-t-il jugé par notre système judiciaire renommé pour son inefficacité ou aura-t-il le temps de mourir avant d’être jugé? C’est une question d’un tout autre ordre…

Cependant, 30 millions de dollars plus tard, où en sommes-nous? Denis Lessard de La Presse se penche sur cette question fort intéressante des limites de la Commission Charbonneau. Selon lui, la Commission a adopté un mode de fonctionnement bizarre et se trouve en quelque sorte à la remorque de l’actualité et des journalistes d’enquête.

L’ancien député de Saint-Jérôme, le caquiste Jacques Duchesneau, nous avait pourtant promis des révélations fracassantes concernant plusieurs ex-ministres, autant péquistes que libéraux, aux audiences de la Commission Charbonneau. Jusqu’à maintenant, on peut dire qu’à l’échelle provinciale du moins, aucun politicien n’a encore payé le gros prix après que son nom est sorti à la CEIC. Ça rappelle étrangement la Commission Gomery au fédéral. La juge Charbonneau a même choisi de suspendre les travaux publics le temps de la dernière campagne électorale – laissant ainsi les électeurs québécois dans le noir au moment même où ils devaient faire un choix et élire un nouveau gouvernement.

Nous avons vu parader toutes sortes de personnages et entendu toutes sortes de récits aux audiences publiques de la CEIC au fil des mois. Pensons aux liasses d’argent dans les chaussettes des mafieux, à la soupe chaude sur les chantiers de construction de la Côte Nord, à « Rambo » – débarqué à la Commission Charbonneau en février dernier – et accueilli en véritable héros de retour chez lui… Souvent, plus un « gros show de boucane » qu’autre chose…

Dans les deux dernières semaines, les attentes étaient élevées et deux anciens ministres des Transports ont enfin été appelés à témoigner : Guy Chevrette et Julie Boulet. Comme il fallait s’y attendre, M. Chevrette n’a absolument rien à se reprocher. Il m’avait l’air presque hautain à l’écran. Quant à Julie Boulet, ouf! Quel spectacle pathétique! Il faut se demander ce que Jean Charest avait vu en elle pour la nommer ministre (déléguée, puis en titre) des Transports. À se fier à son témoignage de la semaine dernière, elle ne connaissait pas grand-chose de son portefeuille et plusieurs l’ont comparé à un « rubber stamp ». J’ai hâte de voir pendant combien de temps encore elle fera partie du caucus libéral et combien de temps s’écoulera avant que son départ de la vie politique ne force la tenue d’une élection partielle dans Laviolette une fois que Philippe Couillard lui aura montré la porte du PLQ. Elle a eu l’air franchement pathétique devant les Québécois, en tout cas, tout comme son collègue Sam Hamad, le premier ministre de l’ère Charest à être sorti publiquement pour la « corriger » concernant l’objectif de financement de 100 000 $ par ministre fixé par les instances du PLQ à l’époque.

M. Hamad aurait pu se garder une petite gêne. Après tout, il a été vice-président principal pour la firme de génie Roche de 1998 à 2003. Or on a appris au cours des derniers jours que Roche aurait mis sur pied un stratagème où chaque année, tous ses vice-présidents faisaient des contributions politiques illégales remboursées par des bonis. Plus d’un doute plane à son égard tant qu’à moi et je ne comprends d’ailleurs toujours pas pourquoi M. Couillard l’a nommé à son conseil des ministres. Sam Hamad est loin d’avoir été un grand ministre dans le gouvernement Charest.

En vertu du décret 1119-2011 et conformément à l’article 1 de la Loi sur les commissions d’enquête, la CEIC a pour mandat d’examiner l’existence de stratagèmes, de dresser un portait des activités de collusion et de corruption dans l’industrie de la construction et de formuler des recommandations. Ce n’est pas un tribunal. Il faut toutefois espérer que ses travaux mènent à des corrections concrètes et que les acteurs politiques au cours des années concernées qui auraient des choses à se reprocher finissent par se faire épingler par la police. Sinon, à quoi aura servi tout cet exercice à part divertir le bon peuple québécois? Les commissaires doivent déposer leur rapport d’ici avril 2015, soit d’ici moins d’un an. Espérons que tout l’argent dépensé sur cette commission serve à quelque chose au bout du compte, car les Québécois se font flouer depuis des années et il est temps que ça cesse!

Sébastien St-François

Stupéfaction et surréalisme

838386-jean-garon-soutient-pauline-marois

Comme des millions de mes concitoyens, j’ai été scotché à mon écran de téléviseur jusqu’à tard lundi soir pour prendre le pouls de l’humeur des électeurs et connaître la répartition des sièges au terme de l’exercice démocratique auquel Pauline Marois avait convié les Québécois. Quelle soirée surréaliste pour toutes les raisons que nous connaissons déjà! Victoire « éclatante » des libéraux après seulement 18 mois de purgatoire, défaite historique du PQ alors que les sondages d’avant-campagne plaçaient Mme Marois à la tête d’un gouvernement majoritaire, discours très maladroits et tout droit sortis d’une époque révolue prononcés par MM. Péladeau, Lisée et Drainville en attendant l’arrivée sur scène de la cheffe (démissionnaire)…

Je regarde les soirées électorales à la télé depuis belle lurette, mais cette dernière a revêtu un caractère surréel – même si les chiffres qui déferlaient dans le bas de l’écran peignaient un portrait clair de la décision de l’électorat. Et, depuis l’élection, tout le monde dans mon entourage se demande bien comment les libéraux ont réussi à décrocher cette majorité, car aucun n’a voté pour le PLQ. Stupéfaction…

Bien entendu, l’élection des libéraux à la tête d’un gouvernement majoritaire alors que la CEIC n’a pas encore terminé son mandat (il serait d’ailleurs temps qu’elle cesse de s’attarder à des niaiseries comme de la soupe chaude sur les chantiers de construction et s’attaque sans plus tarder au nœud du problème, soit au financement occulte des partis politiques de 1996 à 2011) me laisse perplexe, mais c’est la décision du peuple. N’en demeure que je crains un retour à l’arrogance libérale ayant caractérisé le règne de Jean Charest (à l’exception de son bref mandat minoritaire en 2007-2008). Entre l’incompétence péquiste et l’arrogance libérale, on a choisi le moins pire?

Dans les rangs péquistes, la dégelée est totale. Comme l’écrit le chroniqueur Michel David du Devoir dans un texte intitulé « Le long hiver », ce désaveu des Québécois pour le PQ après seulement 18 mois de pouvoir est stupéfiant. Pour citer M. David : « Les prochaines révélations de la commission Charbonneau feront peut-être regretter leur choix à certains, mais les résultats de l’élection indiquent clairement que la magouille est perçue comme un moindre mal par rapport à la souveraineté. » Constat qui est triste, mais qui s’impose à la lumière des résultats de lundi soir. Reconduire les libéraux au pouvoir, et ce, de façon majoritaire, me laisse encore stupéfait deux jours plus tard. Nous sommes vraiment mal pris, il faut croire. Pour ce qui est de la participation à ce scrutin, il est quand même étonnant que plus d’un électeur sur quatre (taux de participation : 71,56 %) a décidé de renoncer à son droit de critiquer quoi que ce soit jusqu’au 1er octobre 2018 (date des prochaines élections générales au Québec). Quatre ans, ça peut s’avérer long pour garder le silence, mais quand on ne vote pas, on est bien mal placé pour chialer par la suite…

Enfin, parlons de la nouvelle répartition des sièges à l’Assemblée nationale. Récoltant 41,50 % des voix, le PLQ a fait élire 70 députés (56 % des sièges). Quant au PQ et à la CAQ, ils ont conjointement obtenu la faveur d’environ 48 % de l’électorat. Pourtant, ces deux partis se partagent un total de seulement 52 sièges (41,6 %) En 2012, la CAQ avait obtenu à peine quelque 181 000 voix de moins que le PLQ. Pourtant, les libéraux ont raflé 50 sièges et les caquistes ont dû se contenter de 19 députés. Quelque chose ne tourne plus rond dans notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Un scrutin proportionnel aurait néanmoins résulté en un gouvernement libéral majoritaire, mais la représentation des partis à l’Assemblée nationale aurait alors mieux reflété la volonté populaire. La recherche d’un juste milieu s’impose?

En effet, la question du mode de scrutin devrait être abordée, mais ce n’est certainement pas un gouvernement libéral majoritaire qui voudra modifier les règles. En effet, les partis traditionnels ont tout intérêt à maintenir le statu quo à cet égard, comme nous le démontre d’ailleurs l’issue de chaque campagne électorale.

Sébastien St-François

Je me souviendrai

Plaque_immatriculation_Québec

« Je me souviens » est la devise du Québec; nous le savons tous, même s’il nous arrive parfois tout un chacun de ne pas nous souvenir de grand-chose. Par rapport à cette campagne qui arrive à sa fin, je me souviendrai de plusieurs choses.

Je me souviendrai d’une première ministre qui a déclenché cette élection, le 5 mars dernier, pour aucune raison autre que celle que les sondages d’alors laissaient poindre une possible majorité péquiste. Je me souviendrai de cette même première ministre qui, pensant sûrement faire le coup du siècle en présentant la candidature de Pierre Karl Péladeau, n’aurait jamais pu penser que c’est ce moment précis de sa campagne qui marquerait la descente aux enfers de son parti dans l’opinion publique…

Mais encore, souvenons-nous du passé récent. Souvenons-nous des mois ayant suivi l’accession de Pauline Marois à la chefferie du PQ. Les choses n’allaient pas très bien. La grogne était prise assez solidement dans les rangs péquistes et plus d’un député a décidé de claquer la porte (pensons notamment à Daniel Ratthé et à Jean-Martin Aussant) – convaincu que le PQ n’allait nulle part sous la gouverne de Pauline Marois. En rétrospective, Mme Marois doit sa victoire du 4 septembre 2012 principalement – voire uniquement – à l’impopularité de Jean Charest au terme de trois mandats comme premier ministre. Et encore, aux dernières élections générales, Pauline Marois n’a réussi à obtenir que 54 sièges, soit seulement quatre de plus que le PLQ, parti usé à la corde après neuf ans au pouvoir. C’est le fait qu’elle devenait du coup la première femme à occuper sa fonction qui en a fait une élection « historique ».

Pas plus tard qu’en juillet 2013, la popularité du PQ traînait à 24 % (le plus bas score depuis la fondation de ce parti par René Lévesque en 1968) et le taux de popularité de Pauline Marois elle-même n’était que de 16 %, derrière Philippe Couillard et François Legault. On était loin du « trèfle à quatre feuilles », pour citer Jean Lapierre. C’est là où le controversé projet de loi n° 60 au titre interminable (Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement) est entré en scène pour brouiller les cartes et semer la division dans la population. Le gain de popularité du PQ au cours de l’automne 2013 et du début de l’hiver 2014 s’explique en bonne part par le dépôt de ce projet de loi, mais les péquistes ont tellement joué la carte de la Charte pour mousser leur popularité qu’il ne restait plus de gaz pour alimenter cette création controversée du PQ rendu en campagne électorale. Autre échec pour Pauline Marois…

Maintenant, le dernier sondage Léger de cette campagne qui ne passera pas à l’histoire place le PLQ à 38 %, le PQ loin derrière à 29 %, la CAQ à 23 % et QS à 9 %. La soirée électorale risque d’être longue et personne n’est en mesure actuellement de statuer avec certitude si le prochain gouvernement sera majoritaire ou minoritaire ou encore quel parti formera l’opposition officielle. Actuellement, une seule chose est certaine : Pauline Marois perdra son pari électoral et ne sera plus cheffe du Parti Québécois. Les couteaux sont d’ailleurs déjà sortis depuis vendredi dernier…

Bien entendu, lundi soir, Philippe Couillard et les libéraux nous parleront d’une grande victoire pour le Québec et les Québécois, du retour aux vraies valeurs et aux vraies affaires. Pardon? Philippe Couillard devra sa victoire surtout à l’impopularité de Pauline Marois, à l’incompétence des stratégies péquistes et à son « habileté » à faire peur au monde avec le spectre d’un hypothétique référendum et à faire jouer la traditionnelle cassette libérale selon laquelle seuls les libéraux sont compétents pour s’occuper d’économie et de finances publiques. Pourtant, au cours de la dernière décennie, pendant que le Québec perdait des plumes et s’appauvrissait au sein de la fédération canadienne, ce sont les libéraux qui ont été au pouvoir pendant le gros de cette période…

J’ai bien hâte de voir quand la Commission Charbonneau reprendra ses travaux publics et abordera enfin l’épineuse question du financement occulte des partis politiques depuis 1996. Il demeure qu’un flou éthique plane toujours autour de Philippe Couillard et que 18 anciens ministres sous Jean Charest sont candidats dans l’équipe de M. Couillard. La CEIC nous réservera probablement un « bon spectacle » au cours des prochains mois, et si M. Couillard considère (avec raison) que les 33 jours de campagne ont été sales, la boue risque de voler encore plus après son accession au pouvoir.

Encore une fois, nous sortons d’une campagne électorale au cours de laquelle aucun des grands enjeux de notre société n’a été véritablement débattu et aucune réelle solution n’a été proposée aux problèmes qui hypothèquent notre avenir collectif. Encore une fois, au cours des quelque 30 derniers jours, péquistes et libéraux nous ont démontré qu’ils ne sont pas la solution à nos problèmes, mais qu’ils sont plutôt la cause de ceux-ci. Dans l’intérêt de la démocratie, souvenons-nous de cette élection et tirons-en collectivement des leçons afin de mieux nous préparer à la prochaine ronde.

Sébastien St-François

Mon vote en 30 points

Francois David, Francois Legault, Pauline Marois, Philippe Couillard
Bon, le jour J approche et il faut bien finir par se décider. Depuis le 5 mars dernier, je suis assidûment (peut-être trop assidûment) cette campagne électorale que Pauline Marois pourrait bien regretter d’avoir déclenchée.

En cours de campagne, j’ai écrit à plusieurs reprises sur le débat stérile dont nous tiennent captifs le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, débat qui sclérose notre société et fait faire du surplace au Québec depuis des décennies. Le PLQ joue sur la peur (d’un référendum) pour gagner des voix, tandis que le PQ semble vouloir exploiter l’ignorance de certaines gens moins bien informés sur les enjeux sociaux pour réaliser des gains. Dans un cas comme dans l’autre, c’est prendre le monde pour des valises… Les Québécois méritent mieux que ça, et voici donc en 30 points les raisons pour lesquelles j’accorderai mon vote à ce que je considère comme représenter l’option « la moins pire ».

Je ne voterai pas pour le PQ de Pauline Marois pour les raisons suivantes :

  1. Je m’oppose à l’article 1 sur la souveraineté du PQ et je ne veux absolument rien savoir d’un troisième référendum.
  2. Pauline Marois a fait fi de sa propre loi sur les élections à date fixe uniquement dans l’optique partisane de décrocher une majorité de sièges à l’Assemblée nationale. Ce faisant, elle a agi en fonction de ses intérêts politiques personnels plutôt que des intérêts supérieurs du peuple québécois. Je n’ai pas envie de récompenser son geste électoraliste.
  3. Pauline Marois a manqué de respect envers les Québécois en les convoquant aux urnes pour ainsi s’esquiver de son obligation de s’expliquer en commission parlementaire sur l’histoire du « deal » avec la FTQ.
  4. Pauline Marois aurait déclenché des élections entre autres pour éviter que le PQ ne soit éclaboussé par la CEIC, selon Jacques Duchesneau. J’ai tendance à croire M. Duchesneau, et ce, même si le PQ l’a mis en demeure à la suite de sa déclaration.
  5. Pauline Marois dirige un « vieux parti » ayant contribué, au cours des quatre dernières décennies, à faire en sorte que le Québec se classe aujourd’hui à l’avant-dernier rang des provinces en termes de richesse, tout juste devant l’Île-du-Prince-Édouard.
  6. Pauline Marois dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC.
  7. Pauline Marois et son gouvernement ont créé un climat de grande instabilité économique au cours des 18 dernier mois.
  8. Pauline Marois s’est servie de son projet de charte sur la laïcité pour semer la division au sein de la population québécoise.
  9. Pauline Marois aurait considérablement alourdi le fardeau des Québécois qui contribuent déjà beaucoup à l’assiette fiscale si elle avait décroché une majorité en septembre 2012. Elle voulait notamment imposer une hausse d’impôt rétroactive.
  10. Pauline Marois n’a pas respecté une de ses promesses phares de la campagne électorale de 2012, soit celle d’abolir la taxe santé des libéraux, qu’elle qualifiait d’ignoble.

Je ne voterai pas pour le PLQ de Philippe Couillard pour les raisons suivantes :

  1. Philippe Couillard, comme Pauline Marois, dirige un « vieux parti » ayant contribué à l’appauvrissement collectif du Québec au fil des dernières décennies.
  2. Philippe Couillard laisse planer un flou sur ses liens avec le Dr Arthur Porter en refusant de répondre aux questions qui perdurent à cet égard. Son passé soulève beaucoup de questions sur son sens éthique.
  3. Philippe Couillard dirige un parti politique auquel s’intéresse l’UPAC au point d’avoir perquisitionné ses bureaux à plus d’une reprise.
  4. Philippe Couillard dirige le parti ayant voté à 11 reprises contre la création d’une commission d’enquête sur l’industrie de la construction, soit la Commission Charbonneau. Et, maintenant, l’UPAC scrute à la loupe l’agenda de l’ancien premier ministre Charest.
  5. La Commission Charbonneau n’a pas encore fait toute la lumière sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest, et Philippe Couillard nous demande de confier le destin du Québec à son parti pour les quatre prochaines années.
  6. Philippe Couillard s’est négocié un job dans le privé alors qu’il était encore ministre de la Santé dans le gouvernement Charest – une pratique très questionnable ayant d’ailleurs mené à la « Clause Couillard » dans l’actuel Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale.
  7. Philippe Couillard présente dans son équipe de candidats 18 anciens ministres du gouvernement Charest et tente de nous faire croire que le ménage a été fait et que le PLQ s’est renouvelé.
  8. Philippe Couillard s’est dit à l’aise avec tout l’héritage du PLQ, incluant les années Charest sur lesquelles planent encore beaucoup de soupçons et de questions sans réponse.
  9. Avant le déclenchement des élections, Philippe Couillard a agi de manière bassement partisane en faisant de l’obstruction pour faire mourir au feuilleton le projet de loi sur l’aide médicale à mourir – un projet de loi qui faisait pourtant consensus à l’Assemblée nationale.
  10. Philippe Couillard préfère faire peur aux Québécois (référendum) que leur démontrer qu’il est capable de faire de la politique autrement : s’il est élu, il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’un traditionnel gouvernement libéral – ce dont je ne veux pas.

Je compte voter pour la CAQ de François Legault pour les raisons suivantes :

  1. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui ose rompre un peu soit-il avec le statu quo responsable du présent marasme au Québec.
  2. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît la présence du mur qui se dresse devant nous ainsi que l’urgence de donner préséance aux services plutôt qu’aux structures.
  3. François Legault est le seul des trois principaux chefs à compter une expérience concrète de gestion acquise dans le secteur privé, expérience qui s’avérerait fort utile au Québec en ce moment.
  4. François Legault est comptable agréé et reconnaît qu’on ne peut plus laisser aller le saccage qui consiste à continuer à utiliser « la carte de crédit de nos enfants » pour payer nos services actuels.
  5. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui reconnaît que le fardeau fiscal est trop élevé au Québec et veut s’y attaquer.
  6. François Legault est seul des trois principaux chefs qui reconnaît que la bureaucratie est trop lourde au Québec et s’engage à l’alléger.
  7. François Legault compte plusieurs candidats issus du milieu des affaires dans son équipe, contrairement au PQ et au PLQ qui ont choisi de faire le plein d’économistes (même Pierre Karl Péladeau reconnaît que les économistes ne créent pas d’emplois).
  8. François Legault incarne une voix nécessaire au Québec et les Québécois seraient perdants si cette voix n’était plus représentée à l’Assemblée nationale. En septembre 2012, près de 1,2 M d’électeurs ont voté pour la Coalition Avenir Québec.
  9. François Legault est le seul des trois principaux chefs qui propose une charte des municipalités pour s’attaquer aux déficits actuariels des régimes de retraite municipaux.
  10. François Legault est le seul à diriger un parti n’ayant jamais été au pouvoir, et il ne pourrait qu’apporter un brin de fraîcheur à la gouvernance de notre province.

Cette année, je m’inscris en faux contre le « vote stratégique » et je voterai selon ma conscience et en fonction des enjeux que je considère prioritaires. Je vous invite à faire de même. Et, en pleine Commission Charbonneau, aucun parti ne mérite un mandat majoritaire. Il reste encore trop de ménage à faire. Bon vote!

Sébastien St-François