POTUS45, symbole de grandeur américaine ou de déclin de l’empire américain?

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Comme des millions d’autres personnes, j’observe POTUS45 (le 45e président des États-Unis d’Amérique, Donald J. Trump) depuis son investiture vendredi dernier. J’ai lu le discours qu’il a prononcé une fois officiellement investi des pouvoirs de la présidence et je le regarde aller à la télé. Force est de constater que les États-Unis – et la planète entière d’ailleurs – ont encore affaire au candidat Trump, celui même ayant promis de redonner à l’Amérique toute sa grandeur (Make America Great Again). À ce stade-ci, la question qui se pose est à savoir s’il a la capacité de devenir président de cette grande nation et leader du monde libre, car il tarde toujours à adopter son nouveau rôle de chef d’État.

Ne serait-ce qu’au niveau de son langage corporel, Trump ne se comporte pas de façon présidentielle depuis son investiture : pouce en l’air à répétition, étranges mimiques faciales, posture, gestes. Il dégage certes une grande fierté personnelle en son accomplissement qualifié d’historique, mais encore… De par ses déclarations à l’emporte-pièce, il impose peut-être la peur chez certains, mais il n’impose certainement pas le respect comme ses prédécesseurs. Même George W. Bush – dont je n’ai jamais été un adepte – était nettement plus présidentiel dans ses façons d’être et de faire que le nouveau président Trump.

Viennent ensuite les agissements et les déclarations de Trump. En l’espace d’une seule journée (samedi dernier), sa présidence naissante cumulait déjà deux polémiques à son actif. D’abord, le nouveau président s’est rendu au siège de la CIA, à Langley en Virginie, dans la journée, supposément dans l’intention d’assurer à l’agence son soutien le plus total. On se rappellera les attaques répétées du président désigné Trump contre les agences du renseignement américain au cours des semaines précédant son investiture, dans la foulée des fuites de renseignements prétendument compromettants à son endroit (« partouses » à Moscou, etc.). Cependant, sa visite – devant le mur étoilé érigé à la mémoire d’agents du renseignement tués dans l’exercice de leurs fonctions – s’est rapidement transformée en poursuite de sa guerre contre les médias. C’était surréel à entendre et ça manquait carrément de respect et de dignité vu l’endroit hautement symbolique et empreint de solennité où cela se déroulait.

Plus tard dans la journée de samedi éclatait la polémique du #CrowdSize. Encore une fois, le débat a rapidement pris une tournure surréelle. Trump s’est en vivement pris aux médias qui avaient « osé » présenter des images comparant la foule présente à la première investiture de Barack Obama en 2009 à celle qui s’était déplacée pour assister à l’inauguration du 45e président. En fin de journée, la riposte en provenance de la Maison-Blanche était out of this world, le porte-parole Sean Spicer ayant été envoyé au front pour défendre son patron et lancer des faussetés au peuple américain à l’écoute. Ce fut ensuite la conseillère Kellyann Conway – une des architectes de la victoire de Trump – qui est montée au front pour parler de « faits alternatifs » plutôt que de faussetés

On peut lire et entendre un peu partout de la part de certains commentateurs républicains qu’il faut « donner une chance » au nouveau président… Il n’en est qu’à ses premiers jours dans sa nouvelle fonction. Il y a aussi quelque chose de surréel dans cet appel à la patience et à la compréhension. On parle ici du président des États-Unis et, depuis vendredi dernier, le Bureau ovale est occupé par un homme instable, à l’ego démesuré et à la peau extrêmement sensible. Au lieu de tourner la page sur une des campagnes présidentielles les plus âpres de l’histoire de ce pays, qu’il a gagnée de surcroît!, il a continué d’en ajouter après le 8 novembre 2016 et il persiste et signe depuis le 20 janvier dernier. Les derniers jours n’augurent rien de bon pour les années à venir et l’influence de Trump ne sera pas circonscrite à l’intérieur des frontières du pays qu’il dirige… Les enjeux de cette présidence sont d’ordre planétaire – comme c’est toujours le cas lorsqu’un nouveau président américain est élu.

Les républicains devraient se rappeler qu’il y aura des élections de mi-mandat en 2018. Ils pourraient fort bien y subir toute une raclée s’ils ne réussissent pas à contrôler leur président. Parlez-en à Obama, qui a subi le même sort aux midterms de 2010, pour d’autres raisons. Chose certaine, le principe des checks and balances enchâssé dans la Constitution américaine n’a jamais été plus important qu’il l’est devenu depuis l’accession au pouvoir de POTUS45. Espérons que le nouveau Congrès sache appliquer ce principe fondamental de la démocratie américaine.

Sébastien St-François

P.-S. : Pour bien comprendre la montée de Trump, je vous recommande la série en deux parties Divided States of America produite par PBS. C’est très éclairant…

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