Le mur est de plus en plus près…

imagePhoto : Archives Le Devoir

Tel un prestidigitateur, le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, nous a présenté hier une mise à jour économique qui, bien qu’elle ne surprenne personne qui suit un tant soit peu l’actualité économique et politique, dresse un portrait très sombre des finances publiques de la province.

Bref, le Parti Québécois renonce à son objectif de déficit zéro pour l’exercice 2013-2014 et annonce plutôt que la province se dirige vers un déficit de 2,5 G$ d’ici le 31 mars prochain. Toujours selon le ministre, l’équilibre budgétaire sera atteint au terme de l’exercice 2016-2017. Cependant, dans le contexte économique actuel, bien malin est celui qui peut prédire quelle sera la situation dans deux ans d’ici. Et le portait qu’on nous peint est celui d’un déficit structurel. Autrement dit, comme l’a affirmé le chroniqueur Mario Dumont sur les ondes du FM 98,5, l’État québécois vit au-dessus de ses moyens, au même titre qu’un ménage qui dépense annuellement plus que son revenu familial… Un moment donné, la structure finit par craquer.

Dans un billet publié aujourd’hui dans La Presse, Alain Dubuc résume très bien la position du ministre Marceau comme suit :

« Et que fait M. Marceau? À court terme, rien. Sa mise à jour se résume rapidement. À cause du contexte économique, ses revenus ont baissé de 2,485 milliards. Et comment a-t-il réagi? Il a tout simplement choisi de ne pas bouger, de laisser son déficit grimper du même montant.

Et à long terme? Rien non plus! Aux prises avec un problème clairement structurel, il n’évoque aucune espèce de plan de redressement. Pour les années suivantes, il se borne à garder le cap, à maintenir son objectif de limiter la croissance des dépenses à 2 %, sans dire comment, et à espérer que les revenus, sur lesquels il n’a absolument aucun contrôle – comme on l’a vu cette année – retrouvent de la vigueur. En somme, se fermer les yeux et se croiser les doigts. »

Nous sommes confrontés à un grave problème. Notre économie dépend fortement de la consommation, et l’État n’y échappe pas. Actuellement, la croissance économique n’est pas au rendez-vous (0,9 % c. 1,7 % dans le reste du Canada et aux États-Unis), les ménages sont surendettés et taxés à la gorge, les niveaux d’imposition et de taxation ont atteint leurs limites (même le PQ renonce à hausser le fardeau fiscal pour rééquilibrer son budget). Du côté des dépenses, M. Marceau peut bien vouloir limiter la croissance annuelle à 2 %, mais il y a fort à parier qu’il n’y arrive pas : pensons seulement au système de santé, où les coûts sont appelés à exploser au cours de la prochaine décennie en raison du vieillissement de la population – un phénomène démographique que même le prestidigitateur Marceau ne pourra faire disparaître.

Fondamentalement, comme le souligne M. Dubuc dans son billet, « l’état des finances publiques québécoises est insoutenable ». Au niveau étatique, entre le niveau des dépenses, les sources de revenus et la capacité de l’économie de créer de la richesse existe un déséquilibre chronique. Nous arrivons à la limite…, le fameux « mur » contre lequel nous nous cognerons inévitablement le nez et qui constituera notre legs aux générations qui nous suivront.

Il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir de l’état actuel du Québec. Et ce ne sont pas des élections en 2014 qui régleront quoi que ce soit à long terme. L’heure des choix difficiles approche, et plus nous pelletterons nos problèmes dans la cour de nos enfants et de nos petits-enfants, plus les décisions qui devront être prises seront difficiles à vivre. Le constat est alarmant : malgré qu’il siphonne ses citoyens année après année, l’État québécois est cassé comme un clou!

Sébastien St-François

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