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Jean Martel en mode électoral, déjà?

12301567_10208217757661198_7441736374978979262_nSource : Ville de Boucherville

C’est mardi soir dernier que Dominic Lévesque, conseiller municipal responsable des finances, a présenté – avec l’enthousiasme et le charisme d’un « 2 par 4 » – les grandes lignes du budget 2016 de la Ville de Boucherville.

Deux ans avant les prochaines élections municipales, l’administration municipale se targue d’offrir un troisième gel de taxes en quatre ans. En ce qui me concerne, c’est un juste retour du balancier après des années de surplus indécents dégagés sur le dos des contribuables (4,8 M$ pour 2010, 5,85 M$ pour 2011, 7 M$ pour 2012, 4,2 M$ pour 2013, « seulement » 3,5 M$ en 2014). En clair, les contribuables bouchervillois ont été surtaxés pendant plusieurs années du règne de l’actuel maire de Boucherville. Il reste à voir l’incidence que la construction du méga complexe aquatique (annoncée à 32 M$ – on verra bien à combien montera la facture finale…) aura sur nos comptes de taxes futurs.

Ensuite, l’administration municipale se targue d’une quatrième baisse consécutive de la dette au 31 décembre 2015. D’abord, il faut relativer les choses : il s’agit d’une baisse de 500 000 $ sur un montant qui s’établissait à 98,6 M$ au 31 décembre 2014. Ensuite, c’est sûr que la dette baisse, car Jean Martel fait tout ce qu’il peut depuis plusieurs années – soit depuis la signature d’un registre en mars 2012 ayant eu pour effet de bloquer son projet de piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville, projet ayant d’ailleurs été payé « cash » depuis, malgré la désapprobation exprimée antérieurement par quelque 1047 citoyens/contribuables – pour payer ses promesses électorales au comptant (terre agricole (1,3 M$), terrain de La Saulaie (2,3 M$), agrandissement du Cercle social Pierre-Boucher (au moins 2,3 M$), Café centre d’art (7,4 M$++)). En mars 2013, Jean Martel avait publiquement avoué qu’il ne souhaitait plus voir ses projets contestés démocratiquement par la population. Il se prévaut donc d’une disposition de la Loi sur les cités et villes qui lui permet de payer comptant et d’ainsi carrément museler de potentiels et possibles contestataires. Alors, la dette peut bien être en baisse, d’autant plus que le développement immobilier est en très forte baisse à Boucherville depuis maintenant six ans, ce qui diminue nécessairement de beaucoup les investissements auxquels la Ville doit procéder.

Je vais donner un morceau de robot à l’administration pour sa décision de réduire les frais d’inscription aux camps de jour de 25 %. Nous inscrivons notre fils au camp de jour de la Ville depuis deux ans et ces frais sont élevés. Quelle sera l’incidence de cette réduction sur les finances publiques allant de l’avant? Pas un mot là-dessus pendant la présentation.

C’est au dernier chapitre que le bât blesse. L’administration Martel n’investira que 6,6 M$ dans des travaux d’infrastructures (sic!) de rues et de pavage au cours de la prochaine année. C’est nettement insuffisant quand on sait que le déficit d’entretien de notre infrastructure souterraine totalise des dizaines de kilomètres depuis des années. À ce chapitre, Jean Martel fait très piètre figure et le déficit d’entretien ne cesse de se creuser sous sa gouverne. Vous en parlerez aux résidents de la rue Louis-Normandin qui se sont fait répondre par un employé municipal que la Ville n’avait pas d’argent pour réparer ou remplacer des tuyaux datant de 1957… Ces citoyens envisagent maintenant la possibilité de poursuivre la Ville, et je ferais pareil. Si on n’est pas en droit de s’attendre à ce que la municipalité nous approvisionne en eau potable en échange des taxes qu’on paie, il y a là tout un problème!

Enfin, pas un traître mot durant cette présentation budgétaire sur la deuxième caserne de pompiers, qui devait être opérationnelle sur notre territoire avant la fin de 2013 et dont la construction se fait toujours cruellement attendre…

Sébastien St-François

Quel avenir pour Boucherville et ce blogue?

OCC Merci

Comme plusieurs de mes concitoyens, j’ai eu droit à une véritable douche froide dimanche soir dernier. Que Jean Martel ait été reconduit dans ses fonctions me surprend plus ou moins. La campagne de Francine Crevier Bélair ne levait pas. De plus, il n’en était qu’à son premier mandat et jouissait d’une perception favorable au sein d’une partie de la population. Par ailleurs, bien peu de gens suivent véritablement ce qui se passe dans leur ville entre deux élections et l’opinion qu’ils formulent sur l’administration municipale repose bien souvent uniquement sur leurs perceptions plus ou moins bien informées. J’ai pu le constater de visu sur le terrain pendant la campagne électorale à quelques reprises.

Cela dit, ce qui m’inquiète profondément est la décision d’une majorité de l’électorat actif de confier encore une fois l’hôtel de ville et l’administration de la municipalité aux membres d’une seule et même équipe, sans aucune opposition pour veiller à prévenir des abus de pouvoir et de démocratie. Sagesse populaire? Connaissant la partisanerie dont l’équipe de Jean Martel est capable, quelque 20 % à 25 % des électeurs se trouvent aujourd’hui sans voix pour les représenter auprès des instances décisionnelles…

D’ailleurs, il y a plusieurs dossiers qui m’inquiètent à l’heure actuelle et qui continueront à m’inquiéter :

  • Café-centre d’art : Une source digne de confiance m’a soufflé que la facture totale pourrait dépasser allègrement les plus de 6 M$ déjà engagés dans ce projet. Jusqu’où ça va aller? Ce sont nos deniers qui financent ce projet conçu pour plaire à un groupe bien ciblé de citoyens.
  • Centre aquatique : Est-ce que ça va finir par aboutir? Notre piscine municipale est une honte. Ce projet sera-t-il enfin mis en branle rapidement?
  • Deuxième caserne de pompiers : Pendant combien de temps encore ce dossier prioritaire traînera-t-il en longueur? Ce n’est visiblement pas une priorité pour le maire Martel, alors qu’il en va de la sécurité d’un grand nombre de Bouchervillois qui ne bénéficient toujours pas de la couverture incendie qu’ils méritent et pour laquelle ils paient. Parlez-en aux gens qui ont été victimes d’un incendie majeur au cours des dernières années. Derrière chez moi se trouve encore aujourd’hui un lot vacant à la suite de l’incendie mortel qui a ravagé cette propriété le 29 décembre 2011.
  • Poursuites contre la Ville : Combien ces poursuites finiront-elles par nous coûter? Jean Martel a beau affirmer que c’est l’intérêt des citoyens qui prime et non pas celui des promoteurs, ces promoteurs ont choisi de faire valoir leurs droits devant les tribunaux. Ma lecture des poursuites me mène à la conclusion que leurs dossiers sont solides. La Ville a déjà essuyé plusieurs cuisants échecs devant les tribunaux au cours des derniers mois. Dans chaque cas, on a choisi de s’obstiner à défendre l’indéfendable, on a perdu et cela a coûté cher aux contribuables bouchervillois. En matière de développement du reste de notre territoire, nous ne pourrons le paralyser indéfiniment. Tôt ou tard, la réalité finira par nous rattraper. Le véritable enjeu consiste à développer ce territoire intelligemment, car son éventuel développement est inévitable.
  • Surplus : Allons-nous continuer à faire les frais de surplus astronomiques qui sont ensuite souvent dépensés sur des projets partisans qui ne répondent pas aux besoins prioritaires de la collectivité?
  • Le fameux « pacte fiscal » avec l’agglomération : Jean Martel, qui a l’habitude d’éviter toute confrontation avec l’agglomération, saura-t-il renégocier cette entente qui a pour effet de réduire notre quote-part (déjà trop élevée)? L’entente est renégociable en 2014. En cas d’échec, notre fardeau fiscal augmentera et notre quote-part sera encore moins représentative du pourcentage de notre population au sein de l’agglo.

Qui veillera donc au grain en l’absence d’opposition à la table du conseil? Qu’est-ce qui se tramera derrière les portes closes du caucus de Jean Martel? Il sera bien difficile pour les citoyens d’être adéquatement informés au cours des prochaines années… La participation citoyenne à Boucherville cessera-t-elle d’être la chasse gardée du cercle d’initiés et une activité purement partisane? L’élection de dimanche dernier soulève bien des questions.

De toute évidence, ce sera aux citoyens d’exiger des comptes et de se faire entendre lorsque les élus pousseront la note un peu trop loin à leur goût. En l’absence d’une vigilance citoyenne, aussi bien accepter de remettre un chèque en blanc aux élus et de se fermer la boîte. C’est ça, la démocratie?

Autant certains partisans de l’équipe actuellement au pouvoir ont dénoncé dans le passé ce qu’ils qualifiaient d’abus pendant « l’ère Gadbois », autant ces mêmes personnes méprisent et dénigrent leurs concitoyens qui ne partagent pas l’idéologie de leur mentor Jean Martel et qui dénoncent à leur tour les abus et les décisions qui ne font aucun sens à leurs yeux. C’est ça, la démocratie? Où est l’équilibre entre ces deux pôles?

Pour terminer, la population de Boucherville demeure divisée sur le plan politique, et ce, malgré les résultats de lundi soir dernier. Jean Martel a réussi à faire sortir son vote et ça s’est traduit aux urnes. Malheureusement, les électeurs qui pensent autrement et qui n’ont pas oublié les nombreux ratés et cas d’improvisation des quatre dernières années ne sont pas représentés au conseil, et c’est un résultat malheureux pour toute société démocratique.

Ce sera donc à nous, citoyennes et citoyens, de tenter de prévenir – d’autant que ce soit possible – les abus de pouvoir et de démocratie qui pourraient se produire d’ici novembre 2017 et d’exiger de nos élus qu’ils administrent la ville en laissant la partisanerie de côté. C’est l’invitation que je vous lance, car il y a des limites à ce qu’une seule personne peut faire. C’est ensemble que nous pourrons intervenir plus efficacement lorsqu’il y aura lieu d’intervenir. C’est le défi qui nous attend et que nous devons relever.

L’équipe de Jean Martel a beau avoir été élue à l’unanimité le 3 novembre, elle demeure redevable envers l’ensemble de la population jusqu’à la fin de son mandat. Il faut respecter l’issue du dernier scrutin, mais il faut aussi toujours se rappeler que le conseil municipal a le devoir d’administrer Boucherville dans l’intérêt supérieur de la collectivité. Ne l’oublions jamais, exigeons des comptes et continuons à faire valoir nos doléances légitimes chaque fois qu’il le faut. Ne laissons pas à Jean Martel et à son équipe nous dicter ce que doit être l’exercice de la démocratie entre deux élections. Une démocratie saine s’exerce au quotidien.

De mon côté, je réfléchis à l’avenir de cette plateforme. J’ai voulu créer un forum d’expression citoyenne sur l’actualité politique municipale. Je l’ai fait par souci de démocratie et non pas pour préparer mon entrée en politique active comme certains l’ont faussement prétendu. J’y ai consacré de nombreuses heures et je me suis attiré les foudres de plus d’un partisan quasi-sectaire d’Option Citoyens Citoyennes dans le processus. Mais je persiste à croire que cette plateforme demeure utile et nécessaire.

Au fil des mois, plusieurs citoyens y ont contribué et je tiens à les remercier. Je songe donc à maintenir ce site accessible au public dans l’optique d’encourager un débat sain sur nos enjeux. Boucherville5021 pourrait subir une refonte en profondeur au cours des prochaines semaines. Je réfléchis actuellement à une nouvelle adresse URL, à une présentation visuelle modifiée et à une nouvelle vocation dont la portée serait élargie, mais l’objectif demeurerait le même : offrir un lieu où échanger sur des questions qui nous préoccupent. Je lance donc l’invitation à la population de contribuer activement et en plus grand nombre à la version 2.0 de ce blogue qui pourrait voir le jour.

Sébastien St-François