Lettre ouverte envoyée aux hebdos locaux de Boucherville

Le respect du contribuable en démocratie

Nos élus à l’Assemblée nationale peuvent bien clamer à outrance qu’ils veulent assainir l’administration des municipalités du Québec, mais ils ne font pas grand-chose de concret en ce sens. D’emblée, il faut savoir que la Loi sur les cités et villes est criblée de failles démocratiques. Elle permet notamment à un conseil municipal de dépenser les surplus accumulés d’une municipalité comme bon lui semble, sans que le citoyen/contribuable ait un mot à dire. C’est pourtant grâce à ses contribuables qu’une municipalité réussit à dégager des surplus.

C’est une faille que j’ai décidé de dénoncer au ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, par voie de lettre au printemps 2013 – dans la foulée de la décision prise par nos élus d’affecter plusieurs millions de dollars en surplus au futur centre d’art. J’ai eu droit à une réponse laconique de la part d’un porte-parole, m’indiquant que le ministre ne s’ingérerait pas dans les décisions d’un conseil municipal dûment élu. Pourtant, dans ma lettre, je demandais à M. Gaudreault d’envisager des modifications à la Loi sur les cités et villes, relevant de sa compétence Faut-il croire que Québec n’est aucunement intéressé à remettre le citoyen au cœur de la démocratie municipale plus qu’une fois aux quatre ans?

À Boucherville, en mars 2012, 1047 citoyens ont signé un registre pour bloquer un règlement d’emprunt pour un projet de piste cyclable. C’était la première fois en plusieurs décennies que cela arrivait. Ça prenait 858 signatures, il y en a eu 1047. Les signataires ont voulu dénoncer le coût astronomique du projet et les dangers pour la sécurité des utilisateurs qu’il comportait. Le conseil municipal a reculé…

Maintenant, ce projet refait surface. Au PTI 2014-2015-2016 figure un montant de 3 M$, financé par règlement d’emprunt, pour des travaux de réfection de la chaussée (resurfaçage) du boulevard De Montarville entre la rue Eiffel et l’autoroute 30 (ce tronçon doit pourtant être refait au complet, un resurfaçage ne représente rien de plus qu’un « patchage » dans ce cas-ci). Y figure également un montant de 900 000 $ – payé comptant – pour le pavage des accotements le long de ce même tronçon. En clair, le conseil municipal revient à la charge avec son projet de piste cyclable, mais les citoyens n’auront aucun moyen de contester la partie payée comptant.

Comme contribuable bouchervillois, je ne peux accepter sans broncher cette façon de faire de notre conseil municipal. Ça me coûte cher en taxes municipales chaque année, d’autant plus que le montant que j’envoie à la Ville de Boucherville a déjà été imposé par Ottawa et par Québec. Voir cet argent dépensé – contre mon gré et sans que j’aie un mot à dire – sur des projets visant à plaire à de petits groupes de commettants, alors que nos rues sont dans un état de plus en plus piteux, que les bris d’aqueduc se multiplient et que le conseil municipal n’a prévu la réfection que de deux rues en 2014…, disons que je m’attends à beaucoup mieux en échange des taxes que je paie.

Et je déplore qu’un conseil municipal qui ne cesse de répéter qu’il est à l’écoute de la population procède de la sorte, alors que 1047 citoyens ont démocratiquement contesté ce même projet il y a deux ans. C’est inacceptable!

Sébastien St-François

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