Pour en finir avec la dilapidation de nos surplus budgétaires…

Monopoly

Les surplus… S’il y a bien un point ayant soulevé l’ire de plusieurs de mes concitoyens au cours des dernières années, c’est le montant démesuré qu’ont atteint les surplus annuels et – surtout – ce que les élus en poste ont décidé d’en faire. Prenons l’exemple des deux dernières années, en partant des données fournies dans les présentations budgétaires de la Ville :

2011 :
Revenus totaux : 101,481 M$
Quote-part à l’agglomération : 44,814 M$
Revenus « locaux » : 56,667 M$
Surplus : 6,8 M$ (soit 6,7 % des revenus totaux ou 12 % des revenus locaux)

2012 :
Revenus totaux : 104,243 M$
Quote-part à l’agglomération : 45,743 M$
Revenus « locaux » : 58,500 M$
Surplus : 7,0 M$ (soit 6,7 % des revenus totaux ou 12 % des revenus locaux)

Nos surplus atteignent donc environ 12 % de nos revenus locaux depuis deux ans (étant donné que nous n’avons aucun véritable contrôle sur la quote-part versée à l’agglomération, aussi bien l’exclure du calcul). C’est beaucoup d’argent, beaucoup trop en fait. Une municipalité n’est pas une entreprise à but lucratif, et il y a une différence fondamentale entre constituer un « petit coussin » (une mesure de prévoyance responsable) et carrément surtaxer les contribuables.

Au cours des années ayant suivi la reconstitution de la Ville de Boucherville, les surplus s’établissaient à entre 2 % et 3 % par année, ce qui était raisonnable dans un contexte où la Ville devait se refaire une santé financière après quatre années de fusion désastreuse pour nos finances publiques. Depuis l’arrivée de Jean Martel à l’hôtel de ville, c’est la démesure. On peut bien nager dans les surplus et le maire peut bien affirmer que la situation financière de la Ville est bonne. L’argent vient de nos poches!

À quoi ont servi ces surplus constitués à nos frais? Voici trois exemples :

  • À l’automne 2010, la Ville a procédé à l’achat (au prix de 1,2 M$) d’une terre agricole dans l’est de Boucherville, située en partie dans la ville voisine de Varennes. Selon Jean-Louis Richer, ex-conseiller municipal et fils de cultivateur, ce terrain valait au plus 500 000 $ au moment de son achat par la Ville. (La Seigneurie, 8 octobre 2010)
  • En octobre 2011, la Ville a procédé à l’achat du terrain de l’ancien restaurant La Saulaie au prix de 2,35 M$. Selon le Groupe Desnoyers, firme d’évaluateurs professionnels mandatée par un citoyen de Boucherville, le terrain valait au plus 1,3 M$ au moment de la vente (évaluation municipale de 984 000 $). La Ville aurait donc payé ce terrain 1 M$ de plus que ce qu’il valait.
  • Plus récemment, en février 2013, les élus membres d’Option Citoyens Citoyennes ont refusé aux citoyens la possibilité de se prononcer sur des travaux de 3,6 M$ sur l’Hôtel Boucherville en puisant dans les surplus accumulés pour les financer (La Seigneurie, 6 mars 2013, p. 5). La facture associée au projet controversé de café-centre d’art dépasse maintenant les 6 millions de dollars!

Maintenant, dans sa plateforme 2013, Option Citoyens Citoyennes nous propose la « mise en place d’un fonds vert financé par les surplus budgétaires afin d’acquérir des terrains pour fins de préservation et de parcs » (p. 14).

NON, MAIS ÇA VA FAIRE! Je ne suis pas intéressé à ce qu’on continue de nous surtaxer pour constituer un fonds vert et je ne veux surtout pas voir cette équipe procéder à l’achat d’autres terrains à des prix beaucoup plus élevés que leur valeur marchande. Entre 2009 et maintenant, le maire et les membres de son caucus ont démontré à plus d’une reprise qu’ils n’éprouvaient aucune gêne à dilapider les deniers publics comme si c’était de l’argent de Monopoly. Il y a bien des limites à prendre les citoyens pour des valises (remplis d’argent)!

Du côté du regroupement d’indépendants, bien que les détails du programme ne soient toujours pas connus, on s’engage à remettre aux citoyens chaque année 20 % des surplus dégagés l’année précédente, s’il y a eu. Il reste à voir comment cela se ferait dans le concret. Il reste aussi à savoir si le regroupement d’indépendants considère normal qu’une municipalité dégage annuellement l’équivalent de 12 % de ses revenus locaux en surplus budgétaires et s’il compte engranger des surplus aussi plantureux s’il est porté au pouvoir.

Mais, à choisir entre des espaces verts payés trop cher et une remise de 20 % d’une partie de l’argent que j’ai versé comme contribuable, le choix n’est pas dur à faire. Sous Jean Martel, la Ville a déjà acquis – à fort prix – plusieurs espaces verts depuis 2009 et l’administration précédente en avait aussi acquis. Je considère donc l’engagement du regroupement d’indépendants beaucoup plus responsable et réfléchie que celle d’Option Citoyens Citoyennes.

Sébastien St-François

2 réflexions au sujet de « Pour en finir avec la dilapidation de nos surplus budgétaires… »

  1. Sébastien, que se passe-t’il avec le DG! Après deux ans remplit-il bien les souliers laissés libres! A-t-il une influence quelconque sur des sujets comme le budget?

    1. Je ne suis pas dans le « Temple », mais de ce que j’en sais, c’est M. le Maire qui décide tout et il n’est pas très à l’écoute de ses fonctionnaires. C’est d’ailleurs pour cette raison que Daniel McCraw a été mis à la porte peu après l’arrivée de Jean Martel à l’hôtel de ville. N’oublions pas que ce congédiement de M. McCraw déguisé en « départ à la retraite » (il a été embauché par Mont-Saint-Hilaire très rapidement) a coûté aux contribuables de Boucherville un an de salaire + 5 semaines de vacances. M. McCraw a donc eu une très bonne année financière à nos frais suivant son départ.

      SSF

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