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La vérité sur le bilan de la Ville de Boucherville

Dans l’édition du journal La Relève du 22 octobre 2013, le journaliste Daniel Hart écrit un article sur le coût des services municipaux pour la Ville de Boucherville. Cet article donne à penser que notre ville a une très bonne performance! On y donne une série de chiffres dans les différents postes budgétaires des villes. Nulle part on indique où la ville se situe par rapport à des villes de même taille.

Il se sert d’une étude comparative sur les municipalités faite par le Centre sur la productivité et de la prospérité des HEC. Voici ce que les auteurs du rapport disent en préambule :

«À l’heure où les municipalités du Québec se préparent en vue des élections du 3 novembre prochain, le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal dévoile son Palmarès annuel des municipalités du Québec. Par ce classement, nous voulons mettre à la disposition de tous les Québécois un outil qui leur permet non seulement de savoir combien coûtent les services dispensés par leur municipalité, mais aussi de comparer ces dépenses à celles d’autres municipalités de même taille », lance d’entrée de jeu Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal. 

« Il s’agit là d’un effort de démocratisation colossal, car, bien que ces données soient en principe accessibles à tous les Québécois, il faut être vraiment déterminé et avoir une expertise particulière pour en tirer un portrait cohérent », souligne le directeur. En tout, 1 099 municipalités ont été répertoriées, 17 indicateurs de coûts analysés et plus de 100 000 données compilées. L’information se décline de différentes façons : classements par région, par taille de population, par communauté métropolitaine et par agglomération. Résultat : en quelques clics, un citoyen peut désormais trouver combien sa municipalité débourse pour des activités telles que la gestion, le déneigement, la voirie, les services de police et d’incendie, les égouts, la distribution d’eau potable, les déchets et le recyclage. »

Je me suis donc mis à regarder les résultats de Boucherville. Quelle déception! Nous nous classons 586e sur 686 municipalités et 22e sur 23 parmi les municipalités de 25 000 à 49 999 habitants. Surtout décevant, c’est que le coût total des services est de 41 % plus chers que pour les municipalités de même taille!

On se serait attendu que le journaliste fasse preuve de rigueur et nous divulgue non seulement les coûts, mais comment nous nous classons par rapport aux autres. Il aurait aussi pu demander des commentaires au maire.

Il n’y a aucun commentaire du maire! Cela aurait été intéressant puisqu’il vante sa performance et aussi parce que c’était une promesse électorale de l’Équipe Martel en 2009 : «Mise en place et accessibilité d’indicateurs de performance quantifiables pour comparer les services offerts par la ville centre avec ceux offerts par Boucherville» Cette promesse est d’ailleurs reprise dans les promesses de 2013 : «Continuer de mettre en place et de rendre accessibles des indicateurs de performance quantifiables pour comparer les services offerts par la ville avec d’autres villes»

Dans le rapport, on peut voir les chiffres de toutes les municipalités comme Longueuil, Brossard, Varennes. J’ai vérifié les données de Boucherville et je crois que nous devons les faire connaître.

Voici des secteurs où Boucherville performe bien :

Déneigement : 5 224 $ par km de voie comparé à 5 759 $ en moyenne. Rang 9/23

Service incendie : 70 $ par 100 00 RFU (Richesse foncière uniformisée) comparé à 88 $ en moyenne pour des municipalités de notre taille. Mais, ce service est fourni par l’agglomération. Longueuil a un coût de 75 $. Nous attendons toutefois toujours la deuxième caserne. Rang 7/24

Recyclage : 34 $ par habitant soit le même coût que le moyenne. Rang 12/21

Endettement : 2 222 $ par 100 00 RFU comparé à une moyenne de 2 615 $. Rang 11/24

Les secteurs suivants sont pitoyables :

Dépenses : 2 322 $ par habitant comparé à une moyenne de 1 632 $. Rang 22/23.

Voirie : 11 463 $ par kilomètre de voie comparé à 10238 $ en moyenne. Rang 15/23.

Police : 338 $ par habitant alors que les villes de même taille dépenses en moyenne 185 $. C’est vrai que c’est l’agglomération qui fournit le service. Le coût à Longueuil est de 237 $ et pourtant Boucherville n’a même pas un poste de quartier. Et, à part les radars le jour, les services sont moindres qu’ils ne l’étaient avant le loi sur la sécurité publique. Le rang 23/24.

Égouts : 9 767 $ par km alors que le coût moyen est de 6 434 $. À noter que Longueuil ne paie que 5 194 $ au km. Rang 21/23.

Déchets : 114 $ par habitant comparé à une moyenne de 72 $. Même Longueuil ne paie que 73 $ et Varennes 61 $. Rang 24/24.

Je pense que nous avons droit à une information complète sur des sujets aussi importants. Il serait incorrect de nous faire croire que nous avons une bonne performance quand nous avons un tel positionnement par rapport aux autres municipalités de même groupe.

Raymond Medza

L’heure du bilan a sonné : l’autre côté de la médaille

Il faut donner à l’équipe de Jean Martel ce qui lui revient : elle met à jour son site de campagne à une fréquence assez soutenue. Bon, il n’en demeure qu’on vend une image, on tente de surfer sur la « vague de 2009 », mais voilà qu’on nous présente le bilan des quatre dernières années, bien entendu selon l’angle qu’on veut bien donner à ce bilan.

Bilan Martel

Encore une fois, la question se pose. Pourquoi un maire sortant si fier de son bilan a-t-il refusé l’invitation à un débat qui lui aurait donné l’occasion de défendre ce bilan devant des citoyens dont il sollicite la confiance pour un deuxième mandat? Peu importe, voici mes commentaires en rafale sur certains éléments de ce bilan, réalisé « avec votre participation » selon le maire sortant :

  • « Réduction de la dette de 120 M$ à 102 M$ » : Il est facile de réduire une dette si on n’investit pas comme on devrait en infrastructure, si on n’ouvre plus de rues pour de nouveaux développements et si on paie moult projets en puisant dans les surplus qui ne cessent de gonfler depuis quelques années pour atteindre des proportions indécentes…
  • « Gel de la taxation résidentielle en 2013 » : Après plusieurs années de hausses injustifiées à la lumière des surplus dégagés par la Ville. Gel purement électoraliste en 2013, et on nous promet un autre gel en 2014 à des fins de réélection…
  • « Augmentation des surplus budgétaires sans coupures de services » : Heu, il aurait été indécent de couper dans les services compte tenu des surplus astronomiques dégagés et, de toute évidence, cette équipe ne comprend pas qu’une ville, ce n’est pas une entreprise privée. Dégager des surplus d’une telle hauteur, ce n’est pas un signe de bonne gestion; c’est un signe de taxation excessive…
  • « Augmentation du nombre de femmes au conseil » : Oui, et puis? Personnellement, je trouve cet argument très dépassé. Il y a des hommes compétents et il y a des femmes compétentes. Le sexe d’une personne ne doit pas avoir préséance sur sa compétence…
  • « Plus de 500 M$ d’investissement dans le parc industriel » : Des investissements privés… En quoi le conseil municipal a-t-il joué un rôle là-dedans? La Ville a-t-elle octroyé plus de 500 M$ en subventions au cours des quatre dernières années? Le cas échéant, c’est la première fois que j’en entends parler…
  • « Plus de 10 comités de citoyens » : Dont les membres sont triés sur le volet et partagent l’idéologie de l’équipe au pouvoir… Des citoyens du district 2, sans représentation réelle au conseil depuis l’expulsion de Francine Crevier Bélair, avaient proposé un comité de citoyens, mais il n’a jamais vu le jour. Il y a une grande ingérence politique dans les comités de citoyens sous Jean Martel…
  • « Développement urbain moins rapide » : Plutôt, paralysé, et la Ville (nous) fait face à deux poursuites à l’heure actuelle… Si on se fie aux échecs lamentables qu’a essuyés la Ville devant les tribunaux dans plusieurs dossiers récents, ça n’augure pas bien pour ces deux poursuites dont nous ferons les frais…
  • Agrandissement du cercle social Pierre-Boucher » : On a investi 2,3 M$+ dans une bâtisse évaluée à environ dix fois moins. Et le problème de stationnement demeure entier…
  • Aménagement d’un café-centre d’art dans le vieux-village » : La facture dépasse maintenant les 6 M$, et c’est loin d’être terminé… En effet, Jean Martel a décidé de porter en appel la décision du TAQ concernant l’expropriation, encore une fois à nos frais. À la lecture de la décision du TAQ dans ce dossier, tout me laisse croire que la Ville se fera débouter une fois de plus, et la facture du café-centre d’art continuera à grimper, comme je mentionnais sur ce blogue le 5 octobre dernier… Selon une nouvelle publiée sur le blogue de campagne de Francine Crevier Bélair hier soir, la Ville aurait été déboutée en Cour d’appel le 6 septembre dernier.
  • « Acquisition du terrain de la Saulaie et du jardin collectif » : Une évaluation indépendante établissait la valeur du terrain de La Saulaie à environ 1,3 M$ au moment de son achat par la Ville, qui a payé la rondelette somme de 2,3 M$ pour l’acquérir…
  • « Développement du réseau cyclable à travers la ville » : Je n’ai pas constaté de réel développement au cours des quatre dernières années, mais j’ai constaté que la qualité du revêtement se détériorait à plus d’un endroit cependant…
  • « Construction du club d’aviron… » : Le travail à cet égard avait été initié en majeure partie par le conseil précédent (2005-2009)…

Quant au texte dans les pastilles :

  • Une équipe à votre écoute… Si vous avez voté pour elle.
  • Une équipe à votre service… Si vous avez voté pour elle.
  • Une équipe près de vous… Si vous êtes de son bord.
  • Une équipe chaleureuse et accessible… Peut-être, si vous êtes de son bord. Par contre, si vous êtes de ceux qui osent manifester légitimement votre opposition ou contester des décisions avec lesquelles vous êtes fondamentalement en désaccord, vous aurez plutôt droit à une attitude méprisante.

Concitoyens bouchervillois, à l’approche du jour J, allez au-delà de ce que les partis politiques veulent vous faire croire. Informez-vous et faites-vous votre propre idée. Et, surtout, allez voter le 27 octobre (vote par anticipation) ou le 3 novembre!

Sébastien St-François

Bilan de l’année 2010

En cette fin d’année 2010, le moment est venu de dresser un bilan des douze derniers mois. Voici donc quelques-unes des décisions de l’Équipe Martel qui ont marqué 2010 :

  • Promesse d’une taxation limitée et responsable : La Ville a imposé une hausse moyenne de 3,94 % en 2010 et dégagé un surplus d’environ 2,8 M$. Je n’ai rien contre les surplus, que je préfère de loin aux déficits. Cependant, à quoi ce surplus sera-t-il affecté? Ce surplus ayant été constitué à même les taxes payées par l’ensemble des contribuables, il serait donc normal de s’attendre à ce qu’il soit affecté de sorte à bénéficier à tous les contribuables (à une réduction de la dette, par exemple). À suivre le 14 décembre…
  • Rue Pierre-Boucher : La Ville a modifié les règles en commençant par la rue qu’habite une conseillère municipale, en l’occurrence Mme Francine Crevier-Bélair. On se rappellera que cette dernière en avait fait son cheval de bataille électorale. En conséquence, les résidents des anciennes rues n’auront plus à payer pour une infrastructure qu’ils n’ont jamais payée dans le passé (une conduite pluviale), alors que cette même infrastructure est facturée aux résidents des nouvelles rues…
  • Promotion du Vieux-Boucherville : La Ville fait la promotion des commerçants du Vieux-Village semaine après semaine, à raison de deux pleines pages. Et les autres commerçants, eux? Il est à se demander si la voie ferrée délimite maintenant le territoire de Boucherville. Pourtant, M. Martel n’a pas été élu maire du Vieux-Boucherville, mais de Boucherville…
  • Centre multifonctionnel Francine-Gadbois : Jean Martel a pris la décision de renommer le Centre multifonctionnel pour rendre hommage à Mme Gadbois. Cette décision, prise aussi tôt après le départ à la retraite de la mairesse, était déjà controversée parce qu’elle dérogeait à la tradition, qui veut qu’on nomme une infrastructure en l’hommage de quelqu’un après son décès. Cependant, nonobstant la tradition, M. Martel aurait dû avoir la délicatesse d’en informer les administrateurs du centre au préalable, ce qu’il n’a pas fait…
  • Achat d’une terre agricole : De loin, un des dossiers les plus controversés de l’année. Ce terrain a été payé beaucoup trop cher et la Ville deviendra ainsi le plus grand pollueur de Boucherville par l’épandage de pesticides et de produits chimiques sur cette terre. De plus, une partie de ladite terre se trouve dans la municipalité voisine de Varennes! Depuis quand une municipalité a-t-elle pour mandat de spéculer sur des terrains situés à l’extérieur des limites de son territoire?
  • Consultation budgétaire : Une initiative fort intéressante, mais ayant connu un taux de participation anémique. Mais encore, le conseiller Dominic Lévesque a affirmé que les projets soumis devaient s’inscrire dans les priorités électorales. C’est un autre exemple éloquent de la fermeture de l’Équipe Martel aux priorités et aux opinions légitimes des 50,21 % qui n’ont pas appuyé ces priorités électorales.
  • Litige potentiel entre la Ville et les Entreprises Argo : Les élus semblent prêts à plonger les contribuables dans un imbroglio juridique sur la base d’un programme électoral qui n’existait pas au moment où une entente de bonne foi a été conclue légalement entre l’administration précédente et le promoteur. Aussi, la version des faits du promoteur (La Relève, 1er décembre 2010) diffère considérablement de la version des faits relatée dans le communiqué de presse de la Ville (16 novembre 2010). Qui dit vrai et qui dit faux?

Pour 2011, il est à souhaiter que l’Équipe Martel apporte des changements à son modèle de gouvernance axé presque exclusivement sur le programme électoral de son parti politique et gère Boucherville dans l’intérêt général, et non partisan, des citoyens. Bien que M. Martel ait obtenu un pourcentage suffisamment élevé des suffrages exprimés pour être légitimement élu au poste qu’il occupe, il n’a pas reçu le mandat de gérer la Ville uniquement en fonction du programme de son parti politique. Il doit gérer Boucherville dans l’intérêt de la majorité des Bouchervillois.

Sébastien St-François