Archives pour la catégorie Politique provinciale

La Formule E du PLQ?

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Retour à l’automne 2017 et à la campagne électorale municipale à Montréal. À mesure que la campagne avançait, le maire sortant, Denis Coderre, s’embourbait de plus en plus, principalement dans le controversé dossier de la Formule E. Ayant choisi de cacher les vrais chiffres aux Montréalais et de défendre coûte que coûte sa décision d’accueillir cet événement dans les rues de Montréal, il a fini par mordre la poussière au profit de Valérie Plante. Mme Plante incarnait [alors] la franchise et la fraîcheur, tandis que Coderre était dépeint comme un personnage hautain et arrogant ainsi qu’un « vieux politicien ». On a fini par apprendre plus tôt ce mois-ci que l’édition 2017 de la Formule E laisse la Ville de Montréal avec un déficit de 13,6 millions de dollars. De toute évidence, la Formule E n’a pas été le grand succès qu’a prétendu Denis Coderre jusqu’à la toute fin. Lire la suite

Le PLQ a-t-il fini par avoir raison de Benoit Dutrizac?

8bfac099-61c4-4265-81f5-7d4cf72a2096_ORIGINALPhoto prise du Journal de Montréal

J’écoute le 98,5 FM depuis les débuts de la station, en 2004, et Benoit Dutrizac faisait partie de mon quotidien les jours de semaine à partir du moment où il a remplacé Gilles Proulx au micro en août 2008. Lorsqu’on travaille en solo toute la journée devant un ordinateur comme je le fais en ma qualité de traducteur agréé en pratique privée, les animateurs de la radio parlée deviennent en quelque sorte des « collègues de travail ». En effet, Arcand, Maréchal, Dutrizac et Houde ainsi que leurs collaborateurs et leurs invités m’accompagnent pendant mes nombreuses heures passées au clavier jour après jour depuis des années. Lire la suite

Sessionem horribilis!

parti-liberal-du-quebecSource : Le Devoir

Bernard Landry, qui aimait s’adresser parfois au peuple en latin à l’époque où il occupait le poste de premier ministre du Québec, utiliserait peut-être ces mots pour qualifier les derniers mois sur la scène politique québécoise, marqués notamment par le départ soudain de Pierre Karl Péladeau, l’homme que M. Landry voyait comme celui qui donnerait enfin aux Québécois leur pays… Lire la suite

Renoncera-t-il au reçu d’impôt?

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Ça ne doit pas aller très bien au sein du caucus du Parti libéral du Québec depuis quelque temps. Voilà qu’un quatrième député libéral démissionne en l’espace de 17 mois. En effet, mardi, le député de Beauce-Sud, Robert Dutil, élu pour la première fois en 1985 et député pendant 16 ans, a annoncé qu’il quittait la vie politique pour aller travailler dans le privé (pour Canam-ponts, entreprise dirigée par son fils). Ce faisant, il provoque la tenue d’une autre élection partielle à un coût de 500 000 $ à 600 000 $ pour les contribuables québécois – en pleine période dite d’austérité où nul autre que le premier ministre, Philippe Couillard, avoue enfin que ses compressions affectent les services à la population. Il était temps qu’il reconnaisse les impacts des mesures que son gouvernement impose partout depuis maintenant des mois.

Depuis la dernière élection générale, quatre députés libéraux ont quitté leurs fonctions et décidé, souvent odieusement, de toucher leur « prime de départ » : Yves Bolduc (à force de se mettre le pied dans la bouche et de démontrer son incompétence), Gilles Ouimet et Marguerite Blais (frustrés de ne pas être ministres) et maintenant Robert Dutil. Dans le cas de M. Dutil, il s’est engagé à faire don de sa prime de départ de 150 000 $ [!!!] à l’organisme sans but lucratif la Maison Catherine de Longpré, qui dispense des soins palliatifs dans la région Beauce-Etchemins. Un geste noble par rapport aux autres démissionnaires libéraux, mais renoncera-t-il au reçu d’impôt auquel ce don lui donnera droit pour autant?

La situation actuelle devient de plus en plus intenable pour Philippe Couillard, qui déchire sa chemise sur la place publique après chaque démission, mais semble tout faire pour maintenir le statu quo. Rappelons-nous que, dans la foulée de la démission d’Yves Bolduc, il a imploré son ministre démissionnaire [incompétent] de renoncer à sa prime. Ensuite, silence radio jusqu’aux prochaines démissions. Idem suivant la démission de M. Ouimet et de Mme Blais. Toujours rien… Pourtant, le Parti Québécois (dont la démissionnaire Élaine Zakaïb a renoncé à sa prime et le démissionnaire Marjolain Dufour a choisi de consulter le commissaire à l’éthique avant d’accepter la sienne), la Coalition Avenir Québec (dont les deux démissionnaires – Christian Dubé et Gérard Deltell – ont renoncé à leur prime) et Québec Solidaire sont prêts à adopter une loi interdisant le versement d’indemnités de transition aux députés qui démissionnent en cours de mandat autrement que pour des raisons de santé ou de famille jugés valables par le commissaire à l’éthique. Un projet de loi est pourtant prêt : Bernard Drainville s’en était chargé lorsqu’il était ministre des Institutions québécoises. Qui en a alors bloqué l’adoption sous le gouvernement Marois minoritaire? Le PLQ de Philippe Couillard…

M. Couillard, le bon peuple en a marre de vos tergiversations dans ce dossier. Par ailleurs, vous êtes bien mal placé ici, ayant vous-même touché votre prime au moment de quitter la vie politique en 2008 après vous être négocié un job lucratif dans le secteur privé alors que vous étiez ministre de la Santé. Vous prenez vraiment les Québécois pour des valises à ce point? Il est grand-temps d’agir. Vous avez perdu assez de temps à cet égard depuis votre élection!

« Le premier ministre Philippe Couillard se dit prêt à déposer un projet de loi pour éliminer les allocations de transition pour les élus démissionnaires. Toutefois, ce texte devra également traiter des autres dispositions contenues dans le rapport indépendant de l’ex-juge Claire L’Heureux-Dubé, qui propose également des hausses de salaires pour les députés. » Monsieur Couillard, vous manquez de dignité pour être premier ministre et vous riez de ceux que vous appauvrissez depuis votre entrée en fonctions. Vous sabrez partout – sauf dans le sacro-saint rang de la classe politique, qui appauvrit le Québec. Bien difficile de respecter un premier ministre et le gouvernement qui dirige en pareilles circonstances. Je me demande même si Amir Khadir a raison de considérer que l’élection du gouvernement que vous dirigez doit être annulée. Bref, j’ai de plus en plus honte d’être Québécois. Le Québec sombre de plus en plus au fil des gouvernements libéraux et péquistes qui se succèdent depuis un demi-siècle et votre gouvernement suit pitoyablement dans la même veine!

Et si on faisait payer au parti du démissionnaire le coût de la tenue de l’élection partielle qu’il provoque? Après tout, quelqu’un qui démissionne en cours de mandat – qu’il a sollicité et que le peuple lui a accordé – pour des raisons opportunistes ou carriéristes ne devrait-il pas être tenu responsable des coûts que sa décision engendre? Le « simple travailleur » qui démissionne n’a même pas droit à l’assurance-emploi, à laquelle il cotise pourtant… Mais encore, jamais Philippe Couillard ne prendra une telle mesure. L’austérité, c’est pour les autres, c’est pour le bon peuple.

De toute évidence, il est là pour ses propres intérêts et non pour les intérêts des Québécois, qui ont été suffisamment nombreux à se laisser duper par ses promesses électorales pour lui permettre de régner en roi et maître sur la neuvième province la plus pauvre au pays jusqu’en 2018. Va-t-il falloir que les Québécois se révoltent comme les carrés rouges l’ont fait en 2012 pour que, enfin, leur gouvernement cesse d’abuser d’eux et se mettent à leur service? Dans l’immédiat, il faudrait minimalement que les électeurs qui seront appelés à voter dans une partielle prochainement envoient un message clair à nos bons libéraux et élisent un candidat autre que libéral pour les représenter jusqu’à la fin du mandat en cours!

Sébastien St-François

Recette parfaite pour affaiblir le Québec de demain

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Je suis père d’un garçon de 7 ans (en 2e année du primaire) ainsi que beau-père de deux garçons de 10 ans (en 5e année du primaire) et de 14 ans (en 2e année du secondaire). L’état du réseau public de l’éducation m’interpelle donc au même titre qu’il interpelle l’ensemble des parents québécois ayant des enfants d’âge scolaire. Or, il y a lieu de s’interroger sur les réelles intentions du gouvernement Couillard qui semble considérer l’éducation comme rien de plus qu’un vilain cahier de charges. En effet, assistons-nous à un saccage de l’éducation publique dans la Belle Province et le gouvernement libéral cherche-t-il sournoisement à pousser les Québécois vers le privé, comme il le fait de façon tout aussi sournoise en santé? Il y a certainement lieu de se poser des questions vu l’état actuel des lieux.

Pourtant, Philippe Couillard est un homme très instruit et devrait comprendre l’importance capitale de l’éducation pour une société qui se dit moderne et ouverte sur le monde. Aurait-il perdu de vue que la prospérité future d’une société quelle qu’elle soit passe nécessairement par une éducation accessible, universelle et de qualité? Est-il conscient qu’asphyxier le système chargé de former la main-d’œuvre de demain n’augure rien de bon pour une province qui figure déjà en queue de peloton sur les plans de la richesse et de la prospérité, qui doit déjà composer avec les défis qu’impose le vieillissement de sa population et qui produit déjà un lot alarmant de décrocheurs année après année, particulièrement parmi les garçons?

Il y a quelques jours, j’ai reçu par courriel une missive du conseil d’établissement de l’école (publique) que fréquente mon fils. Le titre choisi – L’école gratuite, mais à quel prix? – est certes alarmiste, mais il en demeure qu’on nous annonce une réduction de 20 % du budget de fonctionnement de l’école pour 2015-2016 et que toute coupure dorénavant imposée à la commission scolaire se répercutera directement sur les services aux élèves. Toujours selon cette lettre, les frais administratifs de cette commission scolaire (des Patriotes) figurent parmi les plus bas au Québec. Curieusement, mon compte de taxes scolaires ne cesse d’augmenter d’année en année… Quelque chose ne fonctionne pas dans l’équation.

Je suis généralement satisfait de la qualité des services dont bénéficie mon fils à cette école publique. Jusqu’à présent, il réussit bien. Mais j’ai la « chance » d’avoir les moyens d’inscrire mon garçon au privé si jamais les choses tournent mal. Je me mets à la place des parents qui n’ont pas les moyens de payer une éducation privée à leurs enfants ou dont les enfants éprouvent des troubles d’apprentissage pour lesquels ils ne reçoivent pas les services appropriés. Ces parents et leur progéniture sont pris en otage par un système (gouvernement et commissions scolaires) qui est en train de perdre de vue que l’éducation représente une mission fondamentale de l’État et que le Québec a fait le choix d’assurer une éducation publique de qualité à l’ensemble de ses citoyens en devenir pour justement se sortir de la Grande Noirceur.

À l’école que fréquente mon beau-fils de 10 ans, les compressions ont eu un effet ridicule : les techniciennes du service de garde ne chauffent plus les plats des enfants au dîner, car il n’y a plus de micro-ondes dans les classes! L’école, dit-elle, n’a plus les moyens et les frais de garde ont pourtant augmenté considérablement cette année. Quant à notre plus vieux, qui doit reprendre sa 2e secondaire, il fut mal catégorisé par l’école il y a deux ans et n’a donc pas eu accès aux services prévus pour les enfants atteints d’un TDAH. Par conséquent, il a échoué la majorité de ses cours, après avoir réussi sa 1re secondaire de justesse.

À l’autre extrémité du parcours scolaire, la situation n’est guère plus reluisante dans les universités du Québec. De citer Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal, « On a des diplômes “made in Québec”, mais bientôt “good for Québec only” ». Les carrés rouges ont bien pu obtenir gain de cause sur le gouvernement Charest en 2012, mais – pour citer le chroniqueur Yves Boisvert de La Presse – « l’université québécoise perd du terrain à la vitesse grand V » depuis. Avec des droits de scolarité se chiffrant à 47 % de la moyenne canadienne, nous sommes en train de creuser l’écart qui nous sépare du ROC en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Nos universités sont sous-financées depuis des années, et les nouvelles compressions imposées au réseau universitaire ne feront qu’accroître cet écart et miner davantage notre capacité collective de nous tailler une place dans une économie mondiale où règne une concurrence féroce. Par ailleurs, encore aujourd’hui, l’État trouve les moyens de verser des salaires faramineux aux rectrices et recteurs chargés de la gestion des universités québécoises. Trouvez l’erreur…

À quoi donc ressemblera le Québec de demain dans l’économie du savoir qu’est la nôtre et celle de nos voisins? Des élèves du primaire et du secondaire instruits à moitié, des finissants universitaires titulaires d’un diplôme qui « ne vaut pas grand-chose » par rapport aux diplômes décernés ailleurs sur la planète… Au rythme où vont les choses, le Québec suit la recette parfaite pour créer une société de demain affaiblie et encore plus isolée dans le monde industrialisé.

Je n’ai pas une optique « gauchiste » lorsqu’il est question d’assainir et de bien gérer les fonds publics. Un grand ménage dans les finances publiques du Québec s’impose à bien des égards, car la situation actuelle est intenable à long terme, voire à moyen terme. Mais, en matière d’éducation, le gouvernement Couillard fait fausse route. L’éducation ne doit pas être vue comme une dépense, mais comme un investissement. Un investissement dans l’avenir d’un peuple qui aspire à améliorer son sort plutôt qu’à s’appauvrir. Il y a donc lieu que les Québécois cessent d’être insouciants et exigent que l’État s’acquitte adéquatement de l’une de ses missions fondamentales. En matière d’éducation, le Québec ressemble de plus en plus à un pays du Tiers-Monde et les impacts que l’actuelle asphyxie du réseau public aura sur son avenir collectif ne pardonneront pas. Enfin, à quoi bon un gouvernement qui se décharge progressivement de ses missions fondamentales?

Sébastien St-François

Pour une austérité équitable

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Que les péquistes ou les libéraux forment le gouvernement, les Québécois peuvent miser sans crainte sur une constante : la flopée de nominations partisanes qui suivent l’élection d’un nouveau gouvernement à l’Assemblée nationale. Ces nominations partisanes à la tête de sociétés d’État ou d’agences gouvernementales de toutes sortes servent à remercier pour « services rendus » des candidats battus, d’ex-élus et d’autres amis du pouvoir.

Peu après son élection comme première ministre en 2012, Pauline Marois avait nommé entre autres Nicolas Girard (battu aux élections) à la tête de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) et l’ex-député/ministre Sylvain Simard à la présidence du conseil d’administration de la Société des alcools du Québec (SAQ) – délogeant du coup respectivement Joël Gauthier et Norman Hébert Jr., tous deux d’allégeance libérale. À l’époque, le PLQ avait décrié ces nominations bien que les libéraux n’aient aucune leçon à donner en la matière. Rappelons que les années Charest ont été marquées par plus de 500 nominations partisanes.

C’est maintenant au tour des libéraux de se prêter au jeu. En effet, nous avons appris au cours des derniers jours que Nicolas Girard a été remercié et sera remplacé par Paul Côté, ancien dirigeant de VIA Rail. M. Girard passera à la caisse et aura droit à quelque 100 000 $ pour sa transition. Quant à Sylvain Simard, il sera remplacé par Johanne Brunet, professeure aux HEC, deux ans et demi avant la fin de son mandat de cinq ans. Lui aussi recevra sûrement une indemnité aux frais des contribuables.

M. Couillard, je m’adresse à vous. Loin de moi de vous demander de mettre fin aux nominations partisanes. Je sais très bien que cette pratique est profondément ancrée dans les gènes du Parti libéral du Québec, comme elle l’est autant dans ceux du Parti Québécois. Vos deux partis s’échangent le pouvoir depuis des décennies et, lors de chaque changement de gouvernement, les contribuables québécois assistent – impuissants – à la distribution de ces cadeaux politiques.

Cependant, il y a un problème. Vous coupez partout et dans tout depuis votre arrivée au pouvoir. Le fardeau du contribuable moyen augmente sous votre règne, tandis que l’État réduit son panier de services essentiels (notamment en éducation). Je n’ai rien contre le dégraissage de l’État québécois, mais les principes d’équité les plus fondamentaux doivent être appliqués dans une société qui se targue d’être parmi les plus justes et progressistes sur la planète.

Or, depuis avril 2014, vous n’avez fait aucun ménage dans vos propres rangs – celui des élus, des ex-élus et des amis de la classe politique. Permettez-moi de vous rappeler que nous – peuple québécois – sommes toujours en attente de la proposition de votre collègue et bon ami Jean-Marc Fournier pour régler le problème des fonds de pension des députés de l’Assemblée nationale – déficitaires de près de 200 M$…

En cette ère dite d’austérité entamée sous votre gouverne, le moment est plus que venu de sabrer dans le buffet des allocations de transition pour que la classe politique commence à montrer l’exemple et gagne peut-être un peu en crédibilité auprès de l’électorat (s’il n’est pas déjà trop tard). Qu’elles soient d’allégeance péquiste ou libérale, les personnes qui sont nommées à la tête de sociétés d’État ou d’organismes gouvernementaux savent fort bien qu’elles doivent leur nomination au fait qu’elles sont « du bon bord du pouvoir ». Elles savent aussi qu’elles sont assises sur un siège éjectable et peuvent perdre leur emploi à tout moment pour des raisons de pure partisanerie politique.

M. Couillard, vous demandez à la population de se prendre en main et de vivre collectivement selon ses moyens. Très bien. Mais qu’en est-il des amis que vous nommez à ces postes déjà très bien rémunérés? Ne devraient-ils pas aussi se responsabiliser et ne plus avoir droit de se goinfrer au buffet des fonds publics? Quelqu’un dont le poste dépend du parti au pouvoir devrait être considéré comme un contractuel et rémunéré en conséquence. Il n’y a pas lieu de lui verser une allocation dans les six chiffres lorsqu’on le congédie parce qu’il n’est pas de la bonne couleur politique. Vous deviez y voir après le tollé provoqué par le départ de votre ministre Yves Bolduc, ce profiteur qui ne s’est pas gêné pour passer à la caisse au moment de quitter votre gouvernement de son propre gré et moins d’un an après avoir été réélu député de Jean-Talon.

Vous avez laissé passer la tempête… Rien n’a changé depuis, mais le temps vous est venu d’agir et vous avez le pouvoir d’agir – si le courage politique est au rendez-vous. Allez-vous modifier les règles afin de mettre fin – une fois pour toutes – à cette pratique partisane que financent contre leur gré les contribuables du Québec qui se font siphonner des milliards de dollars de leur argent durement gagné chaque année par le fisc? Suis-je le seul à juger cette pratique inacceptable de la part d’un gouvernement ayant pris des décisions (non annoncées pendant la dernière campagne électorale en passant) qui ont pour résultat que ce sont toujours les mêmes membres de la société qui sont mis à contribution dans ce grand ménage que vous avez imposé au sein de l’État québécois? De grâce, assumez vos responsabilités de premier ministre!

Sébastien St-François

Goinfré à bloc

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Je feuilletais le cahier Affaires de La Presse du jeudi 16 juillet lorsque je suis tombé sur un visage familier, celui de Thierry Vandal, dans un avis de nomination de la Banque royale du Canada. On y apprend que M. Vandal, PDG d’Hydro-Québec de 2005 au 1er mai 2015 (date de son « départ à la retraite ») vient d’être nommé au conseil d’administration de la RBC. On y apprend aussi qu’il est président du CA de BioFuelNet Canada et qu’il siège à ceux de Veresen inc. (depuis mai dernier), de HEC Montréal et de l’Université McGill.

Que M. Vandal siège à des conseils d’administration, je n’ai aucun problème avec cela. Nous vivons dans un pays en apparence libre et quiconque a le droit fondamental de monnayer ses services. (Il va sans dire que les membres de conseil d’administration des grandes entreprises et institutions financières sont rémunérés en échange de leurs services.) Là où j’ai un problème, c’est qu’un candidat « prestigieux » comme Thierry Vandal risque fort bien de cumuler des nominations à des CA contre rémunération alors qu’il bénéficie – grâce à la société québécoise – d’un parachute doré, et ce, jusqu’à la vie de ses jours.

« Âgé de 54 ans, M. Vandal pourra toucher, dès l’an prochain s’il le désire, le faramineux montant de 452 402 $ par année en rente de retraite et ce montant sera pleinement indexé chaque année jusqu’à mort s’ensuive! À un taux d’indexation anticipé moyen de 2,1 %, en 2040 (s’il est encore vivant), sa rente annuelle pourrait atteindre 760 621 $ par an. »

Pis encore, rien n’indique que notre bon ex-PDG d’Hydro-Québec – qui s’est contenté grosso modo à livrer les commandes gouvernementales pendant ses dix années en poste – ne renoncera à un traître sou du généreux contrat que lui avait concédé le bon gouvernement libéral de Jean Charest. On dira qu’un contrat est un contrat. Mais en ce contexte d’austérité – où on gratte les fonds de tiroirs –, il y a quelque chose de profondément indécent dans cette situation pour le commun des mortels au Québec.

Le jour même, j’apprenais que le gouvernement Couillard suspend les activités du Centre de développement pédagogique (pour la formation générale en science et technologie) pour un an. Une autre coupure dans le réseau de l’éducation – déjà mal en point… Mais pas question de toucher à Thierry Vandal. Après tout, un contrat, c’t un contrat…

M. Vandal, bon été. Profitez bien de que ce vous avez « mérité » du gouvernement Charest pour services rendus. J’espère, au minimum, que vous aurez la décence d’être très généreux envers les organismes de bienfaisance du Québec qui ont cruellement besoin d’aide. Vous devez au moins cela à la société qui vous accordé, contre son gré et grâce aux dirigeants qui veillent à son bien, le parachute doré qui vous gardera bien ouaté contre l’austérité jusqu’à votre dernier souffle…

Sébastien St-François

Hydro-Québec doit être remis au service des Québécois

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« La nationalisation de l’électricité est nécessaire, pour l’épanouissement des Canadiens français comme nation, pour le développement économique de la province; elle est une entreprise rentable à brève échéance… »
Ces paroles, ce sont ceux de feu René Lévesque, alors ministre des Richesses naturelles dans le gouvernement de Jean Lesage. La nationalisation de l’électricité était son cheval de bataille. Il avait raison de vouloir nationaliser l’électricité; Hydro-Québec est devenue une fierté des Québécois et une société très, très rentable pour l’État québécois. Mais force est de constater que son étoile pâlit depuis plusieurs années.

Aujourd’hui, c’en est une véritable vache à lait qui verse à son actionnaire (le gouvernement du Québec) des milliards de dollars annuellement. Hydro-Québec est sans l’ombre d’un doute la société d’État la plus rentable pour le gouvernement. Bien plus que Loto-Québec ou la SAQ. Cependant, il y a une différence fondamentale entre Hydro-Québec, d’une part, et Loto-Québec et la SAQ, d’autre part. Les billets de loterie et l’alcool ne sont pas des biens essentiels (nonobstant les problèmes de jeu compulsif et d’alcoolisme avec lesquels certains membres de la société sont aux prises). À ma connaissance, l’électricité est un bien essentiel. Il suffit d’une panne de courant pour s’en rendre rapidement compte… Sans électricité, notre société dite moderne cesse de fonctionner.

Mais Hydro-Québec répond à des commandes politiques. Pendant la campagne électorale de 2012, Jean Charest avait défendu Gentilly-2 bec et ongle, alors que les libéraux n’avaient aucune intention de garder la centrale nucléaire ouverte. Il voulait simplement ne pas se mettre à dos les électeurs de la région pendant la campagne électorale. Peu après son arrivée au pouvoir, le gouvernement Marois a sonné le glas de Gentilly-2. Par conséquent, une turbine payée 79 M$ par notre argent a été vendue à la ferraille pour un montant dérisoire de 75 000 $. Une perte nette de tout près de 79 M$ pour les Québécois… Au total, la décision des libéraux de maintenir la centrale nucléaire en vie à des fins politiques nous a coûté près de 1 milliard.

Il y a ensuite les investissements qu’Hydro-Québec fait dans l’énergie éolienne, qu’elle revend à perte. Encore une fois, c’est une commande politique, le premier ministre voulant faire belle figure en matière de création d’emplois dans les régions – sur le dos de tous ceux qui reçoivent une facture d’Hydro-Québec chaque mois… Les chefs de parti et de gouvernement instrumentalisent donc Hydro-Québec à des fins politiques et c’est nous – la clientèle prise en otage par ce monopole – qui en faisons les frais.

C’est un fait connu que les employés d’Hydro-Québec sont parmi les mieux traités au Québec sur les plans de la rémunération et des avantages sociaux. De plus, ils ont droit à un régime de retraite à prestations déterminées et leur rente de retraite sera pleinement indexée jusqu’à la fin de leurs jours. Dans le cas du PDG démissionnaire Thierry Vandal, son parachute doré est carrément scandaleux en cette supposée ère d’austérité. Qui paie pour tout cela? Encore une fois, les clients d’Hydro-Québec qui subissent depuis plusieurs années des hausses de tarifs supérieures à l’inflation.

Pour ajouter aux abus, le député péquiste de Marie-Victorin, Bernard Drainville, avançait récemment qu’Hydro-Québec continue de facturer des frais de relève de 23 $ par année à ses clients même si leur résidence est munie d’un compteur intelligent, ce qui représenterait un montant de 67 M$ par année pour les 2,9 millions de clients qui ont déjà un compteur intelligent. J’en suis de ce nombre.

Vient ensuite le taux d’intérêt que charge Hydro-Québec à ses clients en défaut de paiement : 14,4 %, soit 2,4 fois plus que le taux d’intérêt de 6 % chargé par Revenu Québec sur les créances d’impôts impayés. Un taux nettement exagéré alors que le taux directeur de la Banque du Canada s’établit à 0,75 % et qu’il est actuellement possible de souscrire une hypothèque sur cinq ans à un taux fixe de moins de 3 %… Pis encore, le ministre responsable d’Hydro-Québec, Pierre Arcand, a avoué ne pas être au courant de ce « problème ». Il a promis de « […] faire part à Hydro-Québec de ce dont me parle le député de Marie-Victorin et nous allons certainement corriger, s’il y a lieu, la situation. » C’est rassurant…

Dans ce même dossier, ce « grand » ministre a formulé un commentaire tellement insignifiant qu’il faut se demander s’il ne nous prend pas pour des valises ou encore s’il n’est tout simplement pas incompétent « à la Bolduc ». En bon libéral, il a sorti la carte PKP et affirmé que Vidéotron chargeait un taux d’intérêt plus élevé à ses clients défaillants qu’Hydro-Québec en plus de facturer l’utilisation du service à l’avance, ce que la société d’État ne fait pas. Euh… Monsieur le Ministre, c’est parce que : primo, Vidéotron est une entreprise privée; secundo, Vidéotron ne vend pas un service essentiel et ne tient pas sa clientèle en otage, contrairement à Hydro-Québec… Vraiment, comme commentaire insignifiant et méprisant à l’égard de la clientèle prisonnière de cette société d’État, c’est dur à battre…

Hydro-Québec ressemble de plus en plus à un monstre à dompter, un monstre d’une opacité déconcertante qui est en train d’appauvrir le Québécois moyen. Il est plus que temps que la société d’État soit tenue de rendre des comptes à l’ensemble de la population du Québec et non seulement à son actionnaire, le gouvernement du Québec. Quelqu’un quelque part semble avoir oublié que le gouvernement du Québec n’est pas le patron de la population québécoise. Cette dernière représente plutôt sa raison d’être…

Sébastien St-François

PKP remporte sa mise. Ensuite?

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Voilà, c’est fait. Ayant récolté 57,6 % des votes au premier tour marquant la fin d’une course qui a semblé interminable, Pierre Karl Péladeau est devenu le huitième chef à diriger le parti fondé en 1968 par René Lévesque dans l’espoir de faire du Québec un pays… Jean-Marc Fournier pourra continuer de jouer sa cassette du « Parti Québecor », Sam Hamad pourra continuer de sortir des âneries comme « ce qui est important pour nous, c’est l’économie et l’emploi », Philippe Couillard pourra ressortir le spectre d’un troisième référendum en 2018 pour se faire reconduire au pouvoir… La guéguerre que se livrent les souverainistes et les fédéralistes n’est pas près de cesser de paralyser la Belle Province.

En effet, les libéraux doivent jubiler à l’idée d’avoir le baron québécois des médias comme chef de l’Opposition officielle pendant les trois prochaines années. Quant aux caquistes de François Legault, ils ne l’avoueront jamais, mais le PQ de PKP pourrait leur faire mal en 2018. L’élection de PKP pourrait même s’avérer salutaire pour Québec solidaire, car plus d’un péquiste ayant voté pour Martine Ouellet ou Alexandre Cloutier risque de ne plus se retrouver dans le parti du huitième chef. On peut même se demander si Bernard Drainville en a encore pour longtemps comme député du PQ. Il avait la mine extrêmement basse au Centre des congrès de Québec vendredi soir dernier. Certains diront qu’il avait l’air d’un homme démoli.

Je ne suis pas péquiste, mais l’avoir été, j’aurais été de ceux ayant espéré un deuxième tour et mon choix se serait arrêté sur Cloutier. Le plus jeune (mais néanmoins plus expérimenté en matière parlementaire) des candidats à la chefferie du PQ a malgré tout réussi un score fort honorable, avec 29,2 % des suffrages exprimés. Il est d’ailleurs étonnant que seulement 72,9 % des membres ayant droit de vote ont exercé ce droit. Je me serais attendu à un taux de participation plus élevé vu l’importance de l’enjeu pour les péquistes. Il ne faut pas perdre de vue que le PQ a connu le pire résultat électoral de son histoire en avril 2014.

Mais le destin a voulu que les membres du PQ choisissent PKP. Les « purs et durs » en quête d’un pays depuis des décennies ont passé outre à l’éléphant dans la pièce et décidé que c’est PKP qui est le plus apte à assouvir leur soif indépendantiste. De déclarer le nouveau chef : « Vous m’avez donné un mandat fort et clair : faire du Québec un pays. » M. Péladeau devrait garder à l’esprit que ce mandat lui a été donné par un peu moins de 30 000 Québécois (71 000 membres x 72,9 % x 57,6 %). Il lui reste encore un travail colossal à abattre pour obtenir de l’électorat québécois le mandat qu’il prétend avoir obtenu (de scinder le Québec de la fédération canadienne).

Nonobstant le mandat dont il se croit investi, Pierre Karl Péladeau – et le PQ – a maintenant un problème bien réel et ce problème devra être réglé rapidement. Le « cas de PKP » sera examiné en commission parlementaire à compter du 26 mai. Il y a fort à parier que les libéraux tentent d’en faire une espèce de tribunal politique pour « régler le cas de Péladeau ». Le risque d’un débat bassement partisan qui dérape est donc bel et bien présent, mais la question de fond demeure néanmoins d’une importance capitale pour l’ensemble de la population québécoise et le fonctionnement de notre système parlementaire.

Pierre Karl Péladeau peut-il occuper le poste de chef de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale tout en demeurant l’actionnaire de contrôle de Québecor? M. Péladeau a beau s’engager à placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Cela est la norme. Cependant, peut-il interdire à son fiduciaire de vendre ses actions alors qu’il ne doit avoir aucun droit de regard sur les décisions de ce dernier? Voilà la véritable question.

Il y a quelque chose de résolument surréaliste de voir les péquistes défendre l’actuelle situation alors qu’ils s’étaient acharnés sur le cas du ministre libéral David Whissell pour une simple compagnie d’asphalte. D’affirmer Stéphane Bergeron, le leader parlementaire du PQ à l’époque : « La perception du public vis-à-vis cette situation va être négative, et ils vont conclure qu’il y a un problème. Ça va soulever des questions. Ça en soulève. » Aujourd’hui, il est question d’un géant médiatique ayant des tentacules déployées partout au Québec et tout baignerait dans l’huile… J’avoue y perdre mon latin!

Par ailleurs, on apprenait récemment du président du conseil d’administration de Québecor, l’ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney, que M. Péladeau continuait d’exercer un rôle conseil « de temps à autre » auprès de l’entreprise qu’il contrôle. À la lumière de la victoire de vendredi soir dernier, cette situation devient d’autant plus préoccupante.

Pierre Karl Péladeau a remporté son pari. Il est devenu chef du Parti Québécois et vise maintenant rien de moins que le poste de premier ministre du Québec pour réaliser son rêve et celui des indépendantistes purs et durs. Qu’on apprécie l’homme ou non, c’est son droit le plus fondamental de tenter sa chance. Cependant, étant donné l’objectif qu’il s’est fixé, il doit se départir de ses actions dans Québecor ou, au minimum, renoncer à son droit de regard sur ces actions. Il ne peut plus avoir le beurre et l’argent du beurre.

Sébastien St-François

Les libéraux n’ont rien perdu de leur arrogance

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Plus ça change, plus c’est pareil. S’il y a un trait qui semble coller au Parti libéral du Québec, c’est celui de l’arrogance. C’était un trait manifeste de Jean Charest (mis à part en 2007-2008 après qu’il a été « puni » par l’électorat à diriger un gouvernement minoritaire) que son successeur à la tête du PLQ, Philippe Couillard, semble avoir très bien assimilé.

Plus le temps avance, force est de constater que les libéraux n’ont pas appris grand-chose de leur (trop) court séjour de 18 mois dans l’opposition, après neuf ans de pouvoir. En 2012, pour se faire élire, Philippe Couillard et ses troupes ont multiplié les promesses et les engagements de toutes sortes et capitalisé sur le poing brandi en l’air de PKP pour susciter une fois de plus la crainte d’un troisième référendum au sein de l’électorat québécois. La recette a fonctionné… Les libéraux ont remporté leur pari et ont même réussi à décrocher une majorité malgré toutes les questions qui persistaient sur les relations douteuses entre Philippe Couillard et Arthur Porter et malgré un règne libéral éclaboussé par moult scandales, manigances et magouilles entre 2003 et 2012. Philippe Couillard pouvait bien ne pas aimer son ancien patron politique, il semble néanmoins avoir très bien maîtrisé la recette de ce dernier pour remporter des élections…

Après l’annonce par Philippe Couillard en décembre dernier que les Québécois avaient fait leur part et qu’ils ne subiraient plus de hausses de tarifs suivant la flopée de hausses imposées depuis l’automne dernier, voilà que nous apprenions la semaine dernière que son gouvernement envisage maintenant de majorer de 4 % les tarifs réclamés des personnes hébergées en CHSLD (parmi les membres les plus vulnérables de notre société) et redouble de créativité fiscale en planant sur un projet de taxer l’hébergement en camping.

Pendant ce temps, toujours rien de nouveau ou de concret pour la réforme du système de primes auxquelles ont « droit » les députés démissionnaires, annoncée par Jean-Marc Fournier dans la foulée de l’affaire Bolduc, ou la remise à flot du régime de retraite lourdement déficitaire des membres de l’Assemblée nationale. Thierry Vandal a empoché sa très généreuse indemnité de départ après avoir démissionné de ses fonctions à la tête d’Hydro-Québec et les députés se sont même voté une légère augmentation de salaire tout récemment. La hausse est minime, symbolique, mais ils auraient pu se garder une petite gêne alors que l’assaut contre le portefeuille du contribuable moyen semble loin d’être terminé…

Enfin, la cerise sur le sundae…. Le vire-capot Sébastien Proulx, ancien « pitbull » adéquiste, fait maintenant savoir qu’il pourrait renoncer à son indemnité de départ comme directeur à la planification stratégique au cabinet du premier ministre s’il est élu dans Jean-Talon. Oui, et? CE SERAIT LA MOINDRE DES CHOSES!

Personnellement, je pense que les libéraux ont besoin d’une petite leçon d’humilité pour remettre leurs pendules à l’heure. Malheureusement, dans l’immédiat, ce ne sont que les électeurs des circonscriptions de Chauveau et de Jean-Talon, convoqués aux urnes le 8 juin prochain, qui pourront leur servir cette leçon en n’arrêtant pas leur choix sur Véronyque Tremblay dans Chauveau ou sur Sébastien Proulx dans Jean-Talon pour les représenter à l’Assemblée nationale. La question qui tue : le feront-ils?

Sébastien St-François