Le « mur » des régimes de retraite de la fonction publique

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Cette semaine, la journaliste Stéphanie Grammond de La Presse a publié deux articles fort éclairants sur la situation des régimes de retraite de la fonction publique québécoise : « En Cadillac avec des lunettes roses » et « Déficit fantôme de 57 milliards ».

Les chiffres dépassent l’entendement : des dizaines de milliards de dollars en déficit avoué et des dizaines de milliards de dollars supplémentaires en déficit non avoué (le gouvernement en nie l’existence en se rabattant sur ses normes comptables qui ne l’obligent pas à le déclarer), mais néanmoins très réel.

Le portait peint par Mme Grammond annonce des jours très sombres pour une majorité de Québécois. Pendant combien d’années encore continuerons-nous d’hypothéquer les générations futures, celle de nos enfants, celle de nos petits-enfants, celle de nos arrière-petits-enfants et ainsi de suite?

Si vous vous achetez une Cadillac et n’avez pas les moyens de payer vos mensualités, vous devrez vous en départir ou vous risquez de vous la faire saisir par votre créancier. Pourquoi cette logique pourtant si élémentaire ne s’applique jamais lorsqu’il est question de fonds publics?

Au Québec, nous sommes huit millions d’habitants et seulement environ 40 % d’entre nous payons des impôts pour « financer la machine ». À l’échelle municipale, la quasi-totalité des régimes de retraite sont également en situation déficitaire. Bien souvent, les taxes sont haussées pour éponger une partie de ces déficits. Autrement dit, des contribuables qui bien souvent ne bénéficient pas eux-mêmes d’un généreux régime de retraite pour leurs vieux jours sont contraints de financer celui des fonctionnaires qui jouissent déjà de conditions de travail fort enviables par rapport aux leurs.

Le Québec se targue d’être une société généreuse et équitable. Généreuse, peut-être, mais pas envers tout le monde. Équitable? Certainement pas, si on prend l’exemple des régimes de retraite que se paient les élus et les fonctionnaires aux frais des autres.

Le système est intenable, et il est urgent que la situation soit corrigée avant qu’il ne soit trop tard. Quoiqu’on en pense, il est à espérer que Régis Labeaume réussisse son pari qui l’a reconduit au pouvoir pour quatre ans. Peut-être qu’une victoire à Québec ouvrira la porte à une victoire au Québec pour mettre fin à une situation qui ne peut plus être tolérée tellement elle est devenue inéquitable à l’égard d’une majorité d’entre nous.

Sébastien St-François

4 réflexions au sujet de « Le « mur » des régimes de retraite de la fonction publique »

  1. Il ne faudrait pas oublier que le déficit des fonds de retraite des employés municipaux réside dans le fait que les municipalités ont pris CONGÉ de cotisation pendant plusieurs années et non les employés, lorsque le taux de rendement du fond de retraite était élevé, donc rentable… Aujourd’hui les taux de rendement sont moins élevés, c’est ce qui occasionne la situation que tout le monde connait. Les faibles performances des marchés expliquent, en partie, le déficit des caisses de retraite. Ainsi que les mauvais placement (caisse de dépot) sont en cause. Parcontre, les taux risques de remonter également dans un avenir prochain.

    Mais, d’autres facteurs sont également en cause. D’une part, l’âge moyen de départ à la retraite des employés municipaux est de 58 ans et meme 55, alors qu’il est de 60 ans pour l’ensemble des Québécois. Ces départs hâtifs engendrent une hausse importante des coûts. D’un autre coté, est-ce des pompiers de 65 ans peuvent etre effectifs aux feux ? J’en doute fort, pourtant le rapport d’Amour exige la retraite < 65 ! Certaine exceptions devront etre regardé..meme chose pour les policiers.

    D'autre solutions sont proposées, notamment la création de fonds de stabilisation pour « mieux absorber les chocs du marché ». Ces fonds seraient alimentés par les cotisations des employés et pourraient servir à absorber les déficits.

    Un régime de retraite est un mode d’épargne sur le salaire des travailleurs. La source des revenus de n’importe quel régime de retraite (fonds de pension) :

    1) une partie du salaire de l’ouvrier retenue.

    2) Un montant que l’employeur ou l’État se sont engagés à verser –habituellement proportionnel au salaire de chaque travailleur– et versent à la fiducie financière gestionnaire du fonds de pension.

    3) La troisième source de revenu d’un Régime de pension ce sont les intérêts sur actions ou sur obligations acquises par le trust capitaliste gestionnaire du Fonds de pension. Exemple, la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec gère le «bas de laine des québécois». C’est cet organisme capitaliste qui en 2008 a perdu 40 milliards des épargnes des travailleurs cotisants en spéculant à la bourse avec des «produits financiers» frauduleux et filoutés. Aujourd’hui, on voudrait que les travailleurs paient pour renflouer ces incompétents !

    Est-ce vraiment la faute des méchants employés municipaux ?? La négo est également une solution, et non un louk-out comme Napoléon Labaume veut.

    ps: Mario dumont et Labaume…deux fervant démolisseur de fonds de pensions…et bien, ceux-ci seront belle et bien pensionné à leur retraite 🙂

    1. Oui, vous invoquez certaines réalités, mais le modèle actuel demeure intenable. Les régimes devront être rouverts pour que les conditions reflètent davantage la réalité d’aujourd’hui. Le régime à prestations déterminées a fait son temps.

  2. Je ne crois pas que Le régime à prestations déterminées à fait sont temps. Il faut simplement trouver des solutions aux financement ! Les régimes ont déja fait de $ dans le passé ! Il y a plusieurs propositions par le rapport d’amours et d’autres. L’augmentations de prestations retenue par salaire des employés…la retraite plus tard…les prestations équivalente 50-50…et non 70-30 ou 55-45…etc

    1. Selon moi, il y a une raison pour laquelle les régimes à prestations déterminées ne se font plus aujourd’hui. Ils ne sont pas viables sur le plan économique. Comment peut-on garantir à un futur retraité une rente de tant par mois dans 30 ans? Il y a aussi le phénomène de la longévité. Jadis, les gens prenaient leur retraite à 65 ans et mouraient souvent au maximum 10 ans plus tard, s’ils étaient chanceux. Aujourd’hui, bien des gens ayant le luxe d’un régime à prestations déterminées prennent leur retraite entre 50-55 ans et meurent plusieurs décennies plus tard. Aussi, le taux de contribution de l’employé est généralement trop faible. Ce sont donc les contribuables qui paient trop pour ces régimes de luxe.

      Prestations déterminées, ça n’existe pratiquement plus dans le privé. Pourquoi le public les mériterait-il plus? Le monde a bien changé depuis que ces régimes ont été créés il y a des décennies. Une mise à jour s’impose.

      Et je ne me fie pas à la volonté des syndicats de négocier là-dessus. Pour eux, ce sont des « acquis » immuables. Ça prend donc une modification à la loi pour permettre un meilleur rapport de force des employeurs dans le secteur public. Sinon, le problème ira en s’aggravant. Il n’est pas normal que la Ville de Montréal a dû hausser les taxes de 5 % une année récemment, et que la moitié de cette hausse a servi à renflouer le déficit actuariel des régimes des cols bleus et cols blancs. Les employés publics ne sont pas mal traités. Au contraire, de récentes études démontrent qu’ils sont mieux traités que dans le privé et que les fonctionnaires municipaux sont avantagés d’environ 30 % par rapport aux employés du gouvernement du Québec.

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