Un livre blanc pour un Québec dans le rouge

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En préparation de sa campagne électorale, Pauline Marois s’engage maintenant à déposer un livre blanc sur l’avenir du Québec si elle est réélue (majoritaire). Une chose est sûre : si le Parti Québécois forme le prochain gouvernement et s’il est majoritaire de surcroît, cet engagement sera tenu. Des ministres de la trempe de Jean-François Lisée et de Bernard Drainville y veilleront sûrement…

Mme Marois annonce donc timidement ses couleurs; elle souhaite replonger la province en mode référendaire. Après avoir fait campagne principalement sur sa charte des valeurs québécoises afin de rafler un nombre suffisant de comtés dans les régions ainsi que le 450 pour décrocher sa majorité, elle mettra ses pions en place pour provoquer à nouveau le sempiternel débat dont une majorité de ses concitoyens ne veulent plus entendre parler : faire du Québec un pays… L’Assemblée nationale ne parvient pourtant pas à gérer adéquatement la province de Québec. Imaginez le désastre si le Québec devenait un pays…

Car il y a un chiffre bien réel qu’on ne peut balayer sous le tapis : 16,3 milliards. En effet, le vendredi 7 février dernier, le chroniqueur Alain Dubuc de La Presse intitulait son billet « Le chiffre qui tue ». En 2012, 16,3 G$ a été le montant de dépassement de l’ensemble des dépenses du gouvernement fédéral au Québec par rapport aux recettes perçues par le fédéral dans la province. Ottawa a perçu 44,5 G$ des contribuables québécois, mais a dépensé 60,8 G$ dans la province (en salaires, biens et services, paiements aux personnes [pensions, etc.], intérêts sur la dette et transferts au gouvernement du Québec).

Et Mme Marois veut maintenant nous proposer – à nouveau – de faire du Québec un pays? Sans l’apport du fédéral en 2012, nous aurions été 16,3 milliards de dollars de plus dans le rouge! L’argument invoqué dans le passé par les péquistes, à savoir que les Québécois seraient plus riches « s’ils arrêtaient d’envoyer leur argent à Ottawa », ne tient évidemment plus la route, car le Québec n’est plus une province riche depuis longtemps. Au contraire, le Québec s’enlise depuis des décennies et se classe aujourd’hui parmi les plus pauvres – et les plus dépendantes – de la fédération! Mais nous avons beaucoup de programmes sociaux… Comme l’écrit M. Dubuc : « Comment, avec un niveau de vie plus faible, le Québec réussit-il à avoir un filet de sécurité sociale plus complet qu’ailleurs au Canada? Ce miracle québécois s’explique par notre dette plus élevée, nos impôts plus élevés, mais aussi par ce coup de pouce fédéral. »

Pour conclure, la crainte est bien réelle. Si le PQ est réélu – majoritaire cette fois –, le développement de la province tout entière – déjà compromis depuis des années – le sera d’autant plus, car l’attention des élus péquistes – MM. Lisée et Drainville en tête – sera tellement mobilisée par le livre blanc de l’actuelle première ministre que bien d’autres dossiers plus prioritaires risquent de prendre le chemin de la « filière 13 ». Il ne faut absolument pas que Pauline Marois remporte le pari qu’elle est sur le point de faire. Le Québec et les Québécois méritent mieux qu’un livre blanc qui ne fera que les plonger un peu plus dans le rouge…

Sébastien St-François

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