Intimidation et justice à deux vitesses?

Après Bolduc, Barrette?

Gaetan Barrette
C’est la parole de l’un contre la parole des autres. Bien avant qu’il ait été élu et siège à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé s’est bâti une réputation de véritable bouldozeur que personne ni rien n’arrête. Il vient manifestement de connaître sa première pierre d’achoppement politique dans le dossier du CHUM.

M. Barrette a beau invoquer des « chicanes de docteurs » pour expliquer la démission du directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Jacques Turgeon, (http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/03/05/003-demission-chum.shtml), suivie de celle du président du conseil d’administration, Jean-Claude Deschênes, (http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/03/06/voyez-la-lettre-de-demission-du-president-du-ca-du-chum_n_6817662.html), sur le plan politique, ça sent très mauvais. Ni M. Turgeon (http://www.985fm.ca/lecteur/audio/jacques-turgeon-directeur-general-demissionnaire-262317.mp3) ni M. Deschênes (http://www.985fm.ca/lecteur/audio/le-president-du-ca-du-chum-demissionne-a-son-tour.-262405.mp3) ne se sont gênés pour dénoncer sur les ondes de Paul Arcand et de Benoit Dutrizac respectivement l’intimidation et l’ingérence politique du Dr Barrette ayant mené à leur décision de claquer la porte – sans réclamer d’indemnité de départ au passage, ce qui à ajoute à leur crédibilité selon moi.

M. Barrette a beau invoquer des « chicanes de docteurs » pour expliquer la démission du directeur général du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Jacques Turgeon, suivie de celle du président du conseil d’administration, Jean-Claude Deschênes, sur le plan politique, ça sent très mauvais. Ni M. Turgeon ni M. Deschênes ne se sont gênés pour dénoncer sur les ondes de Paul Arcand et de Benoit Dutrizac respectivement l’intimidation et l’ingérence politique du Dr Barrette ayant mené à leur décision de claquer la porte – sans réclamer d’indemnité de départ au passage, ce qui à ajoute à leur crédibilité selon moi.

Les deux démissionnaires comptent de longs états de service au sein du réseau de la santé et sont reconnus pour leur intégrité inébranlable. Par ailleurs, Gaétan Barrette sème la zizanie dans le réseau depuis son entrée en politique active, ses projets de loi ont été décriés par moult acteurs du réseau et il a la réputation bien ancrée de quelqu’un qui ne fait pas dans la dentelle. Personnellement, j’ai plus tendance à croire la version des démissionnaires – qui n’avaient rien à gagner et tout à perdre en démissionnant – que celle du ministre, qui marche maintenant sur des œufs, qui cherchait à reconduire un ami (le Dr Patrick Harris) dans ses fonctions et dont le dossier représente une première prise contre lui sur le plan politique… Comme il fallait s’y attendre, les partis d’opposition ont réclamé la démission du ministre Barrette.

Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que son ministre de la Santé avait toute sa confiance et que c’est la personne dont le Québec avait besoin pour remettre le réseau de la santé au travail au bénéfice des patients. Mais encore, Philippe Couillard n’avait-il pas réitéré sa confiance à l’égard de son ancien ministre de l’Éducation et « ami », Yves Bolduc, à plusieurs reprises avant que la situation ne devienne intolérable et que M. Bolduc ne cède à une pression politique devenue insoutenable?

Rappelons que les libéraux, alors dans l’opposition, avaient réclamé la démission du ministre de l’Environnement, Daniel Breton, pour ingérence dans le fonctionnement du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE).

Le TAQ dort-il au gaz?

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C’est passé un peu sous le radar la semaine dernière, mais la nouvelle demeure néanmoins inquiétante. En effet, on apprenait que l’ex-présidente du Tribunal administratif du Québec (TAQ), Hélène de Kovachich, pourra reprendre ses fonctions d’ici quelques semaines sans pour autant avoir à rembourser un traître sou des quelque 213 500 $ qu’elle a dépensé en fonds publics dans un litige privé l’opposant à son ex-mari.

Patrice Garant, professeur associé à la Faculté de droit de l’Université Laval et véritable sommité en matière de droit administratif, est catégorique : cette affaire entache gravement la crédibilité du TAQ, le plus important tribunal administratif au Québec. Mme de Kovachich avait fait l’objet d’un blâme du vérificateur général du Québec et avait été suspendue sans solde pour une période de six mois. Avouons que ce n’est pas tous les jours qu’un membre de la magistrature écope d’une telle sanction au Québec. Au contraire, c’est plutôt exceptionnel.

Manifestement, Mme de Kovachich s’est placée en situation de conflit d’intérêts, ce qu’avait d’ailleurs conclu le Conseil de la justice administrative avant de recommander sa suspension à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. La justice serait impitoyable envers quiconque parmi nous utiliserait illégitimement des fonds publics à de telles fins personnelles. Déjà que le système de justice au Québec n’a pas très bonne réputation, cette affaire qui sent le poisson pourri à plein nez n’a rien pour donner ou redonner confiance aux justiciables de notre société…

Mme de Kovachich est l’actuelle conjointe de l’ex-premier ministre Pierre-Marc Johnson, 20e au Palmarès du pouvoir : les 25 qui dirigent le Québec et conseiller informel du premier ministre actuel.

Sébastien St-François

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