Archives pour la catégorie Politique provinciale

Nous avons le gouvernement que nous méritons

ministres
Dans mon dernier billet, j’affirmais « […] dans le cas des députés qui prennent leur emploi à cœur et qui s’y consacrent souvent sept jours par semaine, ce n’est pas chèrement payé. » C’était en référence à la rémunération de base que reçoivent les députés d’arrière-ban à l’Assemblée nationale. Je maintiens cette affirmation – en ce qui concerne ceux qui ont du respect pour la fonction à laquelle ils ont été élus et qui prennent leur travail au sérieux.

Cependant, ce n’est évidemment pas le lot de tout un chacun au parlement à Québec. La semaine dernière, nous avons encore une fois eu droit à un exemple de membres de l’Assemblée nationale – dûment élus pour veiller aux intérêts du peuple québécois et pour prendre des décisions parfois lourdes de conséquences pour la population – qui se voient attribuer de serviables tâches par l’exécutif (le gouvernement) et, ce faisant, alimentent le cynisme des électeurs à l’égard de la classe politique. De vulgaires pions, quoi… Rien pour redorer le blason des parlementaires.

En effet, le député caquiste François Bonnardel nous apprenait, preuves à l’appui, que les libéraux se servent de leurs députés moins illustres pour planter des questions lors des études de crédits budgétaires. Remarquez que c’est une pratique qui ne se limite pas aux libéraux ou encore au Québec. Ça se fait un peu partout où il existe un système parlementaire, peu importe qui est au pouvoir. Il n’en demeure pas moins que c’est une pratique parlementaire franchement honteuse. Nos élus se demandent sans cesse pourquoi nous sommes si cyniques à leur endroit. Ils devraient passer moins de temps à se poser cette question et plus de temps à se regarder dans le miroir.

L’annonce d’un budget annuel établissant les grandes lignes du plan gouvernemental est une chose, mais c’est lors de l’étude des crédits budgétaires en commission parlementaire que les dépenses de chacun des ministères et organismes de l’État sont scrutées à la loupe et confirmées. C’est donc un exercice parlementaire qui doit être mené dans le plus grand sérieux. C’est d’autant plus vrai dans le cas d’un gouvernement dont l’agenda d’austérité devient de plus en plus illégitime selon certains étant donné que Philippe Couillard ne s’est pas fait élire sur la base du programme qu’il déploie actuellement. (Avoir annoncé ses vraies couleurs en campagne électorale, il n’aurait probablement pas été élu à la tête du gouvernement majoritaire qu’il dirige aujourd’hui.)

Sur les ondes de Dutrizac vendredi dernier, l’éditorialiste du Devoir, Antoine Robitaille, a même invoqué un possible outrage au Parlement. Ces députés d’arrière-ban posent des questions complaisantes visant carrément à gaspiller du temps en commission parlementaire. Ainsi, le législatif et l’exécutif ne font qu’un dans ce jeu malsain alors qu’il doit s’agir d’un « sérieux exercice de reddition de comptes où le législatif doit questionner l’exécutif, où l’indépendance d’esprit devrait guider la conduite des députés », selon François Bonnardel. La réaction du grand leader parlementaire des libéraux, Jean-Marc Fournier? Il a plaidé la nécessité de se préparer avant de se présenter en commission parlementaire.

Les électeurs de deux circonscriptions – Chauveau et Jean-Talon – auront prochainement l’occasion d’élire une nouvelle députée ou un nouveau député pour remplacer deux démissionnaires : le caquiste Gérard Deltell, qui a décidé de laisser son siège pour se présenter au fédéral sous la bannière conservatrice, et le libéral Yves Bolduc, qui s’est en quelque sorte chassé lui-même de la politique à force de commettre des bourdes pendant son triste séjour à la tête du ministère de l’Éducation.

Dans Chauveau, les libéraux présentent Véronyque Tremblay, une journaliste s’étant fait connaître entre autres par ses prises de position contre le gouvernement qu’elle souhaite maintenant représenter et ayant voté pour Gérard Deltell aux dernières élections. La Coalition Avenir Québec a, quant à elle, arrêté son choix sur Jocelyne Cazin. Le chef du Parti conservateur du Québec, Adrien Pouliot, tentera aussi de se faire élire dans Chauveau. À mon avis, son élection donnerait une bouffée d’air frais à une Assemblée nationale qui en a grandement besoin.

Dans Jean-Talon, un « comté rouge » depuis des lunes ayant eu le « privilège » d’être représenté dans le passé par Philippe Couillard et plus récemment par Yves Bolduc, le gouvernement mise sur Sébastien Proulx, ancien adéquiste viré libéral que la ministre des Finances de l’époque, Monique Jérôme-Forget, avait qualifié de « pitbull ». Un genre de Gaétan Barrette, quoi…

Bien entendu, peu importe l’issue de ces deux élections partielles, le gouvernement libéral de Philippe Couillard demeurera majoritaire, mais les électeurs concernés – en arrêtant leur choix sur un candidat autre que libéral – auraient ainsi la satisfaction de savoir qu’ils n’ont pas envoyé deux autres pions siéger à l’Assemblée nationale, une enceinte démocratique où le travail doit être fait au sérieux parce qu’il est sérieux. Sinon, bien, ce sera une confirmation de plus que nous avons le gouvernement que nous méritons…

Sébastien St-François

Le temps est venu pour nos députés de prêcher par l’exemple

Salon bleu
Ça y est. La semaine dernière, la tradition libéro-péquiste a été utilisée une fois de plus pour adopter à toute vapeur le controversé projet de loi « mammouth » 28 du gouvernement sous le bâillon – une procédure antidémocratique invoquée à maintes reprises dans l’enceinte de l’Assemblée nationale depuis moult années, et ce, peu importe le parti formant le gouvernement (PLQ ou PQ). Obstruction de l’opposition oblige, d’affirmer Jean-Marc Fournier, nous devons être responsables. D’ajouter le ministre des Finances, Carlos Leitao, l’État perd plus de 30 M$ par mois… S’ensuit une salve de hausses de toutes sortes pour le contribuable moyen, comme d’habitude. Le problème fondamental de ce projet de loi est qu’il est probablement bourré d’erreurs et d’incongruités. De plus, il va à l’encontre du discours du PLQ en campagne électorale l’an dernier à bien des égards.

« On n’a pas voté pour ça! », s’exclamera plus d’un électeur ayant choisi de reconduire les libéraux au pouvoir – majoritairement de surcroît – en avril 2014. D’aucuns diront – avec raison – qu’on peut bien avoir les gouvernements qu’on mérite…

Bon, maintenant… Après la loi sur les régimes de retraite municipaux vivement contesté par le mouvement syndical, après cette loi « mammouth » adoptée de force sous le bâillon, le temps serait venu de s’attaquer aux conditions de travail de nos élus – jusqu’à maintenant épargnés de l’« austérité » du gouvernement Couillard. Après tout, ils sont là supposément pour nous représenter et il serait grand-temps qu’ils prêchent par l’exemple. On sait déjà que le régime de retraite des élus de l’Assemblée nationale est déficitaire de quelque 200 M$.

À l’heure actuelle, un « simple » député à Québec touche une rémunération de 88 000 $ et une indemnité non imposable de 16 000 $. Personnellement, je trouve cela aberrant que de telles indemnités non imposables existent encore en 2015 (les élus municipaux bénéficient également d’un tel traitement). À une époque où Revenu Québec est rendu à harceler d’honnêtes contribuables au nom de la « lutte contre l’évasion fiscale », à les mener parfois à la faillite et à être débouté par les tribunaux à plus d’une reprise dans le passé récent, tout le monde – et surtout celles et ceux qui veillent à la Loi sur les impôts – devraient être imposés sur la totalité de leurs revenus, d’autant plus qu’ils proviennent de la poche de contribuables ayant eux-mêmes dû verser leur dû à l’État le plus gourmand sur le continent nord-américain.

Qu’on se dise les vraies choses. Un salaire annuel « de base » de 104 000 $ est de loin supérieur aux revenus moyen et médian dans la Belle Province. Cependant, dans le cas des députés qui prennent leur job à cœur et qui s’y consacrent souvent sept jours par semaine, ce n’est pas chèrement payé. Quant aux députés d’arrière-ban dont on entend jamais parler (par exemple, Emmanuel Dubourg à l’époque où il siégeait à l’Assemblée nationale avant de se présenter à l’élection fédérale dans Bourassa tout en touchant son « indemnité de départ » de quelque 100 000 $ de Québec avant de doubler son salaire comme député fédéral), c’est plutôt bien comme traitement.

Comme le concept selon lequel les députés ne cotisent actuellement qu’à hauteur de 21 % à un de leurs régimes de retraite (l’autre dont ils bénéficient est financé à 100 % par les contribuables) est devenu socialement inacceptable dans la foulée du projet de loi 3, on propose maintenant que les membres de l’Assemblée nationale y contribuent à hauteur de 41 %. En contrepartie, la rémunération d’un simple député passerait à 136 000 $, tandis que le premier ministre et les ministres toucheraient un salaire « ajusté sur celui du plus haut fonctionnaire sous leur responsabilité ». Rappelons que les haut fonctionnaires de l’État québécois sont très bien rémunérés par rapport au commun des mortels parmi nous.

C’est bien beau tout cela, mais Philippe Couillard nous promet que la réforme de la structure de rémunération des élus se fera à coût nul. C’est donc dire que les libéraux ne s’imposeront aucunement la « rigueur budgétaire » qu’ils imposent tous azimuts depuis qu’ils forment un gouvernement majoritaire. Désolé, mais ça ne passe pas la rampe… Je suis favorable à la rigueur budgétaire (le Québec n’a pas plus les moyens de vivre au-dessus de ses moyens collectifs), mais la même pilule doit être administrée à tous. La réforme de la rémunération des élus provinciaux doit se faire à coût moindre pour les contribuables qui paient la note. Il faut prêcher par l’exemple pour être crédible…

André Pratte de La Presse propose une solution : réduire de 30 le nombre de députés à l’Assemblée nationale. « On compte un député ontarien pour 127 000 habitants, contre un député pour 65 000 habitants au Québec [pratiquement du double au simple] », avance-t-il. Une économie récurrente symbolique d’au moins 3,5 M$, selon Pratte, une goutte d’eau dans un budget de plusieurs dizaines de milliards de dollars – et il a raison –, mais une forte valeur symbolique pour un gouvernement en manque de crédibilité après seulement un an et quelque au pouvoir. Prêcher par l’exemple… Il est plus que temps que ceux qui veulent notre bien le fassent et cessent de nous lancer de la poudre aux yeux. Pour terminer, rappelons que, au cours des dernières années, les seuls députés démissionnaires en cours de mandat n’ayant pas renoncé à leur généreuse « prime de séparation » ont un point en commun : ils étaient tous d’allégeance libérale…

Sébastien St-François

Quand les bottines suivent les babines…

993056-gerard-deltell
C’était devenu un secret de polichinelle depuis des semaines, voire des mois pour certains. Le député caquiste de Chauveau, Gérard Deltell, initialement élu sous la bannière de l’Action démocratique du Québec en 2008, tire sa révérence de la politique provinciale et tentera de se faire élire sous la bannière conservatrice dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent en octobre prochain.

S’il réussit son pari, comme simple député fédéral, il gagnera deux fois plus qu’il gagnait à Québec, encore plus s’il est nommé ministre dans un gouvernement conservateur reconduit au pouvoir. Par contre, rien à l’heure actuelle ne lui garantit de remporter son pari (d’être élu dans Louis-Saint-Laurent ou de faire partie du prochain gouvernement).

La Coalition Avenir Québec perd du coup une autre pointure forte – rappelons le départ de Christian Dubé l’année dernière – et on peut certes se demander ce que réserve l’avenir à l’ex-ADQ qui peine à se tailler une place à l’Assemblée nationale, et ce, même si François Legault prétend y représenter la véritable opposition en cette période de tumulte pour les péquistes après leur déconfiture d’avril 2014… Depuis un bon moment, la relation entre MM. Legault et Deltell était tendue. Après la dernière élection générale, le chef de la CAQ a dépouillé M. Deltell de son titre de leader parlementaire au profit de François Bonnardel. C’est quand même Gérard Deltell qui avait piloté la fusion de l’ADQ ayant permis à la CAQ d’être représentée à l’Assemblée nationale.

Cette démission arrive un an jour pour jour après l’élection de l’actuel gouvernement dirigé par Philippe Couillard au terme du scrutin général du 7 avril 2014. Elle s’ajoute à une liste de démissions qui s’allonge depuis : Christian Dubé (CAQ, août 2014), Élaine Zakaïb (PQ, septembre 2014), Yves Bolduc (PLQ, février 2015)… Chaque démission se solde par l’obligation de tenir une élection partielle au coût de quelque 600 000 $ pour les contribuables québécois. Une tendance encourageante se dessine néanmoins. Malgré qu’une loi abolissant les indemnités de départ auxquels les démissionnaires de l’Assemblée nationale ont toujours « droit » se fait encore attendre, tous les démissionnaires depuis la dernière élection générale – à l’exception du profiteur libéral Yves Bolduc – ont renoncé à leur prime.

Dans le cas de M. Deltell, on peut dire que les bottines ont suivi les babines. Il proposait l’élimination de ces primes indécentes (rappelons qu’un travailleur « ordinaire » n’a pas droit à l’assurance-emploi en cas de démission) depuis 2010. Et le démissionnaire caquiste est allé encore plus loin en annonçant qu’il renonçait à toucher sa rente de retraite avant l’âge de 65 ans. En tout et partout, il laisse ainsi plus de 400 000 $ sur la table – de quoi payer une partie des coûts de l’élection que son départ rend nécessaire.

S’agit-il de rien de plus qu’une manœuvre politique savamment concoctée pour impressionner la galerie? Bien que certains cyniques se fassent aller sur les réseaux sociaux, j’ai tendance à accorder le bénéfice du doute à M. Deltell. Le montant de près d’un demi-million de dollars – auquel il avait pleinement droit en vertu des règles actuelles que les libéraux ne semblent pas pressés de modifier – est de l’argent bien réel. À ce que je sache, M. Deltell n’est pas indépendant de fortune. D’avoir « mis sur la glace » (pour le citer) une telle rétribution est tout à son honneur et contribue à redonner un peu de dignité à une fonction trop souvent méprisée par ses titulaires démissionnaires. Outre celui d’Yves Bolduc, le nom d’Emmanuel Dubourg – un autre bon libéral – me vient spontanément à l’esprit, mais il y en a eu bien d’autres au fil des années, notamment plusieurs membres du gouvernement actuel qui avaient déjà claqué la porte à la politique.

Dans la foulée de l’« affaire Bolduc », le premier ministre Couillard a exprimé le souhait de mettre fin aux indemnités de départ versées aux députés qui quittent leurs fonctions. Il est plutôt mal placé, ayant lui-même touché une indemnité de quelque 125 000 $ après avoir quitté volontairement son poste de ministre de la Santé dans le gouvernement de Jean Charest. De plus, sous sa gouverne, le Parti libéral a rejeté d’emblée une motion à cet égard déposée en 2013 par Bernard Drainville, alors ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne dans le gouvernement minoritaire dirigé par Pauline Marois.

Le « souhait » du premier ministre Couillard doit devenir une priorité pour son gouvernement afin de mettre fin une fois pour toutes à ces abus qui se font aux frais des contribuables – plus souvent qu’autrement par des membres de la députation libérale. L’histoire nous démontre que rares sont les élus dont les bottines suivent les babines comme ce fut le cas de Gérard Deltell la semaine dernière.

Sébastien St-François

Intimidation et justice à deux vitesses?

Après Bolduc, Barrette?

Gaetan Barrette
C’est la parole de l’un contre la parole des autres. Bien avant qu’il ait été élu et siège à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé s’est bâti une réputation de véritable bouldozeur que personne ni rien n’arrête. Il vient manifestement de connaître sa première pierre d’achoppement politique dans le dossier du CHUM.

M. Barrette a beau invoquer des « chicanes de docteurs » pour expliquer la démission du directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Jacques Turgeon, (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/03/05/003-demission-chum.shtml), suivie de celle du président du conseil d’administration, Jean-Claude Deschênes, (http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/06/voyez-la-lettre-de-demission-du-president-du-ca-du-chum_n_6817662.html), sur le plan politique, ça sent très mauvais. Ni M. Turgeon (http://www.985fm.ca/lecteur/audio/jacques-turgeon-directeur-general-demissionnaire-262317.mp3) ni M. Deschênes (http://www.985fm.ca/lecteur/audio/le-president-du-ca-du-chum-demissionne-a-son-tour.-262405.mp3) ne se sont gênés pour dénoncer sur les ondes de Paul Arcand et de Benoit Dutrizac respectivement l’intimidation et l’ingérence politique du Dr Barrette ayant mené à leur décision de claquer la porte – sans réclamer d’indemnité de départ au passage, ce qui à ajoute à leur crédibilité selon moi.

M. Barrette a beau invoquer des « chicanes de docteurs » pour expliquer la démission du directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Jacques Turgeon, suivie de celle du président du conseil d’administration, Jean-Claude Deschênes, sur le plan politique, ça sent très mauvais. Ni M. Turgeon ni M. Deschênes ne se sont gênés pour dénoncer sur les ondes de Paul Arcand et de Benoit Dutrizac respectivement l’intimidation et l’ingérence politique du Dr Barrette ayant mené à leur décision de claquer la porte – sans réclamer d’indemnité de départ au passage, ce qui à ajoute à leur crédibilité selon moi.

Les deux démissionnaires comptent de longs états de service au sein du réseau de la santé et sont reconnus pour leur intégrité inébranlable. Par ailleurs, Gaétan Barrette sème la zizanie dans le réseau depuis son entrée en politique active, ses projets de loi ont été décriés par moult acteurs du réseau et il a la réputation bien ancrée de quelqu’un qui ne fait pas dans la dentelle. Personnellement, j’ai plus tendance à croire la version des démissionnaires – qui n’avaient rien à gagner et tout à perdre en démissionnant – que celle du ministre, qui marche maintenant sur des œufs, qui cherchait à reconduire un ami (le Dr Patrick Harris) dans ses fonctions et dont le dossier représente une première prise contre lui sur le plan politique… Comme il fallait s’y attendre, les partis d’opposition ont réclamé la démission du ministre Barrette.

Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que son ministre de la Santé avait toute sa confiance et que c’est la personne dont le Québec avait besoin pour remettre le réseau de la santé au travail au bénéfice des patients. Mais encore, Philippe Couillard n’avait-il pas réitéré sa confiance à l’égard de son ancien ministre de l’Éducation et « ami », Yves Bolduc, à plusieurs reprises avant que la situation ne devienne intolérable et que M. Bolduc ne cède à une pression politique devenue insoutenable?

Rappelons que les libéraux, alors dans l’opposition, avaient réclamé la démission du ministre de l’Environnement, Daniel Breton, pour ingérence dans le fonctionnement du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE).

Le TAQ dort-il au gaz?

023c8008-a787-42cb-874e-2d34e9c912f6_ORIGINAL
C’est passé un peu sous le radar la semaine dernière, mais la nouvelle demeure néanmoins inquiétante. En effet, on apprenait que l’ex-présidente du Tribunal administratif du Québec (TAQ), Hélène de Kovachich, pourra reprendre ses fonctions d’ici quelques semaines sans pour autant avoir à rembourser un traître sou des quelque 213 500 $ qu’elle a dépensé en fonds publics dans un litige privé l’opposant à son ex-mari.

Patrice Garant, professeur associé à la Faculté de droit de l’Université Laval et véritable sommité en matière de droit administratif, est catégorique : cette affaire entache gravement la crédibilité du TAQ, le plus important tribunal administratif au Québec. Mme de Kovachich avait fait l’objet d’un blâme du vérificateur général du Québec et avait été suspendue sans solde pour une période de six mois. Avouons que ce n’est pas tous les jours qu’un membre de la magistrature écope d’une telle sanction au Québec. Au contraire, c’est plutôt exceptionnel.

Manifestement, Mme de Kovachich s’est placée en situation de conflit d’intérêts, ce qu’avait d’ailleurs conclu le Conseil de la justice administrative avant de recommander sa suspension à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. La justice serait impitoyable envers quiconque parmi nous utiliserait illégitimement des fonds publics à de telles fins personnelles. Déjà que le système de justice au Québec n’a pas très bonne réputation, cette affaire qui sent le poisson pourri à plein nez n’a rien pour donner ou redonner confiance aux justiciables de notre société…

Mme de Kovachich est l’actuelle conjointe de l’ex-premier ministre Pierre-Marc Johnson, 20e au Palmarès du pouvoir : les 25 qui dirigent le Québec et conseiller informel du premier ministre actuel.

Sébastien St-François

PKP et la déroute péquiste

22dabf69-ce58-4f3d-a051-e07068a3fb21_ORIGINAL
Pour l’observateur que je suis, il y a quelque chose de fascinant dans cette course à la chefferie du PQ qui a officiellement pris son envol la semaine dernière. Depuis un sondage Léger-Le Devoir mené en novembre dernier, indiquant qu’un Parti québécois dirigé par Pierre Karl Péladeau devancerait les libéraux dans les intentions de vote, une majorité de militants péquistes continuent à appuyer quasi aveuglément celui qui est pourtant à bien des égards aux antipodes de ce que le PQ représente depuis sa fondation.

D’ailleurs, lors du conseil général de samedi dernier, les attaques se sont multipliées contre celui que Pierre Céré compare à « Citizen Kane », c’est-à-dire à un baron des médias avec des ambitions politiques illustré dans ce classique de 1941. M. Céré est allé même jusqu’à affirmer qu’il s’était fait dire de taire ses critiques pour ne pas écorcher celui [PKP] que plusieurs perçoivent comme un sauveur.

D’aucuns diront que Pierre Karl Péladeau est le mieux placé pour permettre aux purs et durs de la ligue du vieux poêle souverainiste – Bernard Landry en tête – de voir naître le pays du Québec avant de rendre leur dernier souffle. Homme d’affaires aguerri aux yeux de certains, souverainiste convaincu et convaincant selon d’autres, M. Péladeau se présente comme le seul capable de donner un pays aux Québécois. Fort de sa notoriété, il en fait d’ailleurs son unique motivation politique.

Pourtant, depuis ses débuts sur la scène politique, Pierre Karl Péladeau s’avère un politicien plutôt médiocre. Il n’est pas un très bon orateur, il semble incapable d’exprimer une position claire sur divers enjeux – ses réponses se résumant souvent à qu’il faudrait en discuter, y penser, y réfléchir – et il a récemment fait l’objet d’un blâme du Commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale pour être intervenu comme député en faveur de son entreprise.

Il est légitime de se demander qui serait Pierre Karl Péladeau aujourd’hui n’eût été du legs de son père. Dans PKP dans tous ses états, un livre à paraître cette semaine, Pierre Dubuc du SPQ Libre cherche à défaire le mythe du self-made man qui entoure Péladeau. L’auteur affirme : « Dans toutes ces circonstances, PKP a mis ses intérêts personnels au-dessus, voire à l’encontre des intérêts québécois, sous le fallacieux prétexte que ce qui est bon pour Québecor est bon pour le Québec. » Il est vrai que M. Péladeau a toujours su utiliser les rouages de l’État à son avantage. Pensons à l’acquisition de Vidéotron (aujourd’hui la vache à lait de Québecor) et, plus récemment, au financement public accordé à la construction du nouvel amphithéâtre de Québec. Certains lui prêtent maintenant l’intention de vouloir « acheter » le Parti québécois pour le mettre au service de ses ambitions personnelles. Prétention fondée ou pure lubie?

De surcroît, PKP traîne comme un boulet une nette apparence de conflit d’intérêts en ayant à ce jour la mainmise sur le conseil d’administration de Québecor. Chose certaine, avec PKP à sa tête, le PQ prêterait le flanc à une salve d’attaques de toutes parts dans l’arène politique. Aujourd’hui, la ligne est très mince entre un conflit d’intérêt apparent et un conflit d’intérêt réel. Et rien ne laisse entrevoir le jour où M. Péladeau acceptera de vendre ses intérêts dans l’empire médiatique qu’est devenu Québecor. Au contraire, il persiste à vouloir le beurre et l’argent du beurre.

Une autre curiosité est le net écart entre les appuis populaires à Pierre Karl Péladeau et ses appuis officiels au sein de la députation, qui se font plutôt rares : Pascal Bérubé (Matane-Matapédia), Nicole Léger (Pointe-aux-Trembles), Harold Lebel (Rimouski), Maka Kotto (Bourget) et Dave Turcotte (Saint-Jean) – un illustre inconnu. Curieux que celui qui jouit d’une si forte avance dans les sondages ne recueille pas plus d’appuis auprès de ses collègues.

Malgré que Jean-François Lisée a concédé la victoire à M. Péladeau au moment de se retirer de la course, il me semble que les autres aspirants chefs reflètent plus fidèlement ce qu’est le Parti québécois que le « roi des lock-out ». Alexandre Cloutier est certes le mieux placé pour incarner le renouveau. Bernard Drainville est le meilleur tribun du lot. Quant à Martine Ouellet, c’est une femme très appréciée par la base péquiste et une militante convaincue depuis près de trois décennies. Et les trois sont résolument plus à gauche que le meneur, qui tente aujourd’hui de faire croire à l’électorat qu’il épouse les valeurs de la social-démocratie.

Il sera intéressant de voir si un mouvement « N’importe qui sauf PKP » s’organise au cours des prochaines semaines pour freiner les ardeurs de celui qui semble en bonne position de tout rafler. Pauline Marois pensait sûrement avoir réalisé le coup du siècle en présentant son candidat Péladeau dans Saint-Jérôme en mars 2014. Or c’est ultimement ce candidat et son poing indépendantiste levé qui ont mené à la déroute de la campagne électorale de Mme Marois. Une fois installé dans le fauteuil de chef, PKP mènerait-il le Parti québécois tout entier à la déroute? Il y a certainement lieu pour les militants péquistes d’y réfléchir sérieusement avant d’arrêter leur choix.

Pierre Karl Péladeau a fait le saut en politique pour réaliser une seule chose : faire l’indépendance du Québec. Que l’accession du Québec au rang de pays soit économiquement viable ou pas, il continuerait à dormir sur ses deux oreilles grâce à l’empire qu’il a hérité de son père et qu’il a fait fructifier plus d’une fois grâce à l’apport de fonds publics. Je ne suis pas membre du PQ et je ne participerai pas à l’élection du prochain chef péquiste. Il demeure que l’impression que me laisse Pierre Karl Péladeau est celle d’un homme qui cherche coûte que coûte à passer à l’histoire pour autre chose que d’avoir été l’héritier de son père.

Sébastien St-François

Médiocrité, vous dites?

image
D’entrée de jeu, je n’appuie aucunement les propos loufoques du chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, propos repris par plusieurs candidats à la direction de ce parti, selon lesquels Philippe Couillard semble imprégné des valeurs saoudiennes après un séjour de travail dans ce pays – où règne la charia – dans les années 1990. C’était une basse attaque personnelle de la part de M. Bédard et des autres péquistes, alors que le PQ donne nettement l’impression d’un parti sans repères et sans arguments – malgré le « phénomène PKP ». Pierre Karl Péladeau est d’ailleurs un des seuls à ne s’être pas engagé sur cette pente glissante.

D’ailleurs, avec le concours des médias, le PQ et sa non-course à la chefferie commandent beaucoup plus de visibilité et de couverture que ce à quoi on pourrait s’attendre d’un parti politique ayant fait élire une trentaine de députés aux élections d’avril 2014 au terme d’une cuisante défaite.

Il faut dire que le « dossier de l’imprégnation » a vite pris un virage résolument ridicule. Bédard a imploré le premier ministre de ne pas importer le modèle saoudien au Québec, Alexandre Cloutier a accusé le premier ministre d’être devenu tolérant envers les violations des droits de la personne et Bernard Drainville a affirmé que Philippe Couillard avait des affaires non réglées avec le régime saoudien. Cloutier s’est d’ailleurs empressé de se rétracter dès le lendemain matin en entrevue avec l’animateur Paul Arcand du 98,5 FM. Une chance que le ridicule ne tue pas, car plusieurs parlementaires auraient rendu l’âme la semaine dernière sinon…

Cela étant dit, il y a quelque chose de gênant à entendre le ministre de la Santé, le bon Dr Gaétan Barrette, traiter les péquistes de faire preuve d’une « profonde médiocrité ». Le ministre – ex-caquiste devenu libéral – a déploré que les candidats [péquistes] s’étaient lancés dans une course à la chefferie pour éventuellement tenter de former un gouvernement alors qu’ils font tout pour diviser. Il y a un fond de vérité dans cela. Rappelons-nous que le projet de charte du gouvernement Marois avait semé une profonde division au sein de la population québécoise. Mais il en demeure que la médiocrité n’est pas l’apanage du PQ à l’Assemblée nationale du Québec.

Cependant, on ne peut pas dire que le gouvernement libéral dirigé par Philippe Couillard se hisse bien au-dessus de la médiocrité jusqu’à présent. Ce gouvernement compte plusieurs ministres qu’on pourrait qualifier de médiocres. Je pense d’emblée à Lise Thériault (gestion médiocre du dossier des évadés d’Orsainville), David Heurtel (gestion médiocre du dossier des bélugas), Francine Charbonneau (gestion médiocre du dossier du projet de loi 27 sur les « places fantômes » dans les garderies), sans oublier Yves Bolduc (gestion médiocre de pratiquement tous les dossiers qu’il pilote depuis son assermentation comme ministre de l’Éducation). Tous ces ministres médiocres demeurent en poste, le premier ministre ayant réitéré publiquement sa confiance à leur égard malgré leurs bourdes parfois répétées et assez monumentales.

Outre les éléments plutôt médiocres formant son conseil des ministres, Philippe Couillard n’excelle pas lorsqu’il est question du dossier identitaire. Que l’on ait été pour ou contre la charte proposée par le gouvernement Marois, et que l’on soit pour ou contre sa mouture 2.0 maintenant proposée par Bernard Drainville, il faut au moins reconnaître que les députés du PQ ont une vision à proposer aux Québécois en cette matière. Du côté du PLQ, niet. Patrick Lagacé de La Presse a d’ailleurs publié un excellent billet à ce sujet samedi dernier. Dans « PLQ, le parti avant la patrie (encore) », le chroniqueur affirme que « le PLQ ne fait qu’appliquer ces jours-ci la méthode Jean Charest : on essaie de gagner du temps et, bientôt, la tempête passera… » Ce n’est pas pour rien que j’ai déjà qualifié le gouvernement Couillard de gouvernement Charest 2.0 dans un billet antérieur.

En matière identitaire, M. Couillard et ses troupes demeurent très mollasses. Le PLQ ne veut pas s’aliéner sa base électorale dans les communautés culturelles. Il n’en demeure pas moins que la réponse que le premier ministre a servi aux partis d’opposition et à l’ensemble des Québécois depuis Davos laisse à désirer. Les Québécois réclament une prise de position claire de leur gouvernement dans ce dossier, une majorité de 59 % des Québécois sondés se disant favorables à une charte sur la laïcité. Il faudra donc que Philippe Couillard « se branche » une fois de retour de Davos.

M. Barrette, gardez-vous une petite gêne la prochaine fois que vous traitez vos opposants politiques de médiocres. De la médiocrité, il y en a au sein de tous les partis représentés à l’Assemblée nationale, dont le vôtre, et l’ensemble des parlementaires auraient intérêt à relever leur discours de quelques crans, vous y compris.

Sébastien St-François

Avant de pouvoir continuer, il faut d’abord commencer…

actualites_-_sympatico_-_ca_1300_732_50_s_c1_center_center_0_0_1Après la multiplication d’annonces de décisions se soldant par d’importantes ponctions que subiront les Québécois en 2015, le taux des « très insatisfaits » à l’égard du gouvernement Couillard atteint maintenant 30 %, selon le dernier sondage Léger-Le Devoir. Ce pourcentage n’a cessé d’augmenter au cours de l’automne qui se termine.

C’est un fait bien documenté : les gouvernements imposent toujours leurs mesures les plus susceptibles de susciter la grogne populaire en début de mandat. L’électorat ayant tendance à avoir la mémoire courte, nos dirigeants politiques se disent que le bon peuple a le temps d’oublier avant qu’il ne soit convoqué de nouveau aux urnes. Et, dans la pratique, ils ont raison la plupart du temps…

Vendredi dernier, l’animateur Benoit Dutrizac s’est entretenu avec Martin Coiteux, président du Conseil du Trésor. M. Coiteux nous assure que les efforts se poursuivront en 2015 pour ce qui est des nombreux autres dossiers problématiques sur le plan des finances publiques. J’aimerais bien pouvoir le croire. Malgré ma méfiance par rapport aux libéraux lorsqu’il est question de finances publiques, s’il y a un membre de ce gouvernement qui tient un discours relativement cohérent depuis son entrée sur la scène politique, c’est bien M. Coiteux. Il tenait le même discours lorsqu’il était professeur aux HEC.

Il reste à voir ce que le gouvernement libéral nous annoncera en 2015. Cependant, à ce jour, le constat est le suivant : le gouvernement libéral provincial aura alourdi le fardeau fiscal du Québécois moyen et récupéré la totalité des mesures d’allègement annoncées plus tôt cet automne par le gouvernement fédéral. Au net, les Québécois figureront parmi les seuls Canadiens à ne bénéficier aucunement des « cadeaux électoralistes » de Stephen Harper.

Pendant ce temps, le premier ministre Philippe Couillard tient à nous rassurer : « La population du Québec va continuer à s’enrichir ». Euh? Est-ce que j’en ai manqué un bout? Pour continuer à s’enrichir, il faudrait que le Québec commence d’abord par s’enrichir… Mais c’est loin d’être le cas; au contraire, le Québec et les Québécois s’appauvrissent. En effet, on apprenait récemment que le pouvoir d’achat des Québécois avait enregistré son premier recul depuis 1996. Sur le plan collectif, la province de Québec (la neuvième province la moins riche sur dix, devant l’Île-du-Prince-Édouard) recevra la somme record de 9,5 milliards de dollars en péréquation du gouvernement fédéral en 2015-2016.

Par conséquent, avant même d’essayer de nous faire croire que nous sommes en mesure de continuer à nous enrichir, le premier ministre devrait plutôt faire preuve d’une bonne dose de réalisme. La pléthore de mesures annoncées au cours de l’automne ne vise qu’à permettre à la province d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016. C’est tout… Le gouvernement n’a toujours rien fait pour s’attaquer, par exemple, à la dette – dette qui dépasse les 270 G$ et augmente de 25 M$ par jour selon le Compteur de la dette québécoise. Voilà un problème récurrent de taille que nous devons en bonne partie à Jean Charest, le prédécesseur libéral de Philippe Couillard. Que fera le gouvernement à cet égard? Puiser encore et encore dans les poches du contribuable, qui n’en a plus à donner sans mettre en péril son propre équilibre budgétaire?

Malgré les assurances que le premier ministre veut bien nous donner en cette fin d’année, force est de constater que le Québec est encore très loin de redevenir une province prospère et que les générations futures payeront encore très longtemps les abus des dernières décennies. C’est la triste réalité de ce qu’est devenu le Québec au fil des gouvernements péquistes et libéraux s’étant succédés depuis la Révolution tranquille.

Malgré toute cette morosité dans laquelle baigne le Québec, c’est aussi le moment des réjouissances dans la Belle Province, alors souhaitons-nous de joyeuses fêtes! Profitons-en pour décrocher un peu, car la réalité nous rattrapera et reprendra l’avant-scène assez vite au retour du traditionnel congé de fin d’année. Souhaitons-nous une année 2015 moins austère et plus optimiste que fut 2014!

Sébastien St-François

Monde municipal : une refonte en profondeur s’impose

B4rUnj3IQAA-UYN.jpg largeSource : tvrs.ca

Le diable est aux vaches dans le monde municipal. Après avoir soulevé l’ire des syndiqués municipaux en faisant adopter son projet de loi 3 sur les régimes de retraite, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, s’est attiré les foudres des élus municipaux la semaine dernière en fustigeant publiquement la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, et le maire de Laval, Marc Demers. Le ministre juge les hausses de taxes décrétées par ces derniers exagérées et menace les fautifs de sanctions. Qui a raison, qui a tort? Il est difficile d’imputer l’entièreté du blâme à l’une ou l’autre des parties, mais une chose est certaine : c’est toujours le contribuable qui finit par payer… Dans ce texte, je vais me concentrer sur la situation de l’agglomération de Longueuil étant donné que j’y habite. Cependant, mes commentaires s’appliquent à la grandeur du Québec.

Dans ce débat, il faut garder à l’esprit une prémisse de base : les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec. En fait, ils gagnent près de 40 % de plus que leurs homologues provinciaux. Ce sont les contribuables qui font les frais de ces conditions de travail extrêmement généreuses. Par exemple, à Boucherville – municipalité de 42 000 âmes que j’habite depuis 1977 –, le directeur général de la Ville reçoit des émoluments et avantages sociaux qui frôlent, voire dépassent, les 200 000 $ – sans parler du régime de retraite doré qui l’attend quand il tirera sa révérence. Raisonnable pour ce que certains qualifieront de « ville dortoir »? La masse salariale des municipalités est très élevé. Viennent ensuite les projets de toutes sortes qui sont chers à nos élus. Toujours à Boucherville, c’est par millions que l’argent des contribuables se dépense sur des projets très accessoires dans le contexte actuel. Et, dans le cas de ma ville, ces projets sont souvent payés au comptant afin de museler les citoyens contestataires. Il faut savoir qu’en vertu de la Loi sur les cités et villes, les élus peuvent dépenser les surplus comme bon leur semble sans que les citoyens puissent s’y opposer. Est-ce normal dans un système qui se veut et se dit démocratique?

Pendant ce temps, le déficit d’entretien de nos infrastructures publiques se creuse d’année en année. Chez nous, le service du génie prône la réfection complète (conduites d’aqueduc et d’égout, fondation et chaussée) d’un minimum de cinq kilomètres de rues annuellement. Or, d’après les chiffres que j’ai obtenus de la direction du greffe de la Ville de Boucherville, sur une période de six ans (de 2009 à 2014 inclusivement), très exactement 14,678 kilomètres ont été refaits. Ce déficit de 15,322 kilomètres s’ajoute à celui d’environ 40 kilomètres qui existait au début de 2009. Quand on sait combien coûte la réfection complète d’un mètre linéaire de rue, c’est une facture totalisant des dizaines de millions de dollars qui se monte sous nos pieds. Et le cas de Boucherville est loin d’être un cas d’espèce; l’ensemble des municipalités du Québec accusent un déficit à ce chapitre.

Vient ensuite la situation de l’agglomération de Longueuil. En 2016, ce monstre bureaucratique « fêtera » ses dix années d’existence. Cette structure qu’est l’agglomération coûte de plus en plus cher aux contribuables qui la financent. Pour 2015, son budget s’établit à 334,5 M$, en hausse de 1,9 % par rapport à 2014. Cette nouvelle hausse s’ajoute à des hausses annuelles souvent supérieures à l’inflation depuis 2006. Pour Boucherville, cela se traduit par une quote-part de 47,5 M$, en hausse de 2,9 % par rapport à 2014.

Jeudi dernier, trois des quatre maires des villes liées à Longueuil (Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert) ont fait une sortie publique pour dénoncer le manque de transparence dont ils se jugent victimes. Ces trois maires, dont Martin Murray de Saint-Bruno qui est comptable de formation, avancent que le partage des dépenses mixtes entre la ville centre (Longueuil) et les villes liées serait illégal et aurait coûté aux contribuables de ces dernières 40 M$ en sept ans. Si je reviens à l’exemple de Boucherville, alors que nous ne représentons qu’environ 10 % de la population de l’agglomération, la quote-part que nous devons verser annuellement aux coffres de l’agglo a souvent dépassé les 15 %. C’est ça, l’équité en matière de fiscalité municipale?

Étonnamment, le maire de Boucherville, Jean Martel, a décidé d’aller à l’encontre de ses trois homologues et a plutôt permis l’adoption du budget 2015 de l’agglomération. Pour justifier sa décision de se ranger une fois de plus derrière Longueuil, il invoque que l’agglomération fonctionne et permet de belles réalisations, comme les Jeux du Québec. Oui, elle fonctionne, mais à quel prix? En prenant le parti de la mairesse St-Hilaire, j’en conclus donc que Jean Martel ne reconnaît pas l’iniquité dont ses concitoyens sont victimes et juge parfaitement normal que les contribuables de Boucherville essuient des hausses de leur fardeau fiscal imputables au fonctionnement de l’agglomération de Longueuil qui sont plus souvent qu’autrement supérieures à l’inflation. Je trouve cela bien désolant venant d’un maire qui dit prôner une « taxation limitée et responsable » depuis qu’il est en poste. Quant on sait que la quote-part représente annuellement environ 45 % du montant (après impôt) que les contribuables doivent payer en taxes municipales à la Ville, on est en droit de s’attendre à ce que le maire prenne le parti des citoyens dont il est censé défendre les intérêts plutôt que celui d’une mairesse somme toute assez dépensière.

Alors, entre le ministre Pierre Moreau et la mairesse St-Hilaire, qui croire? Certes, Mme St-Hilaire a parfaitement raison lorsqu’elle déclare que les élus municipaux ont la légitimité démocratique de gérer leur ville et que c’est aux citoyens qu’ils représentent de juger de leur rendement. Par contre, M. Moreau a tout autant raison d’affirmer que les municipalités disposent d’une évaluation foncière qui augmente, qu’elles dégagent des surplus (parfois énormes) et que la croissance de leurs dépenses augmente – tout comme leur assiette fiscale. Pour le contribuable, ce débat aboutit plus souvent qu’autrement au même résultat : un compte de taxes qui ne cesse d’augmenter et qui représente un fardeau de plus en plus lourd.

Une chose demeure certaine. Comme ce fut le cas avec les commissions scolaires en 2013 sous le gouvernement Marois, peu importe qui remporte ce bras de fer politique entre Québec et les municipalités, c’est au contribuable municipal qu’on refilera une fois de plus la note. Et c’est pour cette raison qu’une refonte en profondeur du fonctionnement et des priorités de nos municipalités s’impose. Il est temps de faire le ménage et d’arrêter de pelleter dans la cour des contribuables.

Sébastien St-François

J’aimerais bien vous croire, mais…

20140325-120011-g

« Le chemin qui reste à faire ne sera pas fait par les citoyens. Il sera fait par le gouvernement dans son périmètre de dépenses. » M. Couillard, j’aimerais bien vous croire, mais vous n’êtes pas crédible. Comment puis-je croire quelqu’un qui s’était engagé formellement en campagne électorale à ne pas hausser les tarifs de garderie plus que l’inflation, après avoir décrié la hausse à 9 $ prévue par le PQ, pour ensuite annoncer que ces tarifs seront dorénavant modulés jusqu’à hauteur de 20 $ par jour? Votre promesse pouvait bien ne pas tenir la route, mais vous avez néanmoins choisi de la faire. Qu’on se dise les vraies choses. Vous avez remporté votre pari électoral en bon libéral, c’est-à-dire en dupant l’électorat – comme votre prédécesseur libéral, Jean Charest, a réussi à faire à plus d’une reprise pendant son règne. « Ensemble on s’occupe des vraies affaires » était votre slogan électoral. Pourquoi alors n’avez-vous pas choisi la voie de la franchise au lieu de raconter n’importe quoi pendant les élections du printemps dernier? Parce que c’est ainsi qu’on gagne des élections, me direz-vous probablement…

À l’instar de plusieurs de mes concitoyens qui en ont marre de financer contre leur gré cet État tentaculaire qu’est le nôtre, je reconnais d’emblée que le gouvernement du Québec doit faire le ménage, mais il doit aussi le faire dans ses propres rangs, dans ses propres structures, dans ses propres programmes. Tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant, c’est pelleter dans la cour des contribuables, des contribuables qui figurent déjà parmi les plus lourdement imposés et taxés de toutes parts sur le continent. C’est ainsi que vous comptez stimuler notre économie qui tourne au ralenti, en étouffant encore un peu plus cette classe moyenne dont vous prétendez défendre les intérêts?

En véritable vautour, vous vous êtes vite accaparé toute la marge de manœuvre récemment accordée aux familles canadiennes par le Plan d’action économique du gouvernement fédéral. Lorsque j’entends la publicité du gouvernement fédéral vantant que les familles auront dorénavant plus d’argent dans leurs poches, je ne peux m’empêcher de penser « Sauf au Québec… ». Vous avez même l’odieux d’aller gruger dans l’une des très rares baisses de tarifs dont les Québécois devaient bénéficier dès 2016 en haussant la taxe sur l’assurance-automobile alors que la SAAQ a récemment annoncé une baisse de la prime d’assurance-automobile attribuable à l’amélioration considérable du bilan routier au cours des dernières années…

Pendant ce temps, les abus de fonds publics se perpétuent. Juste au cours de la dernière semaine, nous avons appris que la subvention pour le transport d’élèves coûterait 1 M$ en trop et que d’anciens hauts dirigeants de l’Université Laval ont droit à un traitement très généreux bien après qu’ils sont retournés enseigner dans les salles de classe. D’ailleurs, est-il normal qu’un recteur d’université gagne considérablement plus que le premier ministre du Québec pour administrer une université? Ce ne sont que deux petits exemples, M. Couillard, dans une mer de dépenses abusives dont les contribuables font encore les frais alors que vous osez alourdir le fardeau fiscal de familles québécoises qui peinent déjà à boucler leurs fins de mois. En cette fin de session parlementaire, la Coalition avenir Québec chiffre à 1300 $ par année le fardeau de vos mesures d’austérité. François Legault avait raison : mal de bloc pour les Québécois depuis l’élection d’un gouvernement libéral…

Je sais que vous refusez de parler d’austérité, M. Couillard, mais lorsque vous choisissez de piger dans les poches des contribuables pour assainir votre situation budgétaire, vous faites preuve d’austérité, car vos actions se soldent par moins de revenu disponible pour le commun des mortels. Vous qui avez promis de faire les choses différemment, vous faites exactement comme celle et ceux qui vous ont précédé.

Aussi, que dire de certains des ministres que vous avez nommés au début de votre mandat? Je pense d’emblée à votre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui ne connaît visiblement rien du ministère important qu’il est censé diriger. Un ministère aussi important que celui de l’Éducation (deuxième poste budgétaire en importance après celui de la Santé) ne devrait pas être un prix de consolation pour remercier un fidèle lieutenant d’avoir accepté de céder sa place à l’opportuniste Gaétan Barrette. Que vous l’avez nommé à ce poste en premier lieu était surprenant; qu’il soit toujours en poste est carrément scandaleux et met en question votre jugement politique. Notre système d’éducation et nos enfants ne méritent-ils pas mieux que M. Bolduc, un homme qui n’a visiblement pas les compétences nécessaires pour être ministre de l’Éducation?

Vous avez beau former un gouvernement majoritaire confortablement aux commandes pour encore plusieurs années, vous perdez rapidement des plumes et de la crédibilité aux yeux de bien des Québécois. Vous-même avez profité du système lorsque vous avez touché votre prime de départ en quittant votre poste de ministre de la Santé alors qu’un emploi bien rémunéré – que vous avez négocié « pendant les heures de bureau – vous attendait dans le privé. Même constat dans le cas de votre fidèle compagnon d’armes, Jean-Marc Fournier, lorsqu’il a quitté en plein mandat pour aller travailler pour SNC Lavalin. Que dire du Dr Bolduc et de sa prime de 215 000 $ comme médecin dans l’opposition… Oui, tout cela était et demeure légal en vertu des lois votées par les parlementaires (souvent pour les parlementaires), mais qu’en est-il de la moralité de telles primes à la lumière des circonstances dans chaque cas et de ce vous imposez maintenant aux Québécois? Deux poids deux mesures, encore une fois…

Ensuite, vous vous attendez à ce que le bon peuple vous regarde aller sans broncher, sans se sentir floué et sans tomber dans le piège d’un cynisme rampant, qui agit tel un cancer sur la crédibilité de nos institutions publiques et de leurs acteurs politiques? Faites amende honorable, prêchez par l’exemple, faites le ménage dans vos propres rangs et peut-être que je serai en mesure de vous croire lorsque vous affirmez que tout ce que vous faites depuis votre entrée en fonctions a pour but de redresser les finances publiques de façon durable pour le mieux-être de mes enfants (et de mes petits-enfants, si j’ai le bonheur d’en avoir un jour). Jusqu’à maintenant, vous échouez le test de la crédibilité…

Sébastien St-François

Couillard passé en mode Charest 2.0

Premier Jean Charest during presser at Hopital Cité de la Santé.
Lorsqu’il était candidat à la direction du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard avait des idées plein la tête. D’ailleurs, dans sa tentative de séduction des membres du PLQ, il a publié un ensemble de propositions dans un recueil intitulé Pour un Parti libéral renouvelé. L’heure était au renouveau d’un branding entaché par neuf ans de pouvoir sous Jean Charest marqués par de multiples allégations de corruption et de collusion. (D’ailleurs, les médias dévoilaient vendredi dernier que l’UPAC s’intéresse maintenant à nul autre que M. Charest. Que ce même parti forme aujourd’hui un gouvernement majoritaire jusqu’en 2018 a quelque chose de surréaliste.)

On peut y lire ceci, dès la première page dudit recueil : « Je vous soumets donc ma vision, […] dans le but de bâtir un Parti au Programme politique renouvelé et au fonctionnement démocratique et participatif plus éthique, compétent et novateur. Un Parti à la fois fidèle à ses valeurs historiques et inscrit dans la modernité, […] et rallie toutes les générations et les régions. » Les intentions sont louables, mais encore faut-il qu’elles se traduisent en actions concrètes. Philippe Couillard s’éloigne de ses engagements avec chaque semaine qui passe et la confiance de la population à son égard s’amenuise déjà beaucoup.

En effet, à regarder aller le PLQ depuis qu’il a été porté au pouvoir en avril dernier, force est de constater que nous sommes très loin des grands énoncés prometteurs de M. Couillard alors qu’il était en mode séduction. J’ai la nette impression que ce que les Québécois ont élu plus tôt cette année n’est rien d’autre qu’un gouvernement Charest 2.0. Pour citer Gilles Proulx, à l’époque où il faisait encore de la radio, c’est un autre ouarnement que les Québécois ont élu en décidant de reconduire les libéraux au pouvoir après seulement 18 mois de purgatoire…

La vision du Parti libéral du Québec pour la société québécoise semble se limiter à se prendre pour le natural governing party auquel devrait revenir d’office le mandat de diriger le Québec. Les libéraux ont soif de pouvoir, tout simplement. Au cours de la dernière campagne électorale, Philippe Couillard a promis mer et monde : 250 000 jobs sur cinq ans, une nouvelle façon de gouverner, une rupture avec le passé, un gouvernement éthique et transparent, l’allègement du fardeau de la classe moyenne et j’en passe… En réalité, Philippe Couillard et ses stratèges ont eu recours à la bonne vieille recette libérale fondée sur la duperie pour reprendre les clés du pouvoir.

Je suis toujours en attente de mesures qui permettront d’alléger le fardeau fiscal des Québécois et de réduire la taille de l’État. Moduler les tarifs de garderie? Cela alourdit le fardeau de certaines familles qui paient déjà beaucoup d’impôts et de taxes de toutes sortes et ouvre tout grand la porte à la modulation d’autres tarifs. Imposer des compressions de 300 M$ aux municipalités pour 2015? Où pensez-vous que les municipalités iront chercher le manque à gagner? Dans nos poches! La vague simili-réforme du réseau des commissions scolaires annoncée la semaine dernière par le flegmatique Yves Bolduc? Le ministre n’a même pas été en mesure de chiffrer les économies qui découleraient de sa prétendue réforme. Et les péquistes peuvent bien s’insurger, ils font pareil lorsqu’ils sont au pouvoir. Rappelez-vous les fusions municipales forcées et les « économies d’échelle » que Louise Harel défendait bec et ongle. On les attend toujours…

Maintenant, la commission présidée par Lucienne Robillard s’apprête à recommander un grand ménage dans les milieux municipal et agricole. Dans sa quête d’atteindre le déficit zéro en 2015-2016, Québec pellette une fois de plus dans la cour des autres. Comment pensez-vous que les municipalités et les agriculteurs combleront leur manque à gagner? En haussant les taxes municipales et le prix des denrées! Rien n’est fait pour réduire la taille de l’État québécois pendant ce temps, et ayez l’assurance que votre facture d’impôt provincial ne baissera pas pour autant. On ne fait que déplacer les problèmes budgétaires ailleurs, mais ce sont toujours les Québécois qui finissent par en payer plus et plus encore.

Il y a un manque criant de leadership politique au Québec, de femmes et d’hommes inspirés d’une réelle vision d’avenir et ayant le courage de lui donner forme pour améliorer le Québec, lui redonner sa fierté et le sortir de son marasme économique et financier. Qu’on soit en accord ou non avec ce qu’ils nous ont légué, les Jean Lesage, Robert Bourassa et René Lévesque de ce monde avaient un projet de société bien concret pour le Québec et leurs projets respectifs ont marqué l’Histoire. On ne peut en dire autant des politiciens ayant gouverné le Québec au cours de l’histoire récente…

En termes de revenu disponible, les Québécois arrivent aujourd’hui au neuvième rang canadien, derrière toutes les provinces sauf l’Île-du-Prince-Édouard et derrière les trois territoires. Voilà le véritable legs des ouarnements des dernières années, qui appliquent tous le même faux remède à nos maux collectifs. Plutôt que réduire la taille de l’État à la mesure de notre capacité de payer collective, vu leur manque de courage politique et de vision, ils se contentent d’en puiser toujours plus dans les poches des contribuables par des mesures détournées (hausses de tarifs et de droits de toutes sortes, pelletage dans la cour d’autres instances ayant un droit de taxation). Personne n’ose s’attaquer au réel problème : un État tentaculaire qu’on n’a plus les moyens collectifs de se payer.

Le Québec a besoin d’un gouvernement. Les Québécois ont besoin d’un leader politique qui aura le courage de donner l’heure juste avant d’être élu plutôt que de promettre n’importe quoi pour se faire élire, qui présentera un plan clair et réaliste à l’électorat et qui est inspiré d’une véritable vision pour remettre le Québec sur les rails. De toute évidence, Philippe Couillard n’est pas ce leader. Le Québec ne peut plus se contenter de demi-mesures, de simulacres de réformes… L’État québécois est trop gros, trop interventionniste et trop gourmand. De nouvelles solutions doivent être envisagées, car le Québécois moyen étouffe, l’économie québécoise souffre et le Québec sombre. L’État providence agonise et une nouvelle génération d’acteurs politiques prêts à mettre fin à ses souffrances se fait cruellement attendre.

Mais pour qu’une nouvelle vision politique puisse naître, prospérer et prendre sa place au Québec, les Québécois ont aussi un rôle à jouer. Tant qu’ils ne seront pas prêts à faire face à la réalité – à reconnaître que le modèle québécois est cassé et que les acteurs traditionnels que sont le PLQ et le PQ font partie du problème plutôt que de la solution –, les ouarnements qui gouvernent sans vision se succéderont et les Québécois continueront à s’appauvrir – individuellement et collectivement.

Sébastien St-François