L’anomalie bouchervilloise

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En fait, c’est une anomalie présente dans bien des municipalités du Québec : les partis municipaux. Dans un texte publié aujourd’hui dans La Pressela chroniqueuse Lysiane Gagnon (dont les opinions m’ont pourtant fait sourciller à plus d’une reprise dans le passé) signe un excellent texte intitulé « L’anomalie montréalaise ». Elle y met en doute, à son tour, la pertinence et l’utilité des partis politiques à l’échelle municipale.

Elle cite notamment le chevronné chroniqueur municipal de la Gazette, Henry Aubin. Selon lui, « ces structures inutiles [les partis municipaux] sont des sabots de Denver qui entravent la démocratie municipale et sont autant de portes ouvertes à la corruption. […] Ce sont des coquilles vides qui, contrairement aux partis provinciaux et fédéraux, fonctionnent à huis clos, et n’ont pas d’authentique vie interne. »

Une administration municipale, ce n’est pas un gouvernement. Les municipalités doivent s’occuper de choses bien concrètes comme la circulation, le transport public, le déneigement, les infrastructures, etc. Certains conseils municipaux s’acquittent de leurs obligations mieux que d’autres, comme nous le révèlent quotidiennement les travaux de la Commission Charbonneau.

Jean Martel et ses sbires peuvent bien tenter de nous endormir à l’approche des élections, comme ce fut le cas lors de la dernière séance publique, en nous affirmant qu’il n’existe aucune ligne de parti au sein d’Option Citoyens Citoyennes et que chacun est libre de voter en son âme et conscience. Je ne les crois pas un instant. Il suffit de considérer le bilan de cette administration : il y a eu Anne Barabé qui a voté contre la résolution concernant le maintien de la culture du maïs sur les îles de Boucherville. Elle a survécu. Puis il y a eu, en décembre 2011, le vote de Francine Crevier Bélair contre le PTI 2012-2013-2014. On connaît la suite…

Mis à part ces deux votes, ce sont tous les votes unanimes auxquels nous avons eu droit avant l’expulsion de Mme Crevier Bélair et des votes majoritaires (à l’unanimité des membres du caucus) depuis. Et Mme Crevier Bélair a laissé savoir, au moment d’annoncer sa candidature à la mairie, qu’elle est systématiquement mise au rancart par le caucus dirigé par l’actuel maire. C’est ça, la démocratie municipale? Un caucus qui dresse systématiquement des obstacles empêchant à une conseillère indépendante élue démocratiquement de faire son travail de représentation de ses concitoyens? Je ne partage pas cette vision de la démocratie.

D’où mon intérêt grandissant pour le modèle de regroupement de candidats indépendants que nous propose Francine Crevier Bélair : des conseillers qui auraient le pouvoir et la liberté d’agir dans les meilleurs intérêts de la ville et de leurs commettants plutôt que l’obligation d’agir dans les meilleurs intérêts politiques de leur chef. Mettons fin au modèle des partis qui musellent celles et ceux que nous élisons justement pour nous représenter à l’hôtel de ville et osons quelque chose de différent!

Sébastien St-François

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