Archives du mot-clé Bloc Québécois

Une réponse qui me sidère!

IMG_20181016_0649410

Depuis qu’il est député fédéral de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, Xavier Barsalou-Duval a l’habitude d’envoyer périodiquement à ses électeurs des dépliants partisans faisant état de ses réalisations et de ses revendications. Bien entendu, ces dépliants sont préparés, imprimés et envoyés aux frais des contribuables.

C’est pratique courante au sein de la députation, tous partis confondus. Ce qui m’irrite profondément dans le cas de M. Barsalou-Duval est que ses textes sont mal écrits, truffés de fautes de français de toutes sortes. C’est un problème dont j’ai saisi son bureau à plusieurs reprises dans le passé. J’ai même offert de mon temps bénévolement au bureau du député, et ce, même si je n’ai jamais voté pour le Bloc Québécois et ne voterai jamais pour le Bloc.

Il y a eu récidive cette semaine. Sans m’être prêté à une révision en profondeur des textes, j’ai néanmoins pris la peine de saisir le député de certaines erreurs et – surtout – de le sensibiliser à nouveau au fait que c’était inacceptable de la part du bureau d’un député fédéral – tous partis confondus…

Sa réponse m’a carrément scié les jambes :

44202289_10217498604556570_7177620964207755264_n.jpg

Je suis diplômé en traduction depuis 1993 et traducteur agréé, membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (l’OTTIAQ) depuis 1993. Je prends très au sérieux la qualité de la langue française et les erreurs que j’ai soulevées dans le pamphlet du député ne sont pas « sujettes à interprétation », elles sont contraires aux règles d’écriture du français!

Je n’ai pas voté pour M. Barsalou-Duval en 2015 et je ne voterai sûrement pas pour lui en 2019. Cependant, au lieu de faire la morale à un électeur dans sa circonscription, il aurait plutôt intérêt à réévaluer les compétences de la personne qui s’occupe de « corriger » ses textes et de s’organiser pour envoyer des textes rédigés dans un français plus qu’acceptable aux électeurs de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères!

Sébastien St-François

Ma boussole électorale virera-t-elle au vert?

imageSource : La Seigneurie

Je suis une personne politisée qui suit l’actualité politique quotidiennement, qui est au courant des enjeux et qui considère que tout électeur admissible a le devoir d’exercer son droit de vote. Je vais donc me rendre dans l’isoloir le 19 octobre prochain, mais je ne me suis jamais senti autant orphelin politique qu’en cette campagne électorale. Habituellement, ma boussole m’indique la voie à suivre assez tôt dans une campagne, mais, cette fois-ci, ce n’est pas le cas. J’en suis à espérer que quelque chose d’« éclairant » se produise au cours des prochains jours pour que je puisse faire un choix avec lequel je pourrai vivre comme électeur par la suite.

J’ai beau faire et refaire le tour de ce que les partis nous proposent, je n’arrive pas à me faire une idée sur l’option qui serait la moins dommageable pour notre pays, même si tout indique que le prochain gouvernement fédéral sera minoritaire, aucun des prétendants n’ayant réussi à se démarquer suffisamment pour décrocher la majorité si convoitée.

Parti conservateur du Canada
J’ai voté pour les conservateurs en 2006 (dégoûté par les libéraux dans la foulée du scandale des commandites) et en 2008. Mais ça fait maintenant presque dix ans que Stephen Harper est en poste. Le pouvoir l’a usé, sa gouvernance est opaque et déconnectée à bien des égards et il est rendu beaucoup trop idéologique pour continuer à diriger le Canada. Au fil des années, il a fait preuve de mépris à l’égard de plusieurs de nos institutions démocratiques qu’il a pourtant le devoir de défendre et a concentré trop de pouvoirs au « PMO » (son bureau). Quand c’est rendu que des décisions dans un dossier humanitaire comme celui de l’accueil de réfugiés syriens se prennent au bureau du premier ministre et sont instrumentalisées à des fins électorales, il y a un problème dans la baraque. Malgré mon penchant conservateur en matière de finances publiques et d’économie, ce parti a besoin d’un nouveau chef pour que je m’y intéresse à nouveau. Un autre mandat comme celui qui se termine, non merci…

Nouveau Parti démocratique
Je n’ai jamais voté NPD, ni même en 2011 – année où la vague orange ayant déferlé sur le Québec a permis au NPD d’accéder à l’opposition officielle pour la première fois de son histoire. Je ne voterai pas pour « Angry Tom » en 2015. Bon nombre de députés néo-démocrates québécois sont demeurés muets comme des carpes au cours des quatre dernières années ou n’ont carrément pas fait leur travail, comme la tristement « célèbre » députée fantôme Sana Hassainia qui a eu la sage idée de tirer sa révérence. Maintenant, on apprend que Tom Mulcair refuserait toute idée de coalition avec le Bloc Québécois, alors que le NPD est devenue l’opposition officielle en 2011 grâce en bonne partie aux nombreux souverainistes qui ont décidé de déserter le Bloc.

Belle façon de mépriser les Québécois à quelques jours du scrutin pour tenter de gagner des votes dans le Canada anglais… Après avoir donné à Stephen Harper un coup de pouce dans les intentions de vote au Québec (dossier du niqab), le voilà maintenant à servir un cadeau sur un plateau d’argent à Gilles Duceppe. Pas sûr que M. Mulcair demeure chef du parti orange passé le 19 octobre. Il semble avoir perdu de vue l’importance du vote québécois pour son parti à la dernière élection fédérale et ça lui coûtera probablement très cher dans quelques jours.

Parti libéral du Canada
La Presse et le Toronto Star ont beau avoir encensé Justin Trudeau, ce dernier n’aura pas mon vote. Oui, il a gagné en maturité et en confiance depuis avoir été élu chef de son parti en 2013, mais je ne pense pas qu’il soit assez mûr pour diriger les destinées du Canada. L’homme de théâtre a su montrer à la population canadienne qu’il est capable d’apprendre ses lignes et combien de fois l’avons-nous entendu affirmer pendant la campagne qu’il a un plan. Mais sa recette n’a rien de novateur : il propose de stimuler l’économie à coups de déficits et de taxer encore plus les « méchants riches ». Le fait que Trudeau a l’appui sans réserve de la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, n’a rien pour inspirer confiance. L’économie ontarienne se porte plutôt mal sous les libéraux de cette province.

Enfin, la position du PLC sur le niqab (oui, un détail, mais un détail qui dérange) ne tient pas la route : Trudeau invoque la défense du droit à la liberté religieuse alors que le niqab n’a rien de religieux. C’est un objet culturel qui symbolise la domination de l’homme sur la femme. Je n’ai pas envie d’un premier ministre qui invoque de faux prétextes pour défendre ce qui est indéfendable aux yeux d’une majorité de Canadiens. Sans mentionner qu’il défend aussi le droit à la citoyenneté de personnes reconnues coupables de terrorisme.

Bloc Québécois
Je ne suis pas souverainiste, je n’ai jamais voté pour le Parti Québécois ou le Bloc Québécois. Qu’est-ce qui pourrait bien me convaincre de voter BQ en 2015, surtout que le « parti de Mario Beaulieu » n’a eu aucune meilleure idée que de recycler son ancien chef, Gilles Duceppe, battu à plate couture dans son fief de Laurier–Sainte-Marie en 2011? Lucien Bouchard avait affirmé que « Notre succès [du Bloc Québécois] se mesurera à la brièveté de notre mandat ». Force est de constater que c’est un échec lamentable plus de 20 ans plus tard. Depuis plusieurs semaines, les sondages accordent deux sièges au Bloc Québécois. Aussi bien disparaître du paysage une fois pour toutes.

Il me reste donc le parti d’Elizabeth May. Aucune chance que les Verts décrochent le pouvoir ou même ma circonscription, où le candidat – Jici Lauzon – est pourtant connu. Il en demeure que je trouve désolant de ne pas être en mesure – à quelques jours du vote et au terme de la plus longue campagne électorale de l’histoire moderne du Canada – d’accorder ma confiance au parti qui souhaite conserver le pouvoir ou à l’un des deux autres qui y aspirent (bien que je pense que les carottes soient cuites pour Mulcair). Par conséquent, si la tendance se maintient, je risque de voter vert pour la première fois de ma vie d’électeur, à défaut d’avoir été convaincu par les trois principales formations fédérales que leur plate-forme est la meilleure pour le Canada.

Sébastien St-François

Deux victoires, une défaite, une montée, un retour et de l’enfantillage

150610_7q7oq_duceppe-beaulieu-couple_sn635Quelle semaine bizarre nous venons de vivre sur la scène politique! Je ne sais pas si le décès de Jacques Parizeau y est pour quelque chose (peut-être tire-t-il des ficelles de Là-haut), mais nous avons été témoins de plusieurs événements des plus étranges.

Commençons par les élections partielles du 8 juin dans les circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon. Bon, Jean-Talon est rouge depuis que la circonscription existe, mais on aurait pu croire que, après le passage d’Yves Bolduc comme député, les électeurs de cette circonscription aient voulu sanctionner le gouvernement, d’autant plus que Philippe Couillard avait choisi Sébastien Proulx, un vire-capot adéquiste converti à la cause libérale, pour y représenter les couleurs du parti. Eh bien, non, M. Proulx a réussi l’exploit réalisé par le transfuge Gaétan Barrette en 2012 et récolté près de 42 % des voix… D’aucuns se demanderaient si un cochon décoré d’une boucle rouge réussirait à se faire élire dans cette circonscription.

Dans Chauveau, ce fut toute une dégelée pour la candidate Jocelyne Cazin et la Coalition Avenir Québec. Gérard Deltell y avait remporté une majorité de plus de 10 000 voix en 2012 et représentait la circonscription depuis 2007. Un autre gain pour les libéraux, et ce, malgré la grogne populaire contre le PLQ et ses politiques dites d’austérité. Certains prétendent que l’actuelle conjoncture politique nous condamne à élire des gouvernements libéraux successifs pendant de longues années. D’autres invoquent un retour à la polarisation du vote entre fédéralistes et indépendantistes (retour prévisible depuis l’entrée en politique de Pierre Karl Péladeau et la sempiternelle tendance des libéraux à faire peur au monde en invoquant la menace référendaire pour gagner leurs élections). Pour ma part, j’éprouve de plus en plus de difficulté à justifier la pertinence de la formation de François Legault à l’Assemblée nationale. Serions-nous condamnés à la dualité politique dans la Belle Province?

D’ailleurs, toujours dans Chauveau, le Parti conservateur du Québec a quadruplé son nombre de votes. En effet, le parti d’Adrien Pouliot, qui se définit « à droite du centre », a progressé de 4 %, alors que la CAQ a perdu 18 % par rapport à la dernière élection générale. Pour de plus en plus d’électeurs, le mythe selon lequel la CAQ est un parti de droite est une fausseté. La CAQ de l’après ADQ est devenu un mélange de n’importe quoi qui tente de plus en plus péniblement de se faire une image auprès de l’électorat québécois et de se tailler une place dans le paysage politique de la province. Pour ma part, incapable de voter pour les péquistes ou les libéraux (je soutiens depuis longtemps que ces deux vieux partis ont fait leur temps), j’ai dû me rabattre sur la Coalition Avenir Québec parce que le PCQ ne présentait pas de candidat dans ma circonscription en septembre 2012 ou en avril 2014. Cependant, je me retrouve de plus en plus dans les idées véhiculées par Adrien Pouliot et de moins en moins dans le méli-mélo que nous sert François Legault. À se fier aux résultats exposés ci-dessus, je suis loin d’être le seul…

Passons maintenant au retour de Gilles Duceppe à la tête du Bloc Québécois, annoncé mercredi dernier. Probablement l’événement politique le plus surprenant de toute la semaine. Celui qui a dirigé la formation souverainiste de 1997 à 2011, année où il a été battu à plate couture, affirme maintenant qu’il veut participer à l’avenir dans un contexte qu’il qualifie de « nouveau cycle politique ». Disons-nous les vraies choses : il est de retour pour tenter de sauver le BQ de la disparition, sur la base d’un sondage (commandé par qui, on ne le sait pas) dont les résultats indiquaient que le parti était quasi condamné à être balayé du paysage politique sous la direction de Mario Beaulieu – un militant admirable et pugnace, pour citer Mathieu Bock-Côté. Il reste à voir si M. Duceppe remportera son pari le 19 octobre prochain. À entendre les vieux arguments qu’il ressort depuis l’annonce pour justifier la pertinence du Bloc en 2015, il a beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail devant lui…

Pour conclure, comment passer sous silence ces policiers de Montréal déguisés en clowns lors des funérailles d’État de M. Parizeau le mardi 9 juin? Je ne sais pas ce que ces « 100 watts » pensaient accomplir en portant leurs costumes loufoques pour cet événement solennel, mais tout ce qu’ils ont réussi à accomplir, c’est démontrer leur manque flagrant de jugement et leur mépris ainsi que ternir une fois de plus le blason de leur métier. D’ailleurs, il serait temps qu’ils en reviennent.

Après le saccage de l’hôtel de ville de Montréal en août 2014, auquel les policiers du SPVM avaient assisté sans intervenir au nom de la sacrosainte « solidarité syndicale », ces syndiqués responsables d’appliquer la loi et de veiller au maintien de l’ordre ont perdu la bataille de l’opinion publique. Le projet de loi 3 sur les régimes de retraite a été adopté en décembre dernier et c’est chose faite. Je ne comprends vraiment pas ce que les policiers du SPVM cherchent à accomplir maintenant, mais ça suffit les costumes de clowns! S’il faut adopter une loi pour mettre fin à cet enfantillage et ce mépris flagrant à l’égard de la population, bien qu’on le fasse au plus vite! Le cirque a assez duré!

Sébastien St-François

Il est grand temps de « dé-Bloc-quer » le Québec

D’entrée de jeu, je tiens à préciser que je n’écris pas la présente en ma qualité de président de l’Association libérale fédérale de Longueuil–Pierre-Boucher, fonction que j’ai d’ailleurs décidé de ne plus occuper après la présente campagne électorale pour des raisons personnelles. J’écris plutôt comme simple citoyen ayant écouté les débats des chefs, en anglais et en français.

La prestation des chefs ne m’a pas impressionné outre mesure. Somme toute, j’ai trouvé les débats plutôt fades et déconnectés de la réalité du Canadien moyen. Stephen Harper a joué au charmeur de serpents, gardant son calme malgré la salve d’attaques de l’opposition, dans l’espoir de convaincre (ou de duper) l’électorat à lui accorder la majorité qu’il veut depuis si longtemps. J’ai déjà voté pour M. Harper, mais cela fait plusieurs années que je ne me reconnais plus dans le prétendu parti conservateur qu’il dirige.

Quant à Gilles Duceppe, il avait l’air fatigué, usé, nerveux et querelleur. Il est visiblement à court d’arguments et son discours ne cadre plus avec les priorités du Québécois moyen. Par ailleurs, nombre de commentateurs de la scène politique ont jugé que ce doyen des débats des chefs avait livré les pires prestations de sa carrière.

M. Duceppe reflète bien le parti qu’il dirige depuis maintenant trop longtemps : un parti usé, à court d’arguments pertinents pour l’électeur moyen et sans relève crédible. Un parti qui persiste à maintenir artificiellement en vie un rêve qui a su mobiliser une génération, celle des boomers. Le fait que les six questions retenues pour le débat en français provenaient de baby-boomers est éloquent. Rien sur l’environnement, rien sur les préoccupations des générations X et suivantes, qui assument déjà et continueront à assumer les coûteuses erreurs des politiciens issus de la génération des baby-boomers pendant encore de nombreuses décennies.

À mon avis, le Bloc Québécois n’a plus rien de positif à contribuer au Québec et fait plutôt entrave à l’évolution de la société (et de la politique) québécoise en nous faisant stagner dans les idées révolues d’une époque passée. Et, pour moi, ce n’est même pas une question de souverainiste vs. nationaliste vs. fédéraliste. Si jamais le Québec accédait un jour à la souveraineté, c’est à Québec et non à Ottawa que cette dernière se ferait.

Prenons l’hypothèse de la réélection du gouvernement Harper le 2 mai prochain. Deux scénarios sont possibles. En cas de réélection d’un gouvernement conservateur minoritaire, M. Duceppe a déjà affirmé qu’il voterait quand même contre le dernier budget Flaherty, malgré les 2,2 milliards promis à Québec. Imaginez le scénario, si le Canada était replongé de sitôt dans une autre campagne électorale! Scénario peu probable, mais théoriquement possible. En cas de réélection d’un gouvernement conservateur majoritaire, Stephen Harper pourra faire la sourde oreille aux revendications du Bloc. D’une façon ou d’une autre, les Québécois en sortiront perdants. Les mêmes scénarios pourraient se présenter advenant l’élection d’un gouvernement libéral.

J’invite donc les électeurs de Longueuil–Pierre-Boucher et de Verchères–Les Patriotes à bien évaluer les enjeux et les scénarios possibles pour l’après 2 mai avant de décider de reconduire les candidats sortants du Bloc à la Chambre des communes. D’autres options se présentent aux électeurs québécois, et il serait temps de les exercer pour se sortir de l’éternelle opposition à Ottawa. Le Bloc est un simple figurant dans ce débat.

Le 2 mai, les Québécois ont la possibilité de « dé-Bloc-quer » le Québec pour qu’il puisse enfin se donner de meilleurs outils pour prendre son avenir en main au lieu de s’accrocher à un éternel débat stérile qui ne nous fait aucunement avancer comme peuple.

Sébastien St-François