Manque de prudence? De toute évidence!

Bien que je sois bouche bée, je me console en me disant qu’il est justifié de soulever des questions sur l’ambition et la vision du maire qu’on a élu en novembre 2009 – à la lumière de ses décisions et de certains faits. Or les faits révélés dans un article signé par la journaliste Martine Veillette – intitulé « La Ville ignorait le passé du président de la firme » – dans La Seigneurie de ce mercredi 24 octobre sont troublants…

On y apprend que Carol Brunet, celui qui voulait construire un centre multisports évalué à 27 M$ sur notre territoire (en échange d’une cession de terrain de 35 ans et d’un engagement de location de plateaux sportifs par la Ville pendant au moins 20 ans), avec qui négociait le maire Jean Martel, a un passé professionnel très peu reluisant : radiation de la Chambre des notaires, détournement de fonds, faillite personnelle, non-paiement de factures. Encore plus troublant est le fait que le maire Martel a consacré de nombreux mois à négocier avec ce « promoteur » sans même savoir à qui il avait affaire selon ce que La Seigneurie nous rapporte. Dans l’article de Mme Veillette, la porte-parole de la Ville « affirme qu’elle [la Ville] aurait fait les vérifications nécessaires pour s’assurer de la solvabilité des promoteurs “au moment opportun” ». Et c’était quand le moment opportun, selon Jean Martel? Il était en pourparlers avec Carol Brunet depuis au moins novembre 2011! Quelle perte de temps alors que les réelles priorités ne manquent pas sur notre territoire!

Nonobstant la question de la solvabilité, notre premier magistrat était-il néanmoins prêt à faire affaires avec quelqu’un ayant été radié de son ordre professionnel après avoir plaidé coupable à dix chefs d’accusation et ayant fait une faillite personnelle de 3,1 M$? Pourtant, de tels renseignements (radiation, condamnations, faillite, etc.) relèvent du domaine public et peuvent être obtenus.

Jean Martel ne cesse de clamer la plus grande transparence depuis trois ans. Pourquoi alors a-t-il invoqué, en séance publique le 17 septembre dernier, une histoire d’empreinte au sol ne tenant pas vraiment la route pour expliquer pourquoi la Ville mettait fin à l’entente avec Palais des sports de la Montérégie, entreprise dirigée par Carol Brunet? S’il est vrai qu’il ne savait rien de ce dernier, il a manqué de prudence et de diligence. S’il a appris sur le passé du promoteur et s’est cherché une porte de sortie, il a manqué de jugement et de transparence. Dans un scénario comme dans l’autre, les citoyens ont été manipulés de façon éhontée, car ils ne disposaient pas de toute l’information nécessaire pour se faire une idée éclairée du projet qui leur était soumis!

Tout cela est désolant et mine la confiance du public en ses élus… Si j’avais un conseil à offrir à M. Martel, ce serait d’abandonner son idée de centre multisports le temps de terminer son mandat. S’il y tient tant que cela, qu’il l’inscrive dans son programme électoral et laisse le soin à ses concitoyens de trancher la question le 3 novembre 2013.

Sébastien St-François

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