Cassé comme un clou…

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Ayoye! Comme plusieurs, je m’attendais de la part du ministre des Finances péquiste, Nicolas Marceau, un budget à saveur électoraliste, rempli de « candies et de nananes ». Il faut croire que ce n’était pas possible pour le ministre. Comme l’écrivait le chroniqueur Alain Dubuc de La Presse vendredi dernier, le ministre Marceau a tenté de ne pas déplaire à l’électorat, quitte à ne pas être en mesure de lui plaire.

Mais encore, ce budget déposé le 20 février dernier est plutôt un non-budget : il n’est pas assorti de crédits budgétaires et ne constitue rien de plus qu’un prétexte permettant à Pauline Marois de déclencher des élections en mars. C’était presque tordant (mais tout aussi pathétique) d’entendre Véronique Hivon, ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, affirmer à Benoit Dutrizac vendredi dernier que la priorité au retour de la relâche parlementaire serait le débat sur ce budget en vue de son adoption. Or ce budget ne sera jamais vraiment débattu et certainement pas adopté…

Pour le Parti Québécois, c’est un budget austère qui démontre sans l’ombre d’un doute que Québec est cassé comme un clou. Même le PQ n’a pas eu le choix que d’annoncer une hausse des frais de garderie, qui seraient majorés à 8 $ par jour, puis à 9 $ par jour. Pis encore, peu importe qui entre le PQ ou le PLQ formait le gouvernement actuellement, le constat serait le même : le Québec est pauvre et n’a plus les moyens de ses généreux programmes sociaux.

Dans son budget, Nicolas Marceau table sur une réduction annuelle des dépenses de l’ordre de 2 % juste pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016 (on ne parle pas de notre dette astronomique). Le problème est que les dépenses en santé augmenteront de 3 % annuellement d’ici là. Il faudra donc réduire le budget de la plupart des autres ministères (exception faite, par exemple, de l’éducation) de 1 % par année au cours des prochaines années. Et tout cela dans un contexte de croissance économique anémique (1,9 % versus 2,3 % pour le reste du Canada).

La semaine dernière, le vérificateur général du Québec, Michel Samson, a qualifié de trop optimiste la prévision du retour au déficit zéro en 2015-2016. Bref, le gouvernement ne dispose d’aucune marge de manœuvre et continue à nous endetter collectivement. Selon les prévisions, notre dette brute au 31 mars 2016 atteindra 209,9 G$, soit 53,4 % du PIB. Et, pour mettre la cerise sur le sundae, nous avons l’agence de notation Fitch qui nous souffle dans le cou. On ne peut pas dire que ça va bien…

Malgré tout, Pauline Marois plongera le Québec en élections d’ici quelques semaines et tentera de nous faire croire qu’elle est la mieux placée pour nous sortir du pétrin. Elle qui est en politique depuis des lunes, elle qui a occupé pratiquement tous les principaux ministères et connaît très bien l’appareil gouvernemental, elle qui est devenue la première femme à occuper sa fonction dans l’histoire du Québec pour ensuite démarrer son mandat non pas sur les chapeaux de roues, mais plutôt contrainte à reculer à plus d’une reprise. Elle n’aura pas ma confiance, pas plus que les libéraux d’ailleurs. Philippe Couillard a beau clamer que le Parti libéral du Québec est le parti de l’économie, son prédécesseur a endetté le Québec en neuf ans comme nul autre premier ministre avant lui. Et l’état des finances publiques est bien pire encore aujourd’hui qu’il l’était en 2003, première année du gouvernement dirigé par Jean Charest. Quant à la Coalition Avenir Québec, elle est incapable de s’imposer sur l’échiquier politique et de faire passer son message. Mais encore, François Legault, un ancien péquiste, est-il le chef le plus crédible pour personnifier le renouveau dont le Québec a cruellement besoin?

Je dois avouer que le programme du Parti conservateur du Québec en matière de finances publiques m’interpelle, car le constat est plus réaliste et – surtout – beaucoup moins timide que celui des autres. On dit les choses comme elles sont. Mais les Québécois sont-ils prêts à prendre un grand virage à droite en matière d’économie et de finances publiques? S’ils continuent à pelleter les problèmes par en avant, tôt ou tard, les chiffres finiront par les rattraper – et le coup de barre sera d’autant plus violent et douloureux.

Au moins, nous avons l’heure juste. De l’aveu même du parti prêt à convoquer les Québécois aux urnes, nous sommes cassés comme des clous. On fait quoi maintenant?

Sébastien St-François

Une réflexion au sujet de « Cassé comme un clou… »

  1. ce soir je suis vraiment decue ,que m.Francois Legault n’ais pas emporté ses élections ,parce qu’il est quelqu’un qui a réussis comme homme d’affaire qui pourrait mener la province comme un commerce, que quand on veut réussir ,on coupe ou il faut ,mais s’il avait eu le charisme de Jack Layton,il aurait remporter haut la main,le message a M.Legault qu’il travaille son charisme et la prochaine on va l’avoir. Monique

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