Le dossier du centre d’arts vire au scandale

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Source : La Seigneurie

Lundi dernier, il a encore été question du centre d’arts durant la séance publique du conseil municipal (point 9.7 de l’ordre du jour). Ce dossier est en train de devenir un véritable scandale… Décidément, la démocratie importe peu pour l’équipe de Jean Martel lorsqu’il est question de réaliser des promesses électorales.

Nous avons appris plusieurs choses relatives à l’évolution de ce dossier lundi dernier :

  • Le coût du projet atteint maintenant 4,8 M$ (plutôt que 3,5 M$), ce qui ne comprend pas le solde du prix d’achat à être fixé par un juge (procédure d’expropriation), sûrement des frais d’avocat et divers autres frais ainsi que les coûts d’une solution au problème concret de stationnement! La facture totale pourrait facilement grimper de plusieurs centaines de milliers de dollars encore. Mais, consolons-nous, le maire a affirmé que l’aménagement d’un café générera des revenus estimés à 700 000 $ sur 20 ans (soit 35 000 $ par année)…
  • Le projet ne sera pas financé par règlement d’emprunt, mais plutôt payé entièrement au comptant! S’ajoute aux montants déjà payés un montant totalisant 3,625 M$ qui sera pris des plantureux surplus accumulés par la Ville au cours des dernières années. Notamment, un montant de 2 M$ sera puisé des surplus affectés à la stabilisation des taux de taxes! Ce faisant, oubliez la possibilité de signer un registre de contestation, car il n’y aura aucun règlement d’emprunt.
  • Selon la conseillère Magalie Quéval, la consultation sur ce projet s’est limitée aux membres du conseil des arts (qui ont sûrement un parti pris en faveur de la réalisation de ce coûteux projet) et aux citoyens siégeant au comité du district 1 (le seul district de la ville ayant le « privilège » de compter un tel comité). On parle d’au plus 25 personnes consultées, et on peut certainement douter que ces personnes forment un échantillonnage représentatif de la population…

Avec raison, la conseillère indépendante Francine Crevier-Bélair a contesté le paiement au comptant de ce projet, faisant valoir que les citoyens n’en connaissent même pas encore les détails et que cette façon de procéder enlève aux citoyens un outil pour se prononcer sur le projet (signature de registre). Elle a proposé une solution : payer la réfection de plusieurs rues (points 6.6 et 6.11 de l’ordre du jour), dont le coût est estimé à 3,62 M$, au comptant et plutôt contracter un emprunt pour les travaux du centre d’arts. Ce serait certainement une façon de faire plus avisée et démocratique. Mme Crevier-Bélair a d’ailleurs demandé le vote sur sa proposition. Sans surprise, tous les membres de l’équipe Martel ont voté contre celle-ci…

À la page 12 de son programme électoral de 2009, Option Citoyens Citoyennes – le parti de Jean Martel – invoque « l’obligation de consentement éclairé préalable de la population ». C’est de la foutaise quant à moi. L’équipe en place muselle systématiquement les citoyens chaque fois – ou presque – qu’il est question de réaliser une promesse électorale. Ce dernier paiement au comptant s’ajoute à plusieurs autres. Je pense notamment à l’achat de la terre agricole en 2010 et à l’achat du terrain de La Saulaie l’an dernier. Une seule exception au tableau : le projet d’aménagement d’une piste cyclable le long de Montarville, lequel a été bloqué par 1 047 citoyens ayant exercé leur droit de signer un registre pour contester ce projet très mal ficelé.

Comme contribuable, apprendre que 2 M$ de dollars affectés à la stabilisation des taux de taxes serviront à payer ce centre d’arts me scandalise. C’est la goutte qui fait déborder le vase! Si Jean Martel est si convaincu du bien-fondé de son projet, pourquoi refuse-t-il à ses concitoyens – appelés à payer la facture de ses engagements électoraux – la possibilité d’exercer leurs droits démocratiques? Les surplus ne doivent pas servir à payer des promesses électorales n’ayant même pas obtenu l’aval d’une majorité de la population sans que les citoyens aient la possibilité de se prononcer.

« Option Citoyens Citoyennes : Une équipe à votre écoute et à votre service »? Permettez-moi de ne plus croire ni ce slogan vide de sens ni les personnes qui le véhiculent. À Boucherville, la participation et la consultation citoyennes sont devenues la chasse gardée d’un groupe trié sur le volet.

Sébastien St-François

4 réflexions au sujet de « Le dossier du centre d’arts vire au scandale »

  1. Sans règlement d’emprunt, les citoyens ne peuvent s’exprimer ! Gestion claire et transparente, oui, en effet, nous savons ce que désire cette équipe au pouvoir…

  2. Je ne connais pas en profondeur le dossier, mais si les travaux sont en cours, il serait mal avisé de tout arrêter le temps de faire approuver un règlement d’emprunt… que se passe-t-il si on arrête? clauses de pénalités financières en faveur de l’entrepreneur? on se retrouverait avec un îlot voyageur Bouchervillois (travaux gelés)? Sans approuver ou désapprouver le projet sur le fond, je crois qu’il vaut mieux compléter les travaux. La population jugera en novembre si le projet était souhaitable ou non.

    1. À ma connaissance, seuls des travaux d’urgence (cette bâtisse est une épave) ont été réalisés jusqu’à présent. Le problème est qu’on pige dans des surplus affectés à des besoins prioritaires (infrastructure et stabilisation de la taxation) pour payer une promesse électorale qui servira à une minorité de Bouchervillois. On est rendu à 4,8 M$ et ce n’est sûrement pas le montant final, car le problème du stationnement demeure entier. En agissant ainsi, l’administration enlève aux citoyens leur droit de contestation. La conseillère indépendante a proposé une solution lundi soir : payer deux réfections de rues au comptant et contracter un emprunt pour le centre d’arts. Ce fut refusé par l’ensemble des autres conseillers et du maire. C’est clair : Jean Martel refuse à ses concitoyens la possibilité de s’exprimer sur ce projet (dont nous ne connaissons même pas les détails). Pour des gens qui se disent à l’écoute et au service de la population, c’est inacceptable. Pour moi, cette décision est la goutte qui fait déborder le vase. Je n’ai plus aucune confiance en ces élus qui font fi du processus démocratique normal, lequel ne se limite pas à cocher un bulletin de vote aux quatre ans.

      SSF

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