En démocratie, l’opposition est la norme plutôt que l’exception

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Au terme d’une campagne électorale qui s’est avérée plutôt terne et sans événement, je sens le besoin de rappeler à mes concitoyens que l’opposition est chose normale dans notre système démocratique. Ce n’est pas une maladie honteuse… Au contraire, l’opposition sert de chien de garde contre les abus du parti au pouvoir. Nous le voyons au provincial et au fédéral, ici et ailleurs.

Malheureusement, au municipal, l’opposition est bien souvent absente de la table. On en a l’exemple éloquent ici même à Boucherville, et ce, depuis nombre d’années. Que Jean Martel soit réélu ou que Francine Crevier Bélair soit élue à la mairie, je suis de ceux qui souhaitent que l’opposition reprenne sa place à Boucherville pour mettre fin aux conseils municipaux composés des membres d’une seule et unique formation politique. C’est malsain et ça ouvre la porte à des abus de démocratie. Nous en avons eu plusieurs exemples au cours des années. La démocratie fonctionne à son meilleur lorsque les citoyens peuvent compter sur une opposition forte pour faire contrepoids et assurer un meilleur équilibre dans la prise de décisions.

La population de Boucherville n’est pas homogène quant à ses opinions politiques, et sa représentation au conseil municipal devrait le refléter si nous voulons que celles et ceux que nous élisons pour prendre les décisions et dépenser l’argent de nos taxes le fassent dans l’intérêt supérieur de l’ensemble de la collectivité. En l’absence d’opposition, on dirait que certains élus sont enclins à rapidement oublier pourquoi ils ont été élus : pour être au service et à l’écoute de tous et pour administrer la ville plutôt que s’ingérer dans sa gestion (ce dernier rôle étant celui des fonctionnaires).

Depuis trois ans, je tiens une chronique hebdomadaire à la radio du FM103,3 ainsi que ce blogue consacré à l’actualité politique municipale pour ajouter mon grain de sel au portait que nous présente un conseil plus souvent qu’autrement « unanime » ainsi que pour critiquer certaines décisions que je considère n’ont pas été prises dans l’intérêt d’une majorité de la collectivité ou dans le respect des contribuables qui « financent la machine ». S’opposer, c’est un rôle ingrat, mais combien nécessaire en démocratie.

Alors que nous nous apprêtons à apposer nos X sur un bulletin de vote (un pour la mairie, l’autre pour le poste de conseiller dans notre district), j’arrive inévitablement à la conclusion que de l’opposition est nécessaire au sein du prochain conseil municipal afin que les intérêts de tous les Bouchervillois – toutes allégeances politiques confondues – y soient adéquatement représentés.

Concitoyennes et concitoyens, vous avez un devoir à exercer le 3 novembre prochain et je vous incite fortement à vous prévaloir de votre droit de vote. Déjà, le taux de participation au vote par anticipation (10,5 % selon La Relève) augure bien. Si vous n’avez pas encore voté par anticipation, allez-y dimanche prochain, mais posez-vous la question suivante : Serons-nous mieux desservis par un autre conseil « unanime » ou par un conseil mixte au sein duquel l’opposition joue le rôle légitime que lui attribue notre modèle démocratique?

Sébastien St-François

2 réflexions au sujet de « En démocratie, l’opposition est la norme plutôt que l’exception »

  1. Sébastien

    J’aime beaucoup votre article qui rejoint en tous points, mon opinion et surtout le discours que j’ai tenu durant les deux derniers mois dans le cadre de ma campagne électoral. D’abord et avant tout, il est essentiel que les Bouchervilloises et Bouchervillois réfléchissent sur le genre de leader qu’ils souhaitent voir élu à Mairie. Pour fonctionner adéquatement dans le modèle que vous citez, il est primordial que le premier magistrat sache très bien composer avec un conseil qui n’est pas uniquement formé de membres de son propre parti politique et le choix de M. Martel m’inquiète. Par le passé, il a malheureusement démontré qu’il lui était très difficile de gérer l’opposition. S’il était réélu le 3 novembre prochain, il devra vraisemblablement changer son attitude et travailler avec ceux qui auront été élu de façon démocratique, quelle que soit leur allégeance politique.

    Pour ma part, le choix de Francine Crevier Bélair à la mairie est de loin la meilleure option que les citoyens de Boucherville puissent faire.

    En conclusion, laissez-moi commenter l’une de vos opinions. Lorsque vous mentionnez « une campagne terme et sans événement », vous conviendrez avec moi que la couverture médiatique (qui a été à sens unique sur toute la ligne) n’a pas permis de soulever les vrais enjeux dont les électeurs seraient en droit de s’attendre. Aucun dossier chaud n’a défrayé la manchette comme il aurait dû et ce, pour les raisons que vous et moi connaissons très bien. On tente indubitablement de protéger l’image des certains élus qui à mon sens, n’ont su prendre les décisions qui se sont avérées justes pour la majorité des Bouchervillois.

    Sur ce, je ne puis espérer que le taux de participation aux élections de dimanche prochain soit historique…

    Carl Chevalier
    Candidat indépendant – District 4 Harmonie

    1. Par campagne « terne et sans événement », ce n’était pas un reproche à quiconque en particulier. Le refus de Jean Martel de participer à un débat y a joué pour beaucoup. Jean Martel s’est contenté de mener une campagne d’image et n’a pas voulu aborder les enjeux. Pour lui, tout va à merveille à Boucherville et on maintient le statu quo.

      SSF

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