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Une nouvelle administration tournée vers l’avenir et à l’écoute des citoyens

Note de l’administration du blogue : Ce texte est reproduit intégralement d’un communiqué reçu de la candidate indépendante à la mairie de Boucherville, Monique Reeves. Il est publié ici aux fins d’informer la population de ses engagements électoraux.

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Quand on se compare…

Je suis tombé sur un intéressant article à la page A14 de La Presse du jeudi 31 mai 2012 intitulé « Surplus records de 53 millions en 2011 ». L’article du journaliste Pierre-André Normandin fait état des surplus dégagés par divers arrondissements de Montréal pour l’exercice financier 2011. On y apprend notamment que l’arrondissement le plus « riche » est Saint-Laurent, ayant dégagé un surplus de 4,5 M$ en 2011 pour gonfler son bas de laine (surplus accumulé) à 32 M$. On attribue ce résultat à la construction résidentielle, qui est particulièrement forte à Saint-Laurent.

À la lumière des surplus de 6,8 M$ annoncés par la Ville de Boucherville pour 2011, j’ai voulu mener un peu de recherche sur l’arrondissement de Saint-Laurent, question d’en savoir plus sur sa démographie et ses finances. J’ai appris que, selon les données du dernier recensement de Statistique Canada, cet arrondissement comptait une population de 93 843 âmes en 2011 (c. 40 753 habitants à Boucherville). Son budget d’arrondissement (l’équivalent si l’on veut de notre budget local) s’établissait à 69 152 000 $ en 2011 (c. 55 573 000 $ pour Boucherville). La valeur au rôle imposable à Saint-Laurent pour 2011 était de 13 770 800 000 $, contre 5 843 526 $ dans le cas de Boucherville. Enfin, le taux de taxes foncières générales pour les immeubles résidentiels était fixé à 0,9228 $ par 100 $ d’évaluation dans l’arrondissement de Saint-Laurent (contre 0,7671 $ à Boucherville).

Tous ces chiffres pour dire quoi dans le fond? Bien, on peut se servir de l’exemple de l’arrondissement de Saint-Laurent pour encore une fois remettre en question le caractère raisonnable des surplus dégagés par Boucherville depuis quelques années. Jean Martel et son acolyte aux finances, Dominic Lévesque, se vantent sur toutes les tribunes de leur excellente gestion des finances de la Ville en invoquant la hauteur des surplus qu’ils dégagent. Personnellement, je serais gêné d’annoncer un surplus de 6,8 M$ à mes concitoyens – surtout lorsqu’on compare ce chiffre aux 4,5 M$ dégagés en surplus par un arrondissement de Montréal comptant 2,3 fois plus de résidents… Mais encore, il est facile de faire croire à la personne moyenne, qui ne suit pas vraiment ce qui se passe à son hôtel de ville et qui comprend plus ou moins les rouages de la fiscalité municipale, combien efficace est sa gestion sur la base de ce seul chiffre. Ça paraît bien, un surplus…

Cependant, une municipalité, ce n’est pas un organisme à but lucratif. Une municipalité n’a pas pour mission de dégager des profits. Une municipalité, ça existe pour rendre des services à ses résidents, et ce, au plus bas coût possible pour ces derniers. Or ce n’est pas ce qui se passe lorsqu’une municipalité – un palier de gouvernement – dégage des surplus, de plus en plus élevés de surcroît. Boucherville perçoit trop (beaucoup trop) d’argent de ses contribuables. Le surplus de 6,8 M$ dégagé en 2011 équivaut à un trop-perçu moyen de près de 170 $ par résident et d’un peu plus de 450 $ par ménage (sur une base estimée de 15 000 adresses domiciliaires résidentielles [données de Postes Canada : 13 145 domiciles + 3 033 logements]). Et rappelons-nous que les élus peuvent dépenser les montants cumulés en surplus – notre argent – comme bon leur semble, sans devoir soumettre leurs choix à un quelconque processus référendaire; ceux qui paient n’ont pas le moindre droit de regard sur les dépenses qui sont payées des surplus qu’ils ont eux-mêmes contribué à constituer. Dans l’histoire récente de Boucherville, pensons notamment à la terre agricole (1,2 M$) et au terrain de La Saulaie (2,3 M$), tous deux payés comptant, à même nos surplus cumulés.

Pour ce qui est du surplus de 2011, on nous a annoncé qu’il serait appliqué majoritairement (5,4 M$) au remboursement de la dette. Mais ça reste à voir. En 2012, les fenêtres de remboursement qui s’ouvrent totalisent environ 2,6 M$ (donnée qui m’a été confirmé par Gaston Perron, directeur des finances et trésorier de la Ville). Quant au reste, ça n’irait pas avant 2013, mais là encore, lorsqu’interrogé par la conseillère indépendante Francine Crevier-Bélair en séance publique à cet égard, Dominic Lévesque n’a pas été en mesure de fournir la moindre garantie que ce serait effectivement le cas. Il ne se rappelait plus ses notes, a-t-il affirmé…

Un surplus est donc une « arme à double tranchant ». En clair, c’est de l’argent que la Ville perçoit en trop, sans en avoir besoin pour financer ses activités et les services qu’il assure à la population. Mais, encore plus troublant, ça devient une espèce de fonds de réserve dans lequel les élus peuvent piger sans devoir se justifier et aucune contestation populaire n’est possible lorsque des dépenses sont payées comptant. Une petite réforme des lois municipales s’imposerait pour changer cela, à la lumière de la tendance de nombreuses municipalités à dégager des surplus de plus en plus élevés… Il en résulte que de plus en plus de nos deniers publics sont dépensés sans possibilité de contestation de notre part.

Ici à Boucherville, depuis quelques années, MM. Martel et Lévesque invoquent des montants plus élevés que prévus perçus en droits de mutation pour expliquer les surplus de plus en plus élevés d’année en année. Bien justement, il serait peut-être temps qu’ils baissent nos taxes au lieu de les hausser d’année en année pour tenir compte du fait documenté qu’ils sous-évaluent annuellement les montants que la Ville percevra en droits de mutation l’année suivante.

Bref, en 2013 (dernier exercice de son mandat), il serait grand temps que l’administration Martel se dote des outils et mécanismes nécessaires pour resserrer considérablement son processus d’élaboration budgétaire et enfin déposer un budget qui reflète mieux les besoins réels de la Ville. Avouez que ce serait gênant de nous imposer une autre hausse de taxes l’an prochain à la lumière des dernières données rendues publiques. Mais encore, des élections sont prévues en novembre 2013. Quelle drôle de coïncidence, vous ne trouvez pas? Enfin, ce sera aux citoyens de ne pas se laisser charmer par cette tactique électorale vieille comme Mathusalem, si elle s’avère.

Sébastien St-François