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Un véritable fiasco aux frais des contribuables…

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Je viens de lire la couverture du journal La Seigneurie sur le café-centre d’arts dans son numéro du mercredi 5 août 2015. Je suis bouche bée. Dès le départ, j’avais prédit que la facture totale de ce projet frôlerait ou dépasserait les 10 M$, mais j’espérais avoir tort. Si mon calcul est bon, 4,8 M$ + 2,3 M$ en poursuites actuellement (d’autres sont peut-être à venir selon le journal) = 7,1 M$. Ajoutons à cette somme quelque 1,1 M$ pour l’expropriation, Dieu sait combien en honoraires d’avocats payés dans ce dossier depuis le début, plus de 500 000 $ pour l’aménagement de quelques cases de stationnement et ce n’est toujours pas fini… Pis encore, une bonne partie de ces montants a été puisée directement des surplus non affectés de la Ville pour museler toute opposition citoyenne (aveu même du maire Jean Martel dans un article de La Seigneurie paru il y a quelques années). Cette administration municipale n’est plus digne de la confiance des contribuables de Boucherville.

On apprend aussi, à la page 4 du journal, que l’entreprise à laquelle la Ville avait confié la phase 3 du projet (3,4 M$) a disparu dans la nature, tout comme son assureur, Sûreté de l’Ouest du Canada. De toute évidence, les élus et/ou les fonctionnaires n’ont pas fait leurs devoirs. Mais encore, rappelons-nous que Jean Martel avait négocié pendant de longs mois en 2011-2012 avec Carol Brunet, un notaire radié et condamné pour détournement de fonds et non-paiement de factures, pour la construction d’un centre multisports évalué à 27 M$ sur notre territoire

Maintenant, la Ville se lance dans un gigantesque projet de complexe aquatique qu’elle évalue à 32 M$. Je prédis que la facture totale dépassera les 40 M$, car la réfection et la transformation d’un bâtiment remontant aux années 1960 nous réservent sûrement de nombreuses surprises. La Ville de Laval plane actuellement sur un projet de complexe aquatique de 40 M$, sauf que Laval compte plus de 400 000 habitants – soit près de dix fois plus que Boucherville. Pis encore, la gestion du projet sera confiée au nouveau directeur général, Roger Maisonneuve, celui même qui a avoué avoir une connaissance « de base » du fonctionnement de l’appareil municipal et qui n’a jamais géré un projet d’une telle envergure dans sa carrière. Rares sont les avocats qui sont de bons administrateurs, mais moult avocats aboutissent en politique et on connaît la suite – à tous les nouveaux de gouvernement. À Boucherville, notre premier magistrat et maintenant notre directeur général sont des avocats de profession. Cette administration municipale ne mérite plus la confiance des contribuables bouchervillois qui doivent financer contre leur gré leurs projets fantaisistes, irréfléchis et mal ficelés!

Sébastien St-François

Ça sent l’improvisation à plein nez…

Le dossier d’un éventuel centre multisports a refait surface durant la dernière séance publique du conseil municipal, le lundi 21 janvier.

En effet, lors de la période de parole aux membres du conseil, la conseillère indépendante Francine Crevier-Bélair a interrogé le maire concernant un point à l’ordre du jour ainsi qu’une lettre du Club de soccer Boucherville datée du 7 janvier dernier.

LettreSoccerBoucherville(Cliquez pour prendre connaissance de la lettre du Club de soccer Boucherville)

Il faut savoir qu’au point 5.10 de l’ordre du jour, un avis de motion a été déposé concernant l’installation d’une surface synthétique sur le terrain de soccer du parc des Gouverneurs. Ce projet est évalué à 2,5 M$ selon le PTI 2013-2014-2015. De plus, dans la lettre envoyée par le Club de soccer Boucherville, on apprend (et je cite) « Monsieur le maire a affirmé que les membres de son parti politique qui siègent au Conseil municipal ont la ferme intention de concrétiser le projet de construction d’un Centre multisports intergénérationnel à Boucherville. »

Ça commence à faire beaucoup d’argent pour un seul sport et – surtout – on passera son tour en matière de transparence…

Alors que Jean Martel s’était engagé publiquement à commander un sondage scientifique pour prendre le pouls de la population à la suite du non-renouvellement de l’entente de principe avec Palais des sports de la Montérégie, il affirme maintenant qu’il n’y aura pas de sondage, qu’il a consulté les organismes (autrement dit, les parties intéressées)… De plus, il explique maintenant la décision de ne pas renouveler l’entente de principe avec Palais des sports de la Montérégie par les problèmes personnels et professionnels de Carol Brunet (poursuites, non-paiement de fournisseurs, radiation de la Chambre des notaires, etc.). En septembre dernier, il invoquait plutôt l’impossibilité pour les parties de s’entendre sur l’empreinte au sol… Enfin, il affirme qu’il a rencontré le président du Club de soccer Boucherville, Ali Konjkave, en sa qualité de chef de parti et non de maire…

Bien JUSTEMENT, faites-en un enjeu électoral, M. Martel! Ajoutez ce projet à votre prochain programme politique et laissez à la population le soin de trancher! Votre démarche actuelle sent l’improvisation à plein nez et manque cruellement de « transparence » – terme qui vous est pourtant si cher. En 2009, il n’était aucunement question d’un centre multisports dans votre plateforme électorale – document auquel vous faites sans cesse référence depuis votre élection pour rabrouer vos détracteurs.

Les Bouchervillois n’ont pas à payer des dizaines de millions de dollars de leurs taxes parce que le maire sortant cherche des votes un peu partout en cette année électorale. Par respect pour la démocratie, ce projet doit faire l’objet d’une promesse électorale en bonne et due forme. À dix mois des prochaines élections, Jean Martel n’a pas la légitimité nécessaire pour aller de l’avant avec ce projet, et encore moins pour le négocier derrière des portes closes. Si ses propres prévisions s’avèrent fondées (réf. : La Relève, décembre 2012), M. Martel fera face à un ou plusieurs groupes d’opposition aux prochaines élections (ça reste à voir, espérons-le). Le cas échéant, ce sera à chacun de faire sa proposition aux citoyens de Boucherville et de laisser ces derniers décider.

Comme l’a fait valoir – avec raison – Mme Crevier-Bélair, on ne dispose d’aucune analyse professionnelle des besoins ou étude de faisabilité financière qui démontre qu’un soccer intérieur à Boucherville serait un projet viable. Elle a invoqué l’exemple de la Ville de Vaudreuil-Dorion, qui vient de construire un centre sportif. Ce projet a demandé une préparation préalable de cinq ans, dont plus de deux ans consacrés à évaluer la viabilité et la rentabilité d’un soccer intérieur. Conclusion? Moyennant un bassin de 7 500 joueurs de soccer, il a été impossible de conclure à la viabilité financière du projet. Le centre sportif a été construit, mais sans l’ajout d’un soccer intérieur. Boucherville compte 2 500 joueurs de soccer… Et ce n’est pas une pétition signée par des membres du Club de soccer Boucherville (comme on l’annonce dans ladite lettre) qui rendra le projet plus légitime ou plus viable!

Jean Martel démontre encore une fois que la « transparence » n’est rien de plus qu’un mot à la mode, un mot qui sonne bien, un mot qui inspire confiance auprès de certains. Il ne fait aucunement preuve de transparence dans ce dossier, qui prend nettement une trajectoire électoraliste. Et ça sent l’improvisation à plein nez!

Sébastien St-François

Centre multisports : besoin prioritaire ou stratégie électorale?

On apprenait dans La Relève du mercredi 31 octobre que le maire Jean Martel a annoncé « la ferme intention du conseil municipal de construire un centre multisports » (p. B 23).

On dirait que l’épisode Carol Brunet a eu pour effet malheureux de créer chez le maire un besoin soudain qui n’est nullement documenté à ce jour. En effet, le 24 octobre, dans un article signé par la journaliste Martine Veillette de La Seigneurie, la conseillère indépendante Francine Crevier-Bélair réitérait qu’aucune étude professionnelle ne démontrait les besoins d’un tel centre. L’intention est-elle donc celle du conseil municipal ou celle du caucus de Jean Martel? La différence est importante, car le conseil municipal est formé de l’ensemble des élus, tandis que Mme Crevier-Belair ne siège plus au caucus du parti de Jean Martel depuis décembre 2011. Lorsque M. Martel s’exprime au nom du conseil municipal, Mme Crevier-Bélair en fait-elle partie? Au contraire, s’il utilise « conseil municipal » (structure politique administrative) dans le sens de « caucus » (structure politique partisane), il induit les citoyens en erreur.

Je ne comprends pas cet empressement soudain. M. Martel n’a-t-il tiré aucune leçon de son expérience avec Carol Brunet? On dirait que non. C’est soudainement une course contre la montre pour construire un centre multisports, alors que les travaux pour le nouveau centre aquatique (projet sur la table depuis le printemps 2011) ne sont toujours pas commencés.

Paradoxalement, on ne trouve aucune mention d’un centre multisports dans le programme électoral d’Option citoyens-citoyennes (2009). Et on sait à quel point Jean Martel tient à son programme électoral. On a souvent l’impression que c’est ce programme qui gère la Ville tellement il est appliqué à la lettre… Pourtant, en séance d’information publique sur le projet de Carol Brunet, le 13 juin 2012, M. Martel avait affirmé publiquement qu’il avait rencontré beaucoup de gens qui lui avaient fait valoir l’importance d’un centre pour le soccer pendant la campagne électorale de 2009. Et il n’a pas jugé bon de l’inclure dans son programme électoral si c’était aussi important? Quelque chose cloche ici…

Ce même 13 juin, en réponse à la question d’un citoyen, M. Martel s’était dit ouvert à la tenue d’un référendum. Maintenant, il veut se lancer dans un tel projet d’envergure à moins d’un an avant les prochaines élections et se prépare à rencontrer les représentants des six organismes sportifs pour procéder à la création d’un OSBL (organisme sans but lucratif).

Pour ma part, je considère que Jean Martel n’a pas la légitimité nécessaire pour aller de l’avant avec un projet de centre multisports d’ici les prochaines élections. Pourquoi? Parce que ça ne figure nulle part dans la plateforme électorale sur laquelle il s’est fait élire en 2009. Vu l’importance sacrosainte qu’il accorde à ce document, il ne peut en faire fi lorsque ça fait son affaire. La façon démocratique de procéder serait d’inclure un projet de centre multisports dans sa plateforme pour 2013 et de laisser les citoyens trancher la question aux prochaines élections. C’est un projet auquel serait associée une facture de dizaines de millions de dollars!

Par contre, sur le plan électoral, Jean Martel croit probablement qu’il a tout à gagner en fonçant à toute vapeur. Depuis qu’il a été élu, il se comporte comme s’il est en perpétuelle campagne électorale. Il gère à la pièce, accorde aux groupes de pression ce qu’ils veulent, forme des comités citoyens qui lui sont fidèles – ses « sentinelles » –, etc. Imaginez s’il réussissait à plaire à ces six organismes sportifs et à tous les parents qui envoient leurs enfants pratiquer le soccer et d’autres sports représentés. Ce serait un méchant bon coup pour ses élections, mais ce ne serait pas démocratique. Ce serait électoraliste et irresponsable.

Un projet d’une telle envergure doit être soumis au verdict populaire, d’autant plus que les priorités sont multiples à Boucherville et qu’aucune étude indépendante à de jour ne démontre le besoin d’un tel centre. Un centre multisports est un beau concept en soi, mais est-ce LA priorité en ce moment pour autant? À qui revient cette détermination? Au maire seul ou aux citoyens qui paient la note? Selon moi, c’est aux citoyens de décider si nous allons de l’avant avec un tel projet non annoncé aux dernières élections. Et si Jean Martel était battu le 3 novembre 2013? Ce sont les Bouchervillois qui seraient pris avec son engagement hâtif.

Bouchervillois, restons vigilants! Jean Martel n’a pas reçu le mandat en novembre 2009 de faire construire un centre multisports. Veillons à ce que la priorité soit donnée aux intérêts de l’ensemble des citoyens et non à ses intérêts électoraux dans ce dossier, car la facture, c’est à nous tous qu’elle sera refilée!

Sébastien St-François

Manque de prudence? De toute évidence!

Bien que je sois bouche bée, je me console en me disant qu’il est justifié de soulever des questions sur l’ambition et la vision du maire qu’on a élu en novembre 2009 – à la lumière de ses décisions et de certains faits. Or les faits révélés dans un article signé par la journaliste Martine Veillette – intitulé « La Ville ignorait le passé du président de la firme » – dans La Seigneurie de ce mercredi 24 octobre sont troublants…

On y apprend que Carol Brunet, celui qui voulait construire un centre multisports évalué à 27 M$ sur notre territoire (en échange d’une cession de terrain de 35 ans et d’un engagement de location de plateaux sportifs par la Ville pendant au moins 20 ans), avec qui négociait le maire Jean Martel, a un passé professionnel très peu reluisant : radiation de la Chambre des notaires, détournement de fonds, faillite personnelle, non-paiement de factures. Encore plus troublant est le fait que le maire Martel a consacré de nombreux mois à négocier avec ce « promoteur » sans même savoir à qui il avait affaire selon ce que La Seigneurie nous rapporte. Dans l’article de Mme Veillette, la porte-parole de la Ville « affirme qu’elle [la Ville] aurait fait les vérifications nécessaires pour s’assurer de la solvabilité des promoteurs “au moment opportun” ». Et c’était quand le moment opportun, selon Jean Martel? Il était en pourparlers avec Carol Brunet depuis au moins novembre 2011! Quelle perte de temps alors que les réelles priorités ne manquent pas sur notre territoire!

Nonobstant la question de la solvabilité, notre premier magistrat était-il néanmoins prêt à faire affaires avec quelqu’un ayant été radié de son ordre professionnel après avoir plaidé coupable à dix chefs d’accusation et ayant fait une faillite personnelle de 3,1 M$? Pourtant, de tels renseignements (radiation, condamnations, faillite, etc.) relèvent du domaine public et peuvent être obtenus.

Jean Martel ne cesse de clamer la plus grande transparence depuis trois ans. Pourquoi alors a-t-il invoqué, en séance publique le 17 septembre dernier, une histoire d’empreinte au sol ne tenant pas vraiment la route pour expliquer pourquoi la Ville mettait fin à l’entente avec Palais des sports de la Montérégie, entreprise dirigée par Carol Brunet? S’il est vrai qu’il ne savait rien de ce dernier, il a manqué de prudence et de diligence. S’il a appris sur le passé du promoteur et s’est cherché une porte de sortie, il a manqué de jugement et de transparence. Dans un scénario comme dans l’autre, les citoyens ont été manipulés de façon éhontée, car ils ne disposaient pas de toute l’information nécessaire pour se faire une idée éclairée du projet qui leur était soumis!

Tout cela est désolant et mine la confiance du public en ses élus… Si j’avais un conseil à offrir à M. Martel, ce serait d’abandonner son idée de centre multisports le temps de terminer son mandat. S’il y tient tant que cela, qu’il l’inscrive dans son programme électoral et laisse le soin à ses concitoyens de trancher la question le 3 novembre 2013.

Sébastien St-François

PPP…

« Place – Prix – Promoteur », voilà les facteurs qui ont soulevé l’ire de plus d’une centaine de Bouchervillois le 13 juin dernier, lors d’une séance d’information publique organisée par la Ville de Boucherville pour nous présenter un projet de centre multisports piloté par Palais des sports de la Montérégie inc., entreprise privée dirigée par un dénommé Carol Brunet.

Place : Pour faire ériger ce centre multisports sur notre territoire, l’administration Martel était prête à céder par bail emphytéotique un terrain situé en plein parc Vincent d’Indy. En juin dernier, deux scénarios étaient sur la table : un centre de 135 000 pi² (cinq fois le centre multifonctionnel) ou un centre de 85 000 pi² (plus de trois fois le centre multifonctionnel). À la séance publique du conseil municipal de lundi dernier, M. Martel invoquait une empreinte au sol de 109 000 pi². Bref, une énorme empreinte au sol qui aurait eu pour effet d’éliminer le dernier espace vert dans un quartier où la construction est appelée à se densifier au cours des prochaines années. Loin d’être un emplacement « rassembleur » pour un tel projet…

Prix : Nous ne savons pas combien la Ville a déjà dépensé en diverses études, etc. sur le projet de Carol Brunet, mais on sait que la Ville s’était engagée à céder un terrain évalué à des millions de dollars (dont dépendait la rentabilité du projet, aux dires mêmes du promoteur), à payer 2 M$ pour le prolongement de la rue Jean-Deslauriers et à signer un contrat de location de plateaux sportifs à long terme (quelque 750 000 $ par année pendant au moins 20 ans, selon Jean Martel). Mais que serait-il arrivé en cas de défaillance ou d’insolvabilité du promoteur? Pour avoir une idée, parlez-en aux gens de Boisbriand ou de l’arrondissement Saint-Michel

Promoteur : Nous ne connaissions rien de Carol Brunet, qui a avoué en juin dernier n’avoir jamais construit ou géré un centre tel celui qu’il proposait aux Bouchervillois. Cette semaine, La Relève nous apprenait que la Ville a décidé de ne pas reconduire l’entente avec Palais des sports après avoir appris que M. Brunet devait 66 000 $ à des architectes. Et ce n’était peut-être que la pointe de l’iceberg… Heureusement, nous ne le saurons jamais et ne serons pas inutilement exposés à de tels risques.

Maintenant, Jean Martel compte faire mener un sondage pour « prendre le pouls » de la population. Il faut donc en conclure que le projet de centre multisports de Palais des sports de la Montérégie est mort et enterré, mais que le projet d’un centre multisports ne l’est pas pour autant. Comme il est facile de faire dire ce qu’on veut aux résultats d’un sondage, les Bouchervillois préoccupés par ce dossier ont tout intérêt à demeurer vigilants.

D’abord, nous n’avons pas besoin d’un possible éléphant blanc sur notre territoire. Ensuite, de récentes expériences vécues ailleurs nous mettent clairement en garde contre ces promoteurs privés qui visent grand et qui dépendent d’une affluence régionale pour espérer rentabiliser leur PPP. Enfin, il existe un écart entre le besoin exprimé par certains et le besoin réel d’un tel centre à Boucherville.

Sébastien St-François

Un projet ayant suscité des réactions vives et mitigées…

* Pour écouter mon entretien avec Louis-Philippe Guy du FM103,3 sur le sujet, cliquez sur le lien (ça commence à 33:25) : Séance d’information sur le projet de centre multisports

À l’instar d’une centaine de mes concitoyens, j’ai assisté à la séance d’information publique du 13 juin dernier sur le projet de centre multisports que nous proposent le maire Jean Martel et Palais des sports de la Montérégie inc., dirigé par M. Carol Brunet. C’était la première fois que la population se voyait offrir l’occasion de prendre connaissance du projet.

Déjà, l’emplacement proposé pour le projet – en plein parc Vincent-d’Indy – suscite la controverse depuis des mois. À cet égard, nous avons appris à la fin de la séance qu’au moins un autre promoteur avait présenté une offre intéressante à la Ville, soit un emplacement qui correspond mieux aux besoins, qui est plus grand et qui ne présente aucune problématique liée au stationnement ou à la circulation. Or il appert que le maire tarde toujours à donner suite à cette offre. Pour sa part, le promoteur Carol Brunet a affirmé qu’il comptait sur la gratuité du terrain offert par la Ville dans le cadre d’un éventuel bail emphytéotique de 35 ans pour rentabiliser son projet.

Depuis mercredi soir, les dimensions éléphantesques du bâtiment proposé posent aussi problème aux yeux de nombre de citoyens, y compris au soussigné : 130 000 pieds carrés, soit près de cinq fois la superficie du Centre multifonctionnel Francine-Gadbois, situé dans le même parc! Selon le maire, il existerait une autre option, celle-là de 85 000 pieds carrés (ce qui est néanmoins trois fois plus grand que le Centre multifonctionnel), mais elle n’a pas été présentée aux citoyens mercredi soir. Plusieurs citoyens présents ont qualifié ce projet de 130 000 pieds carrés de « démesuré » et d’exagéré par rapport aux besoins véritables des Bouchervillois.

En gros, l’impression qui s’est dégagée de la séance d’information est que le projet demeure embryonnaire et que tout reste à définir. Il n’y aurait eu que peu de progrès depuis la séance extraordinaire tenue à huis clos en janvier dernier, supposément parce qu’il était alors urgent pour le promoteur de déposer sa demande de financement. En juin, nous sommes toujours devant un projet qui baigne dans le plus grand flou…

Quant au promoteur, il a expliqué qu’il évaluait le projet à 27 M$; 92 % de ce montant serait financé par un emprunt contracté sur 25 ans auprès d’un syndicat financier portant intérêt à un taux annuel fixe de 5 % et les 8 % restants seraient financés par Palais des sports et un « partenaire silencieux ». La Ville s’engagerait à louer 28 % du centre, mais bénéficierait de tarifs préférentiels faisant en sorte qu’il ne contribuerait aux revenus projetés qu’à hauteur de 21 %. Cependant, on n’a eu droit à aucune précision quant aux choix des plateaux (soccer ou pétanque, par exemple) ou aux plages d’accessibilité. Aucune certitude n’a été donnée quant à l’identité des autres partenaires (outre le programme Sport-Études) qui devraient aussi signer un bail de location de plateaux à long terme ou au pourcentage respectif payé par chacun de ces partenaires. Palais des sports verserait des taxes municipales et sectorielles (d’environ 500 000 $ et 85 000 $ par an, respectivement, selon le promoteur) à la Ville, ce qui contribuerait à réduire le coût de location net, mais il ne faut surtout pas oublier – comme l’a d’ailleurs fait remarquer un citoyen – que nous versons environ la moitié de nos taxes à l’agglomération de Longueuil chaque année. Il faut donc analyser minutieusement les données de taxation qui nous ont été présentées et ne pas prendre pour acquis qu’elles reflètent la situation réelle.

Dans sa présentation PowerPoint visiblement préparée à la hâte, si l’on se fie à la qualité de la mise en pages et du français, Palais des sports avance plusieurs chiffres sans pourtant les expliquer. Par exemple, contribution nette de la Ville : 8,16 % (8,16 % de quoi?); valeur de la bâtisse dans 35 ans : 50 M$ (on ne sait même pas encore quelle forme définitive prendrait le bâtiment à construire); retour sur investissement pour la Ville : 219 % (calculé comment?); revenus dès la première pleine année d’exploitation (2014) : 4 M$ (aucune information quant à l’année d’atteinte de l’équilibre entre les coûts d’exploitation et les et la première année où des profits réels seront enregistrés). Habituellement, un tel projet est déficitaire pendant les premières années d’exploitation, quelquefois pendant les six ou sept premières années. Il faut donc attendre un certain temps avant que les profits ne soient au rendez-vous. Or le déficit de ces premières années ne semble pas avoir été prévu au budget du projet. Bref, il reste encore beaucoup de flou et les réponses de plus en plus répétitives données par le promoteur manquaient de précision.

Le promoteur planifie ouvrir ce centre multisports à l’automne 2013, ce qui semble peu réaliste à la lumière des doléances exprimées par les citoyens et de ce qu’on y a appris, notamment que l’évaluation des besoins a été menée par le promoteur lui-même (de son propre aveu, fort de ses 3 à 4 années d’expérience [bien qu’il n’ait jamais construit ou géré un tel centre]) en consultation avec des organismes sportifs de Boucherville. Aucune évaluation approfondie ou indépendante, aucune étude d’impact sur une possible dévaluation des propriétés résidentielles situées à proximité, une étude d’impacts sur la circulation dont les résultats manquent de crédibilité (aucun représentant de la firme CIMA+ n’étant présent pour répondre aux questions). Bref, rien pour rassurer les citoyens. À la suggestion d’un citoyen de tenir un référendum sur la question, le maire Jean Martel a dit qu’il allait y réfléchir. La première pelletée de terre semble encore bien loin…

Quant à Jean Martel, il a visiblement passé une soirée difficile. Il y a lieu de souligner son initiative de tenir une séance d’information, mais il ne s’attendait probablement pas à une réaction négative aussi vive de la part d’autant de citoyens. Il a été visiblement irrité par plusieurs questions, dont celles posées par Robert Roussel, qu’il a accusé d’avoir intérêt à ne pas voir le centre multisports s’établir à Boucherville en raison de sa fonction d’ingénieur civil pour la Ville de Saint-Basile-le-Grand. La salle a vivement réagi à cette attaque en règle contre un citoyen-contribuable extrêmement préoccupé par ce qu’on nous propose.

Pour conclure, Jean Martel a enfin expliqué clairement comment il percevait sa fonction de maire. Il a affirmé qu’il était payé pour « rêver à des projets ». Son objectif avoué est de faire de Boucherville un pôle sportif – « pour le sport familial » qu’il a ajouté après l’intervention du président du club de gymnastique. Toutefois, en ce qui concerne les besoins des athlètes en sport-études, il n’a été question que de l’élite et de l’élite internationale. Activités sportives familiales ou récréatives ou activités sportives pour l’élite internationale?

Il serait temps que M. Martel revienne sur terre, qu’il cesse de rêver et qu’il se mette à gérer dans l’intérêt de l’ensemble de tous les Bouchervillois qu’il représente, peu importe les allégeances politiques de chacun. Gérald Tremblay a son éléphant blanc (le stade olympique) et Jean Charest, son Plan Nord; Boucherville n’a besoin ni de l’un ni de l’autre!

Sébastien St-François

Retour sur la séance d’information du 13 juin

Je serai en ondes avec Louis-Philippe Guy du FM103,3, dans le cadre de l’émission Allez debout!, demain, le vendredi 15 juin, de 9 h 30 à 9 h 45 environ. Mon commentaire portera sur la tenue de la séance d’information sur le projet de centre multisports proposé par le promoteur Palais des sports de la Montérégie inc. (dirigé par Carol Brunet) ainsi que sur le projet tel qu’il nous a été présenté. Mes interventions concerneront notamment :

  • Le projet comme tel
  • Le promoteur
  • Le montage financier
  • L’attitude du maire

Je vous invite à être à l’écoute! Ce projet est loin d’avoir fait l’unanimité parmi les citoyens présents et je vous expliquerai pourquoi.

Sébastien St-François