Archives du mot-clé agglomération

Une partie de la Rive-Sud exclue d’un important débat sur son avenir

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D’après un sondage CROP mené auprès des citoyens des trois villes liées que sont Brossard, Saint-Lambert et Saint-Bruno-de-Montarville, « près de 84 % des répondants sont en faveur de la tenue d’une consultation populaire afin de donner un mandat clair aux élus municipaux pour demander au gouvernement du Québec de sortir leur ville de l’agglomération. » Lire la suite

Rapport dévastateur sur l’agglomération de Longueuil

planSource : Site de l’Agglomération de Longueuil

Lundi, La Presse+ a publié un article portant sur l’analyse par Robert Gagné des HEC Montréal de l’agglomération de Longueuil, créée en 2006 (il y a dix ans) par le gouvernement Charest dans la foulée du mouvement défusionniste… Un rapport dévastateur : partage des dépenses inéquitable, pouvoirs trop centralisés à la ville centre, manque de transparence, états financiers opaques et incompréhensibles – tout y passe. Lire la suite

Invitation à signer une pétition visant à améliorer la gouvernance de l’agglomération de Longueuil

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Trois citoyens, dont Louis Mercier (à l’origine du blogue Agglomération Longueuil), vous encouragent à signer une pétition, parrainée par la députée de Montarville, Nathalie Roy, sur le site Web de l’Assemblée nationale. Lire la suite

Pas de taxation sans représentation

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À l’image de ce qu’est devenue Montréal, l’agglomération de Longueuil est un monstre bureaucratique qui coûte de plus en plus cher à faire rouler (334,5 M$ en 2015), mais qui ne fournit pas à ses citoyens des services à la hauteur de ce à quoi ils sont en droit de s’attendre.

Là où j’habite (Boucherville, une des quatre villes dites liées à Longueuil), notre appartenance forcée à l’agglomération nous coûte cette année la rondelette somme de 47,5 M$, en hausse de 2,7 % par rapport à 2014. Juste au chapitre de la sécurité publique (police et pompiers), ça nous coûte tout près de 20 M$ par année – et nous n’en avons nettement pas pour notre argent à cet égard. Par exemple, cela fait plus d’une décennie que les Bouchervillois attendent la construction d’une deuxième caserne de pompiers sur le territoire afin que le schéma de couverture de risques en sécurité incendie soit respecté (dix pompiers sur les lieux d’un incendie – où qu’il soit – en dix minutes). Bref, nous payons et payons, mais les services pour lesquels nous payons ne sont pas nécessairement au rendez-vous.

C’est une situation que trois des quatre maires des villes liées de l’agglomération de Longueuil ont dénoncé en décembre dernier. Ils estiment que les villes liées auraient versé, sur une période de sept ans, 40 M$ en trop à l’agglomération. Le dossier se trouve maintenant devant les tribunaux. Faisant cavalier seul, le maire de Boucherville, Jean Martel, a plutôt affirmé que tout fonctionnait très bien à l’agglomération. D’ailleurs, depuis qu’il est en poste (novembre 2009), il vote systématiquement en faveur de tout ce que dépose la mairesse Caroline St-Hilaire. C’est à se demander si cette dernière ne prend pas le vote de Boucherville pour acquis aujourd’hui.

Il s’avère que le torchon brûle au sein de l’agglomération. Non seulement Caroline St-Hilaire doit-elle composer avec trois maires mécontents (ceux de Brossard, de Saint-Bruno-de-Montarville et de Saint-Lambert), mais ses relations avec le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, sont très tendues depuis le dépôt du budget 2015 de la Ville de Longueuil (taxes résidentielles en hausse de 3,9 %, soit près de deux fois l’inflation) et l’engagement pris par le ministre de rembourser les contribuables longueuillois via les impôts de 2015.

Également, au cours des derniers jours, grâce à la connivence entre la mairesse de Longueuil et le maire de Boucherville, Paul Leduc, maire de Brossard, a été évincé de son poste au conseil d’administration de la Communauté métropolitaine de Montréal. Surprise! C’est Jean Martel, maire de Boucherville, qui le remplacera à ce poste…

Il existe un principe en démocratie qui remonte à la Révolution américaine des années 1750 : « no taxation without representation » (pas de taxation sans représentation). En échange de leur contribution forcée à l’agglomération de Longueuil, les contribuables bouchervillois sont en droit de s’attendre à ce leur maire – leur représentant auprès de l’agglomération – défende leurs intérêts et non ceux de la mairesse St-Hilaire. À l’heure actuelle, comme Bouchervillois, j’ai l’impression que ce sont les maires des trois autres villes liées qui prennent mes intérêts comme contribuable de l’agglomération plus au sérieux que le maire de la ville que j’habite. Ce n’est pas normal… Au nom du principe susnommé, il serait grand temps que Jean Martel cesse d’être le pantin de Caroline St-Hilaire et reconnaisse qu’il existe un véritable problème de gouvernance au sein de l’agglomération de Longueuil. Un problème qui coûte très cher chaque année à ses concitoyens, au même titre que les citoyens des trois autres villes liées…

Sébastien St-François

Monde municipal : une refonte en profondeur s’impose

B4rUnj3IQAA-UYN.jpg largeSource : tvrs.ca

Le diable est aux vaches dans le monde municipal. Après avoir soulevé l’ire des syndiqués municipaux en faisant adopter son projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est attiré les foudres des élus municipaux la semaine dernière en fustigeant publiquement la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, et le maire de Laval, Marc Demers. Le ministre juge les hausses de taxes décrétées par ces derniers exagérées et menace les fautifs de sanctions. Qui a raison, qui a tort? Il est difficile d’imputer l’entièreté du blâme à l’une ou l’autre des parties, mais une chose est certaine : c’est toujours le contribuable qui finit par payer… Dans ce texte, je vais me concentrer sur la situation de l’agglomération de Longueuil étant donné que j’y habite. Cependant, mes commentaires s’appliquent à la grandeur du Québec.

Dans ce débat, il faut garder à l’esprit une prémisse de base : les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec. En fait, ils gagnent près de 40 % de plus que leurs homologues provinciaux. Ce sont les contribuables qui font les frais de ces conditions de travail extrêmement généreuses. Par exemple, à Boucherville – municipalité de 42 000 âmes que j’habite depuis 1977 –, le directeur général de la Ville reçoit des émoluments et avantages sociaux qui frôlent, voire dépassent, les 200 000 $ – sans parler du régime de retraite doré qui l’attend quand il tirera sa révérence. Raisonnable pour ce que certains qualifieront de « ville dortoir »? La masse salariale des municipalités est très élevé. Viennent ensuite les projets de toutes sortes qui sont chers à nos élus. Toujours à Boucherville, c’est par millions que l’argent des contribuables se dépense sur des projets très accessoires dans le contexte actuel. Et, dans le cas de ma ville, ces projets sont souvent payés au comptant afin de museler les citoyens contestataires. Il faut savoir qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, les élus peuvent dépenser les surplus comme bon leur semble sans que les citoyens puissent s’y opposer. Est-ce normal dans un système qui se veut et se dit démocratique?

Pendant ce temps, le déficit d’entretien de nos infrastructures publiques se creuse d’année en année. Chez nous, le service du génie prône la réfection complète (conduites d’aqueduc et d’égout, fondation et chaussée) d’un minimum de cinq kilomètres de rues annuellement. Or, d’après les chiffres que j’ai obtenus de la direction du greffe de la Ville de Boucherville, sur une période de six ans (de 2009 à 2014 inclusivement), très exactement 14,678 kilomètres ont été refaits. Ce déficit de 15,322 kilomètres s’ajoute à celui d’environ 40 kilomètres qui existait au début de 2009. Quand on sait combien coûte la réfection complète d’un mètre linéaire de rue, c’est une facture totalisant des dizaines de millions de dollars qui se monte sous nos pieds. Et le cas de Boucherville est loin d’être un cas d’espèce; l’ensemble des municipalités du Québec accusent un déficit à ce chapitre.

Vient ensuite la situation de l’agglomération de Longueuil. En 2016, ce monstre bureaucratique « fêtera » ses dix années d’existence. Cette structure qu’est l’agglomération coûte de plus en plus cher aux contribuables qui la financent. Pour 2015, son budget s’établit à 334,5 M$, en hausse de 1,9 % par rapport à 2014. Cette nouvelle hausse s’ajoute à des hausses annuelles souvent supérieures à l’inflation depuis 2006. Pour Boucherville, cela se traduit par une quote-part de 47,5 M$, en hausse de 2,9 % par rapport à 2014.

Jeudi dernier, trois des quatre maires des villes liées à Longueuil (Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert) ont fait une sortie publique pour dénoncer le manque de transparence dont ils se jugent victimes. Ces trois maires, dont Martin Murray de Saint-Bruno qui est comptable de formation, avancent que le partage des dépenses mixtes entre la ville centre (Longueuil) et les villes liées serait illégal et aurait coûté aux contribuables de ces dernières 40 M$ en sept ans. Si je reviens à l’exemple de Boucherville, alors que nous ne représentons qu’environ 10 % de la population de l’agglomération, la quote-part que nous devons verser annuellement aux coffres de l’agglo a souvent dépassé les 15 %. C’est ça, l’équité en matière de fiscalité municipale?

Étonnamment, le maire de Boucherville, Jean Martel, a décidé d’aller à l’encontre de ses trois homologues et a plutôt permis l’adoption du budget 2015 de l’agglomération. Pour justifier sa décision de se ranger une fois de plus derrière Longueuil, il invoque que l’agglomération fonctionne et permet de belles réalisations, comme les Jeux du Québec. Oui, elle fonctionne, mais à quel prix? En prenant le parti de la mairesse St-Hilaire, j’en conclus donc que Jean Martel ne reconnaît pas l’iniquité dont ses concitoyens sont victimes et juge parfaitement normal que les contribuables de Boucherville essuient des hausses de leur fardeau fiscal imputables au fonctionnement de l’agglomération de Longueuil qui sont plus souvent qu’autrement supérieures à l’inflation. Je trouve cela bien désolant venant d’un maire qui dit prôner une « taxation limitée et responsable » depuis qu’il est en poste. Quant on sait que la quote-part représente annuellement environ 45 % du montant (après impôt) que les contribuables doivent payer en taxes municipales à la Ville, on est en droit de s’attendre à ce que le maire prenne le parti des citoyens dont il est censé défendre les intérêts plutôt que celui d’une mairesse somme toute assez dépensière.

Alors, entre le ministre Pierre Moreau et la mairesse St-Hilaire, qui croire? Certes, Mme St-Hilaire a parfaitement raison lorsqu’elle déclare que les élus municipaux ont la légitimité démocratique de gérer leur ville et que c’est aux citoyens qu’ils représentent de juger de leur rendement. Par contre, M. Moreau a tout autant raison d’affirmer que les municipalités disposent d’une évaluation foncière qui augmente, qu’elles dégagent des surplus (parfois énormes) et que la croissance de leurs dépenses augmente – tout comme leur assiette fiscale. Pour le contribuable, ce débat aboutit plus souvent qu’autrement au même résultat : un compte de taxes qui ne cesse d’augmenter et qui représente un fardeau de plus en plus lourd.

Une chose demeure certaine. Comme ce fut le cas avec les commissions scolaires en 2013 sous le gouvernement Marois, peu importe qui remporte ce bras de fer politique entre Québec et les municipalités, c’est au contribuable municipal qu’on refilera une fois de plus la note. Et c’est pour cette raison qu’une refonte en profondeur du fonctionnement et des priorités de nos municipalités s’impose. Il est temps de faire le ménage et d’arrêter de pelleter dans la cour des contribuables.

Sébastien St-François

Les gens ont parfois raison d’être cyniques…

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Les internautes qui suivent parlonspolitique.net (jadis Boucherville5021.com) depuis quelques années se rappellent sûrement du registre signé en mars 2012 par 1047 Bouchervillois (22 % de plus que le nombre minimal requis) pour contester un règlement d’emprunt pour un projet de piste cyclable entre Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville.

Le coût de ce projet était astronomique : phase 1 : 3 M$ en resurfaçage alors que la base de ce tronçon routier doit être refaite au complet, 900 000 $ pour le pavage des accotements devant servir de piste cyclable; phase 2 : construction d’une passerelle au-dessus de l’autoroute 20 au coût d’environ 6 M$. Facture totale : plus de 10 M$ aux frais uniquement des contribuables bouchervillois alors qu’il s’agissait d’un lien qualifié d’interrégional dont le coût devrait – en toute équité – être partagé entre Boucherville, Saint-Bruno (le maire de l’époque, Claude Benjamin, refusait catégoriquement) et l’agglomération de Longueuil.

De surcroît, et pis encore, cette piste cyclable aurait exposé ses utilisateurs à de graves dangers. Le tronçon routier dont il est question est une artère très achalandée, empruntée notamment par de nombreux poids lourds. Or, en vertu des normes, la piste cyclable devait être séparée des deux côtés de la voie (deux sens uniques). Non seulement les cyclistes se seraient fait frôler par de nombreux camions, mais aussi ils n’auraient pas pu rebrousser chemin là où ils le souhaitaient sans contrevenir à la loi et mettre leur vie en danger.

Bref, devant le résultat de la signature du registre, le maire de Boucherville, Jean Martel, avait trois choix : tenir un référendum, financer le projet à même les surplus accumulés (payer comptant) ou abandonner le projet. Il a choisi la troisième option, non sans avoir pris le soin de traiter ses détracteurs (les citoyens ayant signé le registre) d’avoir fait de la désinformation, alors que les citoyens à l’origine de cette mobilisation citoyenne connaissaient très bien les chiffres (figurant noir sur blanc dans des documents publics de la Ville de Boucherville) et les dangers auxquels ce lien cyclable aurait exposé ses utilisateurs.

Maintenant, ce projet controversé refait surface. En effet, était inscrite à l’ordre du jour de la séance publique du 17 février l’adoption d’un règlement d’emprunt de 3 M$ pour des travaux de réfection de la chaussée (resurfaçage) du boulevard De Montarville entre la rue Eiffel et l’autoroute 30. Ce montant figure à la ligne 2014-036 du PTI 2014-2015-2016. Y figure également, à la ligne 2014-132 du même document, un montant de 900 000 $ – payé comptant – pour le pavage des accotements du boulevard De Montarville. Voilà, le tour est joué. Malgré une vive opposition citoyenne exprimée en mars 2012, le conseil municipal de Boucherville s’apprête à aller de l’avant, cette fois-ci en prenant soin de payer la partie controversée (les accotements devant servir aux cyclistes) comptant. Ce faisant, le maire Martel et ses conseillers éliminent un « irritant » : les opposants n’auront pas droit de parole, car la dépense sera payée à même les surplus de la Ville. Jean Martel a procédé de la même manière pour financer son controversé centre d’art.

Il s’agit d’un exemple tiré d’une municipalité, celle que j’habite, mais c’est un phénomène qui se produit un peu partout dans la province : des élus municipaux musellent leurs détracteurs – en toute légalité – en payant leurs projets comptant. Au printemps 2013, j’ai écrit au ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, pour lui faire part de mon insatisfaction et lui faire valoir la nécessité de modifier la Loi sur les cités et villes afin de permettre aux citoyens-contribuables de se prononcer démocratiquement sur les projets mis de l’avant par leurs élus municipaux, que ces projets soient financés par des règlements d’emprunt ou payés comptant. Car, peu importe le mode de financement, il s’agit de l’argent des contribuables et ces derniers devraient avoir le droit de se prononcer. J’ai eu droit à une réponse laconique de la part d’un porte-parole du ministre, m’indiquant que le ministre ne s’ingérerait pas dans les décisions d’un conseil municipal dûment élu. Je lui demandais pourtant d’envisager des modifications à une loi provinciale, relevant de sa compétence : la Loi sur les cités et villes…

Nos élus provinciaux, tous partis confondus, semblent se complaire très bien dans le statu quo, qui accorde – par le truchement d’une loi criblée de failles (la Loi sur les cités et villes) – un pouvoir indu aux élus municipaux sur l’argent de leurs contribuables entre deux élections. Or le citoyen devrait être au centre de la démocratie en tout temps plutôt que juste le temps d’inscrire un X un bulletin de vote.

Ce n’est malheureusement pas le cas, et Québec ne semble avoir aucune volonté pour changer les règles du jeu et refaire du citoyen la véritable raison d’être du système démocratique dont les élus sont pourtant si fiers. C’est une vraie farce, c’est rire du monde… Si les municipalités sont des « créatures du gouvernement provincial », comme l’a confirmé la Cour dans le débat sur les fusions municipales au début du millénaire, bien le gouvernement provincial prive les citoyens des municipalités de leur droit le plus fondamental : celui de contester des projets qu’ils jugent inacceptables. Pour ce faire, il suffit qu’un conseil municipal puise dans les surplus (constitués de l’argent de sa population) et paie la dépense comptant. Ce faisant, le tour est joué : toute opposition réelle ou potentielle est muselée.

Et toutes ces gens tentent de nous faire croire que nous sommes la raison pour laquelle ils ont fait le saut en politique. Vive la démocratie…

Sébastien St-François

Budget 2014 : continuité d’une part, hausses de l’autre et quelques surprises entre tout cela

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Le 17 décembre, le conseil municipal de la Ville de Boucherville a déposé et adopté le budget 2014 ainsi que le programme triennal d’immobilisations (PTI) pour 2014-2015-2016. Peu de surprises de ce côté : gel de la taxation résidentielle (hausse de 1,5 % pour les secteurs commercial et industriel), remboursement de la dette par anticipation (8,1 M$ prévus), affectation d’un montant de 34 M$ pour le projet de centre aquatique. Il en résulte un budget d’un peu plus de 106 M$, soit sensiblement le même niveau qu’en 2013.

Le budget dissimule toutefois une surprise de taille : en 2014, seulement deux rues seront refaites sur le territoire de Boucherville, soit Jean-Baptiste-Jobin (2 M$) et Des Ateliers (2,5 M$). C’est inquiétant, quand on sait que le déficit d’entretien se creuse d’année en année (le service du génie préconise la réfection d’au moins 5 000 mètres linéaires par année, ce que nous n’atteignons pas depuis longtemps) et que la réfection d’un mètre linéaire coûte quelque 4 000-5 000 $. Nous en avons pour des dizaines de millions de dollars juste en rattrapage. Et attendre qu’un bris survienne et nécessite des travaux urgents coûte beaucoup plus cher qu’effectuer des travaux planifiés…

Réduire la dette, c’est bien, mais pas si ça devient une obsession au point de fragiliser encore plus une infrastructure déjà très vieillissante. Remplacer des tuyaux souterrains et repaver des rues, ce n’est pas très « glamour » pour un politicien, mais c’est une nécessité absolue. Plus on accuse du retard, plus les éventuelles surprises risquent d’être douloureuses… et coûteuses.

Du côté de l’agglomération de Longueuil, le portrait est moins rose. En 2014, notre quote-part à l’agglo totalisera 47,4 M$, soit quelque 45 % de notre budget total. Lors de la présentation budgétaire, le maire Jean Martel a affirmé que le budget de l’agglomération était en hausse de 4,74 % par rapport à 2013 et que la quote-part perçue de Boucherville était majorée de 3,11 % par rapport à l’an dernier. C’est nettement plus que l’inflation et, de toute évidence, l’agglomération peine à contenir ses dépenses.

Juste à Boucherville, le service de sécurité publique (policiers et pompiers) nous coûtera la rondelette somme de 19 407 501 $ en 2014, soit 42 % de nos dépenses d’agglomération. Et, bien que le PTI 2014-2015-2016 de l’agglomération de Longueuil fasse état d’une affectation de 7,56 M$ pour la « construction d’une nouvelle caserne d’incendie dans la ville de Boucherville » (c’était le cas l’an dernier), pas un mot du maire ou de son collègue aux finances, Dominic Lévesque, quant à cette caserne – promise publiquement en décembre 2012 pour décembre 2013 dans le plus grand enthousiasme… Les Bouchervillois ont toutes les raisons de s’inquiéter du mutisme de leurs élus quant à ce dossier de sécurité publique. Depuis la contestation de la mise en réserve du terrain recommandé par le maire Martel pour la construction de cette caserne, c’est le silence radio. NOS ÉLUS ONT-ILS UN PLAN B? De toute évidence, NON.

À part Varennes (qui dégage un surplus monstre de 12,9 M$ en 2013) et Boucherville, la plupart des autres municipalités de la Rive-Sud imposent des hausses de taxes oscillant entre 2 % et 3 % à leurs contribuables. Nous pouvons donc nous compter parmi les « chanceux ». Cependant, il en demeure que les Bouchervillois doivent continuer à s’inquiéter du déficit d’entretien des infrastructures qui se creuse et de la caserne de pompiers qui se fait toujours attendre et dont l’absence compromet la sécurité-incendie sur la majeure partie du territoire (le fameux « 10 en 10 » ne peut être garanti ou atteint sur la quasi-totalité du territoire sans cette 2e caserne).

Sébastien St-François

P.-S. : La présentation budgétaire 2014 de la Ville de Boucherville peut être consultée à l’adresse http://boucherville.ca/cgi-bin/index.cgi?page=residants0_1_0

 

La deuxième caserne, c’est pour quand?

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Monsieur le Maire,

Vous avez affirmé publiquement que la deuxième caserne de pompiers tant attendue sur notre territoire pour corriger une couverture incendie déficiente depuis des années serait opérationnelle d’ici la fin de 2013.

Nous sommes à la mi-juin, et rien ne semble avancer dans ce dossier – prioritaire pour tous les Bouchervillois, un véritable projet rassembleur s’il y en a un. Les délais interminables m’inquiètent d’autant plus depuis qu’une maison immédiatement voisine de la mienne a été rasée par les flammes le 29 décembre 2011. Une personne est décédée dans cet incendie et le lot demeure en friche depuis ce temps, ce qui rappelle au voisinage le triste événement qui s’est produit là il y a environ un an et demi.

Ce dossier a beau relever de l’agglomération de Longueuil, vous êtes notre représentant à la table de l’agglomération. Ne pensez-vous pas qu’il serait temps d’exercer les pressions nécessaires pour que cette caserne soit enfin construite? Depuis des années, nous payons cher pour un niveau de couverture dont nous ne bénéficions toujours pas et notre territoire est inadéquatement protégé en cas d’incendie.

Force est de constater que la deuxième caserne ne sera pas prête en décembre prochain. Au nom de la sécurité de tous, je vous demande donc d’informer la population de ce que vous comptez faire pour que cette installation prioritaire nous soit enfin livrée.

Sébastien St-François

Un récit d’acharnement et de gaspillage de fonds publics…

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Un couple de Boucherville décide de contester l’évaluation municipale de sa propriété, qui relève de la compétence de l’Agglomération de Longueuil. Le couple s’adresse donc au Tribunal administratif du Québec (le TAQ). Il obtient gain de cause et l’évaluation est revue à la baisse. Il en résulte un remboursement de taxes d’environ 125 $ par année.

Incroyable mais vrai, la Ville de Boucherville et la Ville de Longueuil saisissent le TAQ d’une requête en révocation pour faire annuler la décision rendue en première instance. Un panel de trois juges administratifs entendent donc cette requête déposée par les deux villes. Le requérant, en occurrence le couple dont il est question, fait valoir le caractère déraisonnable et disproportionné de cette demande de révocation. Il insiste sur le fait que la « perte » pour les villes n’est que d’environ 125 $ par année et que toutes les parties et le TAQ ont déjà dû investir de nombreuses heures dans le dossier.

Les juges administratifs retiennent que l’écart entre l’évaluation initiale et l’évaluation révisée n’atteint même pas 4 %. De plus, ils font valoir que l’évaluation n’est pas une science exacte et qu’un écart pouvant atteindre jusqu’à 5 % n’est pas significatif. À la fin de sa décision, le TAQ souligne qu’il « comprend mal qu’un corps public puisse se sentir justifié de soumettre une requête comme celle qui fait l’objet de la présente décision », le tout avec dépens contre l’intimée Ville de Longueuil. C’est donc nous qui avons payé tout cela…

Après avoir eu gain de cause à deux reprises, ce couple a voulu connaître le libellé exact du mandat confié aux avocats de la ville ainsi que le montant total facturé en honoraires juridiques à la ville dans ce dossier. Il s’est fait répondre par écrit par la Ville de Longueuil que ces renseignements étaient protégés par le secret professionnel entre l’avocat et son client. Rappelons que le client, en l’instance, est une ville à laquelle tous les contribuables bouchervillois versent des taxes chaque année.

Comme c’est la Ville de Boucherville qui avait initialement saisi la Ville de Longueuil d’une demande de contestation de la nouvelle évaluation de la propriété du couple, ce dernier s’est donc tourné tout récemment vers le conseil municipal de Boucherville pour lui réitérer sa demande d’obtenir copie du contrat et du mandat du procureur ainsi que le montant de ses honoraires et débours dans toute cette affaire. Selon lui, et avec raison, comme ce sont les citoyens qui paient ces frais, ils sont en droit d’en connaître le montant. Et comme il le dit si bien, ne pas rendre accessible est maintenant perçu comme vouloir cacher.

Il s’agit d’un cas réel qui démontre éloquemment comment nos taxes peuvent servir à des fins d’acharnement contre nous et combien il est facile de gaspiller des deniers publics sur des futilités. D’un côté, on investit des millions et des millions de dollars dans un centre d’art dont la nécessité n’a jamais été établie de façon crédible; de l’autre, on est prêt à dépenser des milliers de dollars en frais d’avocat pour contester une décision s’étant soldée par une perte annuelle nette d’environ 125 $ pour la Ville. Mesdames et Messieurs, un autre exemple de vos taxes à l’œuvre!

Sébastien St-François

La deuxième caserne d’ici la fin de 2013, ah oui?

On apprend dans La Relève du 9 janvier que la seconde caserne de pompiers à Boucherville coûtera près de 7 millions de dollars. C’est la donnée qui figure au dernier PTI de l’agglomération de Longueuil.

Cependant, d’après l’article signé par Daniel Hart, nous sommes encore loin de la première pelletée de terre… On se rappellera que, quelques jours après le dépôt du budget 2012 de la Ville de Boucherville en décembre 2011, l’administration Martel était toute fière d’annoncer que la deuxième caserne serait opérationnelle à la fin de 2013. Encore récemment, Jean Martel a réitéré que la deuxième caserne serait opérationnelle d’ici la fin de 2013.

Nous sommes en janvier 2013. La Relève nous apprend plusieurs choses. Notamment, bien que le propriétaire du terrain ciblé (Centre d’achats Beauward) n’ait pas contesté la mise en réserve dans le délai de 30 jours qui lui était consenti pour le faire, les parties ne se sont toujours pas entendues sur le coût d’acquisition du terrain. En l’absence d’entente, l’agglomération devrait vraisemblablement entamer une procédure d’expropriation – ce qui serait très long (le dossier de l’hôtel de Boucherville n’est pas encore réglé). Ensuite, le coup d’envoi de la mise en chantier devrait – en principe – se faire l’automne prochain. Une caserne de pompiers à la fine pointe se construit en un ou deux mois? Ah bon… Enfin, il reste à terminer les plans du projet, qui ne sont toujours pas définitifs.

Ce dossier primordial traîne depuis trop longtemps! À la lumière des trop nombreuses pertes totales au cours des dernières années et d’une perte de vie humaine le 29 décembre 2011 (incendie de la rue du Perche), l’administration Martel devrait s’imposer une petite gêne avant de procéder à des annonces qui ne tiennent évidemment pas la route. En affirmant et en réitérant que la deuxième caserne serait opérationnelle d’ici la fin de 2013, Jean Martel a-t-il volontairement induit la population en erreur ou ne sait-il tout simplement pas quand cette caserne – pourtant promise depuis longtemps, obligatoire pour respecter la loi et essentielle à la sécurité de l’ensemble des Bouchervillois – sera enfin construite et fonctionnelle?

Bien que le dossier relève de l’agglomération, le premier magistrat a l’obligation de représenter ses concitoyens et d’exercer les pressions qui s’imposent. A-t-il su le faire jusqu’à maintenant? Tout indique que non, puisque le dossier traîne toujours. Comme contribuable bouchervillois, cela me déçoit; comme citoyen de Boucherville, ça m’inquiète profondément.

La construction de cette deuxième caserne doit se faire avant l’aménagement d’un centre d’arts, avant l’agrandissement du réseau de pistes cyclables, voire avant la construction d’un nouveau centre aquatique ou d’un centre multisports. Ce délai inacceptable est en partie attribuable à l’inaction, la tergiversation et l’hésitation de Jean Martel quant au choix de terrain. En sa qualité de premier magistrat, il a maintenant le devoir de faire les pressions nécessaires auprès de l’agglomération pour qu’il n’y ait aucun retard supplémentaire. Il doit aussi donner l’heure juste à ses concitoyens : la deuxième caserne ne sera pas prête en décembre prochain.

Sébastien St-François