Archives du mot-clé Benoit Dutrizac

Le PLQ a-t-il fini par avoir raison de Benoit Dutrizac?

8bfac099-61c4-4265-81f5-7d4cf72a2096_ORIGINALPhoto prise du Journal de Montréal

J’écoute le 98,5 FM depuis les débuts de la station, en 2004, et Benoit Dutrizac faisait partie de mon quotidien les jours de semaine à partir du moment où il a remplacé Gilles Proulx au micro en août 2008. Lorsqu’on travaille en solo toute la journée devant un ordinateur comme je le fais en ma qualité de traducteur agréé en pratique privée, les animateurs de la radio parlée deviennent en quelque sorte des « collègues de travail ». En effet, Arcand, Maréchal, Dutrizac et Houde ainsi que leurs collaborateurs et leurs invités m’accompagnent pendant mes nombreuses heures passées au clavier jour après jour depuis des années. Lire la suite

Rapport dévastateur sur l’agglomération de Longueuil

planSource : Site de l’Agglomération de Longueuil

Lundi, La Presse+ a publié un article portant sur l’analyse par Robert Gagné des HEC Montréal de l’agglomération de Longueuil, créée en 2006 (il y a dix ans) par le gouvernement Charest dans la foulée du mouvement défusionniste… Un rapport dévastateur : partage des dépenses inéquitable, pouvoirs trop centralisés à la ville centre, manque de transparence, états financiers opaques et incompréhensibles – tout y passe. Lire la suite

Intimidation et justice à deux vitesses?

Après Bolduc, Barrette?

Gaetan Barrette
C’est la parole de l’un contre la parole des autres. Bien avant qu’il ait été élu et siège à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé s’est bâti une réputation de véritable bouldozeur que personne ni rien n’arrête. Il vient manifestement de connaître sa première pierre d’achoppement politique dans le dossier du CHUM.

M. Barrette a beau invoquer des « chicanes de docteurs » pour expliquer la démission du directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Jacques Turgeon, (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/03/05/003-demission-chum.shtml), suivie de celle du président du conseil d’administration, Jean-Claude Deschênes, (http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/06/voyez-la-lettre-de-demission-du-president-du-ca-du-chum_n_6817662.html), sur le plan politique, ça sent très mauvais. Ni M. Turgeon (http://www.985fm.ca/lecteur/audio/jacques-turgeon-directeur-general-demissionnaire-262317.mp3) ni M. Deschênes (http://www.985fm.ca/lecteur/audio/le-president-du-ca-du-chum-demissionne-a-son-tour.-262405.mp3) ne se sont gênés pour dénoncer sur les ondes de Paul Arcand et de Benoit Dutrizac respectivement l’intimidation et l’ingérence politique du Dr Barrette ayant mené à leur décision de claquer la porte – sans réclamer d’indemnité de départ au passage, ce qui à ajoute à leur crédibilité selon moi.

M. Barrette a beau invoquer des « chicanes de docteurs » pour expliquer la démission du directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Jacques Turgeon, suivie de celle du président du conseil d’administration, Jean-Claude Deschênes, sur le plan politique, ça sent très mauvais. Ni M. Turgeon ni M. Deschênes ne se sont gênés pour dénoncer sur les ondes de Paul Arcand et de Benoit Dutrizac respectivement l’intimidation et l’ingérence politique du Dr Barrette ayant mené à leur décision de claquer la porte – sans réclamer d’indemnité de départ au passage, ce qui à ajoute à leur crédibilité selon moi.

Les deux démissionnaires comptent de longs états de service au sein du réseau de la santé et sont reconnus pour leur intégrité inébranlable. Par ailleurs, Gaétan Barrette sème la zizanie dans le réseau depuis son entrée en politique active, ses projets de loi ont été décriés par moult acteurs du réseau et il a la réputation bien ancrée de quelqu’un qui ne fait pas dans la dentelle. Personnellement, j’ai plus tendance à croire la version des démissionnaires – qui n’avaient rien à gagner et tout à perdre en démissionnant – que celle du ministre, qui marche maintenant sur des œufs, qui cherchait à reconduire un ami (le Dr Patrick Harris) dans ses fonctions et dont le dossier représente une première prise contre lui sur le plan politique… Comme il fallait s’y attendre, les partis d’opposition ont réclamé la démission du ministre Barrette.

Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que son ministre de la Santé avait toute sa confiance et que c’est la personne dont le Québec avait besoin pour remettre le réseau de la santé au travail au bénéfice des patients. Mais encore, Philippe Couillard n’avait-il pas réitéré sa confiance à l’égard de son ancien ministre de l’Éducation et « ami », Yves Bolduc, à plusieurs reprises avant que la situation ne devienne intolérable et que M. Bolduc ne cède à une pression politique devenue insoutenable?

Rappelons que les libéraux, alors dans l’opposition, avaient réclamé la démission du ministre de l’Environnement, Daniel Breton, pour ingérence dans le fonctionnement du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE).

Le TAQ dort-il au gaz?

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C’est passé un peu sous le radar la semaine dernière, mais la nouvelle demeure néanmoins inquiétante. En effet, on apprenait que l’ex-présidente du Tribunal administratif du Québec (TAQ), Hélène de Kovachich, pourra reprendre ses fonctions d’ici quelques semaines sans pour autant avoir à rembourser un traître sou des quelque 213 500 $ qu’elle a dépensé en fonds publics dans un litige privé l’opposant à son ex-mari.

Patrice Garant, professeur associé à la Faculté de droit de l’Université Laval et véritable sommité en matière de droit administratif, est catégorique : cette affaire entache gravement la crédibilité du TAQ, le plus important tribunal administratif au Québec. Mme de Kovachich avait fait l’objet d’un blâme du vérificateur général du Québec et avait été suspendue sans solde pour une période de six mois. Avouons que ce n’est pas tous les jours qu’un membre de la magistrature écope d’une telle sanction au Québec. Au contraire, c’est plutôt exceptionnel.

Manifestement, Mme de Kovachich s’est placée en situation de conflit d’intérêts, ce qu’avait d’ailleurs conclu le Conseil de la justice administrative avant de recommander sa suspension à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. La justice serait impitoyable envers quiconque parmi nous utiliserait illégitimement des fonds publics à de telles fins personnelles. Déjà que le système de justice au Québec n’a pas très bonne réputation, cette affaire qui sent le poisson pourri à plein nez n’a rien pour donner ou redonner confiance aux justiciables de notre société…

Mme de Kovachich est l’actuelle conjointe de l’ex-premier ministre Pierre-Marc Johnson, 20e au Palmarès du pouvoir : les 25 qui dirigent le Québec et conseiller informel du premier ministre actuel.

Sébastien St-François

Avant de pouvoir continuer, il faut d’abord commencer…

actualites_-_sympatico_-_ca_1300_732_50_s_c1_center_center_0_0_1Après la multiplication d’annonces de décisions se soldant par d’importantes ponctions que subiront les Québécois en 2015, le taux des « très insatisfaits » à l’égard du gouvernement Couillard atteint maintenant 30 %, selon le dernier sondage Léger-Le Devoir. Ce pourcentage n’a cessé d’augmenter au cours de l’automne qui se termine.

C’est un fait bien documenté : les gouvernements imposent toujours leurs mesures les plus susceptibles de susciter la grogne populaire en début de mandat. L’électorat ayant tendance à avoir la mémoire courte, nos dirigeants politiques se disent que le bon peuple a le temps d’oublier avant qu’il ne soit convoqué de nouveau aux urnes. Et, dans la pratique, ils ont raison la plupart du temps…

Vendredi dernier, l’animateur Benoit Dutrizac s’est entretenu avec Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor. M. Coiteux nous assure que les efforts se poursuivront en 2015 pour ce qui est des nombreux autres dossiers problématiques sur le plan des finances publiques. J’aimerais bien pouvoir le croire. Malgré ma méfiance par rapport aux libéraux lorsqu’il est question de finances publiques, s’il y a un membre de ce gouvernement qui tient un discours relativement cohérent depuis son entrée sur la scène politique, c’est bien M. Coiteux. Il tenait le même discours lorsqu’il était professeur aux HEC.

Il reste à voir ce que le gouvernement libéral nous annoncera en 2015. Cependant, à ce jour, le constat est le suivant : le gouvernement libéral provincial aura alourdi le fardeau fiscal du Québécois moyen et récupéré la totalité des mesures d’allègement annoncées plus tôt cet automne par le gouvernement fédéral. Au net, les Québécois figureront parmi les seuls Canadiens à ne bénéficier aucunement des « cadeaux électoralistes » de Stephen Harper.

Pendant ce temps, le premier ministre Philippe Couillard tient à nous rassurer : « La population du Québec va continuer à s’enrichir ». Euh? Est-ce que j’en ai manqué un bout? Pour continuer à s’enrichir, il faudrait que le Québec commence d’abord par s’enrichir… Mais c’est loin d’être le cas; au contraire, le Québec et les Québécois s’appauvrissent. En effet, on apprenait récemment que le pouvoir d’achat des Québécois avait enregistré son premier recul depuis 1996. Sur le plan collectif, la province de Québec (la neuvième province la moins riche sur dix, devant l’Île-du-Prince-Édouard) recevra la somme record de 9,5 milliards de dollars en péréquation du gouvernement fédéral en 2015-2016.

Par conséquent, avant même d’essayer de nous faire croire que nous sommes en mesure de continuer à nous enrichir, le premier ministre devrait plutôt faire preuve d’une bonne dose de réalisme. La pléthore de mesures annoncées au cours de l’automne ne vise qu’à permettre à la province d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016. C’est tout… Le gouvernement n’a toujours rien fait pour s’attaquer, par exemple, à la dette – dette qui dépasse les 270 G$ et augmente de 25 M$ par jour selon le Compteur de la dette québécoise. Voilà un problème récurrent de taille que nous devons en bonne partie à Jean Charest, le prédécesseur libéral de Philippe Couillard. Que fera le gouvernement à cet égard? Puiser encore et encore dans les poches du contribuable, qui n’en a plus à donner sans mettre en péril son propre équilibre budgétaire?

Malgré les assurances que le premier ministre veut bien nous donner en cette fin d’année, force est de constater que le Québec est encore très loin de redevenir une province prospère et que les générations futures payeront encore très longtemps les abus des dernières décennies. C’est la triste réalité de ce qu’est devenu le Québec au fil des gouvernements péquistes et libéraux s’étant succédés depuis la Révolution tranquille.

Malgré toute cette morosité dans laquelle baigne le Québec, c’est aussi le moment des réjouissances dans la Belle Province, alors souhaitons-nous de joyeuses fêtes! Profitons-en pour décrocher un peu, car la réalité nous rattrapera et reprendra l’avant-scène assez vite au retour du traditionnel congé de fin d’année. Souhaitons-nous une année 2015 moins austère et plus optimiste que fut 2014!

Sébastien St-François

« Dérangez-moi pas! »

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La table est mise… Dans la foulée des congédiements et des suspensions prétendument injustifiés – dont celle de nul autre que Ronald Martin, le chef syndical des pompiers de Montréal – après le saccage de l’hôtel de ville de Montréal le 18 août dernier et devant l’intransigeance du gouvernement de Philippe Couillard, le porte-parole de la Coalition pour la libre négociation syndicale, Marc Ranger, nous promet maintenant un « grand dérangement ».

D’affirmer M. Ranger : « On va s’assurer qu’il y ait [sic!] de la discipline dans nos actions, mais on appelle ça un grand dérangement. Oui, ça va déranger. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. » Je dirais ceci à M. Ranger : Vous marchez sur des œufs, cher monsieur… Déjà le public payeur n’est pas très sympathique à la cause des syndiqués municipaux. Bien des femmes et des hommes se lèvent chaque matin pour se rendre travailler sans bénéficier des conditions de travail dorées et blindées des employés municipaux. Ces femmes et ces hommes subissent les soubresauts des marchés financiers et observent avec impuissance le pécule qu’ils tentent de se constituer en vue de leur retraite encaisser des pertes plus ou moins lourdes. Ces investisseurs ont dû attendre des années avant que leur portefeuille ne se rétablisse des pertes subies lors du krach de 2008. On venait à peine de sortir du rouge et de commencer à connaître des rendements plus favorables que le cycle boursier nous replonge dans la voie de la croissance négative.

En effet, les marchés boursiers sont malmenés depuis des semaines, notamment en raison de l’anxiété à l’égard de l’économie mondiale. Tant à New York qu’à Toronto et ailleurs sur la planète, les indices ont reculé au cours des dernières semaines. Les marchés sont très volatils. J’ai moi-même communiqué avec mes gestionnaires de placements au cours des derniers jours pour connaître l’état de mon propre portefeuille. On m’indique que « nous ne sommes pas négatifs par rapport à janvier 2014 ». C’est bien beau, mais mon objectif en me constituant mon propre fonds de retraite (statut de travailleur autonome oblige) est de voir l’argent que j’y place « faire des petits ». Faire du surplace ou reculer, ce n’est pas très rassurant pour l’avenir. Mais ainsi vont les marchés boursiers…

Nous avons ensuite les employés municipaux – à qui tout serait dû – qui refusent obstinément d’être soumis aux mêmes règles. Ils tiennent mordicus à leurs avantages indécents que nous n’avons plus les moyens collectifs de leur payer. Devant leur impuissance à faire plier le gouvernement jusqu’à maintenant, ils menacent donc de « déranger » celles et ceux qui financent – contre leur gré – les conditions dorées dont ils jouissent depuis des années. Pas sûr que ce soit une stratégie gagnante… M. Ranger, j’ai un message clair à vous transmettre : « Dérangez-moi pas! » Je suis trop occupé à travailler et à payer toutes sortes de taxes et d’impôts pour financer entre autres vos jobs et vos régimes de retraite. Je n’ai ni le temps ni l’envie de me faire entraver par votre « grand dérangement ». Vos œufs, cassez-les entre vous et foutez la paix à la population et – surtout – aux contribuables qui vous ont été très généreux pendant très longtemps! Vous n’avez aucun droit de nous prendre en otage!

Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale…

C’est le silence radio. Rien sur les mesures que le gouvernement compte prendre pour assainir d’autres régimes de retraite qui relèvent directement de Québec et qui sont drôlement plus déficitaires que ceux des municipalités visés par le projet de loi 3 : la Sûreté du Québec, les juges (Cour du Québec et cours municipales) et les membres de l’Assemblée nationale eux-mêmes. Au total, les régimes de retraite administrés par Québec sont déficitaires de quelque 77 milliards de dollars (l’équivalent du tiers de la dette québécoise).

Le 2 octobre dernier, en réponse à une question de Benoit Dutrizac du 985FM, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a lancé la balle dans le camp de Jacques Chagnon. Jacques Chagnon, président de l’Assemblée nationale et député de Westmount, qui y sera réélu jusqu’à sa mort ou jusqu’à ce qu’il tire sa révérence de la vie politique, ne bouge pas d’un iota et refuse même de s’expliquer publiquement. Un grand démocrate, quoi!

On peut bien ne pas être sympathique à la cause de Marc Ranger et de sa bande, mais on peut certainement comprendre leur frustration quand nul autre que le président de l’Assemblée nationale se cache derrière le Bureau de l’Assemblée nationale, qui siège à huis clos, et refuse jusqu’à maintenant de donner l’exemple en assainissant ses propres régimes de retraite déficitaires de près de 200 millions de dollars pour 532 cotisants. Comme dirait l’autre, c’est pas fort!

Sébastien St-François

N’importez pas le modèle français, M. Poëti

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Bien avant que Robert Poëti ne fasse le saut en politique, j’écoutais religieusement ses chroniques chaque jeudi après-midi pendant l’émission animée par Benoit Dutrizac sur les ondes du 98,5 FM Montréal. Combien de fois je l’ai alors entendu vilipender les radars photo mis en place par le gouvernement Charest et qualifier ces appareils de « trappes à tickets ». Maintenant ministre dans un gouvernement libéral, il ne tient plus le même discours et je trouve cela fort préoccupant comme Québécois qui se désole de voir la société dans laquelle il vit de plus en plus régie par des lois répressives de toutes sortes.

Sous le gouvernement libéral de Jean Charest, rappelons-nous que les automobilistes sont passés à la caisse à plus d’une reprise. Outre la mise en place des premiers photos radar, les taxes sur l’essence ont bondi, le coût du permis de conduire a doublé et les taxes sur l’immatriculation des véhicules ont augmenté considérablement. Les Québécois paient cher le « privilège » de conduire un véhicule automobile. Et les Québécois ne sont pas dupes. Ils savent fort bien que l’État cherche désespérément de l’argent pour boucler son budget et que leurs élus provinciaux ont tendance à s’attaquer à des cibles qu’ils jugent – et qui s’avèrent – faciles : les fumeurs, les consommateurs d’alcool et les automobilistes.

Le lundi 28 juillet dernier, M. Poëti a accordé une entrevue à Louis Lacroix au cours de laquelle il a ouvert la porte à plusieurs possibilités – au nom de la sécurité routière, il va sans dire : ajout de nouveaux radars photo, limites de vitesse variables, radars dits tronçons… Ça commence à ressembler drôlement au modèle français, ce qu’il envisage pour nos routes.

À ce sujet, je vous invite à écouter cet entretien (diffusé le mardi 29 juillet dernier) entre l’animateur Guy Simard et Jean-Pierre Théodore, rédacteur en chef de Motomag.com. M. Théodore y dresse le bilan français de l’expérience des radars – du point de vue des usagers de la route. Le constat est accablant : les Français en ont marre, car ils savent fort bien que le but visé par la prolifération des radars sur leurs routes au cours des dernières années est le renflouement des coffres de l’État. Ça n’a absolument rien à voir avec la sacro-sainte sécurité routière ou la quête d’un utopique bilan zéro. L’État français a soif d’argent et a jeté son dévolu sur une proie facile…

Ici, au Québec, nous avons notre ayatollah de la sécurité routière en la personne de Jean-Marie De Koninck, président de la Table québécoise de la sécurité routière depuis décembre 2005. Cet homme – grand mathématicien et vulgarisateur connu – fait la pluie et le beau temps en matière de sécurité routière depuis qu’il préside la Table. Il a eu l’oreille de tous les ministres des Transports qui se sont succédé au cours de la dernière décennie. Le problème est qu’il n’est pas élu, mais se comporte comme s’il l’était. Lise Thibault se prenait vraisemblablement pour la Reine d’Angleterre lorsqu’elle occupait la fonction de lieutenant-gouverneur; depuis trop d’années maintenant, M. De Koninck agit comme s’il était ministre des Transports dans un État totalitaire et répressif à souhait.

M. De Koninck a son lot de détracteurs, dont le chroniqueur automobile Philippe Laguë, qui ne lui reconnaît aucune compétence véritable en matière de sécurité routière. De plus, M. Laguë soutient que nous nous dirigeons tout droit vers un État policier sur nos routes, où les agents de la paix deviennent de vulgaires percepteurs de taxes mandatés par l’État pour renflouer les coffres. C’est d’ailleurs un secret de polichinelle que les policiers ont des quotas de contraventions à respecter. C’est peu surprenant quand on sait que M. De Koninck prône une répression accrue et un resserrement constant des lois auprès des autorités gouvernementales depuis des années et que le législateur l’écoute assidument.

M. Poëti, vos récents propos me donnent l’impression que l’État québécois souhaite suivre l’exemple de la France en procédant à l’installation d’un nombre grandissant de radars photo fixes, mobiles et « tronçons » un peu partout pour ainsi « automatiser » la répression. Le bilan français est pourtant loin d’être reluisant, et le gouvernement dont vous faites partie aurait tout intérêt à en prendre acte. D’ailleurs, il n’en était aucunement question dans la plate-forme que votre parti a présentée à la population au cours de la dernière campagne électorale.

Oui, il y a lieu de réprimer les actes criminels commis au volant d’une automobile; oui, les grands excès de vitesse doivent être sanctionnés de façon dissuasive; oui, il faut punir les pratiques dangereuses comme le car surfing et autres. Mais la sécurité routière et la quête d’un utopique bilan zéro ne doivent pas servir de prétextes à l’atteinte d’un objectif bien pécuniaire, celui de percevoir un « impôt routier volontaire » pour emprunter l’expression utilisée par M. Théodore pour qualifier la situation en France.

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À force de vouloir réprimer un peuple, on risque de provoquer une révolte. Bien que les Québécois soient reconnus pour leur docilité et leur défaitisme à quelques rares exceptions près (pensons notamment au « Printemps érable » ayant eu raison du gouvernement Charest), une majorité d’automobilistes québécois ne veulent pas d’un État policier sur leurs routes. Ils savent fort bien quel serait le réel objectif d’une éventuelle multiplication des cinémomètres sur le territoire…

M. Poëti, vous avez travaillé pour la Sûreté du Québec pendant 28 ans. Lorsque vous commentiez publiquement la sécurité routière avant de devenir politicien, vous teniez un discours généralement terre-à-terre et équilibré. Depuis que vous êtes ministre des Transports, j’ai l’impression que vous préparez le terrain à livrer une commande de votre patron : faire entrer encore plus d’argent dans les coffres de l’État. Je crains que le Québec devienne à nouveau une « Nouvelle-France », cette fois au nom du culte de la sécurité routière que Jean-Marie De Koninck a réussi à instaurer au sein de l’appareil gouvernemental.

L’expérience française est un échec à plus d’un égard; notamment, des automobilistes qui sont continuellement sur le qui-vive ne contribuent pas à améliorer le bilan routier. Au contraire… Si votre objectif est véritablement d’améliorer la sécurité sur nos routes, de grâce, n’empruntez pas le modèle de nos cousins français. Un cinémomètre n’est pas capable de discernement; il sanctionne aveuglément et son but est de faire entrer de l’argent.

Les automobilistes québécois surtaxés paient déjà trop en échange du « privilège » de rouler sur des routes pleines de trous et de naviguer entre des cônes oranges à perte de vue. Veiller à la sécurité routière est une chose; automatiser la répression pour des motifs budgétaires en est une autre, et les automobilistes québécois n’en veulent pas!

Sébastien St-François

* Copie de ce texte a été acheminée au bureau du ministre Poëti : ministre@mtq.gouv.qc.ca

PLQ, non merci!

Le PLQ n’est pas digne de former le gouvernement tant que la lumière n’aura pas été faite et que le ménage n’aura pas été fait au sein du Parti libéral du Québec. Les électeurs ont le droit de savoir AVANT de voter, à moins que le Québec ne soit rendu une république de bananes!

Les secrets et les complots (Isabelle Richer)

Documents de l’UPAC sur le PLQ : Pas de publication avant l’élection

Entrevue d’Alain Gravel et de Kathleen Lévesque avec Benoit Dutrizac

Un parti qui a tout fait pour vous cacher la vérité aux électeurs jusqu’à après les élections et sur lequel pèse de lourds soupçons de corruption et de collusion ainsi que de multiples perquisitions de l’UPAC mérite-t-il votre confiance et mérite-t-il de gouverner le Québec?

Sébastien St-François

 

 

Cassé comme un clou…

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Ayoye! Comme plusieurs, je m’attendais de la part du ministre des Finances péquiste, Nicolas Marceau, un budget à saveur électoraliste, rempli de « candies et de nananes ». Il faut croire que ce n’était pas possible pour le ministre. Comme l’écrivait le chroniqueur Alain Dubuc de La Presse vendredi dernier, le ministre Marceau a tenté de ne pas déplaire à l’électorat, quitte à ne pas être en mesure de lui plaire.

Mais encore, ce budget déposé le 20 février dernier est plutôt un non-budget : il n’est pas assorti de crédits budgétaires et ne constitue rien de plus qu’un prétexte permettant à Pauline Marois de déclencher des élections en mars. C’était presque tordant (mais tout aussi pathétique) d’entendre Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, affirmer à Benoit Dutrizac vendredi dernier que la priorité au retour de la relâche parlementaire serait le débat sur ce budget en vue de son adoption. Or ce budget ne sera jamais vraiment débattu et certainement pas adopté…

Pour le Parti Québécois, c’est un budget austère qui démontre sans l’ombre d’un doute que Québec est cassé comme un clou. Même le PQ n’a pas eu le choix que d’annoncer une hausse des frais de garderie, qui seraient majorés à 8 $ par jour, puis à 9 $ par jour. Pis encore, peu importe qui entre le PQ ou le PLQ formait le gouvernement actuellement, le constat serait le même : le Québec est pauvre et n’a plus les moyens de ses généreux programmes sociaux.

Dans son budget, Nicolas Marceau table sur une réduction annuelle des dépenses de l’ordre de 2 % juste pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (on ne parle pas de notre dette astronomique). Le problème est que les dépenses en santé augmenteront de 3 % annuellement d’ici là. Il faudra donc réduire le budget de la plupart des autres ministères (exception faite, par exemple, de l’éducation) de 1 % par année au cours des prochaines années. Et tout cela dans un contexte de croissance économique anémique (1,9 % versus 2,3 % pour le reste du Canada).

La semaine dernière, le vérificateur général du Québec, Michel Samson, a qualifié de trop optimiste la prévision du retour au déficit zéro en 2015-2016. Bref, le gouvernement ne dispose d’aucune marge de manœuvre et continue à nous endetter collectivement. Selon les prévisions, notre dette brute au 31 mars 2016 atteindra 209,9 G$, soit 53,4 % du PIB. Et, pour mettre la cerise sur le sundae, nous avons l’agence de notation Fitch qui nous souffle dans le cou. On ne peut pas dire que ça va bien…

Malgré tout, Pauline Marois plongera le Québec en élections d’ici quelques semaines et tentera de nous faire croire qu’elle est la mieux placée pour nous sortir du pétrin. Elle qui est en politique depuis des lunes, elle qui a occupé pratiquement tous les principaux ministères et connaît très bien l’appareil gouvernemental, elle qui est devenue la première femme à occuper sa fonction dans l’histoire du Québec pour ensuite démarrer son mandat non pas sur les chapeaux de roues, mais plutôt contrainte à reculer à plus d’une reprise. Elle n’aura pas ma confiance, pas plus que les libéraux d’ailleurs. Philippe Couillard a beau clamer que le Parti libéral du Québec est le parti de l’économie, son prédécesseur a endetté le Québec en neuf ans comme nul autre premier ministre avant lui. Et l’état des finances publiques est bien pire encore aujourd’hui qu’il l’était en 2003, première année du gouvernement dirigé par Jean Charest. Quant à la Coalition Avenir Québec, elle est incapable de s’imposer sur l’échiquier politique et de faire passer son message. Mais encore, François Legault, un ancien péquiste, est-il le chef le plus crédible pour personnifier le renouveau dont le Québec a cruellement besoin?

Je dois avouer que le programme du Parti conservateur du Québec en matière de finances publiques m’interpelle, car le constat est plus réaliste et – surtout – beaucoup moins timide que celui des autres. On dit les choses comme elles sont. Mais les Québécois sont-ils prêts à prendre un grand virage à droite en matière d’économie et de finances publiques? S’ils continuent à pelleter les problèmes par en avant, tôt ou tard, les chiffres finiront par les rattraper – et le coup de barre sera d’autant plus violent et douloureux.

Au moins, nous avons l’heure juste. De l’aveu même du parti prêt à convoquer les Québécois aux urnes, nous sommes cassés comme des clous. On fait quoi maintenant?

Sébastien St-François